PSG – Brest : à domicile, une victoire en contre (1-0)
Dimanche soir, devant 40 000 spectateurs au Parc des Princes, Javier Pastore a marqué le seul et unique but de la rencontre, permettant au Paris-Saint-Germain de s’imposer devant une équipe brestoise dominatrice. Après cinq journées, le PSG est 3ème ex-æquo de la Ligue 1. Analyse de la rencontre.
Une victoire grâce aux recrues palermitaines
C’est un PSG souvent déséquilibré qui s’est imposé face à une équipe bretonne pourtant très bien organisée, notamment autour de son premier rideau de quatre joueurs, de gauche à droite : Lesoimier-Culma-Grougi-Poyet. Si le PSG a pu l’emporter, c’est avant tout grâce à la qualité de son nouveau portier, l’Italien Salvatore Sirigu. Qu’il s’agisse d’une belle détente au sol pour repousser le tir de Poyet (21e), d’une magnifique sortie aérienne pour enlever du bout du gant le ballon à Ben Basat qui campait au deuxième poteau (32e) ou encore d’une ultime prise en main de patron dans les arrêts de jeu de la deuxième période sur un corner brestois (90+2e).
Même lorsque le but était ouvert par une remarquable percée de Nolan Roux, Sirigu s’en sortait toujours. Comme si les esprits du foot le voulaient triomphant, Ben Basat trébuchait au moment de tirer et manquait le cadre (36e). C’est donc très certainement à ce gardien recruté initialement pour être le remplaçant de Nicolas Douchez – qui doit se faire bien du souci – que les Parisiens doivent en partie leur victoire.
Il était d’ailleurs écrit que le duo de joueurs transférés avec grand bruit de Palerme à l’intersaison serait décisif puisque en attaque, c’est Javier Pastore qui marqua le seul but de la rencontre à la suite de deux gestes techniques de grande qualité. D’abord un contrôle orienté magnifique et ensuite une balle piquée totalement inattendue qui laissa Steeve Elana sur place (68e).
Bodmer peut-il être un bon relayeur ?
Mais il faut bien le dire, hormis Sirigu et Pastore, le courant ne passe pas encore entre les joueurs de la capitale. Il y a de la qualité technique, il y a une indéniable volonté et une réelle capacité à se projeter vers l’avant mais l’équipe souffre pour l’instant de deux déficits : un, majeur, à la récupération et un, moins inquiétant, dans la variation offensive.
Organisé en 4-2-3-1, le Paris-Saint-Germain a clairement vu les limites d’une récupération orchestrée par Mathieu Bodmer et Blaise Matuidi. Le Parc a son chouchou, on le sait et il s’appelle Clément Chantôme. Pourquoi ? Parce qu’il est discipliné, rigoureux, technique, rapide, intelligent et modeste par-dessus le marché. Mathieu Bodmer a éventuellement sa place dans le cœur du jeu car sa stature (1m90, 90 kg) lui permet d’en imposer aux milieux défensifs adverses tout autant que sa qualité de frappe offre à son équipe une solution offensive supplémentaire.
Mais en connecteur entre la défense et l’attaque, sa titularisation est discutable car il est beaucoup moins polyvalent que Chantôme (pas encore de retour de blessure dimanche). Son seul tir de la partie fut totalement manqué (39e) et surtout, il a semblé totalement désorienté dans le rôle de relayeur qui lui était dévolu et pour lequel il ne semble pas être fait. Effectuer d’innombrables allers-retours a réellement posé des problèmes à l’ex-défenseur lyonnais. Soit il laissait le quatuor de devant (Nene, Pastore, Ménez et Gameiro) faire le boulot seul – ce qui facilitait le pressing brestois – soit il était à contretemps dans son replacement défensif et fournissait l’occasion à Brest d’être en surnombre.
Ce n’est pas pour accabler Mathieu Bodmer. C’est simplement pour préciser que ce poste-là ne peut pas lui convenir. Dans un 4-1-4-1 où Matuidi (ou Chantôme) serait seul au poste de milieu défensif et où Bodmer serait au soutien de Pastore qui oscillerait – comme dimanche – entre meneur et deuxième attaquant, là oui.
L’équilibre d’une formation entre ses phases défensives et ses phases offensives, sa qualité de récupération et donc sa faculté à se « placer » est la base pour une équipe de football. C’est pour cela que l’on met souvent en lumière les positionnements des joueurs et pas vraiment les schémas qui ne donnent qu’une idée globale sur le jeu adopté.
Quand l’intelligence collective brestoise répond à l’agilité individuelle parisienne
Du coup, si au cours de la première période, le 4-4-2 « en ligne » d’Alex Dupont a fait merveille défensivement avec une ligne de récupération très haute (environ à quarante mètres de leurs buts), c’est parce que les Bretons n’avaient bien souvent que quatre joueurs à contrer tant les projections vers l’avant de Bodmer et Matuidi se faisaient avec lenteur et maladresse.
