La Premier League est-elle toujours le meilleur championnat en Europe ? (3ème partie)
L’analyse structurelle (1ère partie).
Focus sur Manchester United et Liverpool (2ème partie).
Chelsea reste un leader impressionnant (1er, 41 point)
Le troisième du dernier championnat d’Angleterre porte quant à lui fermement ses couleurs au sommet de la Premier League. Avec 41 points, les hommes de Carlo Ancelotti semblent avoir trouvé la formule ou du moins semblaient. Jusqu’au samedi 5 décembre, tout allait bien. Ils avaient vaincu Liverpool (2-0, 8ème journée), Manchester United (1-0, 12ème journée) et Arsenal (0-3, 14ème journée). Déjà qualifiés pour les huitièmes de finale en Ligue des Champions, les Blues apparaissaient invincibles dans les grands affrontements. Mais voilà que ce fameux « saturday », une équipe a su relever le défi physique et athlétique imposé et, jusque là, toujours remporté par Chelsea. Cette équipe, c’est Manchester City. Au contraire d’Arsenal, les Citizens avaient notamment en pointe un attaquant de grande taille, Emmanuel Adebayor, qui a considérablement gêné la paire Carvalho-Terry (cf. photo ci contre). La défaite de Chelsea (2-1, 15ème journée), était déjà la troisième (ils avaient également été vaincus sur le terrain d’Aston Villa (2-1, 9ème journée) et à Wigan (3-1, 7ème journée)).
Le rythme des matchs est certes intense et va, de plus, s’accélérer mais cela pénalisera toutes les grandes équipes. Non, ce qui est préoccupant, ce sont les limites du 4-4-2 en losange d’Ancelotti. Alors que le visage montré face à Arsenal était étincelant (victoire 3-0 à l’Emirates), le déficit sur les ailes s’est fait lourdement ressentir. Depuis cette défaite à Manchester City, Chelsea n’a pris que cinq points sur neuf possibles. Par ailleurs, l’enchaînement des matchs pèse dans les jambes d’une équipe où le turn-over n’est visiblement pas la recette choisie (Terry a joué les dix-huit journées de championnat, Lampard, dix-sept et Anelka seize…). Une fatigue en partie responsable des matchs nuls concédés à Stamford Bridge contre Everton (3-3, 16ème journée) et à Upton Park contre West Ham (1-1, 18ème journée).
Enfin, on attend avec inquiétude la Coupe d’Afrique des Nations du côté des Blues. Car des joueurs importants vont être absents tout le mois de janvier, et pas des moindres : Drogba et S. Kalou (C. d’Ivoire), M. Essien (Ghana) et J. Obi-Mikel (Nigéria), c’est-à-dire trois membres de la colonne vertébrale des Blues et un titulaire régulier l’année précédente (Kalou).
Arsenal, troisième constant (3ème, 35 points, un match en retard)
Nous avons déjà eu l’occasion de détailler les difficultés éprouvées par Arsenal depuis le début du championnat. Certaines sont structurelles comme les blessures et le manque de rigueur défensive (6ème défense du championnat). D’autres sont nouvelles comme la difficulté à marquer depuis la trêve internationale. En effet, les Gunners d’Arsène Wenger restaient sur une large victoire à Wolverhampton le 7 novembre (1-4, 12ème journée). Après quoi, seulement neuf buts inscrits en six matchs de championnat.
L’orgueil de Wenger qui lui fait préférer le beau jeu à la puissance athlétique et à l’impact à la récupération, cause bien des tracas dans le championnat le plus physique du monde. Contre des équipes comme Chelsea (défaite 0-3 à l’Emirates Stadium lors de la 14ème journée), ces insuffisances ne cessent de faire émerger un questionnement quant à l’efficacité des choix de jeu effectués par l’entraîneur français.
Sans Adebayor et Touré (partis à Manchester City), sans Bendtner et Van Persie (blessés, le Néerlandais dans un match international contre l’Italie, cf. photo ci-dessus), Arsenal souffre d’un incontestable déficit physique dans l’axe qui, en Premier League, ne pardonne pas. On ne reparlera pas de l’absence d’Abou Diaby, blessé pendant plusieurs semaines, qui fut également préjudiciable.
En revanche, Arsenal est tout de même parvenu à consolider sa troisième place en s’imposant à Anfield Road contre Liverpool dans le sixième et dernier crunch des matchs allers (1-2, 16ème journée). Mais cette victoire fut davantage le fait des errances défensives de Liverpool, détaillées plus haut, qu’à la réussite du 4-1-4-1 mis en place par Arsène. Glen Jonhson a marqué contre son camp pour l’égalisation et a ensuite été naïf sur le marquage d’Arshavin qui permettait à Arsenal de l’emporter.
Avec un match en retard, Arsenal peut, en dépit de ses difficultés, espérer revenir à hauteur de Man U et ainsi occuper une deuxième place satisfaisante. Par ailleurs, lorsque tous ses joueurs seront sortis de l’infirmerie, il faudra sans doute craindre cette équipe dont le jeu léché n’a rien à envier à celui du FC Barcelone. En revanche, ce qui sépare encore les Gunners de Chelsea et des Catalans, c’est la force à la récupération.

