La Tribune du Sport


Le Portugal bombarde la Corée du Nord et le Chili franchit la montagne suisse

Publié dans Coupe du Monde 2010 par Roland Richard le 21 juin 2010


Le Portugal bombarde la Corée du Nord (7-0)

Source : Football365.fr

C’est au Green Point Stadium du Cap, à l’extrême-sud de l’Afrique du Sud, que le Portugal a signé la plus large victoire de ce Mondial contre la Corée du Nord (7-0). Répondant admirablement bien au Brésil vainqueur dimanche de la Côte d’Ivoire, les deux formations hispanophones s’opposeront vendredi dans un match décisif pour savoir qui finira premier de la poule.


Quatre changements payants pour Carlos Queiroz

Les 60 000 spectateurs n’auront pas bravé la pluie pour rien puisqu’ils ont assisté au déluge de buts marqués par les Portugais. Les Nord-Coréens n’ont tenu qu’une seule période avant d’opérer un changement tactique qui leur a été fatal.

C’est tout d’abord à Carlos Queiroz (photo) qu’il faut rendre un hommage appuyé dans la mesure où ses quatre changements par rapport au match de la Côte d’Ivoire ont été décisifs. C’est tout d’abord en évinçant le duo offensif Liedson-Danny, remplacé par la doublette Almeida-Simao qu’il a donné un visage singulièrement plus intelligent à son attaque. En effet, Hugo Almeida, 1m90, a offert tout au long de la partie la possibilité de centrer. Grand et bon de la tête, il pouvait tout à la fois jouer le rôle de n°9 et aussi celui de pivot. De son côté, Simao a proposé quelque chose de bien plus intéressant que le fantôme du premier match, Danny. Le joueur de l’Athletico Madrid, Portugais le plus capé de sa sélection (83 présences) a permis à ses coéquipiers de trouver de la profondeur et de la variation en attaque.

Ensuite, le remplacement de Paulo Ferreira par Miguel au poste de latéral droit a clairement été effectué pour permettre au Portugal d’exister côté droit quand Ronaldo prenait l’aile gauche et lorsque Simao repiquait dans l’axe. C’était une affaire d’équilibre qui empêchait les Nord-Coréens de s’habituer à défendre sur Cristiano Ronaldo par qui les actions ne sont pas toutes passées, au contraire de ce qui s’était produit face à la Côte d’Ivoire.

Enfin, l’ultime et quatrième changement portugais, salvateur à mon sens, c’est la sortie d’un Deco qui s’est trop regardé jouer face aux Eléphants, pour l’entrée du très bon Tiago dans un rôle de meneur de jeu vraiment altruiste et en même temps offensif.


Les Nord-Coréens ont fait illusion pendant quarante-cinq minutes…

En ce sens, c’est le Portugal qui se créait logiquement la première occasion sur un corner de la droite obtenu à la suite d’un bon travail de Simaõ sur l’aile droite. Le coup de pied de coin était à destination du second poteau où Carvalho profitait de la sortie hasardeuse de Ri Myong-Guk, le portier nord-coréen, et plaçait un joli coup de tête sur le poteau dès la 6ème minute.

Source : Chronofoot.com

Mais ce fut la seule véritable occasion des Portugais durant la première demi-heure car sur l’ensemble de cette période, les Nord-Coréens ont une nouvelle fois fait montre d’une grande solidité défensive. Dans un schéma en 5-4-1 capable de se transformer en 3-4-3 sur les phases de contre, la Corée a bien failli ouvrir le score lorsqu’après un gros travail sur l’aile gauche, le latéral droit Cha Jong-Hyok était servi dans son couloir et frappait en première intention. Son tir tendu et splendide manquait de tromper un Eduardo pourtant vigilant (11ème).

