La Tribune du Sport


Un phénomène nommé Sharapova

Maria Sharapova est en finale (Source : Sport24)Dans la seconde demi-finale dames de Roland Garros, la Russe Maria Sharapova n’a fait qu’une bouchée de la Tchèque Petra Kvitova. 6-3, 6-3 en 1h17 minutes.

Un duel tout en force

 

Opposition très différente d’avec la première demi-finale entre les deux mules que sont la Tchèque Petra Kvitova et la Russe Maria Sharapova… Pour ceux qui ne s’intéressent que modérément au tennis féminin (ils ont tort !), il y avait du Berdych-Del Potro dans cette rencontre. Du jeu en cadence donc et des schémas très courts en deux ou trois coups de raquette.

La n°2 mondiale semblait décidée à faire plier le plus vite possible la n°4. Après quatre jeux en guise de round d’observation, la Russe agressa en puissance une Kvitova vite dépassée. Trois fautes plus tard, la Tchèque avait déjà trois balles de break à défendre. La première suffit à Sharapova (2-3). Un break confirmé dans la foulée (2-4).

Le coup droit  de Petra Kvitova n'a pas eu le rendement habituel (Source : RolandGarros.com)Les cris stridents de part et d’autre agaçaient les oreilles autant que la pureté des coups à plat impressionnait. A 3-5, Kvitova servit pour rester en vie dans la rencontre mais se précipita, monta à contretemps au filet et donna trois balles de set à la Russe. Là encore, il n’en fallait pas temps, Maria Sharapova saisit l’opportunité dès le premier coup et crucifia une Kvitova complètement déboussolée dans une robe mauve qui avait pourtant réussi à Sara Errani quelques dizaines de minutes plus tôt (3-6).

Dans cette première manche, la Tchèque a clairement perdu le fil de son engagement pour finir avec un taux de 55 % de réussite sur première. Or sa seconde balle ne faisait pas suffisamment mal à Sharapova pour espérer remporter ce set (seulement 29 % de points gagnés derrière la seconde pour la Tchèque).

 

Le sourire carnassier de la Russe

 

Au-delà des statistiques, Kvitova éprouvait bien trop de difficultés à se déplacer. La tenante du titre de Wimbledon a de la ressource mais dans une filière qui ne semble pas correspondre aux exigences laborieuses de la terre battue. En outre, la gauchère a joué seulement hier (mercredi) son quart de finale. Or Yaroslava Shvedova, tombeuse de Li Na, ne lui avait pas facilité la tâche en l’embarquant dans un troisième set (3-6, 6-2, 6-4).

Dernier élément perturbateur, le vent ! Les rafales ont soufflé sans discontinuer sur le Court Philippe Chatrier et usé psychologiquement la Tchèque.

La clef ? Le service de Maria Sharapova (Source : France-Pari)Malgré cela, elle s’est accrochée à son redoutable coup droit pour bien démarrer la seconde manche. Mais dès son deuxième jeu de services, elle fut à nouveau contrainte d’effacer trois balles de break. La qualité de retours d’une Sharapova bien en jambes (50 % de points gagnés sur le service de Kvitova) et le vent ayant raison de la violence de ses coups, la Tchèque céda son engagement sur une double-faute (1-3). Sa mise en jeu étant toujours en berne (37 % à cet instant dans le 2nd set).

Touchée dans son orgueil et inquiète à l’idée d’être sortie du tournoi avant même d’être rentrée dans le match, Kvitova serra le jeu en retour et débreaka dans la foulée, 2-3. Mais incapable de proposer autre chose qu’un schéma en deux temps sur son engagement et des tentatives fusantes (mais risquées) en retour, Kvitova concéda à nouveau son engagement à 3-4 sur deux fautes directes en coup droit (3-5).

Maria Sharapova tenait sa proie entre ses crocs et ne la lâcha pas. Trois plombs en première (un taux exceptionnel de 79 % sur l’ensemble du match), un ace sur deuxième balle et la Russe se qualifiait avec aisance pour sa première finale à Roland Garros. Le sourire et l’émotion sur le visage de la Russe traduisaient mal ce que le match avait eu d’expéditif. Malgré son quatrième rang mondial, Kvitova n’a jamais vraiment existé dans une rencontre éclair (1 heure et 17 minutes de jeu).

Maria Sharapova peut savourer (Source : Eurosport.fr)

Sharapova sera, elle, la grandissime favorite de la finale. Elle redevient au passage numéro un mondiale, quatre ans après avoir perdu cette place et se montre à la hauteur d’une ambition affichée il y a à peine deux semaines ! Déjà vainqueur à Rome mi-mai, elle aura l’occasion samedi, face à Sara Errani, d’engranger un second titre sur terre battue cette saison. Et le seul majeur qui lui manque après Wimbledon (2004), l’US Open (2006) et l’Open d’Australie (2008).

 

Roland RICHARD

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