Les contres brestois ont ainsi manqué à plusieurs reprises de faire plier la défense parisienne dont le premier rideau se trouvait amputé de deux-trois joueurs (Ménez et Nene n’ayant pas le temps de se replacer). Sans Sirigu, le match aurait sans doute était tout autre on l’a dit. Car si Camara a fait bonne figure dans l’axe gauche de la défense, on a senti la recrue uruguayenne Diego Lugano logiquement en manque de repères. Parfois même à la limite du mauvais geste (58e et 64e) et c’est fort logiquement qu’il fut baptisé de son premier carton jaune en France (64e). Malgré cela, le défenseur central international a quelques fois dégagé son équipe avec brio et solidité comme sur cette belle tête plongeante (16e, photo).
Dans l’apathie parisienne, il faut aussi mentionner comme élément d’explication l’étrange consigne d’Antoine Kombouaré d’interdire aux latéraux (Tiéné et Céara) de monter pour créer le surnombre offensivement. Dans un 4-2-3-1, l’axe est en général embouteillé par les milieux de terrains (un peu comme dans un 4-3-3 d’ailleurs). Dans cette perspective, les montées des défenseurs latéraux peuvent offrir de l’oxygène au jeu axial (notamment avec des techniciens comme Ménez, Nene et Pastore) et obliger la défense adverse à distendre ses rideaux pour prendre de la largeur. Etant donné la rigueur bretonne, cela n’aurait pu que faire du bien au PSG.
En dépit de cette curieuse stratégie adoptée par le PSG, les joueurs de la capitale ont offert un visage très technique et très rapide, notamment par l’intermédiaire de leur nouveau maître d’œuvre, « El Flaco » (« le maigre ») Javier Pastore. Très à l’aise balle au pied, il a très certainement été le meilleur joueur offensif de son équipe. Gameiro a quant à lui souffert d’une pénurie de ballons car Nene s’est montré malgré tout assez individuel et Ménez a manqué d’air sur l’aile droite à cause d’un Ceara trop bas sur les actions offensives.
Un but en contre qui démoralise les Bretons
Le jeu aura indiscutablement penché à gauche côté parisien car il penchait à droite côté brestois et c’est donc respectivement là où cela défendait le moins bien des deux côtés que les équipes se sont évertué à attaquer. Le but parisien sera d’ailleurs venu de la gauche avec un « dézonage » de l’excellent Jérémy Ménez qui aura feinté trois joueurs avant de distiller un caviar de l’extérieur du droit à Pastore, projeté vers l’avant comme les vrais meneurs de jeu savent le faire.
Pour conclure, il faut tout de même préciser que les Brestois ont largement dominé le match jusqu’à encaisser ce but de l’Argentin. Plus alertes, plus vifs et complètement décomplexés, ils ont évolué très haut sur le terrain, se créant une demi-douzaine d’occasions en première période dont trois ou quatre très nettes. A la mi-temps, Kombouaré a été forcé de reculer son bloc, d’insister sur la récupération de balle ainsi que sur l’importance d’aspirer l’équipe brestoise pour la prendre en contre et c’est d’ailleurs de cette manière que Paris a marqué.
L’intelligence s’est ici substituée à la maîtrise collective. Lorsqu’on ne domine pas un match, on peut tout de même le gagner. C’est la leçon que le Special One José Mourinho avait infligé, avec son Inter de Milan, au FC Barcelone il y a deux ans en Ligue des Champions. Projetant de plus en plus de joueurs vers l’avant pour forcer la décision, Brest a fini par se découvrir et s’est fait punir. Pourtant, on reverra sûrement les Bretons s’ils continuent d’évoluer à ce niveau car le quatuor défensif axial composé des milieux Culma-Grougi et des défenseurs Zébina-Gentiletti fera souffrir plus d’une équipe à l’avenir.
Deuxième meilleure défense du championnat (quatre buts encaissés) derrière Montpellier, Brest souffre surtout d’un manque de réalisme en attaque. Car malgré les très belles dispositions du duo Ben Basat-Roux ou bien les frappes puissantes des Poyet et autre Lesoimier, il y a une faillite devant. Trois malheureux buts en cinq matchs, c’est beaucoup trop peu ! Seul Nice a fait pire (deux buts). Seizièmes du championnat, les joueurs d’Alex Dupont devraient cependant progresser s’ils retrouvent de la confiance. Malheureusement pour eux, ils reçoivent le leader montpelliérain samedi pour la 6ème journée. Dur dur de se relancer contre les hommes de René Girard dans leur forme du moment !
De son côté, le PSG (3ème) devra sûrement élever son niveau de jeu collectif pour aller s’imposer dimanche prochain chez le vaillant promu, Evian-Thonon Gaillard (12ème au classement).





le 26 décembre 2011 le 13 h 12 min
[...] souffert dans le jeu à plusieurs reprises. Les premiers doutes m’apparurent très nettement dès la réception du Stade Brestois en septembre (1-0, 5e j.). Le club breton que je n’ai cessé de défendre dans la foulée, [...]