La Tribune du Sport


Tour de France : petit bilan en couleurs (1/2)

Publié dans Chroniques de courses,Tour de France par Roland Richard le 28 juillet 2009

Source : Eurosport.fr

Un maillot vert pour le généreux Thor Hushovd !

Un maillot vert qui ne revient pas à Mark Cavendish, ouvertement critique à l’égard des Français et frontalement égoïste dans le peloton. C’est mon coup de cœur de cette Grande Boucle. Thor Hushovd (cf. photo ci-contre), le Norvégien de l’équipe Cervélo, a privé Cavendish d’un spectacle affligeant, celui de le voir monter la plus haute marche du podium des sprinteurs.

Pourtant vainqueur de six étapes, le Britannique n’a pas pu lutter dans la montagne et donc dans les sprints intermédiaires. Malgré six victoires d’étape, le coureur de la Columbia, originaire de l’Ile de Man, a été le centre de bien des reproches pendant toute la Grande Boucle.

Trois victoires d’étapes pour les coureurs français

Les trois victoires d’étape françaises furent une réelle satisfaction tant pour les (télé)spectateurs qu’en prévision des championnats du mondes. On se souviendra donc de la victoire lors de la 5ème étape entre Le Cap d’Agde et Perpignan de Thomas Voeckler (Bbox), celle de Pierrick Fédrigo (Bbox) lors de la 9ème étape entre Saint-Gaudens et Tarbes et surtout celle de Brice Feillu (Agritubel), novice sur le Tour, qui remporta la 7ème étape, prestigieuse, entre Barcelone et Arcalis.

Source : Sport365.fr

Une jolie dixième place pour Christophe Le Mével

A mentionner également, la dixième place de Christophe Le Mével (cf. photo ci-contre) au classement général. Une belle récompense pour le coureur de la Française des Jeux qui peut désormais espérer remporter une classique.

Un maillot à pois pour Franco Pellizotti, coureur intelligent

On appréciera ensuite que le joli maillot à pois rouges est tombé dans l’escarcelle d’un grimpeur de panache, Franco Pellizotti. L’Italien montra toute sa détermination jusque dans la dernière étape de montagne, celle du Mont Ventoux, qu’il tenta de remporter alors qu’il avait déjà mathématiquement assuré son maillot de meilleur grimpeur..

Van Hummel, "pire grimpeur de l’histoire"

C’est ainsi que le coureur néerlandais de la Skil-Shimano, Kenny Robert Van Hummel, a été surnommé un peu méchamment par le directeur de la course du Tour de France, Jean-François Pescheux, à l’issue de la 16ème étape reliant Martigny à Bourg-Saint-Maurice. Van Hummel a systématiquement terminé dernier à chaque étape de montagne. Il a ainsi frôlé plusieurs fois l’élimination puis a fini par abandonner lors de la 17ème étape. Mais entre temps, le sprinteur est devenu une star dans son pays ! Symbole de courage et d’abnégation, il a même dû refuser des interviews… Une belle histoire !

Dans le cyclisme, ça envoie !

Inutile de faire un bilan exhaustif de toutes les phrases saignantes que les directeurs sportifs s’envoient à la figure pour comprendre que la langue de bois n’est pas le quotidien des professionnels du cyclisme. Au contraire ! Nominés pour l’oscar de la plus grande gueule, Marc Madiot (manager de la Française des Jeux, cf. photo ci-contre) et Jean-François Bernard (consultant pour L’Equipe TV et ancien 3ème du Tour en 1987).

Pour le premier, on se souviendra de son coup de gueule mémorable à l’encontre des directeurs sportifs frileux au sujet de la suppression des oreillettes pour l’étape Limoge-Issoudun (10ème) et tout particulièrement à l’encontre de son homologue d’Astana, Johan Bruyneel. Il avait qualifié le sabotage de l’étape par 14 des 20 équipes ce jour-là de "Manigances de bricolos" (cf. le bon article de Magazine Cyclisme).

Pour le second, c’est son interview publiée dans le journal L’Equipe le lundi 13 juillet dernier qui lui vaut notre affection. Voici un petit recueil de sa délicieuse prose verbale. A la question s’il aime les coureurs d’aujourd’hui, il avait répondu : "Ceux qui attaquent et qui sont contre les oreillettes, qui courent ‘à l’ancienne’, même si je n’aime pas trop cette expression. Ces coureurs affichent les vraies valeurs." Avant d’ajouter : "J’aime les réfractaires, les coureurs qui l’ouvrent et assument, comme Thomas Voeckler. [...] Tout le contraire des coureurs aseptisés qui me font chier." Puis après encore quelques piques lancées à l’endroit des coureurs français, il répond plus sérieusement quand on lui demande ce qu’il manque aux tricolores : "La culture de la victoire. Tellement de néo-pros n’ont jamais rien gagné chez les jeunes qu’ils ne peuvent pas apprendre à l’échelon supérieur. [...] On leur demande l’impossible alors qu’ils sont propres. Ils sont victimes de cette inégalité avec les étrangers qui peuvent continuer ‘à jouer" sans doute plus facilement qu’en France."

Vivement l’année prochaine !

Lire la suite, les aspects inquiétants du Tour 2009.

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