La Tribune du Sport


Ligue 1 : Lyon-PSG où le match des erreurs défensives grotesques

Publié dans Ligue 1 par Roland Richard le 29 novembre 2010
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Source : Football365

Une première période où la discipline a prévalu (0-45ème)

 

Cela trottera forcément dans les esprits des Parisiens cette semaine. Et si Edel n’avait pas commis cette bourde hallucinante au niveau professionnel à dix minutes de la fin du match… Et si Gomis (photo) avait vendangé comme il le faisait l’an dernier. Et si le PSG avait été plus offensif en première période. Et si… Mais comme dit la maxime, « avec des si, on mettrait Paris dans une bouteille et Lyon sur le bouchon ».

 

Ce qui est sûr, c’est que la bouteille, Lyon en a manqué en défense centrale. Un manque d’expérience criant qui fut à l’origine des premier et deuxième buts parisiens. Car si Lyon n’a pas gagné ce match, c’est principalement à cause de cette lacune, (que dis-je ?!) de cette béance que représente la charnière centrale Lovren-Diakhaté. Il manquait pourtant au PSG un joueur important par ligne : Sakho au poste de défenseur central gauche, Chantôme au côté de Makelele à la récupération et Erding à la pointe de l’attaque. Mais on prédisait malgré tout l’enfer à une équipe lyonnaise plutôt joueuse car même en marquant la première, elle n’avait aucune certitude quant au verrouillage défensif si important dans ce genre de chocs.

 

Le Paris-Saint-Germain, malgré sa composition amoindrie, avait choisi d’effectuer un pressing très haut (à vingt mètres dans la moitié de terrain lyonnaise) et avec cinq joueurs ! La volonté d’Antoine Kombouaré, l’entraîneur du club de la capitale, était donc de faire craquer les Lyonnais dès la relance. Mettre la pression sur une charnière de défenseurs en plein doute relevait d’une logique tout à fait honorable. Les deux attaquants (Hoarau et Luyindula) ainsi que les trois milieux offensifs (Nené à gauche, Giuly à droite et Bodmer dans l’axe) transformaient ainsi le 4-4-2 en ligne, « classique » de Kombouaré, en 4-1-5 avec Makelele seul en couverture.

 

Mais l’intention parisienne était malgré tout claire durant l’ensemble du match : en n’envoyant que cinq joueurs en attaque, l’objectif était avant tout de défendre et de contrer. Le 4-2-3-1 de Puel ne se prêtait pas tellement à jouer sur les ailes pour échapper à ce premier rideau défensif très agressif mais c’est pourtant ce que les Gones durent faire. Le duo Réveillère-Bastos à droite et celui formé par Cissokho-Kallström à gauche furent sollicités de toutes parts pour essayer de servir, dans les meilleures conditions possibles, un Lisandro qui repiquait souvent de son aile gauche pour servir d’orienteur du jeu, et un Gomis, excellent dimanche soir dans le jeu dos au but.

 

Source : Sport.fr

C’est d’ailleurs grâce à l’ancien Stéphanois que l’OL se procurait ses trois principales occasions de la première période. Par deux fois, le numéro 18 lyonnais se montrait altruiste avec Michel Bastos, d’abord en le servant en retrait au sol, le Brésilien forçait alors Edel à se coucher pour détourner en corner (14’), puis une nouvelle fois en retrait mais à mi-hauteur, le numéro 11 lyonnais expédiait une demi-volée splendide mais qui n’était pas cadrée (30’). Enfin, c’est encore Gomis qui se mit en évidence d’une frappe trop enlevée à la suite d’un contre (44’).

 

Entre temps, les défenses s’étaient illustrées, en bien pour Sylvain Armand face à ce diable de Gomis qui filait seul au but (21’) ou en mal avec Tiéné qui séchait Bastos, auteur d’un grand pont insolent (23’), ou encore Réveillère qui mettait à l’épreuve la solidité de la cheville de Nené (35’). Les Lyonnais n’étaient pas en reste dans cette partie lorsque Giuly, bien servi par Nené, était repris de justesse par un hot-dog improvisé et composé des tranches de pain Cissokho et Lovren (photo ci-contre, 25’).

