La Tribune du Sport


Autant de peurs que de maux (3ème étape)

Publié dans Tour de France par Jean Giraud le 7 juillet 2010


Les pavés font peur au peloton

Cette étape a été marquée d’une pierre blanche par de nombreux directeurs sportifs à l’annonce du parcours du Tour. En effet, il est exceptionnel (2ème fois lors des 20 dernières années) d’inscrire des pavés dans la grande boucle du fait de la dangerosité de ce terrain. Les courses avec des pavés sont rares car circonscrites à la Belgique, à la France et aux mois de mars-avril. Peu s’y risquent et les coureurs qui osent faire Paris-Roubaix ou le Tour des Flandres font partie d’une caste à part, celle des « flandriens ».

Source :ASO

Rouler sur des pavés demande à la fois une grande agilité pour ne pas perdre son équilibre mais aussi un gabarit imposant pour être puissant sur un terrain plat. Les pavés sont un problème à la fois pour les petits gabarits de grimpeur, car ils encaissent tout le relief du pavé et peinent à avancer en comparaison des grandes carcasses, mais aussi pour les coureurs un peu maladroits et peureux, notamment ceux qui ne se sont jamais frottés à du pavé de leur carrière. La majorité des grands favoris avaient beaucoup à perdre aujourd’hui en étant décrochés par les meilleurs voire en chutant gravement.


Les Saxo Bank à l’offensive

L’échappée matinale était composée de sept téméraires : Steven Cummings (Sky), Ryder Hesjedal (Garmin-Transitions), Pavel Brutt (Katusha), Robert Kluge (Milram), Pierre Rolland (Bbox Bouygues Telecom), Imanol Erviti (Caisse d’Epargne) et Stéphane Augé (Cofidis). Hormis le départ de ces hommes il ne s’est rien passé avant le 1er secteur pavé situé à 45 kilomètres de la flamme rouge et la prise en main du peloton par l’équipe Saxo Bank. Elle possède dans ses rangs plusieurs grands spécialistes de ce terrain à même de viser l’étape (Fabian Cancellara) et d’accompagner efficacement les frêles frères Schleck. Bjarne Riis (le manager des Saxo Bank) préfère passer à l’offensive pour piéger les autres favoris. La conséquence est vite visible, le fort vent de face et le train d’enfer conduit par l’allemand Jens Voigt étire le peloton afin de faire craquer les plus faibles.

Source :ASO

Les Danois seront aidés dans leur entreprise de démolition par les Cervelo de Thor Husvod et les Radioshak de Lance Armstrong qui comptent bien profiter de l’étape pour conforter un maillot vert et mettre à profit les difficulté d’Alberto Contador (Astana) sur les pavés pour lui reprendre du temps.


Des chutes et des cassures

Au 35ème kilomètre et second secteur pavé, l’écart du peloton vis-à-vis des hommes de tête est de 35 secondes. Le rythme imprimé est diabolique sur les pavés : le peloton perd continuellement des éléments.

Source :L’equipe

Au 4ème secteur pavé, long de 2 kilomètres, le suisse Fabian Cancellara accélère avec dans sa roue Thor Husvod , ils plantent sur place la majorité des coureurs restants. Ne sont capables de suivre l’allure qu’Andy Schleck (Saxo Bank), Cadel Evans (BMC Racing), Geraint Thomas et Steve Cummings (Team Sky).

C’est dans ce même secteur que se produira le tournant de la course avec la chute violente de Franck Schleck qui retardera Lance Armstrong. Le Luxembourgeois a abandonné et fut conduit à l’hôpital. Au sortir de ce passage-clé de la course c’est l’hécatombe : Sanchez (Euskatel), Kreuziger (Liquigas), Basso (Liquigas), Contador (Astana), Menchov (Rabobank), Sastre (Cervelo) jouent leur Tour de France. S’ils concèdent trop de temps, ils ne pourront pas revenir dans la montagne et lors des étapes de contre-la-montre.

A 6 kilomètres de l’arrivée, le dernier survivant de l’échappé matinale, le Canadien Ryder Hesjedal est rejoint par le groupe Cancellara. C’est une grande performance de résister jusqu’au bout au retour des poursuivants qui sont motivés par la victoire d’étape pour Husvod et Thomas ; par la reconquête de son maillot jaune pour Fabian Cancellara ; et par distancer ses concurrents au général pour Andy Schleck et Cadel Evans.


La victoire de Thor Husvod

Le groupe des sept ira au bout et le sprint sera gagné avec facilité par le Norvégien. Bravo à lui qui conforte sa première place au classement par points récompensant le meilleur sprinteur. Fabian Cancellara aura été le seul capable de renverser la vapeur et porter une attaque tranchante contre Husvod mais il a donné l’apparence constante de vouloir gagner sans abandonner son jeune leader : hausser le rythme mais ne pas pousser Andy Schleck à son point de rupture. Il n’est pas parvenu à résoudre son dilemme et s’incline alors qu’il avait visiblement des jambes de feu à défaut d’un vélo-électrique.

Source :ASO

Souvent dans ce genre de combat, la chance prend une importance forte. Entre celui qui perce et celui qui est épargné par le destin, cela peut faire une différence cruciale à l’arrivée. Lance Armstrong était devant Alberto Contador avant qu’il ne soit victime d’une fatale crevaison et il finit à une minute de l’Espagnol. Contador perd dans les trente secondes sur une erreur mécanique à la flamme rouge. Franck Schleck est connu pour être un athlète maladroit sur sa machine mais il chute tout seul et se fracture la clavicule. Et que penser de l’infortune cruelle de la double crevaison de Sylvain Chavanel et de sa chute ? Il y perd le maillot jaune pour une minute.

