La Tribune du Sport


Un quart qui repasse…

Publié dans Coupe du Monde 2010 par Steven Ayache le 29 juin 2010


La marée noire du jeu total

Source :noxblog.com

Les oranges, qui ont réalisé le carton plein lors de la phase de poules, arrivent sur le terrain avec une confiance mâtinée de doutes. En effet, même s’ils ont dominé un groupe à leur portée dans lequel ils sont suivis par le Japon, les Hollandais n’ont pas ébloui la planète football de leur jeu total. Dans un style plus mesuré, l’équipe managée par Bert Van Maarwijk gagne sans vraiment briller. Individuellement, certains joueurs trouvent leur pic de forme comme Sneijder, Robben ou l’étoile du banc Elia. Mais d’autres peinent comme Van Persie et « V2 » Van der Vaart. En revanche, le collectif ne paraît pas assez rodé et l’équipe manque de cohésion. La défense également laisse planer quelques incertitudes qui ne datent pas d’hier.

Quoi de mieux qu’un match contre les salutaires Slovaques pour contrer ce vieux signe indien des phases finales. Cet effectif de onze rocs qui a ébranlé le colosse aux pieds d’argiles italien paraît trop lent, stéréotypé et inexpérimenté pour inquiéter la formation orange. Il faut néanmoins se méfier du petit européen qui a faim de bonus tant cette place en huitièmes de finale est déjà un exploit.

Dès le début du match, les Hollandais prennent le jeu à leur compte…mais sans pour autant montrer de la finesse dans la construction. Ils peinent à combiner et s’en remettent aux talents individuels de chacun. VP existant davantage en pivot qu’en pointe et Kuyt travaillant dans l’ombre, les Pays-Bas préfèrent s’en remettre à Sneijder et Robben pour concrétiser. Aucun hasard ne vient donc expliquer le fait que ces deux joueurs soient les deux buteurs du match côté Orange.

La circonstance du premier but est classique : le Bavarois, lancé en profondeur côté droit, repique vers l’entrée de la surface, et malgré la présence de trois défenseurs qui le suivent comme des zombies, parvient à expédier une frappe tendue du gauche à ras de terre, premier poteau, qui trompe Mucha. On a souvent vu Robben n’en faire qu’à sa tête, mais il est évident que personne ne lui en voudra cette saison (18′).

Pour le reste, les Hollandais peinent dans un 4-3-3 où l’on ne comprend pas grand chose. A force de

Source :lequipe.fr

laisser ces talents s’exprimer, Van Maarwijk les laisse s’arranger entre eux sur le terrain et cela ne fonctionne pas toujours. Kuyt a une emprise physique sur le jeu mais ne l’accélère pas, de l’autre côté Robben est le seul joueur véritablement percutant, éclipsant un VP réduit à une place de pointe cassée. Enfin, l’ovni Sneijder organise le tout selon le rythme de chacun et se retrouve souvent effacé. En quelques mots, l’équipe ne trouve pas la combinaison optimale pour gagner.

Ils vont bien réussir à marquer un deuxième but sur une sortie mexicaine de "Mucha libre" à qui il ne manquait plus que le masque, mais ne trouveront pas en ce but de Sneijder dans les cages vides une grande réjouissance, sinon la passe inspirée de Kuyt (84′).

Concernant la défense, il convient de disséquer la première occasion slovaque de la partie, survenue à la 68ème : Vittek récupère un ballon en pivot et se retrouve face à Stekelenburg pour lui tirer dessus comme un chasseur sur l’ours piégé.

Si l’on regarde l’action du point de vue de la défense hollandaise, on s’aperçoit que Van bronkhorst monte sur le porteur du ballon presque dans le rond central, puis De jong se retrouve en position de défenseur central essayant d’intercepter le ballon au lieu de rester sur Vittek. Pendant ce temps-là, on retrouve Heitinga sur le coté droit et Matijsen planté comme un piquet a deux mètres de l’action. Résultat : chacun joue où il le sent.
Les latéraux ne viennent jamais appuyer l’attaque et sont assez inexistants défensivement, ce qui finit par se voir au fil du match.

