La Tribune du Sport


Manchester United ou l’« Armée Rouge » du football européen (1ère partie)

Source : Telegraph.co.uk

L’armée rouge d’Alex Ferguson est pratiquement championne d’Angleterre après sa victoire sans bavure face à Chelsea à Old Trafford dimanche lors de la 36ème journée (2-1). Malgré la défaite face à Arsenal la semaine passée, les Red Devils ont su rebondir et offrir une prestation de toute beauté. Petit bilan de la saison de Man U à travers l’analyse du match contre Chelsea.

 Rooney, le lieutenant-chef de la « Red Army » version foot’


Et dire que je ne voyais pas Manchester United aller ne serait-ce qu’en demi-finale de la Ligue des Champions cette année. Mais il faut dire que la bande à Rooney n’avait pas fait montre d’une solidité exemplaire en début de saison. Après les huit premières journée de  championnat, Manchester avait enregistré cinq matchs nuls !

Mais c’est surtout dans le jeu qu’on avait perçu une réelle fragilité chez les Mancuniens, peut-être même un véritable manque de cohésion – un comble pour une équipe dont la destinée est précisément orientée vers le collectif depuis vingt ans par Ferguson. Cette amorce timide doit aussi être analysée à l’aune des blessures (Ferdinand, Vidic, Valencia qui fut éloigné six mois des terrains) ainsi qu’à celle de la forme de son meilleur joueur, Wayne Rooney.

Je voudrais m’attarder avec vous sur le cas Rooney et sur sa qualité. Petit retour en arrière sur la saison de l’emblème de Man U. Le 21 mars 2010, Wayne Rooney inscrit son 26ème but de la saison. Man U termine finalement à la 2ème place du classement, à un point de Chelsea, alors qu’à l’été 2009, le club perdait et Carlos Tevez (passé chez l’ennemi Manchester City) et Cristiano Ronaldo (parti charitablement pour 94 millions d’euros). Rooney explose donc après ce double-départ mais insuffisamment pour emmener son équipe au titre. Néanmoins, il est nommé meilleur joueur de la Premier League (saison 2009-2010).

Source : Skysports.com

Et puis là, patatra ! Le bulldog se mue en fantôme. Lui qu’on voyait déjà disputer à Lionel Messi le titre de Ballon d’Or enchaîne les blessures (cheville) et autres pépins physiques (adducteurs). Alors qu’on le pensait indisponible pour les premières rencontres de l’Angleterre lors de la Coupe du monde, il précipite son retour et est bombardé titulaire face aux Etats-Unis pour le premier match de poule. Gêné et revenu sans doute trop vite de sa blessure, Rooney passera à travers son Mondial, à l’instar de l’Angleterre, éliminée dès les huitièmes de finale par l’Allemagne.

S’ensuit un scénario surprenant. Entre faux départ et véritable renouvellement de contrat, Rooney se plaignait de l’absence d’ambition du club. Durement touché par la récession des années 2008-2009, Man U n’avait plus les moyens d’engager de grands joueurs pour remporter des titres ! Mais la hausse du salaire pour atteindre les 14 millions d’euros annuels (joueur le mieux payé au monde hors contrats publicitaires) fit revenir Rooney sur sa décision de partir (quelle surprise !).

Malgré ce salaire incroyable, Rooney ne marque plus dans le jeu. Un pénalty face à West Ham (3ème journée, 3-0) le 28 août puis un autre en Ligue des Champions à Glasgow (0-1) trois mois plus tard le 24 novembre peinent à faire oublier les « caprices » du protégé d’Alex Ferguson. Finalement, il faut attendre le 1er janvier 2011 et la victoire à West Bromwich Albion pour revoir Rooney s’illustrer dans le jeu par un but (21ème journée, 1-2). Plus de huit mois sans concrétiser la domination des équipes dont il a porté le maillot (Man U et l’Angleterre). Une gageure pour un joueur dont on a souvent critiqué le manque de régularité pour justifier son absence des podiums du Ballon d’Or.

Heureusement pour Manchester United, ses autres artificiers ont eu un rendement très supérieur à celui de la saison précédente. Dimitar Berbatov a enfin réalisé sa première grande saison sous le maillot des Red Devils. Avec notamment un quintuplé face aux Blackburn Rovers le 27 novembre (15ème journée, 7-1), le Bulgare est toujours en tête du classement des buteurs de la Premier League (21 réalisations).

Javier Hernandez, dit « Chicharito », est quant à lui devenu tout simplement la révélation de l’année. Avec 13 buts inscrits, le Mexicain que le grand public a découvert lors du match contre la France à la Coupe du monde 2010, a étincelé cette année. Les comparaisons flatteuses se sont succédées, notamment celle avec Eric Cantona, rien que ça.

Mais il ne faut pas oublier Nani dans cette histoire ! Certes le Portugais n’a marqué qu’à neuf reprises mais il en est à 18 passes décisives effectuées en championnat, autant qu’un certain Lionel Messi.

Manchester United doit cependant beaucoup au retour en forme de son prodige anglais. En témoigne ce but exceptionnel marqué le 12 février face à Manchester City (27ème journée) grâce à une passe de… Nani. Une réalisation qui offrait la victoire aux Devils sur les Citizens (2-1) :

Mais par ailleurs, c’est le positionnement de Rooney qui interroge et intéresse. Oscillant tour à tour entre l’ailier de luxe sur le côté gauche, le meneur de jeu, l’attaquant de soutien à Hernandez ou bien l’avant-centre, le placement de l’international anglais est devenu au fil des matchs de plus en plus libre. C’est la seconde grande idée de Ferguson dans le jeu (avec le concept d’« armée rouge ») : offrir à Rooney toute latitude pour s’exprimer comme il l’entend et faire respirer Manchester au rythme des inspirations de son attaquant nerveux et trapu.

L’explication du concept tactique d’ “armée rouge” (2nde partie).

L’analyse du match proprement dit (3ème partie).

2 Réponses à 'Manchester United ou l’« Armée Rouge » du football européen (1ère partie)'

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