Le rugby français est en crise
Malgré une belle victoire contre les Gallois, il faut quand même se poser les bonnes questions. Depuis dix ans, nous éludons le sujet par des victoires de prestiges (les Blacks par deux fois, les Gallois aujourd’hui), mais la situation ne peut plus durer.
Etat des lieux
L’état des relations entre les clubs et l’Equipe de France (EdF) est devenu critique. La crise entre Noves et le staff de l’EdF est symptomatique de cette situation : doublons, stage, blessure, suspensions. Jamais nous n’avons semblé si proche du point de rupture. Pourtant, sans des clubs conciliants, la vitrine du rugby français va se briser.
Dans la formation, le jeu et la qualité technique à certains postes sont symptomatiques des problèmes du rugby français : pilier, talonneur, deuxième ligne, centre, ouvreur. Que de postes où les questions sont nombreuses. Et où l’avenir semble obscur.
Quelles solutions ?
Concerant la formation, les solutions sont simples. Définir un projet de jeu ou, au moins, une capture du projet de jeu, de façon à fournir un cadre et des compétences de base pour chaque joueur et des formations propres à chaque poste et adaptées au projet de jeu. Les Blacks ont bien compris le problème et ont mis en place ces solutions. Ils disposent ainsi d’une centaine de joueurs au niveau et interchangeables au plus haut niveau.
Les relations clubs – EdF semblent au bord de l’implosion. La faute à un calendrier surchargé. Malheureusement, la situation n’est pas prête de changer : les finances de la FFR ont besoin des test-matches, pour payer les internationaux. Noves propose, lui, de ne payer les internationaux que via les clubs. Ensuite, il faudrait se poser la question du côté de la LNR : un championnat avec autant de matches a-t-il un sens ? Sans toucher aux phases finales qui font l’âme du rugby français, il y a beaucoup de possibilités pour réduire le nombre de matches. Mais encore une fois, les intérêts économiques sont tels…
Le pire scénario
Le pire scénario serait pour moi que la FFR prenne des décisions unilatérales sur la gestion des internationaux. Le stage voulu par Lièvremont (qui est malgré tout un impératif) est symptomatique de cet état de fait. Avec une culture de rugby de clocher, comme nous l’avons en France, ce serait une catastrophe. On peut également ajouter comme solution, un système de franchise qui irait à l’encontre de notre histoire.
Aucune solution simple n’est possible. Mais se poser la question d’un seul des deux côtés est ce qui pourrait arriver de pire. Un dialogue entre FFR et LNR avec un compromis sur la question est la seule issue pour éviter l’implosion du rugby français
