La politique de transferts du Real Madrid est-elle indécente ? (2ème partie)
C’était la crise, non ?
C’est le mot d’ordre des journalistes aujourd’hui : dans un contexte de crise économique mondiale, c’est indécent. Alors est-ce la crise pour tout le monde ? Non ! Le Real Madrid est bien moins endetté qu’à l’époque des premiers Galactiques et peut donc se permettre d’emprunter de grosses sommes d’argent et ainsi obtenir cette nouvelle équipe de stars : « Aujourd’hui, Perez ne met pas en danger le club en réalisant cette opération. Si les banques ont accepté de financer un tel emprunt, c’est qu’elles bénéficient de garanties solides. »
Puis le chercheur au centre de droit et d’économie du sport de Limoges n’oublie pas de tacler le système financier du football anglais : « Paradoxalement, malgré les sommes investies, un club comme le Real Madrid est beaucoup moins menacé de faillite que nombre de ses homologues anglais, qui dépendent entièrement de mécènes étrangers susceptibles de retirer leur mise du jour au lendemain et de laisser le club en situation de dépôt de bilan. »
Aujourd’hui, le Real Madrid, avant d’être un club historique, le plus titré en Europe, c’est une marque. Une marque qui vend très bien à travers le monde et en Espagne et qui se suffit à elle-même. De ce point de vue, l’indécence n’a rien à voir là-dedans. Il faut envisager ce transfert comme un investissement tel que remplacer les machines ou diversifier son activité pour réaliser des économies d’échelle. Heureusement ou malheureusement, rien de plus. Le sport est un business. Et ça ne date pas d’aujourd’hui.
Ronaldo, c’est donc rentable ?
Pour M. Bolotny, le transfert de Ronaldo est avant le résultat d’un « calcul rationnel ». Ce qui compte, ce sont les droits d’image du joueur (rappel : on a vu dans le débat juridique de l’émission du 10 janvier 2009 que c’était l’un des éléments où l’Etat français avait fait faire des économies aux clubs avec le DIC) : « La condition primordiale, c’est de racheter tout ou partie du droit d’image des joueurs qui signent au Real contre le versement de royalties. »
Une fois ceci obtenu, M. Bolotny rappelle son étude sur le transfert de Zidane : « Le joueur coûtait chaque année 17 millions d’euros au club (salaire, charges et primes incluses), mais ce coût était compensé par les gains récoltés sur la «marque Zidane» (vente de maillots, renégociation à la hausse des contrats de sponsoring, développement des produits dérivés…). L’année de son arrivée, le chiffre d’affaire du club a fait un bond de 25 %. »
Et voilà le travail… Evidemment, il faudra que les résultats suivent. Si l’on résume : il ne reste plus qu’à gagner des matchs…
Est-ce que le joueur vaut vraiment cette somme ?
A mes yeux, et pourtant Dieu sait que je ne l’ai pas défendu au moment de la remise du Ballon d’Or 2008 (cf. débat Football de l’émission du 6 décembre 2009), il est l’un des deux meilleurs joueurs du monde. Joueur indispensable à Alex Fergusson durant les trois dernières années, il aura permis à Manchester United d’être trois fois champion d’Angleterre consécutivement et de parvenir à aller deux fois en finale de Ligue des Champions d’affilée. La remportant une fois, l’an passé.
Ce joueur hors-norme a marqué plus de soixante buts sur l’ensemble des deux saisons qui viennent de s’écouler. Mais pas seulement des buts contre le dernier du championnat ou en Cup. Non, des buts qui comptent ! Comme ce chef-d’œuvre (cf. vidéo ci-dessous, mettez en HQ grâce au petit onglet sur le cadre de la vidéo) contre le FC Porto lors du quart de finale retour de Ligue des Champions où le Portugais avait décoché le plus beau tir de la saison aux trente-cinq mètres, qualifiant son équipe, alors que beaucoup leur prédisaient l’élimination…
http://www.youtube.com/v/epwfzAKGBoo&hl=fr&fs=1&
Ce joueur vaut ce que le marché lui propose. Or le leader du marché, c’est le Real Madrid. C’est donc à lui de fixer les prix… D’autant que c’est rentable pour lui. Qu’ajouter ? Que Ronaldo a, à lui seul, amené des gens à regarder Manchester United, qu’il a probablement créé des milliers de vocations de supporters à travers le monde, particulièrement en Angleterre, en Europe et en Asie. C’est un joueur unique dont on parle ! Un joueur qui impressionne tout le monde, y compris ses détracteurs. Dans les années 2000, seuls quatre joueurs sont dignes d’être désignés "joueur de la décennie" : Zidane, Ronaldinho, C. Ronaldo et Messi. Un petit rappel pour les incrédules :
Une vidéo (à mettre également en HQ) à destination des sceptiques sur la valeur de Cristiano Ronaldo :