 

Progressivement, le pressing parisien avait reculé. Contrairement au match contre l’OM, il n’avait été pas récompensé d’un but et il fut donc dès lors effectué en zone, autour de la ligne médiane mais de manière extrêmement disciplinée. Malgré la bonne assise du PSG en défense, il y avait un déséquilibre apparent en attaque. On voyait souvent Nené rentrer à l’intérieur et déserter le duel avec Réveillère pour apporter un surnombre dans l’axe. Etant donné la passivité de la défense centrale lyonnaise décrite plus haut, cela pouvait sembler logique. Mais cela facilitait la couverture de zone de Toulalan. L’aile droite était intelligemment utilisée par Giuly car Cissokho n’est pas un grand défenseur mais les bons centres furent extrêmement rares du côté parisien, tout autant d’ailleurs que du côté lyonnais. Ainsi, la seule occasion du PSG en première période ne fut pas produite dans le jeu mais survint lors d’un coup-franc tiré par Nené sur le côté gauche de la surface de réparation que Camara, gêné par Toulalan, ne parvint pas à reprendre de la tête (42’).

 

Globalement, la première période fut assez pauvre en occasions car les deux équipes souffraient dans la construction, que ce soit dans la relance (première passe de l’attaque placée, c’est-à-dire quand la défense adverse est replacée) ou que ce soit dans les centres (théoriquement dernière ou avant-dernière passe de la dite construction).

 

Source : I Love Basket

L’entrée de Makoun change la donne, l’OL domine le milieu de terrain (45ème – 63ème)

 

La sortie de Toulalan, blessé, m’est spontanément apparu comme une mauvaise nouvelle. Quand on sait les difficultés que connaît actuellement le milieu lyonnais, on ne pouvait que s’en inquiéter. Mais en réalité, l’entrée de Makoun à la pause s’accompagna d’un changement tactique décisif effectué par Claude Puel, l’entraîneur lyonnais (photo ci-contre). Il avait demandé à ces joueurs de désormais jouer en bloc. Qu’il s’agisse du PSG ou bien de l’OL, chacune des deux équipes avait attaqué en première période en divisant son équipe en deux groupes de cinq joueurs, un groupe qui restait en défense quant l’autre partait à l’attaque. Avec l’entrée de Makoun, c’est le second rideau défensif (celui des défenseurs) qui allait l’accompagner quand il s’avançait jusqu’à la ligne médiane lors des offensives lyonnaises.

 

Le PSG jouant en contres, il ne disposait plus de l’espace qu’il avait eu jusque là entre les deux rideaux sur les contres. Au lieu d’avoir une vingtaine de mètres pour lancer le contre et contraindre le deuxième rideau (celui des défenseurs lyonnais) à reculer, il était obligé d’aller au duel technique pour tenter d’effacer les membres de ce second rideau, tâche bien plus ardue pour des joueurs comme Bodmer, Luyindula ou même Hoarau.

 

La domination axiale du PSG fut dès lors ébranlée et le placement de Nené, axial justement, n’eut pratiquement plus aucun effet jusqu’à l’entrée de Clément (80’). L’OL eut la mainmise absolue sur le match. Bastos allumait la première mèche avec un pétard des vingt-cinq mètres, pas cadré mais où Edel semblait battu (52’). Trois minutes plus tard, le placement axial de Lisandro déportait le bloc parisien vers l’axe. Lisandro sollicitait le une-deux avec Gomis devant lui pour s’assurer que l’aile gauche lyonnaise serait libérée avant de passer à Kallström. Le Suédois lançait instantanément dans le profondeur Cissokho. Le latéral gauche international armait sa frappe et trompait Edel dans un angle complètement fermé. L’OL menait ainsi 1-0, logiquement au vu des occasions obtenues en première période ainsi que de l’asphyxie provoquée au milieu de terrain par l’entrée et le placement de Makoun.

 

Paris prit l’eau et il s’en fallu de peu que Gomis puis Bastos ne doublent le score (57’). Finalement, ce furent les Lyonnais qui remirent dans le match leurs adversaires. Perdant le ballon haut, les Lyonnais voyaient Hoarau et Nené permuter et sur un long ballon en profondeur, ne s’alignaient pas défensivement. De là à savoir si c’est Cissokho qui était en retard ou bien si c’est le duo Lovren-Diakhaté qui avait trop avancé, impossible à dire. Mais, le jeu du hors-jeu manqué, le résultat ne se fit pas attendre. Hoarau effaçait aisément un Lovren qui se jetait n’importe comment, centrait au point de pénalty pour l’un des trois Parisiens présents dans les six mètres et ce fut finalement Nené qui reprit de la tête, 1-1 (63’).

