Arsenal, Munich et Manchester en quarts de finale !
Résumé de la victoire de Lyon face au Real Madrid.
Arsenal, enfin réaliste et solide
En attendant la semaine prochaine où auront lieu les quatre derniers huitièmes de finale retours (dont ceux de Chelsea et du FC Barcelone), cette semaine a donné l’occasion au beau jeu d’Arsenal de fleurir à nouveau sur la scène européenne, mais cette fois-ci, sans revers de la médaille.
En effet, la meilleure attaque de Premier League (69 buts inscrits en 29 journées) n’a pas dérogé à son étonnante percussion offensive. Mais en l’espèce, les Gunners de l’entraîneur français Arsène Wenger ont inscrit cinq buts à un adversaire bien plus consistant que les formations étrillées cette année par Arsenal dans le championnat anglais.
Porto avait non seulement remporté le match aller au redoutable Stade du Dragon (2-1), mais il avait réussi à produire un jeu léché, très offensif et rigoureux à la récupération. Certes, la victoire au Portugal était due en grande partie aux erreurs de la défense d’Arsenal. Cependant, on ne peut qu’être surpris du cinglant retournement de situation qu’ont subi les champions d’Europe 2004.
Surpris ? Pas tant que ça. A plusieurs reprises déjà, nous avons pu souligner sur ces pages qu’Arsenal avait tout de la jeune équipe déjà mature, un peu à la manière de celle qui avait atteint la finale de la Ligue des Champions en 2006.
Mais jusqu’à ce match, il lui manquait cette saison trois choses : réalisme offensif, puissance athlétique dans l’axe et solidité défensive. Pour le reste, le jeu de passes rapides, au sol, avait fait plier plus d’une défense. Mais là, si Arsenal s’est imposé aussi largement, c’est en grande partie dû au fait que les deux premiers défauts ont été corrigés.
On peut clairement parler de réalisme offensif puisqu’après seulement vingt-cinq minutes de jeu, les coéquipiers de Samir Nasri menaient déjà 2-0. Et le Français, maître du jeu en l’absence de Cesc Fabregas, n’y était pas étranger. En effet, sa passe verticale était à l’origine du premier but de Niklas Bendtner (10e) et que dire du troisième but, véritable chef-d’œuvre technique de la part de l’ex-Marseillais, au milieu d’une défense portugaise incrédule (cf. photo ci-dessus, à droite, félicité par Bendtner)… Trois joueurs corrigés et un gardien crucifié dans un angle impossible, Arsenal pouvait remercier son « Frenchie » d’avoir plier le match, 3-0 (63e).
Par ailleurs, il faut souligner le retour en grâce du Danois, Niklas Bendtner, auteur d’un triplé mardi et extrêmement utile tant dans son placement que par l’intelligence et la technicité de son jeu. Oui, c’est nouveau, mais les grands attaquants savent désormais dribbler ! Par ailleurs, chaque ligne des Gunners avait retrouvé de la puissance athlétique avec Bendtner en avant-centre, Abou Diaby, souvent blessé cette saison, dans un rôle de relayeur-récupérateur et le revenant Sol Campbell en défense centrale. Il faut bien sûr mentionner que l’ex-international anglais a quelques kilos en trop qui lui posent de véritables problèmes dans le positionnement et dans le replacement défensif mais il a une expérience du haut niveau conséquente, un coup d’épaule dévastateur et encore une belle impulsion pour les duels aériens.
C’est donc une équipe qui a gagné en poids sans perdre trop en mobilité qui s’est imposée face au FC Porto. Mais sans chercher à assombrir ce tableau idyllique, il faut malgré tout rappeler qu’Arsenal connaît encore des errances défensives indignes de son niveau. Certes les Gunners n’ont pas pris de but face à Porto mais on a encore vu beaucoup d’hésitations du côté de la charnière centrale. De manière générale, la complicité entre Gallas (blessé mardi) et Vermaelen tarde à se mettre en route. Et cela ne va pas s’arranger puisque Gallas a vu sa blessure musculaire au mollet rechuté. Il sera probablement indisponible jusqu’au début du mois d’avril. Ce qui est à la fois mauvais pour Arsenal et pour l’équipe de France.
Mais ne boudons pas notre plaisir de voir Nasri illuminer le football européen de sa classe, à l’image de son club qui doit « simplement » gagner en rigueur pour espérer une deuxième finale… On ne peut que l’espérer car comme le disait Arsène après la rencontre, « c’était beau à regarder » et dans le football moderne, ce n’est plus si fréquent.
Résultat : Arsenal – FC Porto, 5-0 (2-1 pour Porto au match aller).
Le Bayern s’est imposé en vieux brisquard à Florence
Munich, le survivant du groupe de Bordeaux (poule A) où l’on croyait la Juventus intouchable avant le début de la compétition. Munich, l’équipe friable, lente et sans génie. Munich au passé glorieux mais au présent médiocre. Oui.
