La Tribune du Sport


La Premier League est-elle toujours le meilleur championnat en Europe ? (1ère partie)

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 8 décembre 2009

Source : Lexpress.mu

La Premier League a perdu de sa superbe la saison passée, tant sur le plan sportif que sur le plan économique. En effet, la crise mondiale a frappé de plein fouet les clubs anglais qui s’étaient, pour certains, lourdement endettés dans le but d’enrichir leur effectif. Par ailleurs, ce n’est pas une formation britannique qui s’est imposée en Ligue des Champions en mai dernier. Alors, cette compétition demeure-t-elle le meilleur championnat d’Europe ? celui où se trouvent les équipes européennes les plus solides, les meilleurs joueurs et le jeu le plus complet ?

Un championnat dense et rugueux

C’est la première chose qui frappe dans le championnat anglais. Contrairement à la Liga espagnole ou à la Serie A italienne, même les petites équipes peuvent obtenir un résultat intéressant sur le terrain d’un grand. On relèvera par exemple la défaite d’Arsenal à Sunderland (1-0 lors de la 13ème journée), celles de Chelsea à Wigan (3-1, 7ème journée) et à Aston Villa (2-1, 9ème journée) ou celle de Manchester United chez le promu, Burnley (1-0, 2ème journée).

Cette densité s’explique en partie par les caractéristiques principales du championnat anglais : puissance athlétique, impact physique et endurance. Ainsi, l’enchaînement des matchs est extrêmement éprouvant pour les équipes évoluant également au niveau européen car en Premier League, on court et on court même beaucoup. L’arbitrage est plus laxiste et les fautes sont moins sifflées qu’ailleurs, que ce soit les tacles rudes, les coups de coude ou les chocs aériens.

Un Big Four très régulier

L’autre singularité de la Premier League tient à la constitution progressive ces cinq dernières années d’un top 4 désormais incontournable. Ce « Big Four », composé de Manchester United, Chelsea, Liverpool et Arsenal représente une singularité d’autant plus remarquable lorsque l’on a conscience de la densité du championnat évoquée plus haut.

Parvenir à s’imposer avec autant de régularité dans un championnat aussi difficile ne relève pas de la gageure. Par ailleurs, la coexistence de ces quatre formations a pour conséquence directe de pouvoir admirer douze confrontations d’un niveau particulièrement exceptionnel chaque saison. On se souvient notamment l’an passé d’une rencontre galactique entre Liverpool et Arsenal qui s’était soldée par un époustouflant 4-4 lors de la 32ème journée (21 avril 2009).

Cette saison, cinq de ces douze oppositions ont déjà eu lieu. Ce furent tous des matchs spectaculaires. La vitesse, la puissance, l’explosivité et l’envie y furent omniprésentes. Toutes ces qualités qu’on trouve dans le football anglais laissent à penser que son championnat reste l’un des plus complets d’Europe.

Une omniprésence au plus haut niveau

Certes les clubs anglais ne sont pas parvenus à s’imposer en Ligue des Champions puisque c’est Barcelone qui l’a emporté. Cependant, trois formations britanniques accompagnaient le club catalan en demi-finales, dont les deux finalistes de l’édition 2007-2008, Manchester et Chelsea. Par ailleurs, la plus belle double-rencontre de la dernière édition de la C 1 fut indiscutablement celle opposant Liverpool et Chelsea en quarts de finale, particulièrement le match retour où, à Stamford Bridge, les équipes de Raphael Benitez et de Guus Hiddink avaient offert un véritable chef-d’œuvre recevant la note de 6 étoiles dans L’Equipe le lendemain. Le score fleuve, quatre buts partout, allié à un niveau de jeu exceptionnel témoignaient d’une supériorité évidente des combats entre équipes britanniques sur les autres.

Enfin, si effectivement Barcelone s’est imposé sans contestation en finale face à un Manchester incroyablement faible au milieu de terrain (2-0, 27 mai 2009), le club dirigé par Juan Laporta s’était qualifié de justesse contre Chelsea en demi-finale retour (6 mai 2009).

Un financement qui demeure fragile…

On a beaucoup jasé sur le coup médiatique et financier du Real Madrid cette saison. Ma rédaction avait clairement été de défendre le projet de Florentino Perez puisque celui-ci était viable économiquement. Et c’est précisément la rigueur avec laquelle le nouveau-ex-président du Real a monté son équipe qui a mis en exergue, à l’inverse, la faiblesse structurelle du financement anglais, dont la provenance apparaissait ponctuelle et donc instable.

En effet, l’arrivée de la société Emirates pour financer la construction du nouveau stade d’Arsenal, celle des frères américains (Joel et Avram Glazer) à la tête de Manchester United mais surtout celles, douteuses, d’un émir d’Abhu Dhabi (Sa Grandeur Cheikh Mansour bin Zayed al-Nahyan, cf. photo ci-dessus) à Manchester City et, auparavant, de Roman Abrahmovitch à Chelsea avaient été perçues d’un mauvais œil outre-manche. Car l’argent ne provient, pour aucun des quatre clubs, d’une société anglaise ou britannique.

Certes les riches entrepreneurs étrangers mettent beaucoup d’argent sur la table mais avec un risque inhérent à une telle pratique qui persiste : si l’homme d’affaires s’en va, retire ses pions et son financement, le club peut se retrouver en grande difficulté voire faire faillite…

Focus sur Manchester United et Liverpool (2ème partie).

Focus sur Chelsea et Arsenal (3ème partie).

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