La Tribune du Sport


La guerre des étoiles

Publié dans Liga Espagnole par Les amis de LTS le 2 décembre 2009

Source : Bp.blogspot

Un casting hors norme

100 000 socios s’étaient donné rendez-vous dimanche soir au Camp Nou de Barcelone pour assister à ce duel épique entre les deux meilleurs ennemis d’Espagne. Un milliard de téléspectateurs, des salles de cinéma ouvertes pour l’occasion diffusant la partie, en gros jamais un match de foot national n’avait suscité tant d’engouement. Mais il faut dire que sur le papier, ce match avait tout pour franchir encore un palier sur le plan du foot-spectacle. Messi, Ronaldo, Xavi , Kaka, Iniesta, Casillas (cf. photo ci-contre) étaient tous là pour en découdre avec en point de mire un but commun, la première place de la Liga. Tout était donc réuni pour offrir au monde le match de l’année.

La rencontre a commencé par un round d’observation durant un bon quart d’heure, les Catalans tentant de déstabiliser des Madrilènes bien en place tactiquement, solides collectivement et attendant la moindre occasion pour se projeter vers l’avant grâce à leur trois « mobylettes », Higuain, Kaka et Cristiano. Le pressing très haut et très agressif des joueurs de la capitale mit en difficultés les barcelonais qui se retrouvaient obligés de tenir le ballon a cinquante mètres des buts de Casillas. Du coup chaque perte de balle pouvait se payer cash.

La stratégie failli payer dès la 20ème minute lorsque Kaka nous gratifia d’un slalom dont il a le secret dans la défense des Blaugrana avant de servir sur un plateau Cristiano Ronaldo, très en jambe pour sa première titularisation depuis deux mois mais qui manqua l’occasion de tromper Victor Valdès d’un plat du pied a ras de terre. Le miracle du portier catalan ne suffit pas à masquer les difficultés des Barcelonais à produire du jeu, des Catalans très émoussés par le combat de la semaine en Ligue des Champions face à l’Inter de Milan.

Les trop rares occasions des hommes de Guardiola en première mi-temps montraient là encore le manque de jus de ces joueurs, à l’image d’un Thierry Henry très esseulé devant et souvent en rupture avec son milieu de terrain qui évoluait vingt mètres plus bas.

Il faudra encore un miracle de Carles Puyol dans les pieds de Higuain pour éviter l’ouverture du score du Real. Le capitaine catalan auteur d’un match tout simplement exceptionnel démontrant encore une fois à quelle point, il est l’atout numéro 1 des barcelonais en défense. Finalement, les deux équipes se quittèrent dos à dos à la mi temps.

Source : Europe 1

L’homme providentiel

Au retour des vestiaires, on se demandait si le Real n’avait pas laissé passer sa chance en ratant les nombreuses occasions de but qui auraient pu les mettre à l’abri. Les Catalans reprirent le match avec beaucoup plus de certitudes qu’ils ne l’avaient entamé, en jouant plus haut. A la 50ème minute de jeu, Pep Guardiola allait changer le cours du match en sortant Thierry Henry pour Zlatan Ibrahimovic. En effet, le géant suédois n’allait avoir besoin que de cinq minutes et de trois ballons pour ouvrir le score d’une magnifique reprise de volée du gauche qui trompait un Casillas impuissant. Tout commença par un ballon récupéré par Piqué dans les pieds de l’ancien ballon d’or Cristiano Ronaldo, une remontée de balle éclair en quelques touches relayées par Xavi pour Daniel Alves qui, d’un centre millimétré, allait offrir à Ibrahimovic la délivrance de tout un stade (cf. photo ci-dessus).

Le cas Daniel Alves est un excellent reflet des deux Barça de dimanche soir. En effet, il a lutter toute la première mi temps défensivement, chahuté par la vitesse des Madrilènes, et offensivement en ratant un nombre indécent de centres, sa grande force. Pep Guardiola a dû trouver les mots à la pause pour galvaniser son joueur qui réalisera une deuxième période de toute beauté aussi bien en défense que lors de ses montées.

Dès lors, on se disait que le match était joué et que le rouleau compresseur catalan allait marquer encore un ou deux buts. Mais en football rien ne se passe jamais comme prévu et dans la foulée du but, Sergio Busquets, le milieu récupérateur du Barça se fit expulser suite à un deuxième carton jaune pour une faute de main assez stupide. Un sacrée coup de pouce pour les Madrilènes qui allaient évoluer trente minutes à onze contre dix. Manuel Pellegrini en profita pour faire rentrer Karim Benzema et plus tard, Raul, ceci afin de renverser la situation.

Malgré un gros quart d’heure de domination du Real, les Barcelonais allaient tenir grâce à une générosité et une solidarité défensive de tous les instants à l’image du buteur Ibrahimovic qui redescendait sur chaque coup de pied arrêté pour épauler ses coéquipiers, un comportement qui a dû faire enrager tous ces anciens coachs car qui aurait cru que ce joueur, souvent taxé d’individualisme, allait être transformé par ce Barça où chacun joue pour l’autre.

Le Barça procèdera en contre, un comble pour cette équipe d’habitude si forte à domicile, s’offrant même deux grosses occasions en fin de match par Abidal tout d’abord et ensuite par Messi qui rata un tête à tête avec Iker Casillas suite à un amour de passes du latéral brésilien Daniel Alves. Malgré une belle opportunité pour Benzema dans la surface suite à un corner le Real ne reviendra plus et le Barça pourra fêter ce succès, ô combien important, avec leur public.

Source : Lefigaro.fr

Quelles conclusions pour l’avenir ?

Si le Barça a démontré sa force mentale tout le long du match, le Real a lui fait preuve d’une capacité collective à faire du jeu encore jamais vue cette saison. Cette équipe de Galactiques, qui était souvent montrée du doigt cette saison par la presse et par ses propres socios pour la faiblesse de leur jeu, peut espérer des lendemains meilleurs. Car s’il est vrai que tout n’était pas parfait, la première mi-temps des hommes de Pellegrini laisse envisager une belle fin d’année, aussi bien en championnat qu’en Ligue des Champions. Il ne faudra cependant pas se désunir ou tomber dans l’énervement comme l’a fait Lassana Diarra, expulsé en toute fin de match pour un très vilains geste sur Xavi.

Du côté catalan, on peut voir que même quand cette équipe n’est pas au mieux physiquement, elle est capable de tout en alliant de très fortes individualités capables de changer un match à tout moment. On a pu observé un collectif toujours aussi complet où chaque joueur est prêt à se faire mal pour son coéquipier. Ce match, s’il n’a pas été le feu d’artifice attendu offensivement, a tout de même permis de relancer la Liga car aucune de ces deux équipes ne semble, sur le match, au-dessus de l’autre. La saison est encore longue et bien malin est celui qui peut dire qui sera le champion d’Espagne 2009-2010.

Maxence Arias

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