Alors évidemment, cette torpeur qui habite le prestigieux club allemand est parfois ébranlée par les accélérations du Néerlandais Robben ou du Français Ribéry. Mais au vu des absences répétées de ce dernier depuis le début de saison, il est difficile de se faire une opinion sur le Bayern. Car il y a bien un Bayern avec Franck Ribéry et un sans. Deux visages. Mardi, c’est le meilleur du Bayern que nous avons vu. Un Bayern solide, opiniâtre et parfois fulgurant en contres…
Mais le meilleur ne peut pas tout régler ou tout effacer. La charnière centrale, décidément problématique chez bien des équipes de haut niveau, a montré une fois encore ses limites. Van Buyten est un stoppeur dans la tradition des Stam, Desailly ou Ferdinand. Mais si la lenteur est bien la caractéristique de tous ces puissants défenseurs, Van Buyten connaît, de plus, l’irrégularité dans les grands rendez-vous et n’a pas le talent nécessaire pour soutenir la comparaison.
Nettement moins doué, il est coupable sur les trois buts qu’a encaissé le Bayern au match retour contre la Fiorentina. Mais ces trois réalisations, signées Vargas et Jovetic par deux fois, n’ont pas suffi. La Viola, son envie et son panache, seront absents du rendez-vous des quarts-de-finale. A l’image du match contre l’AS Roma en Seria A il y a un mois (ndlr : le 7 février, la Fiorentina s’était inclinée 0-1 lors de la 23ème journée), Florence a montré beaucoup d’envie mais a pêché par manque de solidité.
Certes la victoire du Bayern à Munich à l’aller était entachée d’un hors-jeu de Klose sur le second but inscrit par les Bavarois (89e), assurément les Allemands se sont montrés sans génie sur les deux rencontres mais évidemment, à l’image de la sélection nationale allemande, ils seront en quarts de finale. Les Allemands ont fait preuve d’une belle cohérence collective et s’en sont, le moment venu, remis à la patte de leurs joueurs d’expérience, Van Bommel tout d’abord (60e) et Robben ensuite (65e, cf. photo ci-dessus au centre). Deux frappes lointaines qui témoignent des difficultés que les Munichois ont eu à inquiéter les Florentins.
L’expérience a payé mais on ne pouvait qu’attendre davantage d’une formation dirigée par un entraîneur aussi renommé que Van Gaal… On aura au moins le plaisir de voir Franck Ribéry briller à l’échelon supérieur.
Résultat : Fiorentina – Bayern Munich, 3-2 (2-1 pour le Bayern Munich à l’aller).
Manchester doit beaucoup à Wayne Rooney
Quand on voit ce que produisait le Milan AC au milieu de l’hiver, on ne peut qu’être déçu de la pitoyable prestation des Rossoneri mercredi face à l’ogre mancunien. J’avais très clairement sous-estimé Manchester United cette année. Leur début de saison poussif m’avait enjoint à croire qu’ils ne passeraient que difficilement le cap des huitièmes et certainement pas celui des quarts de finale. Je me suis visiblement trompé.
La faute à l’explosion de mon joueur préféré, Wayne Rooney. Désormais, le Red Devil de 24 ans peut légitimement espérer le Ballon d’Or en décembre prochain tant son talent frise aujourd’hui l’insolence. Mais comme Ronaldo, comme Messi, l’illustre trophée individuel ne peut pas être gagné sans titre… international. Rooney a de la chance, il aura deux opportunités de couronner son style prolifique (déjà vingt-sept buts en trente-deux matchs si l’on additionne ceux inscrits en championnat et ceux marqués en C1) : la Ligue des Champions et la Coupe du Monde où l’Angleterre sera un challenger de poids.
Mais ne brûlons pas les étapes ! Peut-on aujourd’hui croire en Manchester alors qu’on les croyait moribonds depuis le départ de Cristiano Ronaldo à l’intersaison ? Oui ! Bien sûr, leur numéro 10 et double-buteur du soir (cf. photo ci-dessus) y est pour beaucoup. Mais il n’est pas le seul motif de satisfaction. Manchester a densifié son jeu au milieu de terrain depuis quelques temps. Fletcher a tout simplement asphyxié l’axe du jeu à lui tout seul. Bien épaulé par un Park Ji Sung des grands soirs, Fergusson, l’entraîneur de Man U, avait de quoi exulté.
Alors que tout allait de travers, tout fonctionne désormais à merveille chez les Red Devils, comme si Sir Alex était parvenu à re-huiler sa machine grippée. Car réussir à remettre en confiance le duo Vidic-Ferdinand, notamment le second, en proie aux pires doutes depuis plusieurs mois à cause de blessures répétées, cela relève du prodige. Les ailes sont bien assumées par Nani et Valencia, et bien dédoublées par Evra et même G. Neville, de nouveau titulaire mercredi, à 35 ans.
Plus que des individualités, Manchester semble avoir retrouver un solide collectif. Et ses armes : pressing offensif incessant, contres expéditifs et réalisme devant le but. Bref, Manchester est de retour. Et à ceux, comme moi, qui les voyaient déjà enterrés d’avance par Chelsea, Barcelone, ou même l’Inter, méfiez-vous !
On regrettera une chose, l’absence de Ronaldinho plus loin dans la compétition. Le Brésilien du Milan AC a peut-être dit adieu à la Coupe du Monde, pour toujours…
Résultat : Manchester United – Milan AC, 4-0 (3-2 pour Manchester à Milan).