Les étapes pavées ont cette délicieuse incertitude que nous retrouvons dans certains matchs de football quand la chance fait basculer un match et écrit la légende. Aujourd’hui, certains coureurs ont été bons mais il leur a manqué une bonne étoile.

Comme un parfum d’Avril (2ème étape)

Publié dans Tour de France par Jean Giraud le 6 juillet 2010

La troisième étape de la grande boucle qui s’est couru entre Bruxelles et Spa irradiait un doux parfum d’avril avec un parcours empruntant les célèbres côtes de la classique belge Liège-Bastogne-Liège. Ce clin d’œil à ce monument du cyclisme annonçait une course nerveuse sur un terrain accidenté. Les pourcentages des côtes d’Aisomont, de Stockeu et du Rosier laissaient espérer des surprises et pourquoi pas une action d’éclat d’un favori à même de mettre en danger Alberto Contador.


La bagarre pour le maillot à pois

L’échappée matinale était composée de l’Estonien Rein Taaramae (Cofidis), de l’Australien Matthew Lloyd (Omega Pharma Lotto), du Belge Jürgen Roelandts (Omega Pharma Lotto), de l’Italien Francesco Gavazzi (Lampre), de l’Allemand Marcus Burghart (BMC), et des Français Jérôme Pineau (Quick Step), Sébastien Turgot (Bbox) et Sylvain Chavanel (Quick Step). Partis pour montrer le maillot et se disputer les points du classement de la montagne, ils ont été les héros de cette étape s’achevant sur une mauvaise note avec un peloton apeuré qui a terminé la course au ralenti.

Source :ASO

L’étape d’aujourd’hui proposait les premiers points de la montagne et c’était l’objectif affiché de Taarame, Pineau et Lloyd. Chaque côte a été le théâtre d’un affrontement acharné pour quelques misérables points (4 points pour le vainqueur des 2 côtes de catégorie 3, et 3 points pour les côtes de catégorie 2). Porter le maillot à pois est un honneur et offre une visibilité énorme, même si ce n’est seulement que pour cinq jours, c’est-à-dire jusqu’à l’étape de Morzine. C’est le vainqueur 2010 d’une étape du Giro, Jérôme Pineau qui a été le plus rapide, devant son principal coéquipier, Sylvain Chavanel qui l’a mis dans des conditions optimales afin de revêtir la tunique à pois.

Après avoir fait sa part de travail dans la conquête du maillot de son coéquipier, Sylvain Chavanel a progressivement accéléré le rythme de l’échappée durant les 40 derniers kilomètres dans la perspective de jouer la victoire d’étape. Même face à un peloton qui revenait vite, le Français a cru en ses chances.


Un peloton qui abandonne la poursuite

Sylvain Chavanel, bien que très rapide aujourd’hui, ne serait pas allé au bout si les circonstances de courses ne l’avaient pas avantagé. En effet, alors même que la Belgique n’avait pas connu la pluie depuis près d’une semaine, la météo s’est invitée sur le Tour en détrempant la route empruntée par les coureurs (certains comme Jésus Hernandez sur Twitter ont même parlé d’huile ou de gazoil). La descente du col de Stockeu situé à 30 kilomètres de l’arrivée a été le théâtre de chutes massives d’une cinquantaine d’athlètes. Cela a provoqué de multiples ralentissements et un chaos généralisé : personne ne savait précisément à quoi s’en tenir. On relèvera notamment les chutes d’Alberto Contador, de Lance Armstrong et des frères Schleck.

Source :ASO

Le peloton a décidé de ne pas se disputer la fin de la course et de laisser rentrer les attardés afin que le podium du Tour ne se joue pas sur une chute mais à la pédale dans la montagne. Seul trois prétendants au podium ont dit adieu à leur chances de bien figurer à Paris, Damiano Cunego (8 minutes de retard), Christian Vande Velde (9 minutes de tard) et Robert Gesink (fracture du cubitus). Le peloton n’a pas disputé le sprint afin de limiter les risques de chutes et est arrivé avec un retard de 3 minutes et 56 secondes.

Aujourd’hui, certains des grands favoris ont perdu le Tour dans leur dérapage. Voir au sol Contador, Amstrong et les Schleck n’est jamais anodin et des traumatismes physiques et psychologiques apparaîtront probablement dans les prochains jours. Les examens médicaux de la soirée devraient livrer un angoissant verdict. Qui ne sera pas sur la ligne de départ demain matin ?


Un victoire de Chavanel acquise avec panache

Il a beaucoup été reproché à Sylvain Chavanel de partir de trop loin et de refuser de participer à la bagarre tardive que se livrent les favoris, mais aujourd’hui il a prouvé encore une fois combien il avait du panache. Tenter sa chance de loin ne peut pas marcher à tous les coups mais parfois cela paye d’une belle façon. De plus, il a conquis le maillot jaune et il est capable, avec près de trois minutes d’avance, de le garder une petite semaine. Voir un Français en tête du classement général va donner du baume au cœur à un pays en manque de réussite sportive en cet été 2010.

Source :ASO

Il y a cinq mois, lors de l’arrivée de la doyenne des classiques, le Français avait été renversé par la voiture d’un directeur sportif. Ses graves blessures (fracture du crane et pommette enfoncée) ont fait craindre pour sa participation à la Grande Boucle. Revenir sur les terres de ses déboires, gagner la course et endosser le maillot de leader a rendu cette étape inoubliable pour le coureur de la Quick Step. Le vélo a besoin de belles histoires telles que celle là.


Et demain ?

