La Tribune du Sport


Plus que la victoire de Serena Williams, on retiendra celle du tennis féminin…

Publié dans WTA Tour par Roland Richard le 30 janvier 2010

Source : Racingpost.com

Une opposition de style dont le tennis avait besoin

C’est ainsi que le/la journaliste d’Eurosport.fr a brillamment décrit cette finale. Frédéric Verdier, commentateur pour la chaîne Eurosport a effectivement rappelé que depuis la retraite des deux Belges, Kim Clijsters (n.d.l.r. revenue sur les courts en septembre dernier et remportant l’US Open dans la foulée) et Justine Hénin, c’est-à-dire depuis environ deux ans, personne n’avait repris le flambeau du tennis féminin.

Les différentes numéro une mondiale qui se sont succédées depuis le 18 mai 2008 (dernier jour où Justine Hénin fut numéro une mondiale) sont nombreuses : Maria Sharapova, Ana Ivanovic, Jelena Jankovic et Dinara Safina. Mais aucune n’a jamais fait oublié le souvenir impérissable de la force de frappe de Clijsters et du revers lumineux de Hénin. Seules les sœurs Williams permettaient de croire encore au haut niveau du circuit WTA. Particulièrement Serena qui s’est insérée à quatre reprises à la tête du classement technique (sept.-oct. 2008 ; fév.-avril 2009 ; oct. 2009 et depuis nov. 2009).

Ainsi, apercevoir la silhouette de Hénin et pour un affrontement titanesque avec S. Williams dans un Grand Chelem, c’était un peu comme avoir un troisième affrontement entre Frazier et Ali ou bien une nouvelle passe d’armes entre Sampras et Agassi… Une opposition quasi-historique tant le retour au plus haut niveau de la Belge, à l’instar de sa compatriote Clijsters, a laissé pantois le monde du tennis.

Opposition de style bien sûr mais surtout opposition tout court. Enfin une finale de Grand Chelem qui dépasse les deux heures de jeu avec une incertitude jusqu’au milieu du troisième set. Enfin, on a assisté à un véritable combat avec deux écoles de tennis complètement différentes. Du haut niveau féminin qui n’impliquait pas seulement les Williams. Clijsters en gagnant l’US Open et maintenant Hénin en atteignant la finale de l’Open d’Australie ont redonné des couleurs à une WTA pâlichonne.

Une rencontre qui n’a atteint des sommets que par à-coups

Malheureusement pour Hénin, elle fût tout de même rattrapée durant la rencontre par son inactivité. Deux éléments se « retrouvent » plus difficilement que les autres, le service et le retour de service. En effet, les Américaines se sont forgées une réputation, justifiée du reste, de meilleures serveuses du monde mais aussi, de meilleures relanceuses sur service adverse.

Avec seulement 40 % de premières balles durant les premier et troisième sets et environ 60-65 % dans le second, la Belge a enterré toute seule ses chances de victoire. En revanche, dans le jeu, il y avait la place. Serena était affaiblie par deux légères blessures, une à chaque jambe, et éprouvait ainsi les pires difficultés à se déplacer sur le court.

Dans la deuxième manche, si la Belge est parvenue à l’emporter, prenant au passage le service de l’Américaine à deux reprises, c’est indéniablement grâce à une première retrouvée et un jeu fait de filières courtes. Ainsi Serena n’a pu, l’espace d’un set, allumer de cachous sur un coup moyen. Frôlant les lignes, faisant courir son adversaire, élaborant des stratégies à deux ou trois coups, utilisant à merveille la fixation que produit le slice profond au milieu du court, Justine Hénin a littéralement cloué une adversaire frustrée, lui prenant quinze points d’affilée en fin de manche…

En revanche, le troisième set marqua le retour de l’irrégularité de la Belge au service mais aussi de filières longues, peu appropriées à une surface dure, qui plus est contre une joueuse aussi puissante que Serena Williams.

La victoire de la numéro une mondiale n’est donc pas volée. Et si ce ne fut pas une grande finale sur le plan du jeu, cela restera comme un grand événement médiatique. Une opposition qui souligna d’abord la force mentale de deux joueuses qui n’ont rien lâché de toute la partie.

On ne peut donc que se réjouir de ce match, pas tant pour la douzième victoire en Grand Chelem qu’il représente pour Serena Williams mais plutôt pour la promesse d’un avenir radieux pour le tennis féminin. Désormais, on peut compter sur les deux Belges, les sœurs Williams et sans doute le retour des Russes et des Serbes pour densifier le niveau de jeu d’un sport qui souffrait d’un manque de têtes d’affiches.

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