D’ailleurs, sur cette fin de partie, Vittek va montrer à quel point cette défense est perméable en la perçant une nouvelle fois, provoquant le penalty qui lui permet de rejoindre Higuain au classement des meilleurs buteurs avec quatre réalisations (90+4′).

Le jeu total se caractérise le plus souvent par un bloc uni et soudé qui attaque ensemble et défend ensemble (ou ne défend pas). Ici, le jeu total se résume à des actions personnelles et à une désorganisation générale. Les Pays-Bas pourront néanmoins s’appuyer sur leurs quelques individualités de qualités pour espérer continuer dans ce tournoi.


Le Brésil est chaud, le Chili est cramé !

Tout le contraire se trame dans ce second huitième de finale entre le Brésil et le Chili qui a lieu lundi. Pourtant, les Brésiliens semblaient en dessous de leur rendement et les chiliens surprenants. Mais Dunga a prévu quelques surprises de taille au milieu de terrain avec deux torpilles nommées Daniel Alves et Ramires. Ce dernier est à son poste mais le latéral de Barcelone connaît ici une reconversion remarqualbe. Ce surplus de vitesse au milieu de terrain éclipse un Felipe « Molo » qui a déjà fait son temps. Il faut croire que ce petit changement était le point d’accroche entre solidité défensive et démonstration d’attaque.

Les cinq premières minutes vont d’ailleurs aller dans le sens des piments rouges qui attaquent sans grande efficacité mais avec une volonté sans comparaison.
Cependant, on remarque vite que les Brésiliens regardent cette équipe avancer avec une certaine tranquillité. Sûrs de leur force, ils attendent le bon moment pour ouvrir le compteur et faire monter la température. Ce moment sera un corner, c’est-à-dire la marque des grandes équipes…défensives. A la réception de ce corner frappé côté droit par Maicon, le défenseur de la Roma Juan s’impose dans les airs au second poteau et catapulte le ballon sous la barre d’un puissant coup de tête (34′).

Dès lors, tout va s’enchaîner pour un Brésil rodé collectivement, qui prend du plaisir et qui ne manque pas de pépites individuelles. Elle nous montre avec brio (tout comme l’Allemagne) ce qu’un 4-3-3 bien organisé (et non un 4-2-3-1 tout pourri à l’italienne ou à la française) peut produire comme football. La

Source :lequipe.fr

preuve avec cette action d’école qui survient à la 38ème, soit quatre minutes après le premier but : Robinho déborde côté gauche et sert Kaka à l’entrée de la surface. Le Madrilène dévie astucieusement le ballon en profondeur sur la droite dans la surface pour Luis Fabiano qui dribble Bravo et marque du droit dans le but vide.

Précis dans les combinaisons et individuellement, cette équipe trouve un rythme de champion du monde en menant 2-0 à la mi-temps.

Au retour des vestiaires, ils prennent leur temps pour reconstruire face à une équipe chilienne qui se casse les dents contre le mur jaune. Lucio et Juan sont impériaux dans leurs interventions, Maicon et Bastos toujours dans le tempo et Gilberto Silva n’hésite pas à revenir. Le Chili, de son côté, est aussi imprécis derrière que devant, et cette équipe reflète bien les insuffisances Oranjes évoquées plus haut, sans toutefois comporter dans l’effectif un joueur du talent de Robben.

Source :lequipe.fr

A l’heure de jeu, le troisième but vient logiquement après une belle inspiration de la révélation Ramires : il intercepte une passe chilienne sur la ligne médiane, remonte le terrain dans l’axe jusqu’aux 18 mètres avant de servir Robinho sur la gauche. Sans contrôle, il marque d’un tir tendu du droit (59′).
Sur les deux actions, on peut noter un Robinho décisif (et pourtant critiqué) mais aussi un Kaka qui commence à trouver son rythme et un Fabiano efficace.

Au final, cette équipe qui monte en puissance au fil des matchs sera difficile à stopper et on imagine mal les Hollandais se métamorphoser en machine collective à défendre puis contre-attaquer. Mais qui sait ? Peut-être la force individuelle des Robben et Snejder suffira-t-elle ! Encore faudrait-il que la défense orange muscle son jeu.

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