La troisème étape se déroulera entre Wanze et Arenberg –Porte du Hanaut où les coureurs auront à gérer plusieurs secteurs pavés en fin d’étape. Ces treize kilomètres de pavés font très peur au peloton car beaucoup de coureurs ne s’aventurent jamais sur les classiques flandriennes et notamment les grimpeurs de poches comme les Schleck ou bien la plupart des Espagnols. Au contraire, certains favoris sont à l’aise sur les pavés (Armstrong et Wiggins) et seront peut être tenté d’y gagner du temps. Il faut garder un œil sur Fabian Cancellera qui risque de vouloir restaurer son honneur perdu depuis la polémique du vélo-électrique en remportant en champion l’étape par une attaque supersonique sur les pavés. Si le peloton arrive au sprint, je miserais sur le norvégien Thor Husvod qui a semblé aujourd’hui particulièrement en forme.

Source :Véloclub

Bilan du Paris-Nice 2010

Publié dans Chroniques de courses par Jean Giraud le 17 mars 2010


Source :ASO

Une suprématie espagnole

Il était le grand favori et comme annoncé, il a creusé l’écart dans la « Montée Jalabert » à Mende, avant de gérer son avance jusqu’à Nice. Alberto Contador a fait le travail, prouvant qu’il est probablement le cycliste le plus solide actuellement. Le podium 100% espagnol est un événement rare dans l’histoire de Paris Nice puisque seule la France avait réussi la performance d’aligner trois coureurs de la même nation aux trois premières places du général, en 1953 et 1955. Ce triplé traduit une domination ibérique sur le cyclisme mondial.

En revanche, l’attitude des coureurs de la Caisse d’Epargne, où l’on retrouve Alejandro Valverde et Luis Léon Sanchez, pose question. En effet, ils n’ont jamais vraiment essayé de déstabiliser le vainqueur du dernier Tour de France, pourtant esseulé dès que la route grimpait. Pire, les trois Espagnols ont semblé se coaliser et se répartir les récompenses. Alejandro Valverde a-il levé le pied afin de remercier Alberto Contador de l’avoir aidé à remporter le Dauphiné Libéré 2009 ? Luis Léon Sanchez a-il négocié avec Alberto Contador son assistance dans le Tour de Catalogne qui aura lieu fin mars ?


Source :ASO

La naissance d’un prodige

Peter Sagan a 20 ans et entame en fanfare sa première année professionnelle. En à peine deux mois et deux épreuves du circuit mondial, il s’est révélé très talentueux. Lors du Tour Down Under en janvier dernier, sur la côte de Willunga, il avait été le seul capable de suivre Cadel Evans et Alejandro Valverde. Lors de cette Course au Soleil, il a été encore plus fort en remportant deux étapes et en échouant de peu deux autres fois où il finit second et troisième. Il s’écroulera à la dernière étape en perdant plus de deux minutes, rétrogradant de la 8ème à la 17ème place du général.

Très rares sont les néo-pro capables de réussir une si belle entrée dans le peloton. Les très précoces Damiano Cunego et Alejandro Valverde ont attendu respectivement trois et deux saisons avant de triompher sur une course aussi prestigieuse. Il est difficile de savoir si ce jeune coureur tchèque parviendra à confirmer les espoirs placés en lui mais la grande surprise de ce début d’année, c’est lui, incontestablement.


Source :ASO

Un renouveau français ?

Les français se sont montrés trop justes face à l’armada espagnole et ne sont pas parvenus à monter sur le podium, ni à atteindre le top 5. Ce constat d’absence de leaders capables de s’imposer sur la Promenade des Anglais, comme pouvait le faire Laurent Jalabert ou Bernard Hinault, ne doit pourtant pas cacher la nouvelle densité du cyclisme français. Le principal changement tient au fait qu’à la création du ProTour, les Français devaient attendre les étapes de transitions pour briller. Dans le prolongement de l’édition 2009 qui avait vu trois Français entrer dans le top 10 (Sylvain Chavanel, Jonathan Hivert et Christophe Le Mével), Paris-Nice ne paraît plus être une course inaccessible.

Tout d’abord parce que Jérôme Copel et Jean Christophe Perraud ont été assez réguliers pour entrer dans le top 10. Ensuite parce que les places d’honneurs et bouquets se sont enchaînés pour les tricolores : une troisième place pour Jérémie Galland à Contres, la victoire d’étape pour William Bonnet à Limoges, les 5ème et 8ème places de Jérome Le Mével et Thomas Voeckler lors de la difficile montée de Mende et la victoire d’Amael Moinard à Nice. A noter aussi l’honnête prestation de Romain Sicard, champion du monde espoir 2009, qui ne fut jamais très loin des meilleurs dans les grosses ascensions et qui a bien épaulé son leader, Samuel Sanchez.

Il convient de s’interroger sur la discrétion de Sylvain Chavanel qui habituellement est plus tranchant : il s’est probablement réservé pour la saison pavée qui commence et où il peut légitimement nourrir de grandes ambitions.

Tour de France : petit bilan en couleurs (2/2)

Publié dans Chroniques de courses,Tour de France par Roland Richard le 29 juillet 2009

Source : Eurosport.fr

Jens Voigt et Piet Rooijakkers sont tombés lourdement…

Tout d’abord, LTS souhaite à nouveau faire partager à ses lecteurs une peine concernant Jens Voigt, coureur de la Saxo Bank, qui est tombé à plus de 80 km/h dans la descente du Petit-Saint-Bernard (cf. photo ci-contre) lors de la 16ème étape. Bilan, la mâchoire cassée et un traumatisme crânien. Le coureur peut finalement être heureux de ne pas avoir connu une chute plus grave.

Cette chute n’est pas sans rappeler celle de Piet Rooijakkers lors de la 4ème étape à Montpellier où le coureur néerlandais s’était fait une triple fracture du bras gauche en plus de l’annulaire droit.

