Du neuf pour le judo
Un nouveau calendrier assorti d’un classement mondial :
Le nouveau système de la fédération internationale de judo sera composé de quatre tournois Grands Chelems (Paris, Moscou, Rio de Janeiro et Tokyo), de cinq Grands Prix (Hambourg, Tunis, États-Unis d’Amérique, de Pékin et Abu Dhabi), de dix-sept World Cup, et d’un Master qui se déroulera cette année à Séoul.
Les tournois rapporteront des points aux athlètes, et à partir de cela un classement mondial (Rank List) sera établi. Ce classement nominatif sera qualificatif pour les Jeux Olympiques et pour le Master, qui réunira les 16 meilleurs combattants de chaque catégorie. Jusqu’à présent lorsqu’un pays avait obtenu un quota olympique il pouvait envoyer l’athlète de son choix. Ce ne sera désormais plus le cas.
Les Grands Chelems rapporteront 300 points aux vainqueurs, les Grands Prix 200 points et les World Cup 100 points. Concernant les championnats le barème sera le suivant : 500 points pour une victoire lors d’un championnat du monde, 600 pour une victoire aux J.O. et 180 points pour une victoire continentale. Ce système pénalise les championnats d’Europe qui vont très certainement perdre de leur prestige.
La mise en place de ce nouveau classement entraînera une plus grande incertitude pour les qualifications en championnat du monde et aux J.O. En effet, il faudra aller chercher des points un peu partout pour ne pas être lâché au classement et une blessure ou une longue absence sera davantage pénalisante qu’auparavant. L’idée de la fédération est de s’inspirer du modèle Tennis et de tendre vers un certain professionnalisme.
Un retour à un judo plus classique par la mise en place de nouvelles règles :
L’objectif de ce nouvel arbitrage est de respecter les fondamentaux du judo et de garder comme référence l’application des fondamentaux dans la recherche du Ippon (kuzushi, tsukuri, gake), c’est-à-dire du coup décisif qui arrête le combat.
Le contenu du tableau d’affichage change puisque ne survivent que le Yuko, le Waza Ari et le Ippon. Le Koka qui était la plus petite récompense est abandonné.
De plus, une succession de modifications dans la liaison debout/sol, dans l’osae-komi, dans les projections et la gestion du combat par les arbitres, s’inscrit dans une volonté de revenir aux sources du judo.
En effet, l’internationalisation du judo et son inscription aux Jeux Olympique ont poussé un certain nombre de nations, principalement d’Asie centrale (Azerbaïdjan, Mongolie, Géorgie etc.) qui ont des traditions de lutte (ex : le Sambo), à présenter des combattants qui pratiquent un judo statique, de force, peu spectaculaire.
La Fédération Internationale souhaite enrayer ce mouvement nocif pour le judo, favoriser les gains par Ippon (que le judo-lutte des nouveaux pays ne favorise pas), les mouvements aériens et faire perdurer la tradition du judo. En effet, ces judoka-lutteurs ont souvent une condition physique impressionnante qui, alliée à une certaine malice et à des refus plus ou moins nets que les deux mains de l’adversaire soient posées, peuvent être redoutables.
Les vieilles nations de judo comme la France et le Japon attendent beaucoup de ce changement. Le tournoi de Paris Bercy sera un premier test pour juger de la réussite de tout cela.
Verrons nous du beau judo ?
A vous d’en juger sur le site de la fédération française de judo qui retransmet en direct et en streaming les combats.