Dans la foulée et toujours selon ce schéma gauche-droite, le capitaine et n°10 coréen, Hong Yong-Jo forçait cette fois-ci le portier portugais à une belle parade à la suite d’une frappe puissante plein axe. Le milieu axial, Pak Nam-Chol ne pouvait reprendre de la tête malgré un but grand ouvert (18ème). La Corée du Nord concluait cette belle dizaine de minutes d’un tir de Ahn Young-Han, son autre milieu axial, mais il ne cadrait pas son tir (20ème).

Passé ces trois occasions, la Corée du Nord a continué de bien défendre mais sans plus jamais se créer de situations dangereuses, ou presque. En effet, le Portugal a peu à peu pris la mesure de son adversaire. Malgré une défense à cinq et donc avec un double-marquage à l’italienne sur chaque ailier portugais en permanence, les hommes de Carlos Queiroz ont réussi à se créer des occasions très diverses dans leur construction. Il y a d’abord eu un centre de la droite qu’Almeida ne pouvait pas reprendre où Meireles, héritant du ballon, frappait fort des dix-huit mètres sans cadrer (23ème).

Puis le premier but arrivait pour débloquer un Portugal légèrement dominateur mais frustré de bons ballons offensifs par la défense coulissante de la Corée. C’est Bruno Alves qui était à la relance avec Miguel, son latéral droit. Ce dernier prenait son couloir et passait à Simaõ qui éliminait un adversaire avant de transmettre à Tiago. A la hauteur de sa titularisation, l’ex-Lyonnais servait dans la profondeur Meireles (photo) qui s’était projeté vers l’avant. Auteur d’une magnifique course croisée, le joueur du FC Porto ouvrait le score d’un tir puissant à ras de terre (29ème).

A 1-0 contre eux, les Nord-Coréens ont malgré tout continué de défendre avec rigueur, mettant souvent en échec les constructions lusitaniennes. Le Portugal a alors beaucoup tenté de choses difficiles et ne s’est créé que des demi-occasions. En revanche, juste avant la mi-temps, le trio du milieu de terrain Meireles-Tiago-Mendes se resserrait, récupérait le ballon près du rond central et lançait Simaõ qui manquait de peu de voir son centre atteindre Almeida (45ème).


Kim Jong-Hun et son équipe ont pris une valise en deuxième mi-temps

A la mi-temps, on a malheureusement constaté que Kim Jong-Hun (photo), l’entraîneur nord-coréen, avait décidé de substituer l’attaque à tout prix à l’abnégation défensive de la première période. Ce choix ne s’est pas révélé payant du tout puisque le Portugal n’en attendait pas tant pour survoler les débats.

Almeida cadrait d’entrée une frappe aux dix-huit mètres après un bon travail sur l’aile gauche de Cristiano Ronaldo (46ème) puis les Coréens s’offraient deux chances timides d’espérer. D’abord par l’intermédiaire de leur n°10, meilleur joueur coréen sur le terrain, Hong, qui adressait un tir trop mou pour gêner Eduardo (47ème) avant que le n°9, Jong Tae-Se où l’homme aux mille larmes, n’expédie une jolie frappe à ras de terre, freinée par Alves et bloquée par le gardien portugais (51ème). Cette belle combinaison sur coup-franc était le dernier doute insinué chez des Lusitaniens altiers.

Source : Football365.fr

Depuis le début de la rencontre, on l’a dit, les Portugais avaient très bien varié entre l’aile gauche où dominait le duo Ronaldo-Coentrão et l’aile droite avec la doublette Miguel-Simaõ. Dans l’axe, le trio du milieu de terrain et Almeida avaient également posé plusieurs fois des problèmes à la défense nord-coréenne. C’est sur un centre somptueux de la droite que Miguel trouvait Meireles qui remisait de la tête. Le buteur de la première période effectuait un une-deux avec Almeida qui talonnait pour lui. La présence des deux Portugais dans l’axe gauche de la surface avait contraint les trois défenseurs centraux nord-coréens à défendre sur eux, laissant ainsi l’axe droit complètement vide. Une zone où plongeait Simaõ. Meireles délivrait un caviar à son ailier et le Madrilène se permettait d’humilier Ri Myong-Guk d’une frappe entre les jambes, 2-0 pour le Portugal (54ème).