L’absence de contrôle antidopage positif

Par ailleurs, l’absence de contrôle antidopage positif n’est pas pour nous rassurer. Depuis l’affaire Festina (1998) où Richard Virenque tomba pour dopage, chaque année le Tour fut le lieu de découverte de bien des supercheries : Lance Armstrong (1999 mais découvert en 2005), Floyd Landis (2006), Michael Rasmussen (2007), Ricardo Ricco, Stefan Schumacher et Bernard Kohl (2008) pour ne citer que les plus récentes…

Source : Sport24.com

Une nouvelle rassurante et inquiétante à la fois en provenance de l’AFLD a été communiquée par voie de presse. L’agence française en charge de la lutte contre le dopage a précisé qu’elle allait effectuer des contrôles rétrospectifs pour s’assurer que les vingt premiers du classement général du Tour 2008 roulaient tous à l’eau claire (sans produit dopant).

Rassurant puisque cela veut dire que les contrôles ne cessent jamais. Inquiétant car cela veut dire que nous ne trouverons peut-être pas avant longtemps les éventuels dopés de ce Tour 2009. Dernier élément "encourageant", le contrôle positif de Danilo di Luca, 2ème du Tour d’Italie (cf. photo ci-dessus où on le voit souriant après la 10ème étape) qui fut contrôlé positif il y a une semaine (le Giro s’est déroulé en mai). Donc nous n’attendrons peut-être pas très longtemps pour voir un gros poisson tomber.

Du plomb pour Oscar Freire et Julian Dean !

Sinon, on retiendra qu’Oscar Freire (Rabobank) a pris un plomb dans la jambe (un incident jamais survenu auparavant, seul fait comparable, le coup de poing reçu par Mercks en 1975 !). Julian Dean (Garmin) a également victime de tirs le même jour lors de la treizième étape entre Vittel et Colmar.

L’absence des grands leaders fut préjudiciable pour le suspense

Source : Eurosport.fr

Et puis sans doute l’absence au rendez-vous de grands leaders qu’on attendait tout particulièrement :

  • (Silence Lotto), deux fois deuxième du Tour ces deux dernières années et seulement 30ème cette année (à plus de 45 minutes) ;
  • (Rabobank), vainqueur du Giro d’Italia, 51ème au Tour de France 2009 (à plus d’1h15’) ;
  • Et celle de (Cervélo), vainqueur l’an passé, 17ème (à 26 minutes).

En cause pour Evans (cf. photo ci-contre lors de la 19ème étape), le contre-la-montre par équipe qui fusilla sa course puisque l’équipe Silence Lotto n’avait pas les armes pour rivaliser avec les meilleures formations. Pour Menchov, probablement un coup de fatigue après son incroyable victoire dans le Tour d’Italie. Enfin pour Sastre, le CLM par équipe et un certain manque de panache.

Voici les éléments plus inquiétants d’un Tour de France 2009 dont le bilan final reste mitigé même si l’on a vécu une très belle compétition. Rien ne peut faire oublier ces accidents et surtout la suspicion autour d’un sport qui demeure le seul à se confronter réellement à l’inquiétante progression du dopage dans le monde sportif.

Lisez la première partie de l’article, ce qui nous a plus.

Tour de France : petit bilan en couleurs (1/2)

Publié dans Chroniques de courses,Tour de France par Roland Richard le 28 juillet 2009

Source : Eurosport.fr

Un maillot vert pour le généreux Thor Hushovd !

Un maillot vert qui ne revient pas à Mark Cavendish, ouvertement critique à l’égard des Français et frontalement égoïste dans le peloton. C’est mon coup de cœur de cette Grande Boucle. Thor Hushovd (cf. photo ci-contre), le Norvégien de l’équipe Cervélo, a privé Cavendish d’un spectacle affligeant, celui de le voir monter la plus haute marche du podium des sprinteurs.

Pourtant vainqueur de six étapes, le Britannique n’a pas pu lutter dans la montagne et donc dans les sprints intermédiaires. Malgré six victoires d’étape, le coureur de la Columbia, originaire de l’Ile de Man, a été le centre de bien des reproches pendant toute la Grande Boucle.

Trois victoires d’étapes pour les coureurs français

Les trois victoires d’étape françaises furent une réelle satisfaction tant pour les (télé)spectateurs qu’en prévision des championnats du mondes. On se souviendra donc de la victoire lors de la 5ème étape entre Le Cap d’Agde et Perpignan de Thomas Voeckler (Bbox), celle de Pierrick Fédrigo (Bbox) lors de la 9ème étape entre Saint-Gaudens et Tarbes et surtout celle de Brice Feillu (Agritubel), novice sur le Tour, qui remporta la 7ème étape, prestigieuse, entre Barcelone et Arcalis.

Source : Sport365.fr

Une jolie dixième place pour Christophe Le Mével

A mentionner également, la dixième place de Christophe Le Mével (cf. photo ci-contre) au classement général. Une belle récompense pour le coureur de la Française des Jeux qui peut désormais espérer remporter une classique.

Un maillot à pois pour Franco Pellizotti, coureur intelligent

On appréciera ensuite que le joli maillot à pois rouges est tombé dans l’escarcelle d’un grimpeur de panache, Franco Pellizotti. L’Italien montra toute sa détermination jusque dans la dernière étape de montagne, celle du Mont Ventoux, qu’il tenta de remporter alors qu’il avait déjà mathématiquement assuré son maillot de meilleur grimpeur..

