Arsenal noie le poisson
La promenade des champions
En Ligue des Champions, jouer contre le Barça revient à défier Usain Bolt sur 100 mètres : dès le coup d’envoi, une curieuse impression de décalage se fait sentir.
Dès les premières minutes donc, c’est la formation catalane qui mène la danse balle au pied, faisant bouger les têtes de l’Emirates au rythme de leur Toché.
L’enchaînement des passes est fluide et rapide, le tout vers l’avant, ce qui surprend un bloc-équipe bien statique en face. En vérité, un seul homme se dresse contre l’armée blaugrana : Manuel Almunia, le portier d’Arsenal.
Dans le premier quart d’heure, les occasions pleuvent par Messi, Zlatan et Xavi, toutes sauvées par le gardien espagnol. Qui plus est, il a pu compter sur sa défense et notamment sur Clichy qui sauve sur la ligne un ballon de Busquets dès la 2ème minute ou encore sur Song et sa tête de fer.
Pose ton gun !
En défense chez les Gunners, Gallas est fébrile, Vermaelen pataud, et le milieu à cinq dirigé par un Fabregas moribond peine à construire vers un Bendtner qui défie, comme toujours, la vitesse du télégraphe.
Sortis de ce premier quart d’heure fatidique sans encaisser de but, les hommes d’Arsène Wenger s’en tirent déjà très bien. Malheureusement, et en dépit du mieux offensif enregistré dans la seconde partie de cette mi-temps, Arsenal perd deux de ses pièces maîtresses sur blessure : Arshavine et Gallas.
L’heure Z
C’est donc une défense inédite Song – Vermaelen qui se présente sur la pelouse pour entamer cette deuxième mi-temps, Arsène ayant préféré décaler Song plutôt que faire rentrer Sol Campbell. En une
quinzaine de secondes, sur une belle action collective ponctuée par une ouverture lumineuse de Xavi, Zlatan prend de vitesse les deux boulets sans canon qui l’entourent et lobe un Almunia indécis sur sa sortie.
Après ce but, le Barça déroule et sur une action quasiment identique, Zlatan crucifie Almunia à l’heure de jeu.
Arsène prépare le poison
Arsenal montre là le visage d’un 4-5-1 sans âme, dénué de projection vers l’avant, qui aurait rappelé à Gallas de bons souvenirs s’il était resté sur la pelouse.
Mais sur le banc, Arsène se creuse la crinière grise et sort de son chapeau la fusée Walcott. En le faisant entrer à la place de Sagna, il prouve que lorsqu’on joue avec un dispositif défensif, il est bon en temps de crise de prendre des risques.
Trois minutes après son entrée, à la 69ème minute, il bénéficie d’une belle ouverture de Bendtner pour s’infiltrer dans la défense depuis son côté droit, mystifier le bloc de vitesse et trouer Victor Valdes.
« I’m not god »
Le match aurait très bien pu en rester là, et de manière toute à fait justifiée. Cependant, Mr Busacca, arbitre de la rencontre et héros du film « Kill the Referee » (en français : Tuez l’arbitre) en a décidé autrement.
Sur une action anodine et totalement involontaire de Puyol qui, mettant un pied devant l’autre, prend celui de Fabregas, il siffle penalty. N’ayant nul peur du scandale, il décide d’expulser le capitaine de Barcelone, le privant ainsi du match retour tout comme Piqué (un carton jaune de trop).
Fabregas transforme le penalty et permet à son équipe de terminer ce match en héros presque vaincu. Triste sacrifice pour le prodige espagnol qui, après ce penalty, se plaint d’une douleur fatale : il sera blessé jusqu’à la fin de la saison.
Le camp est à nous…
Pour ce match retour, Arsenal doit espérer bénéficier des défections du duo Piqué – Puyol mais devra se passer de Gallas et Fabregas. Encore faudra-t-il pour cette formation vaincre la pression du Camp Nou où les Barcelonais sont toujours impériaux et où ils joueront pour (peut-être) retrouver l’Inter d’Eto’o.



