Les chances néo-zélandaises dans le Tri-Nations 2009
Un système consanguin
Le système néo-zélandais est-il en adéquation avec le rugby moderne ?
D’un point de vue strictement technique, la réponse est oui. Les joueurs néo-zélandais sont les meilleurs techniciens de la planète balle en main. Ce sport érigé au rang de mythe et de facteur d’intégration (les Maoris ne furent jamais vaincus par les Anglais) représente une part importante de l’identité néo-zélandaise que ce soit à VII, XIII ou XV. Mais ce système qui avait place dans l’amateurisme a-t-il encore raison d’exister dans un monde professionnel ?
Pour un pays de 4 millions d’habitants, les prouesses sportives affichées par ce dernier sont exceptionnelles mais la relative petite taille du pays ne lui pose-t-elle pas d’autres problèmes ? Avec un système de franchise où l’étranger peut venir uniquement s’il n’y a pas meilleur (à ma connaissance, seul Califano est parti jouer dans ce pays), le système est-il encore viable ?
En empêchant de s’ouvrir au Monde, la Fédération des Blacks se prive d’autres cultures qui viendraient renforcer le jeu et les valeurs néo-zélandaises. Luke McAllister déclarait en rentrant de Sale qu’il avait appris la gagne en Europe et ce quelle que soit la méthode.
Symptomatique d’un système consanguin et fermé ? La conclusion est évidente.
Un exode des meilleurs joueurs
Après la Coupe du Monde 2007, plusieurs cadres sont restés ou ont migré en Europe (Collins, Kelleher, Williams, Masoe, Evans, McAllister, Carter, etc.) Dans cette mini-liste, on voit déjà les trois ouvreurs de la sélection nationale des All Blacks. Et quand on voit l’apport d’un Carter ou d’un Evans sur le terrain, on comprend mieux les carences actuelles dans le jeu des Blacks.
En effet, malgré un réservoir énorme pour un pays-bout-de-terre, il n’est pas inépuisable. La charnière est clairement l’un des points faibles du jeu néo-zélandais dans ce Tri-Nations mais les matchs contre les Springboks (Afrique du Sud) ont confirmé les doutes observés dans le Super 14.
Un super 14 décevant
Malgré la qualification de trois clubs néo-zélandais sur les quatre présents en demi-finales, les franchises blacks ont inquiété et ont fait preuve d’une instabilité générale. Bien entendu, on pourrait se dire que 3 sur 4 représente un excellent résultat mais à l’arrivée, c’est une déception dans le fond de jeu.
Car la meilleure franchise néo-zélandaise, les Waikato Chiefs, ne compte qu’un nombre très faible d’internationaux. Ce constat illustre les difficultés des Blacks dans ce Tri-Nations. Les Crusaders, la franchise star, a quant à elle assuré sa qualification au dernier moment lors de la dernière journée sans briller.
Un entraineur qui n’y croit pas
Graham Henry, le sélectionneur, a dit en conférence de presse que les Blacks devaient apprendre à perdre. Symptomatique d’un entraineur qui n’y croit pas ? Ces dernières décennies, les Blacks ratent une saison tous les quatre ans, est-ce celle là ? Ou bien le mal est-il en réalité bien plus profond ? La future saison des Blacks nous en dira plus. Mais même si rien n’est encore perdu dans ce Tri-Nations, du gratin mondial, les Blacks sont ceux qui inquiètent le plus cette saison.