Van Hummel, "pire grimpeur de l’histoire"

C’est ainsi que le coureur néerlandais de la Skil-Shimano, Kenny Robert Van Hummel, a été surnommé un peu méchamment par le directeur de la course du Tour de France, Jean-François Pescheux, à l’issue de la 16ème étape reliant Martigny à Bourg-Saint-Maurice. Van Hummel a systématiquement terminé dernier à chaque étape de montagne. Il a ainsi frôlé plusieurs fois l’élimination puis a fini par abandonner lors de la 17ème étape. Mais entre temps, le sprinteur est devenu une star dans son pays ! Symbole de courage et d’abnégation, il a même dû refuser des interviews… Une belle histoire !

Dans le cyclisme, ça envoie !

Inutile de faire un bilan exhaustif de toutes les phrases saignantes que les directeurs sportifs s’envoient à la figure pour comprendre que la langue de bois n’est pas le quotidien des professionnels du cyclisme. Au contraire ! Nominés pour l’oscar de la plus grande gueule, Marc Madiot (manager de la Française des Jeux, cf. photo ci-contre) et Jean-François Bernard (consultant pour L’Equipe TV et ancien 3ème du Tour en 1987).

Pour le premier, on se souviendra de son coup de gueule mémorable à l’encontre des directeurs sportifs frileux au sujet de la suppression des oreillettes pour l’étape Limoge-Issoudun (10ème) et tout particulièrement à l’encontre de son homologue d’Astana, Johan Bruyneel. Il avait qualifié le sabotage de l’étape par 14 des 20 équipes ce jour-là de "Manigances de bricolos" (cf. le bon article de Magazine Cyclisme).

Pour le second, c’est son interview publiée dans le journal L’Equipe le lundi 13 juillet dernier qui lui vaut notre affection. Voici un petit recueil de sa délicieuse prose verbale. A la question s’il aime les coureurs d’aujourd’hui, il avait répondu : "Ceux qui attaquent et qui sont contre les oreillettes, qui courent ‘à l’ancienne’, même si je n’aime pas trop cette expression. Ces coureurs affichent les vraies valeurs." Avant d’ajouter : "J’aime les réfractaires, les coureurs qui l’ouvrent et assument, comme Thomas Voeckler. [...] Tout le contraire des coureurs aseptisés qui me font chier." Puis après encore quelques piques lancées à l’endroit des coureurs français, il répond plus sérieusement quand on lui demande ce qu’il manque aux tricolores : "La culture de la victoire. Tellement de néo-pros n’ont jamais rien gagné chez les jeunes qu’ils ne peuvent pas apprendre à l’échelon supérieur. [...] On leur demande l’impossible alors qu’ils sont propres. Ils sont victimes de cette inégalité avec les étrangers qui peuvent continuer ‘à jouer” sans doute plus facilement qu’en France."

Vivement l’année prochaine !

Lire la suite, les aspects inquiétants du Tour 2009.

Les Français réconciliés avec le Tour de France grâce au duo Contador-Armstrong

Publié dans Chroniques de courses,Tour de France par Roland Richard le 27 juillet 2009

Source : Eurosport.fr

C’est avec des étoiles dans les yeux que j’ai vu l’ultime maillot jaune remis à Alberto Contador dimanche. Sur les deux autres marches du podium. Deux requins. Un jeune d’apparence douce mais pétri d’ambition autant que de talent, Andy Schleck (2ème du Tour à 4’11’’). Et un de treize ans son aîné. Un champion, autant de l’intrigue que du Tour. Sept fois vainqueur de la Grande Boucle, Lance Armstrong a tenu son rang et sa troisième place (3ème du Tour à 5’24’’) en puisant au plus profond de lui même.

Une audience télévisuelle inouïe !

Honneur aux anciens. Lance Armstrong n’avait plus couru le Tour depuis 2005 et une domination sans partage. Il avait quitté le Tour cette année-là sous les sifflets, cette fois-ci sous les applaudissements. Et pour récompense de son admirable retour au plus haut niveau en aussi peu de temps, une audience télévisuelle exceptionnelle.

Le Nouvel Observateur donnait les chiffres ce lundi : 3,8 millions de téléspectateurs de moyenne par jour. 4 millions de visiteurs uniques par jour sur les sites de france2.fr, france3.fr et france4.fr soit plus de 17 millions de pages vues. Selon l’hebdomadaire, c’est « trois fois plus que pour l’édition 2008 ».

Source : Eurosport.fr

Le cœur du Tour : le duel intestin Contador-Armstrong.

Au centre de cet intérêt exceptionnel pour le Tour ? Une guerre sans mercis entre les deux leaders de l’équipe Astana : Alberto Contador et Lance Armstrong. De détesté pour la démonstration qui a été faite de son dopage lors du Tour 1999, l’Américain est devenu le chouchou des spectateurs. Ils voulaient voir celui qu’ils avaient honni, souffrir. Et il a souffert.

Au Verbier (cf. photo ci-dessus) surtout, moralement, il avait reçu une gifle. Une claque de son frère ennemi ibérique, Contador. Mais aussi dans les deux cols Saint-Bernard deux jours plus tard et le lendemain en montant les cinq pics de l’étape reliant Bourg-Saint-Maurice au Grand Bornand. Finalement, au Ventoux samedi, nous avions pu admirer sa ténacité mais aussi la qualité de sa préparation physique pour parvenir à grimper, avec les meilleurs, le géant de Provence sans être monté sur un vélo pendant trois ans et n’avoir repris que depuis huit mois…

Contador, un champion de la solitude

Johan Bruyneel, le manager sportif, a tout tenté pour faire trébucher cet Espagnol qu’il n’a jamais compris. L’a-t-il seulement voulu ? Rien n’est moins sûr tant la complicité entre le directeur belge d’Astana et le deuxième leader de l’équipe kazakhe, Lance Armstrong, fut affichée.