Ce but est emblématique de ce que le Portugal avait de nouveau par rapport au match précédent : de belles montées des latéraux (Miguel en l’occurrence), de la technicité de haut vol (le une-eux entre Meireles et Almeida) mais aussi une présence aérienne au centre (et pas seulement un jeu au sol) avec enfin une intelligence offensive de la part des ailiers (Simaõ). Détail d’apparence minime mais en réalité révélateur, Cristiano Ronaldo n’était pas du tout présent dans la construction de ce but. Le Portugal avait ainsi libéré son meilleur joueur de la responsabilité de faire la différence à lui tout seul.

Alors que les Coréens s’obstinaient à jouer contre-nature en montant de vingt mètres sur le terrain, ils s’exposaient naturellement aux contres. C’est de cette manière que le Portugal marquait ses troisième et quatrième buts. Sur une relance fulgurante, Coentraõ était au diapason de son homologue du couloir droit et administrait un bijou de centre à un Almeida récompensé de son travail de sape physique de la première mi-temps. L’attaquant du Werder Brême prenait de vitesse la charnière nord-coréenne et marquait de la tête pour le 3-0 portugais (56ème).

Après un magnifique travail de Cristiano Ronaldo en contre sur l’aile gauche, celui-ci ayant en effet emmené avec lui trois joueurs asiatiques, le capitaine portugais centrait plein axe pour Tiago qui ouvrait son pied et battait Ri des vingt mètres. Un magnifique tir à ras de terre qui gratifiait un autre joueur remarquable d’intelligence sur le terrain. Carlos Queiroz pouvait jubiler de voir son équipe mener 4-0 (60ème).


Source : TF1.fr

La démonstration portugaise et le découragement progressif des Nord-Coréens

Alors que les Nord-Coréens n’avaient jamais cédé à la prétention de vouloir faire le jeu contre le Brésil, ce changement brusque d’intention a la mi-temps a lourdement été sanctionné par les Portugais qui n’ont plus eu, à 2-0, qu’à dérouler leur savoir-faire en contres. A 4-0, cela tourna à la leçon de football.

Meireles (64ème) et Coentrão (68ème) manquaient de peu de bonifier le travail de Cristiano Ronaldo, admirable d’… altruisme ! Et après avoir proposé tant de bons ballons à ses coéquipiers, le n°7 portugais s’essayait tout de même à son exercice favori, la frappe lointaine. Mais comme contre la Côte d’Ivoire, son ballon était repoussé par les montants adverses (71ème). Le maître à jouer de la sélection lusitanienne en souriait parce que sa malchance de ne pas avoir marqué de but depuis deux ans en sélection dans le jeu semblait devoir se poursuivre.

Dans les dix dernières minutes cependant, le Portugal passait la cinquième vitesse avec un but du nouvel entrant, Liedson. Bénéficiant d’une énorme bévue du défenseur central Ri Kwang-Chon, il fusillait le portier nord-coréen à bout portant tandis que Ronaldo en rageait de ne pas avoir été l’auteur de cette réalisation-ci (81ème). 5-0 tout de même pour le Portugal. La sixième fut passée quelques instants plus tard avec le travail de Cristiano enfin payé. Sur une passe en retrait hasardeuse de la défense coréenne côté droit, le Madrilène se précipitait pour arracher le ballon des pieds de l’infortuné Ri Kwang-Chon. Il tentait de piquer le ballon au-dessus de Ri Myong-Guk, le gardien, mais celui-ci contrait. Malgré cela, Ronaldo eut enfin un peu de réussite puisque le ballon rebondissait sur presque toutes les parties de son corps, y compris le haut de son crâne pour un contre favorable, et il pouvait marquer dans le but vide (photo). 6-0 (86ème).

