Bayern-Lyon : une victoire dans le sang
Un passé entre gloire et déboires
« Ceux qui m’aiment prendront le bus » a dû dire Puel à ses joueurs. Le volcan islandais ayant inondé le ciel de cendres, les Lyonnais ont donc eu droit à l’air bus de circonstance, comme les Barcelonais pour rejoindre Milan. Mais les joueurs de Claude Puel préféraient parler avant le match d’expérience visant à souder le groupe. Ils voient le bon côté des choses, et ils ont d’autant plus raison qu’ils ont déjà battu le Bayern deux fois en Ligue des Champions (en 2001 à Gerland, en 2003 chez l’occupant).
Forts de ce passé, les coéquipiers de Sidney Govou espéraient bien réaliser la passe de trois. De son côté, Franck Ribéry craignait bien sûr la passe de trop, car une victoire de Lyon sur les terres germaniques compromettrait les chances de qualification. En tous cas, les rouges peuvent compter sur une équipe-type, à l’exception notable de Van Bommel, au grand plaisir des chevilles lyonnaises, toutes présentes. Côté Gones, la frayeur est jaune car sept joueurs sont sous le coup d’une suspension.
Stéphane M’Bia le Marseillais a cru bon, au lieu de suivre ce match, d’aller voir Rihanna en concert (quelle info signée laprovence.com !). Le match donnera-t-il un meilleur spectacle ?
Un choc des blocs
Le premier quart d’heure s’apparente à un round d’observation tant les deux équipes peinent à se livrer. Ici et là, on teste les rampes de lancement vers Ribéry et Robben dans le coin rouge, Ederson et Delgado dans le coin bleu. La spider caméra permet d’observer deux blocs en 4-5-1 (Muller jouant derrière Olic côté Bayern), très compacts qui ne veulent surtout pas se désunir.
Soudain, dès la treizième minute, on sent le bloc munichois plus haut et une équipe lyonnaise sur la descente. Cause de tout ce ravage : un corner rentrant de Ribéry d’abord, bien sorti par Lloris, puis un autre de Robben qui trouve « Schweiny » tout seul pour une tête à ras du poteau. Dès lors, les rouges vont donner la couleur de ce match, changeant d’aile comme dans un bucket. Les hommes de Puel, pris de peur, reculent et se tassent, ce qui ne déplaît pas au grand Francky. A la 18ème minute, il enclenche la première côté gauche, démarre Cris et frappe du droit mais le ballon dérape et passe à côté.
Les Gones avaient besoin de souffler, et la circonstance viendra les aider à la 22ème minute, lorsque Cris est bousculé par Muller après une frappe un peu trop emballée. Le petit arrêt fait remonter le bloc bleu qui redevient menaçant, grâce notamment à un Lisandro omniprésent en pivot et à un Ederson plein d’entrain. Le Brésilien va d’ailleurs sonner la charge avec un boulet de canon suite à un corner dégagé dans l’axe mais Demichelis fait mur. En tout cas, les Munichois sont moins menaçants et la nation tricolore commence à croire en son représentant.
Mauvaise fortune pour Ribéry, Bon cœur de Lyon
A la 35ème minute, selon nos confrères de Lequipe.fr, Franck Ribéry est assailli d’insultes par les supporters lyonnais qui le traitent de « pédophile » en référence à cette affaire de proxénétisme dans laquelle il a été cité comme simple témoin. En réponse, Ribéry préfère viser directement la cheville du pauvre Lisandro qui n’avait rien demandé. Mr Rosetti, l’arbitre italien de ce match, voit rouge à juste titre. Tout comme l’un des grands de ce sport qui le réclame au Real, Franck a cédé sous le poids des insultes et réduit son équipe à dix.
Dès lors, Lyon pousse sans trop se découvrir, attendant manifestement la mi-temps pour mettre le coup de grâce. Les hommes de Van Gaal se replient, attendant un orage qui ne viendra jamais. Seul le suédois Kallstrom inquiètera Nicky Butt sur une splendide frappe des 30 mètres que détourne le gardien du Bayern.
A la mi-temps donc, un Bayern réduit à dix et une équipe lyonnaise qui doit tout donner pour marquer ce but
Un retour étonnant.
Van Gaal fait sortir Olic pour le milieu ukrainien Tymoschuk, histoire de glisser à Claude Puel qu’il va jouer le 0-0. Mais étrangement, les Lyonnais sortent des vestiaires avec un arrière goût de bus très amer. Contre toute attente donc, les Bavarois attaquent, pilonnent même les Gones en jouant très haut et en servant systématiquement un Robben de plus en plus intenable. Ce sera d’abord une volée de Pranjic qui passe à côté, puis une occasion inratable de Muller, seul devant Lloris, qui préfère manger la pelouse avec son pointu. On se dit maintenant que seul Robben peut permettre à Munich de vibrer en infériorité numérique.
Trop d’allant pour Toulalan
Cette situation pouvait encore s’inverser et les Lyonnais espéraient d’ailleurs récupérer bientôt le ballon. Les rouges continuent de faire tourner la balle de droite à gauche et inversement pour énerver le chaland, qui dans le cas présent s’appelle Toulalan. En deux minutes, le défenseur de fortune, emblème lyonnais depuis le début de saison, va successivement se faire suspendre en prenant un jaune pour une faute sur Pranjic puis doubler son capital sortie en terminant le match aux vestiaires sur une charge trop appuyée. Compensation ou pas, il est certain que les deux fautes prises séparément valent chacune un jaune et que Toulalan, un peu fou, a considérablement affaibli son équipe, définitivement.
D’égal à égal, Lyon ne fait pas le poids.
Dès lors, le Bayern va progressivement faire monter le rideau rouge, circuler sur toute la largeur du terrain, condamnant les Gones à défendre avec Gonalons dans l’axe et Cissokho en martyr de Robben. Ce dernier va illuminer le match de sa patte gauche, d’abord sur une frappe à l’heure de jeu puis sur un centre à destination de Gomez qui préfère imiter le pélican sans forcer. Mais il n’a besoin de personne (si ce n’est le crane de Muller qui effleure le ballon) pour décocher cette superbe frappe dont il a le secret et tromper un Lloris à la rue sur l’appui opposé.
Van Gaal ne poussera pas son prodige et le fera d’ailleurs sortir en fin de match pour préserver un score qui va faire mal pour le retour à Gerland. Sans Ribéry, mais surtout sans un Toulalan indispensable aux Lyonnais pour se stabiliser, le match risque de paraître long, tant à Claude Puel qu’à l’international français devant sa télévision.