Source : Eurosport.fr

Eternellement seul. Le coureur de Pinto a vécu un enfer sans précédent dans sa propre équipe. Personne ne l’a soutenu. Ni son manager, ni aucun des trois autres leaders de l’équipe (Andreas Klöden, Lévy Leipheimer et Armstrong), ni vraiment aucun des cinq équipiers restants : Paulinho, Popovych, Rast, Muravyev et même Zubeldia… Contador fut seul. Toujours seul. Seul lorsqu’il décida d’accélérer dans la montée d’Arcalis lors de la septième étape, seul dans l’avion qui lui permet de quitter Tarbes pour Limoges le surlendemain, seul lorsqu’il répondit aux journalistes sans son manager lors du premier lundi de repos (13 juillet), seul dans la montée du Verbier (Klöden aidant Armstrong à grimper), seul contre les frères Schleck dans l’étape aux cinq pics (ndlr : 17ème étape, Contador fut le dernier Astana à résister aux frères de la Saxo Bank, il conserva ainsi son maillot jaune, cf. photo ci-dessus), seul pour se mettre au départ du contre-la-montre d’Annecy (aucune voiture Astana ne l’avait attendu), seul pour défendre son maillot jaune jusqu’au bout…

Contador n’est pas tout blanc mais quel champion !

Et c’est non sans dégoût que l’on entendit le manager Bruyneel expliquer, désappointé après le refus de Contador de le suivre chez RadioShack avec Armstrong, « Il a envie de mener sa route tout seul. Il a peut-être raison. » Ce n’est pas comme si Contador avait eu le choix. Il a donc remporté son Tour seul. Sans équipe. Une première dans l’histoire du cyclisme.

Peut-on cependant se réjouir complètement de cette victoire ? Car la réputation du coureur espagnol n’est pas vierge de suspicions. Son nom traînait dans l’Affaire Puerto puis fut à nouveau le fruit d’un questionnement appuyé de Greg Lemond. L’ancien vainqueur du Tour (1986-89-90) a émis de sérieux doutes sur la performance pulmonaire de Contador lors de l’étape du Verbier dans une tribune publiée dans Le Monde.

Qu’à cela ne tienne. Attendons les contrôles et dégustons l’élégance et le style du maillot jaune final en revoyant les montées d’Arcalis, du Verbier, l’attaque dans le col de la Colombière pour se venger de Klöden et la grimpée du Ventoux… Ce Tour nous a donnés beaucoup d’émotions et c’est avec une certaine tristesse que je reviens au football.

Tour de France : l’union Schleck fait la force de Contador !

Publié dans Chroniques de courses,Tour de France par Roland Richard le 22 juillet 2009

Source : Sport24.com

Une étape reine de montagne animée par le meilleur sprinteur !

C’est tout d’abord la pluie qui s’est invitée dans cet épisode périlleux du Tour de France. Ces averses ont sans doute été à l’origine de quelques problèmes techniques. Georges Hincapie a vu sa chaîne réparée par le mécanicien de la Columbia alors qu’il roulait encore. Un chef-d’œuvre de coordination.

Puis quelques instants plus tard, au kilomètre 47, c’est le maillot jaune qui se faisait une petite frayeur, sa monture cédant pour une raison inexpliquée. La voiture d’Astana ne s’est cependant pas précipité pour changer le vélo du leader espagnol tout comme l’équipe kazakh ne s’est pas mobilisée pour l’aider à rejoindre le peloton. Seul Andreas Klöden, dont on attendait pourtant une éventuelle perfidie à l’égard de Contador aujourd’hui, s’est arrêté pour l’attendre…

Et pourtant l’Allemand, quatrième au classement général ce matin à 2’17’’, était peut-être le dernier, à part les Schleck, à pouvoir croire encore au titre final à Paris. Si la course a été animée en tête par le maillot vert, Thor Hushovd (cf. photo ci-dessus), surprenant échappé sprinteur dans la grande étape de montagne, le Norvégien a dû se laisser rejoindre à une trentaine de kilomètres de l’arrivée. Epuisé, il avait confirmé définitivement qu’il était le sprinteur le plus itelligent de ce Tour. Ce n’était pas très difficile…

Source : Eurosport.fr

Les frères Schleck ont tout tenté

Après des attaques successives des frères Schleck (cf. photo ci-contre) alors que le Team Saxo Bank avait déjà désagrégé le peloton, quatre hommes se retrouvent en tête au kilomètre 138 durant l’ascension du quatrième des cinq cols de l’étape du jour, le col de Romme : les frères Schleck, Alberto Contador qui a suivi l’attaque et… Andreas Klöden. Deux Astana contre les deux frères de la Saxo Bank. Une dramaturgie parfaite. Lance Armstrong (2ème au général) et un groupe de poursuivants composé des meilleurs seconds, Bradley Wiggins (3ème), Christian Vande Velde (10ème) et Vicenzo Nibali (6ème) se tenaient en embuscade à quelques dizaines de secondes.

Cependant, l’écart s’accroît progressivement entre les deux groupes de quatre lors de la montée du cinquième et dernier col, celui de la Colombière. Un ultime col avant la quinzaine de kilomètres de descente qui mène vers l’arrivée au Grand Bornand. A dix-neuf kilomètres du sésame, en pleine montée, le premier groupe de tête choisit d’imprimer un rythme effrayant alors que le vent est contraire.

Source : Eurosport.fr

La stratégie anti-Wiggins

Quelques centaines de mètres plus loin, Contador et Klöden se parlent, l’Allemand a tout donné physiquement. Il n’en peut plus. Le groupe des quatre poursuivants mené par Vande Velde qui travaille pour Wiggins est à 1’35’’. Or le maillot jaune craint un retour du coureur de la Garmin qu’il sait très fort en contre-la-montre (ndlr : Bradley Wiggins est un ancien pistard, c’est-à-dire coureur sur piste, donc excellent dans les épreuves courtes et intenses, il est triple médaillé d’or olympique (2004 et 2008) et multiple champion du monde (1998, 2003, 2004 et 2008)).