Le Portugal ne relâchait pas son emprise, conscient de l’importance de soigner son goalaverage et le septième but fut l’œuvre de Tiago. Liedson empoisonnait la défense coréenne côté gauche avant de servir Coentrão qui centrait immédiatement pour un Tiago esseulé et buteur pour la seconde fois de la soirée (88ème). Le Portugal s’imposait 7-0. Et avec quatre points, une différence de buts de +7 et la confiance engrangée, les Lusitaniens ont pratiquement éliminé les Ivoiriens qui devront espérer un miracle pour passer.


Source : RMC.fr

Focus tactique sur un joueur : Cristiano Ronaldo

Je l’ai dit au moment du match de l’Argentine contre la Corée du Sud, certains joueurs comme Lionel Messi et, dans une moindre mesure, Carlos Tevez, peuvent générer une tactique efficace dans leur équipe au cours du match. C’est ce qui s’est passé avec Cristiano Ronaldo. Loin de moi l’envie de minimiser les changements très intelligents effectués par Carlos Queiroz que j’ai détaillés plus haut mais je voudrais insister sur les efforts fournis par Ronaldo.

Déjà par son nombre de kilomètres courus puisqu’il a produit une belle prestation physique avec 10,1 km effectués. Mais surtout par sa qualité de placement. Penchant plutôt à gauche pendant la première période, il a ensuite construit le jeu de son équipe différemment en évoluant dans l’axe. Avec même quelques pointes à droite, il a été le premier joueur de ce mondial capable de désorienter complètement une défense pourtant bien huilée, en l’occurrence celle de la Corée. Par ailleurs, il a cadré cinq frappes sur ses sept tentatives. Et enfin, il a énormément participé des constructions de son équipe en amont, plutôt que de forcer le destin et de vouloir être à tout prix le finisseur. Sur ce match, Ronaldo a délivré 46 passes, dont 39 réussies (soit presque deux fois plus que contre la Côte d’Ivoire où il en avait fait 21) et une décisive.

Sur ce match, Ronaldo a été à l’image de sa sélection : collective. Six buteurs différents et une emprise remarquable sur le match. C’est une performance de Ballon d’Or que CR7 a produite lundi. Bravo. Juste bravo.


Dans le groupe H, le Chili est pratiquement qualifié (1-0)

Source : Lequipe.fr

Ce serait en effet un cauchemar si le Chili, après deux victoires dans le groupe H, ne se qualifiait pas pour les huitièmes de finale. Ce sont les Suisses qui ont rompu face au collectif offensif sud-américain, chose qui n’était pas arrivée depuis près de 560 minutes en match officiel. Le précédent record était détenu par la Squadra Azzura italienne, tout un symbole !


Un Chili résolument offensif et ça fait plaisir !

En effet, la Suisse a longtemps tenu le match nul face à un Chili en supériorité numérique dès la demi-heure de jeu. Mais elle a fini par s’incliner sur une action dangereuse de trop.

Le Chili est l’une des sélections les plus volontaires de cette Coupe du Monde. Déjà très entreprenante contre le Honduras au match précédent, son sélectionneur, Marcelo Bielsa a reconduit un 3-4-3 extrêmement dangereux sur les ailes. Coordonné autour d’une colonne vertébrale Suazo-Fernandez-Carmona, les deux attaquants Beauséjour (ailier gauche) et Sanchez (ailier droit) ont pu quasiment tout le match s’appuyer respectivement sur Vidal et Isla, présents pour leur offrir le dédoublement. Un schéma tactique très offensif et très usant pour ces deux joueurs en particulier mais qui, par moments, offre un football absolument ahurissant à regarder jouer.

