Magnifique cuvée que cet Open d’Australie 2012
La première levée du Grand Chelem a déjà tenu toutes ses promesses. Certes l’Open d’Australie n’a pas encore fait tomber le rideau sur ses vainqueurs mais l’on a désormais la certitude qu’il s’agit d’un grand cru.
Une réelle hostilité entre Nadal et Federer ?
Avec le succès de Novak Djokovic ce mercredi face à l’Espagnol David Ferrer, la Rod Laver Arena pourra donc admirer les quatre meilleurs joueurs du monde en demi-finales. Le Serbe a lui rejoint Andy Murray dans le dernier carré pour un remake de la finale de l’an passé.
Et en attendant cette opposition, vendredi, entre le numéro un mondial et l’Ecossais, revenu au sommet de sa forme (un seul set perdu en dix jours, face au jeune prodige américain Ryan Harrison (19 ans) au premier tour), nous aurons donc droit, dans l’autre demi-finale jeudi, à un classique des Grands Chelems avec un alléchant Federer-Nadal.
Inutile de dire que la confrontation a du piquant puisque pour la première fois, l’indéfectible amitié affichée par les deux hommes a semblé s’effriter à Melbourne. L’Espagnol a ainsi déclaré en conférence de presse : « Il [Federer] finit sa carrière comme une rose parce qu’il est privilégié physiquement. Mais ni (Andy) Murray, ni (Novak) Djkovic ni moi ne finirons frais comme une rose. »
Cette différence physique fait regretter à Nadal le retrait de Federer dans les critiques adressées par les joueurs à la direction de l’ATP. En effet, la majorité des joueurs se plaint régulièrement du rythme effréné du calendrier, ce que n’a jamais fait le Suisse. Depuis, Federer a voulu désamorcer ce qui ressemblait à un début de polémique : « Il a dit qu’il était un peu fatigué et frustré de tout le processus, et je suis d’accord avec lui là-dessus. (…) Rien n’a changé dans notre relation. Je suis complètement tranquille et relax à ce sujet ».
Un énième moment de plaisir
Nadal est ensuite revenu sur ses propos et tout paraît être rentré dans l’ordre. Reste que si les deux hommes sont amis et même parfois complices, il n’en demeure pas moins qu’ils sont les deux plus grands joueurs de tennis des dix dernières années et que leur rivalité s’est écrite à travers pas moins de 26 confrontations (17 victoires pour l’Espagnol, 9 pour le Suisse). Il s’agira donc d’un combat, sans pitié et sans frein. Le Bâlois souhaite vivement retrouver les honneurs d’une victoire en Grand Chelem (son dernier titre remonte à 2010, c’était à Melbourne justement). Pour ce faire, il pourra puiser dans la confiance engrangée lors de leur dernier match : une victoire en deux sets en poule lors de la Master’s Cup à Londres en novembre dernier.
Au niveau du jeu, les deux hommes semblent affûtés comme jamais après avoir pourtant été malmenés dans les tournois de préparation à l’Open d’Australie. Depuis dix jours que le tournoi a débuté, l’Espagnol n’a concédé qu’une manche, c’était face à Tomas Berdych en quarts de finale. Contre le Tchèque, Nadal a fait montre d’une qualité de jeu exceptionnelle. Plus puissant et plus véloce que jamais, on a même cru entrapercevoir à nouveau celui qui avait réalisé le petit Chelem en 2010.
Même sentiment inspiré par Federer qui avait sans doute la partie de tableau la plus difficile des quatre demi-finalistes : le serveur géant Ivo Karlovic au 3ème tour, l’espoir du tennis australien Bernard Tomic en 1/8e et enfin Juan-Martin Del Potro en quarts. Outre ces matchs difficiles, Federer n’a perdu aucune manche (il est le seul parmi les demi-finalistes) et joué un match de moins, au 2ème tour. L’Allemand Andreas Beck déclarant alors forfait.
Si ces éléments tendent à faire penser que Federer possède un léger avantage sur Nadal, le niveau de jeu déployé par chacun d’eux jusqu’ici promet surtout un combat titanesque dont on ne se lasse pas.
Djokovni est de retour face à Murray l’intelligent
Dans l’autre demi-finale, on guettera chaque geste de Novak Djokovic qu’on a indiscutablement vu monter en puissance face au 5ème joueur mondial, David Ferrer, pourtant en forme en ce début de saison avec sa victoire à Auckland. Les conseils prodigués par Marian Vajda semblent porter leur fruit. Le coach serbe avait expliqué en début de tournoi dans L’Equipe qu’il voulait voir son protégé raccourcir les échanges en s’appuyant sur une meilleure première et sur des retours plus convaincants afin de ne pas reproduire le schéma de la fin de saison précédente (après l’US Open, Djokovic s’était blessé au dos en Coupe Davis et avait fini l’année sur les genoux).
Pour l’engagement, ça n’a pas été remarquable mercredi (53 % de premières et seulement 71 % de points gagnés derrière la première). En revanche, en retour, ce fut nettement plus impressionnant (43 % de points glanés sur la mise en jeu de Ferrer alors qu’un taux de 35 % correspond déjà à un excellent match).
Pour Murray, la tâche s’annonce donc compliquée même si, on le sait, le longiligne Ecossais a une envie démesurée de remporter enfin un premier Grand Chelem après trois échecs en finale (US Open 2008 et Open d’Australie 2010 et 2011). Là encore, l’opposition promet donc d’être dantesque entre un Djokovic de plus en plus agressif (et donc de moins en moins défenseur) et un Murray dont on a pu admirer la science tactique face à Llodra en 1/8e la semaine passée.
Ces demi-finales seront un régal et feraient presque oublier les contre-performances des Français, notamment celle de Jo-Wilfried Tsonga (éliminé en 1/8e de finale) et de Gaël Monfils (sorti dès le 3ème tour) face à des adversaires largement à leur portée… Bref, on se satisfera donc du niveau de jeu d’extraterrestres proposé par le quatuor des vénérables du sommet en attendant, avec impatience, de revoir nos Bleus meilleurs à Roland Garros en mai prochain.




le 25 janvier 2012 le 16 04 19 01191
Aller je me lance : Je prédis une finale Federer – Djoko avec une victoire en 4 sets serrés de Federer sur Nadal et une victoire de Djoko beaucoup plus serrés et dures que l’an dernier face à Murray, on va dire 5 sets. Et enfin à contre cœur, je prédis une victoire de Djoko en finale en 5 sets contre Federer…
le 13 février 2012 le 22 10 37 02372
T’étais pas loin d’avoir raison. Djoko a effectivement gagné en cinq sets. Mais c’était face à Nadal ^^