Au seizième kilomètre, Klöden est virtuellement second du Tour au général. Mais la crainte de voir revenir Wiggins et peut-être aussi la volonté de voir Lance Armstrong définitivement distancé provoquent chez Contador une envie soudaine. Il attaque. Sèchement. Sur le moment, personne ne réagit. Pas même Andy Schleck. Mais craignant de voir le maillot jaune réitérer sa performance du Verbier, les frères se lancent à sa poursuite, abandonnant Klöden au vent.

C’est terminé pour le vétéran de trente-sept ans. Le dernier kilomètre de la montée, à 10,2 %, est l’un des passages les plus pentus de la compétition. Andy Schleck continue d’attaquer pour distancer Klöden. La tactique des Saxo Bank est claire : être sur le podium. L’ambition de remporter le Tour n’est plus d’actualité. C’est avec panache que les frères Schleck ont animé le Tour mais voyant que Contador sait également défendre à merveille, ils ne souhaitent qu’une chose, lâcher le reste des leaders. Le trio Contador/Schleck/Schleck ira au bout (cf. photo ci-dessus).

De son côté Armstrong attaque Wiggins et confirme la stratégie des Astana d’essayer de prendre du temps au coureur britannique. Au sommet du col de la Colombière, Andy passe en tête devant son frère et devant Contador. Klöden arrive quant à lui 1’15’’ plus tard, Armstrong 2’05’’ après.

Source : Sports.fr

Les Schleck et Contador ont couru main dans la main !
A dix kilomètres de l’arrivée au Grand-Bornand, les frères Schleck et Contador discutent. Ils règlent à l’amiable l’issue de la course. N’ayant pas ou peu travaillé pour creuser l’écart sur les poursuivants, l’Espagnol accepte vraisemblablement de laisser la victoire d’étape aux Schleck. Dans les derniers mètres, Contador se met en danseuse, pour faire illusion, pour ne pas décevoir le public. Mais il ne force pas. Franck s’impose et son frère lève les bras avant lui (cf. photo ci-contre). Pendant ce temps, Klöden est dépassé dans la descente par Armstrong mais aussi par Vicenzo Nibali ! Le coureur de la Liquigas réalise une belle performance une nouvelle fois.

Source : Lequipe.fr

Comme l’indique le classement général (ci-contre), le déroulement final de l’étape éjecte provisoirement Armstrong du podium, tout comme Wiggins. Les frères Schleck seront clairement moins bons que les Astana au contre-la-montre individuel jeudi. Ils cèderont environ deux minutes chacun. Armstrong qui a forcé le destin devrait ainsi retrouver sa deuxième place jeudi soir s’il effectue un beau CLM. Andy Schleck devrait cependant rester sur le podium. Wiggins est désormais loin, tout comme Klöden.

Voir les Schleck et Contador courir de concert fut pour le moins surprenant. Andy n’a pas réellement tenté d’agresser Contador. Peut-être le pensait-il trop fort ou peut-être craignait-il d’y laisser trop de forces avant le CLM de demain et le Ventoux samedi. On ne sait pas. Quoi qu’il en soit Contador a définitivement mis tout le monde d’accord au sein de sa propre formation et chez ses principaux rivaux. Si Klöden pouvait encore espérer quelque chose, il est désormais hors du jeu pour le titre, tout comme Wiggins.

La première place est pour Alberto Contador, c’est définitif.

A moins d’une défaillance subite dans le Ventoux ou d’une chute lourde, Contador devrait bien remporter le Tour. Il compte désormais plus deux minutes d’avance sur Andy Schleck qui n’essaiera probablement plus rien. Dominé psychologiquement puisqu’il n’a pas pu suivre l’Espagnol au Verbier et qu’il n’a pas pu distancé le maillot jaune en attaquant, le champion du Luxembourg ne fera plus que chercher la deuxième place.

L’équipe de LTS souhaite adresser son soutien au coureur de la Saxo Bank, Jens Voigt dont la lourde chute n’a pas été sans rappelée celle du coureur néerlandais Peet Rooijakkers au début du Tour. Le coureur allemand a été lui aussi hospitalisé après une fracture de la mâchoire et un traumatisme crânien.

Contador a flingué le suspense…

Publié dans Chroniques de courses,Tour de France par Roland Richard le 20 juillet 2009
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Source : Eurosport.fr

Nous sommes à 5,6 kilomètres de l’arrivée (cf. photo ci-contre), dans la montée vers Verbier, l’arrivée de l’étape et un homme surgit, seul. Alberto Contador, un « matador » titre L’Equipe lundi, un « cador » titre Eurosport.fr. Peu importe les qualificatifs tant le coureur de la formation Astana a frappé fort, déposant ses adversaires, épatant le peloton et tuant le suspense. Lorsque le vainqueur du Tour de France 2007 choisit d’attaquer dans une côte approchant les 9 %, personne ne put réagir assez vite pour se mettre dans sa roue.

Sans rival ?

Personne ou presque puisque Andy Schleck (Saxo Bank) tenta, certes vainement, mais tenta tout de même de poursuivre Contador. Seul coureur de tout le peloton à avoir encore la force de le prendre en chasse, le champion du Luxembourg a davantage fait preuve de panache que fait bonne impression. Il ne peut empêcher Contador d’avoir 43 secondes d’avance sur lui au sommet. Et pourtant, Andy déclarait après l’attaque de Contador à Arcalis (7ème étape), non sans assurance, que « Contador est fort mais pas invincible », il avouait sans peine, dimanche après l’étape de Verbier, « Contador était plus fort que moi aujourd’hui ».