 

Source : Football365

L’OL continue de dominer jusqu’au show Cissokho-Edel (63ème – 90ème)

 

Mais alors qu’on pensait que cette égalisation affaiblirait un OL déjà peu en confiance, il n’en fut rien. Lovren frôlait ainsi les montants de la tête sur un centre de Lisandro (64’), Bastos était encore servi idéalement par Gomis mais ne cadrait pas (67’) avant que Gomis ne manque de lober Edel d’un superbe tir des vingt mètres (74’).

 

Entre temps, Kombouaré tentait le tout pour le tout en passant en 4-2-3-1 avec la sortie de Luyindula et l’entrée de Sessegnon (69’). Le Béninois put d’ailleurs mettre en évidence toutes les raisons qui fait qu’on lui est attaché (une demi-volée cadrée à la 76’) mais aussi ce qui nous agace (la mollesse de ce tir).

 

Il était néanmoins écrit que l’OL ne remporterait pas cette rencontre. Avec plus de 25 tirs effectués mais avec seulement 5 cadrés sur l’ensemble de la partie, l’histoire des Gones aura été tour à tour contrariée par les gestes défensifs de grande classe de Sylvain Armand (homme du match au côté de Bafetimbi Gomis) comme devant Pjanic alors que le Bosnien allait conclure un mouvement collectif de grande classe (78’) ; mais aussi illustrée par des ratés regrettables comme la volée non-cadrée de Gomis (90+2’).

 

Pire, la rentrée de Clément à la place de Giuly (80’) permit au PSG de retrouver de la matière au milieu de terrain avec trois milieux plutôt défensifs (Makelele, Clément, Bodmer), un milieu axial (Nené) et un milieu latéral droit (Sessegnon). En tous les cas, c’est bien au moyen de passes verticales que le PSG ouvrait le chemin du but à Nené, placé en soutien de Hoarau pratiquement tout le match. Le Brésilien était fauché par Cissokho, ajoutait la dose de simulation qui sied, et voyait à la fois le latéral lyonnais être exclu ainsi que le pénalty sifflé. La faute y était bien mais il paraissait inutile d’en faire autant. Hoarau le transformait d’une belle manière et le PSG menait 2-1 à la surprise générale (82’).

 

L’OL n’y croyait plus, à l’évidence, mais c’est Edel (photo en jaune) qui allait tout changer, malgré lui. Déjà fautif sur le premier but, il répondait à merveille aux fautes professionnelles de l’arrière-garde lyonnaise avec un dégagement nonchalant et directement sur Gomis. Celui-ci s’avançait à toute vitesse et expédiait un missile du gauche pour tromper l’infortuné portier parisien, 2-2 (87’).

 

Paris eut malgré tout une balle de match alors que Diakhaté et Lovren s’empêtraient une dernière fois à marquer Hoarau ensemble – un véritable numéro à la Dupont et Dupond – mais Sessegnon trouvait le moyen, à quatre mètres, de tirer à côté… (90+1’).

 

Dimanche soir, les Parisiens pouvaient amèrement regretter de ne pas avoir arracher une victoire qui leur aurait offert la première place au classement dans un championnat décidément bien indécis où les treize premières équipes se tiennent en six points… De leur côté, les Lyonnais peuvent être soulagés d’avoir évité la défaite dans un match où ils n’auraient jamais dû trembler s’ils avaient eu une défense correcte… Au final, Paris pointe ce lundi à la troisième place (24 pts, à une longueur de l’OM leader) tandis que Lyon occupe la septième place (23 pts).

Une Réponse à 'Ligue 1 : Lyon-PSG où le match des erreurs défensives grotesques'

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  1. [...] Malgré le portrait peu glorieux d’une deuxième période assez ennuyeuse, j’ai été agréablement surpris du pari très offensif de Didier Deschamps – très rare en Ligue 1 – mais également de la discipline collective peu à peu respectée par l’Olympique Lyonnais cette saison. On sent que Claude Puel (photo) a retrouvé de l’emprise sur ses joueurs et que ses consignes sont appliquées. Mieux, on a pu voir des joueurs trouver ou retrouver un haut niveau de jeu, ce qui est intéressant dans la perspective des huitièmes de finale de la Ligue des Champions contre le Real Madrid en février. Je pense en particulier à Lovren (défenseur central gauche), à Gonalons (remplaçant de haut vol de Toulalan), à Makoun (solution alternative de luxe par rapport à Gourcuff et Pjanic) et enfin à Gomis qui a considérablement progressé dans le jeu dos au but (on l’avait déjà remarqué face au PSG). [...]


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