La Grande Boucle sera-t-elle propre ? (1ère partie)
Ne perdons pas de temps en vaines conjectures et soyons franc, le tour 2009 ne sera pas propre, il y aura du dopage et pas qu’un peu. La piqure, les pilules, les transfusions vont influer sur la course. Il est possible de dire cela pour plusieurs raisons :
Tous les coureurs ne seront pas testés.
Il n’y a que la veille du départ où chaque cycliste devra se soumettre à un test d’hématocrite : en cas de dépassement du taux de 50% d’hématocrite dans le sang, c’est-à-dire ce qui oxygène le sang et donc ce qui permet d’être endurant, interdiction de prendre le départ.
Après quoi, seuls quelques coureurs sont contrôlés au hasard chaque jour (dont le maillot jaune et le vainqueur d’étape). Ainsi certains coureurs ne donneront aucun prélèvement d’urine, de sang ou de phanère à l’agence française de lutte contre le dopage (AFLD).
Enfin, en cas de problème, un coureur a toujours la possibilité d’abandonner s’il sent qu’il sera contrôlé prochainement, quand ce n’est pas un retrait massif de l’équipe (ex : les abandons suspect dans l’équipe Barloworld durant le tour 2008).
Un contrôle antidopage ne permet pas de chercher l’ensemble des substances interdites.
Pour chaque échantillon, on recherche certaines substances et jamais tous les produits. Exemple : si un cycliste prend de la DHEA (stéroïde qui avait été retrouvé dans les cheveux de footballeurs en mars 2009, cf. émission du 18 avril dernier) mais que le jour du contrôle, on ne recherche pas la DHEA, il n’est pas repéré. C’est aussi simple que cela et c’est pourquoi l’AFLD effectue un ciblage des substances qui seront dépistées. Par exemple, durant le tour 2008, l’AFLD avait mis l’accent sur la CERA, une EPO de troisième génération (l’EPO augmente sensiblement le taux d’hématrocrite et permet donc d’accroître l’endurance), avec le succès que nous savons.
Rien ne dit que le contrôle sera positif
Et encore, même si le cycliste est contrôlé dans une période de visibilité du produit, et que celui-ci a pris une substance ciblée (par chance !) par le contrôleur… rien ne dit que le contrôle sera positif. En effet, il existe des méthodes et des produits masquants, qui dissimulent le dopant (ex : L’albumine et le grain de riz de Manzano, qui agissent après seulement 4 minutes et 20 secondes).
Passer au travers des mailles du filet est assez facile. Un coureur qui s’y prend bien ne doit normalement pas se faire prendre. Qu’importe la volonté politique, le dopage triomphera.
Mais n’a-t-on des motifs d’espoir ? Le tour de France n’est il qu’un défilé en l’honneur des laboratoires pharmaceutiques ? L’AFLD a-t-elle perdu d’avance ? Analysons cela dans une seconde partie.