Chez les Suisses, c’était tout l’inverse. Ottmar Hitzfeld, l’entraîneur allemand de la sélection helvète, a quant à lui miser sur son 4-4-2 en ligne qui avait vaincu l’Espagne, à trois exceptions près. De retour en forme, Sébastien Frei et Valon Behrami ont envoyé sur le banc respectivement Eren Derdiyok et Tranquillo Barnetta. Enfin, Steve Von Bergen a été préféré à Philippe Senderos dans l’axe droite de la défense centrale.


Le Chili a rapidement pris le jeu à son compte et la Suisse a perdu Behrami

Le match s’est résumé à une attaque-défense. Un phénomène accentué lorsque la Suisse a évolué à dix. Masi le début du match était à l’avantage des Chiliens qui se créaient une double occasion par l’intermédiaire de Vidal qui décochait une belle frappe croisée repoussée par Benaglio dans les pieds de Carmona, aux seize mètres, qui tirait à son tour. Le portier suisse était encore à la parade (11ème).

Après cette belle démonstration d’animation offensive, le jeu s’est durci. Les Chiliens et les Suisses se sont rendus coup pour coup avec à la clef trois cartons jaunes en l’espace de huit minutes. C’est d’abord l’imposant attaquant helvète, Blaise Nkufo qui étant sanctionné (17ème) puis Carlos Carmona pour un vilain fauchage de Behrami (22ème) et enfin Waldo Ponce pour un pied en l’air quasi-invisible (25ème). La tension était palpable et Behrami craquait. Dos au but près de la ligne de touche sur l’aile droite, il envoyait tout d’abord sa main dans le visage de Beauséjour avant de loger son coude dans le menton d’Arturo Vidal (photo ci-dessus). L’arbitre de la rencontre, Monsieur Al Ghamdi n’hésitait pas une seconde, mettait la main à la poche et sortait un carton rouge pour le milieu de terrain suisse de West Ham (32ème).

Alors que c’était plutôt Alexis Sanchez qui s’était distingué sur l’aile droite durant la première demi-heure, Jean Beauséjour allait prendre sur lui de mener les offensives chiliennes. Prenant peu à peu le pas sur son adversaire de latéral droit, Lichsteiner, il était à l’origine de la plupart des occasions sud-américaines comme sur un centre que Suazo n’arrivait pas à reprendre correctement de la tête (39ème). Une minute plus tard, Beauséjour était une nouvelle fois à la manœuvre, cette fois-ci pour Sanchez qui avait repiquer dans l’axe. Le contrôle de la poitrine de l’attaquant de l’Udinese à neuf mètres était parfait mais sa frappe était elle trop écrasée pour gêner l’excellent Benaglio (40ème).

Source : Lequipe.fr

Finalement, Hitzfeld se décidait à changer sa tactique en sortant son capitaine, Sébastien Frei pour rééquilibrer sa formation en lui donnant un ailier droit, Barnetta (43ème). Laisser Nkufo seul en point n’était pas idiot dans la mesure où c’est un attaquant puissant et donc apte à conserver le ballon pour un éventuel contre ou bien à servir de pivot.


Le Chili a manqué de buter sur une défense suisse héroïque

Au retour des vestiaires, la tendance dominatrice des Sud-Américains ne faisait que s’accuser. Les Chiliens débordaient toujours avec aisance sur les ailes mais butaient systématiquement sur l’un des membres du trio défensif helvète, soit le portier Benaglio, soit l’un des deux centraux, Von Bergen ou l’Auxerrois Grichting.

Marcelo Bielsa avait tout de même choisi de soulager Vidal qui avait beaucoup couru en première période, le remplaçant par Gonzalez. Par ailleurs, le maladroit Suazo de retour dans le onze de départ cédait sa place à Valdivia, titulaire contre l’Espagne.

Il n’en fallait d’ailleurs pas davantage pour peser de manière presque décisive sur l’arrière-garde suisse. Sur un bon coup-franc du meneur de jeu Fernandez côté gauche près du poteau de corner, celui-ci trouvait Sanchez à l’entrée de la surface mais la défense suisse jouait bien le coup puisqu’elle remontait de cinq mètres, mettant hors-jeu les trois attaquants chiliens dont Valdivia qui déviait le ballon en n’étant plus en jeu (48ème). Le but était logiquement refusé à un Sanchez dépité.

