Face à Lille, Rémy concrétise la domination marseillaise au milieu de terrain
L’Olympique de Marseille a réalisé d’incroyables progrès et vogue sur une confiance remarquable dont la renaissance remonte à la victoire face au PSG en novembre. L’emportant grâce à un doublé de Loïc Rémy face à un Lille dont c’est seulement la deuxième défaite cette saison, Marseille a mis en exergue la force de son entrejeu et le doute dans lequel est plongé celui des Nordistes.
Quinze minutes pour espérer…
A la 91ème minute de jeu dimanche soir, Didier Deschamps a voulu récompenser Loïc Rémy pour sa très belle prestation face au champion de France lillois. Une ovation du Vélodrome bien méritée pour l’international français qui fut indiscutablement l’homme de ce choc de la 20ème journée de Ligue 1.
L’ancien Niçois s’est illustré dès la 21ème minute avec une magnifique remise pour Valbuena de la tête. Le marquage de Balmont étant défaillant sur le petit lutin phocéen, Valbuena pouvait presqu’immédiatement remisé de l’extérieur du droit dans la course de Rémy. Son contrôle poitrine et sa frappe enchaînée auraient dû permettre à l’Olympique de Marseille d’ouvrir le score mais la précision lui fit alors défaut. Landreau repoussait des jambes.
Une action de jeu qui venait symboliquement d’enterrer les espoirs lillois sur le plan tactique. Car contrairement à ce que l’on a pu entendre de toute part, à la radio (RMC) comme à la télévision (Canal+), je suis pour ma part convaincu que les joueurs de Rudy Garcia n’étaient pas si mal partis.
Pire, je ne pense pas du tout que l’objectif premier du coach nordiste consistait à disposer son équipe plus bas pour partir en contre. J’ai personnellement vu un Lille très accrocheur au milieu de terrain pendant le premier quart d’heure, avec notamment un premier rideau défensif de quatre joueurs (Cole-Pedretti-Balmont-Hazard) particulièrement intelligent et agressif au pressing.
Et d’ailleurs, avant cette occasion à la 21ème minute de Rémy, Marseille proposait un bilan statistique équivalent à celui des Lillois : une frappe dans les tribunes de Cheyrou (6e) contre un tir lointain non-cadré de Hazard (19e).
… après quoi, Marseille a broyé son adversaire dans l’entrejeu
Mais après quinze minutes, l’OM s’est adapté tactiquement. Le mérite en revient aux joueurs car il était très difficile pour Deschamps de les replacer en cours de mi-temps. Sur les phases défensives, Marseille est donc remonté d’un cran. L’arrière-garde (Morel-Mbia-Nkoulou-Azpilicueta) s’est repositionnée à 25m des buts de Steve Mandanda tandis que le premier rideau rodait lui autour de la ligne médiane. On avait donc neuf des onze Phocéens placés sur seulement 25 mètres ! Rémy restant seul devant pour gêner la relance.
C’est cette densité nouvelle qui a compliqué un jeu lillois déjà relégué dans l’axe par les absences des latéraux titulaires côté nordiste (Beria à gauche était blessé, Debuchy à droite était suspendu). En outre, le 4-2-3-1 marseillais était organisé pour obstruer l’axe du terrain. Les Nordistes ayant pour seconde nature d’évoluer au moyen d’un jeu rapide, direct et vertical au cœur du jeu, ils se sont retrouvés là aussi entravés.
Enfin, l’ultime tentative des Dogues, celle de donner de la latéralité au jeu (on a vu Bonnart tenter des choses sur son côté droit), a été totalement déboutée par les latéraux phocéens, spécialement par un Jérémy Morel extraordinaire dans son couloir gauche (15 ballons gagnés). Seul Nicolas Nkoulou a fait mieux côté marseillais (16 remportés).
Pas de réalisme pour la bande à Rémy en première période
La récupération marseillaise étant de plus en plus haute, les Lillois ont alors reculé et commencé à voir s’égrainer les fulgurances marseillaises. Dans la foulée de la frappe de Rémy repoussée par Landreau, Amalfitano aurait pu ouvrir le score sans un sauvetage remarquable de Chedjou (21e). Idem cinq minutes plus tard lorsque le même Chedjou repoussait, cette fois-ci sur sa ligne, le tir de Rémy à bout portant (26e).
