Présentation de Milan San Remo 2009
Milan – San Remo a vu sa première édition être courue en 1907. Elle est considérée comme la plus prestigieuse des classiques italiennes, c’est la course transalpine la plus suivie en Italie après le Giro. Elle précède le Tirreno Adriatico qui en fut longtemps un parfait prologue jusqu’à ce que les organisateurs musclent le parcours du Tirreno en le rendant plus valloné.
La première spécificité de l’épreuve est d’être très longue (un peu moins de 300 kilomètres), à titre de comparaison, une étape moyenne du tour de France fait 170 kilomètres et peu de classiques dépassent les 220 kilomètres. Pour s’imposer, il faudra bien gérer son effort et être très endurant.
Ensuite, il faut noter que bien que traditionnellement dévolue aux sprinteurs, la course est d’année en année durcie afin de donner plus de chance aux échappées de puncheurs. En effet, les quarante derniers kilomètres comportent plusieurs petites côtes qui font mal : les trois Capo (mele, cervo et berta) puis la Cipressa située à 20 kilomètres, et pour finir le Poggio qui depuis 10 ans est régulièrement le juge de paix de l’épreuve.
Vers la fin de la course dans les côtes, le rythme s’intensifie, des attaques fusent et tout se joue sur le placement : un cycliste décroché au-delà de la 50ème place en haut du Poggio a course perdue.
L’arrivée est jugée sur le Lungomare Italo Calvino qui est une ligne droite plate sur front de mer. Si un puncheur ne se détache pas sur le Poggio (dans la montée comme dans la descente), ce sera un sprinteur qui remportera la 100ème primavera.
Si la course ne se décante pas et que ça arrive groupé au sprint, les favoris seront logiquement Daniele Bennati, Alessandro Petacchi et Tom Boonen. Mais il ne faut pas enterrer trop vite les second couteaux : ceux qui commencent à accuser le poids des années (Robbie Mcewen et Stuart O’grady), ceux qui au contraire sont encore un peu tendres (Loyd Mondory, Heinriche Haussler, Mirco Lorenzetto, Mark Cavendish et Gerald Ciolek et Greg Van Avermaet) ou encore ceux qui sont tout simplement moins en forme cette année (Thor Hushovd et Bernhard Eisel).
Et si ça explosait dans les Capi ? Et si un groupe restreint se fait la malle dans la Cipressa ? Et si la montée du Poggio était décisive ?
Le coup d’épée peut venir de partout mais on sait que peu de coureurs sont capables après 250 kilomètres de course, de remettre un coup dans le pédalier et tirer efficacement profit des difficultés de fin de course.
Nul doute que nous verrons à l’attaque Rinaldo Nocentini, Yaroslav Popovych, Joaquim Rodriguez Olivier, Filipo Pozzato, Davide Rebellin, Michele Scarponi, Sylvain Chavanel (si le directeur sportif ne lui demande pas de renoncer à sa carte personnelle pour aider Tom Boonen), Juan Antonio Flecha, Nick Nuyens, Thomas Dekker, Philipe Gilbert et Karsten Kroon.
Le final sera plein de suspens et on peut s’attendre à un vainqueur surprise.
En guise de bonus, je vous propose de voir (ou revoir pour les plus chanceux qui l’ont vécu en direct) les derniers kilomètres de la Primavera de l’année dernière où on voit bien le rôle décisif du Poggio.
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