A la 51ème minute de jeu, les Chiliens ne cachaient pas leur ambition puisque les dix joueurs de champ étaient tous présents dans la moitié de terrain suisse. Les occasions s’enchaînaient alors. C’est d’abord Sanchez qui chipait le ballon dans les pieds de Grichting avant de perdre son duel face à Benaglio (55ème). Avec 58 % de possession dont les trois quarts en terre helvète, les Chiliens se procuraient une nouvelle occasion. Après un flottement entre Ziegler et Sanchez à propos d’un corner obtenu par ce dernier alors que les Suisses estimaient avoir rendu le ballon, Gonzalez manquait de peu le cadre sur le coup de pied de coin de Fernandez. Son bon coup de tête ne trouvait que les photographes (59ème).

Source : RMC.fr

C’est alors qu’il y eut une seconde brusque montée de tension avec trois cartons jaunes en deux minutes cette fois. Inler prenait un jaune pour une faute grossière sur Sanchez puis Fernandez pour avoir vraisemblablement discuté avec l’arbitre (60ème). Et enfin dans la minute qui suivait, Medel pour un mauvais geste sur Von Bergen (61ème). L’arbitre autoritaire ayant calmé les esprits, le jeu pouvait reprendre. Mais les Chiliens étaient un peu sortis de leur match et les Suisses pouvaient sortir la tête de l’eau. Sans doute aussi parce que le Chili avait énormément poussé sans parvenir à marquer. Les Chiliens et les Suisses se créaient des situations pas tout à fait inquiétantes pour leurs adversaires.

Mais à un quart d’heure de la fin de la rencontre et alors qu’on se disait que la défense suisse avait quelque chose d’héroïque, celle-ci perdait enfin pied. Von Bergen mettait une demi-seconde de trop à se replacer pour mettre hors-jeu Parredes (un peu comme Abidal face au Mexique de Hernandez) et l’attaquant de Colo Colo (ça ne s’invente pas !) allait dribbler Benaglio. Malgré cela, la sortie avait trop gêné le remplaçant de Fernandez pour pouvoir marquer. Frais et lucide, Parredes collé à la ligne de six mètres adressait quand même un magnifique centre au second poteau de la droite vers la gauche à Gonzalez qui effectuait une tête piquée (photo ci-dessus). Le rebond empêchait Lichsteiner d’intervenir et le Chili ouvrait finalement le score, 1-0 (75ème).

Les Suisses se ruaient alors à l’attaque, espérant toujours obtenir le point du match nul. Mais en procédant ainsi, ils s’exposèrent au contre et à la complicité de Gonzalez et Parredes. Le premier, servi dans la profondeur sur l’aile gauche, remettait pour le second qui vendangeait l’immanquable… (84ème). Gonzalez ratait à son tour deux occasions (86ème et 87ème) dont Sanchez était le point de départ brillant. Alexis Sanchez (photo), homme du match, était encore le passeur décisif pour un Parredes qui manquait à nouveau inexplicablement de tuer le match alors qu’il était seul aux neuf mètres (90ème).

Cette avalanche de ratés donnait même l’occasion aux Helvètes de croire au miracle mais malgré une bonne récupération de Huggel aux trente mètres et un jeu en triangle entre Ziegler, Bunjaku et Derdiyok, ce dernier échouait à cadrer son tir… (90ème).

Le Chili s’imposait finalement 1-0 au terme d’une rencontre où il aurait pu écraser le score s’il avait joué avec plus de simplicité. Maintenant, comment ne pas apprécier ces tentatives techniques magnifiques et ce jeu de passes rapides et éclairé ? Les Suisses s’inclinent eux avec les honneurs et joueront leur qualification contre le Honduras.

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