Rémy continuait de peser sur le jeu, allant même jusqu’à imiter Eden Hazard en éliminant deux joueurs sur le côté gauche (35e). Mais il demeurait jusque là imprécis (37e). L’avant-centre de l’OM se transforma alors en passeur pour Cheyrou qui reprenait d’une frappe terrible mais encore une fois détournée par Mickaël Landreau (43e).
A la mi-temps, Marseille n’avait pas ouvert le score et c’était somme toute logique étant donné son incapacité à concrétiser sa domination tactique. Au retour des vestiaires, Hazard envoya un avertissement avec un ballon en profondeur pour Jelen mais le Polonais ne se hasardait qu’à une frappe molle, adjectif qui convient malheureusement très bien à l’ensemble de sa performance, constamment à contretemps dimanche (46e).
La blessure de Cheyrou n’a pas empêché Marseille de l’emporter
Blessé au genou, Benoît Cheyrou qui avait tant pesé sur l’entrejeu fut contraint de sortir dans la foulée. Marseille passait en 4-4-2 avec l’entrée du revenant, Brandao. Mais si la tactique changea, Mathieu Valbuena et Lucho Gonzalez continuèrent de faire des merveilles grâce à leurs permutations entre l’axe et l’aile droite. On retrouvait ainsi Valbuena sur une frappe en pivot (49e) avant un une-deux magique avec Lucho. Ce mouvement permettait au petit lutin de délivrer sa 10ème passe décisive depuis le début de la saison, un caviar de centre au deuxième poteau pour Rémy enfin réaliste de la tête. L’attaquant marseillais (1m85) sautait plus haut que Laurent Bonnart (1m71) et ouvrait enfin le score, 1-0 (61e).
Lille se lançait alors à l’attaque et, trois minutes plus tard, Hazard déposait Nkoulou mais se heurtait à un Mandanda impérial dans son anticipation (64e). Rémy allumait toujours des mèches de l’autre côté, profitant des largesses défensives d’une équipe lilloise privée de trois titulaires habituels (ses latéraux mais aussi Marko Basa, blessé). Manquant de peu de doubler la mise grâce à Valbuena, servi par Rémy (78e), c’est finalement ce dernier qui conclut la soirée. Une passe en retrait approximative de Gueye pour Chedjou, une sortie précipitée de Landreau, crocheté, et enfin un Chedjou feinté offraient la possibilité à Rémy de propulser le ballon au fond des buts vides, 2-0 (83e). Score final.
En dépit de l’absence de ses quatre « Canistes » (les frères Ayew en attaque, Charles Kaboré au milieu et Souleymane Diawara en défense), l’OM a prouvé avant tout qu’il était en confiance. Invaincus en championnat depuis deux mois et une défaite à Montpellier (1-0, 14e j.), Didier Deschamps et ses joueurs ont fait preuve d’une adaptabilité tactique remarquable, y compris en cours de jeu. Mais aussi, plus globalement, d’une capacité à serrer le jeu à la récupération, essence du jeu. Marseille est toujours sixième au classement ce lundi, à trois unités de son adversaire lillois (3ème) et donc du podium.
Pour Lille, c’est une petite révolution puisque les Dogues n’avaient plus été défaits en championnat depuis cinq mois et une déconvenue contre… Montpellier (0-1) lors de la 2ème journée… Mais même s’il n’y a pas urgence en championnat, les Lillois ont été éliminés de la Ligue des champions et de la Coupe de la Ligue en l’espace de cinq semaines. Rudy Garcia ne peut qu’être inquiet de n’avoir que deux compétitions à disputer désormais, les deux qu’il avait gagnées l’année passée : le championnat et la Coupe de France.





le 22 février 2012 le 10 h 41 min
Bonjour,
Le site de débat en ligne Newsring.fr lancé par Frédéric Taddéï organise actuellement un débat sur la Ligue 1 centré sur la question : ” La Ligue 1 fait-elle rêver ?”
Je pense qu’il serait intéressant que vous veniez contribuer et faire entendre votre point de vue.
http://www.newsring.fr/societe/404-football-le-championnat-de-ligue-1-est-il-trop-faible/reperes
Au plaisir de vous lire et bon débat.
Raphaelle Constant