Et pourtant, six kilomètres avant cette arrivée au sommet, ils étaient cinq à pouvoir encore inquiéter le meilleur grimpeur du monde, les deux frères Schleck (Franck & Andy) de la Saxo Bank, Bradley Wiggins de la Garmin et bien sûr… Lance Armstrong.

Où était Lance Armstrong ?

Source : Eurosport.fr

Et c’est probablement la faiblesse de l’Américain (cf. photo ci-contre) qui a le plus surpris les spectateurs et les téléspectateurs. Rattrapé par son âge ou tout simplement fatigué du rythme imprimé par la Saxo Bank dans les derniers kilomètres, l’ancien septuple champion du Tour n’a rien pu faire. Il concède 1 minute 35 secondes à Contador mais reste deuxième au général. Epuisé, démoralisé mais stoïque, il déclarait la paix sans conditions à Contador après la course : « J’ai essayé de répondre aux attaques, mais quand Alberto est parti… Je veux dire, il a montré qu’il était le meilleur grimpeur et le meilleur coureur de ce Tour. Chapeau. Quand tout le monde est à la limite et que vous pouvez encore accélérer, c’est que vous êtes au-dessus des autres. J’ai connu ça. C’est comme ça que vous gagnez le Tour. Je suis fier de lui. » (Source : Eurosport.fr)

Et quand on demande au coureur s’il compte attaquer Contador ces prochains jours pour tenter de gagner un huitième Tour, sa réponse est sans appel : « Non. Quand quelqu’un démontre qu’il est le meilleur, on ne peut pas le nier, ce serait malhonnête. Alberto a fait une course magnifique. […] Alberto est le meilleur coureur de ce Tour et je suis son domestique à présent. […] Nous devons penser à l’équipe désormais. Il est temps pour moi de mettre mes ambitions de côté. »

La polémique Armstrong/Contador est terminée. Le Tour aussi.

Source : Eurosport.fr

La polémique Armstrong/Contador qui nourrissait les colonnes des journaux et des sites d’information sportive est désormais terminée. Pour notre plus grand malheur. Certes, Alberto Contador peut à présent dormir sur ses deux oreilles, son équipe, y compris Lance et Andreas Klöden, va défendre ce maillot jaune jusqu’à Paris mais le Tour a peut-être perdu tout intérêt. Nous avons attendu toute une semaine, depuis Arcalis, que la situation entre les leaders évolue. Mais elle a changé brutalement. Et elle a sans doute pris fin. Et c’est avec un peu le même sentiment qu’en regardant un 100 mètres d’Usain Bolt que l’on a apprécié cette montée, beaucoup d’attente, un plaisir intense et court… rideau.

Andy Schleck (cf. photo ci-dessus), cinquième au général lundi lors de la journée de repos, à 2 minutes et 26 secondes essayait bien de nous faire croire à son come-back : « Contador était plus fort que moi aujourd’hui mais, dans les prochains jours, c’est lui qui aura la pression. Ça ne sera pas une partie de plaisir pour lui », réitérant ses avertissements de la semaine passée où il annonçait : « Je suis sûr et certain qu’on va avoir une course animée dans les Alpes. J’ai reconnu toutes les étapes alpestres, la dernière semaine est très dure. Il n’y a qu’une arrivée en altitude, à Verbier. Et puis au Ventoux bien sûr. Entre les deux, l’étape du Grand Bornand va faire mal avec cinq cols. » Oui mais voilà, personne, pas même Andy, n’imaginait que Contador disposait d’un tel coup de pédale. Personne n’imaginait qu’il prendrait une telle avance dans cette ascension finale de Verbier. Plus fort en contre la montre individuel que le Luxembourgeois, assisté d’une équipe très au-dessus des autres (Astana), l’Espagnol ne devrait plus être inquiété jusqu’à la fin…

Ce qu’on retiendra de cette montée à Verbier…

Les vainqueurs du Tour de France ont souvent fait explosé leurs adversaires dans une montée décisive. Merckx au Tourmalet, Armstrong un peu partout… Hier, Contador a démontré sa force mais aussi son élégance. Auteur d’une magnifique fin de course, il a accéléré d’une manière sensationnelle de fluidité. Un rouleur-grimpeur davantage grimpeur que rouleur. Cela nous ravit. Faire la différence dans la montagne, c’est la marque des grands, des immenses, de ceux dont on se souvient… Malgré le dopage, on se souvient toujours des grands grimpeurs, Eddy Merckx, Richard Virenque, Marco Pantani, Lance Armstrong, Christophe Moreau, Laurent Jalabert et Alberto Contador.

Le rouleau compresseur Kazakh

Publié dans Chroniques de courses par Jean Giraud le 10 juillet 2009

Source :Bicycle.net

Le prologue à Monaco devait annoncer les premières tendances quant à l’état de forme des différents champions. L’équipe de Johan Bruyneel y a trusté les premières places: Contador (2ème à 18 secondes), Kloden (4ème à 22 secondes), Leipheimer (6ème à 30 secondes) et Armstrong (10ème à 40 secondes) ont dégouté la concurrence. Seul Cadel Evans a semblé faire jeu égal avec l’armada Kazakh en faisant 5ème à 23 secondes du vainqueur de la CSC Fabio Cancellara. Andy Schleck, Carlos Sastre et Denis Menchov ont sombré à plus d’une minute.

Lors de la troisième étape battue par les vents entre Marseille et la Grande Motte, la maîtrise tactique et l’expérience de Lance Armstrong lui ont permis grâce à un bien prévisible coup de bordure de reprendre à ses plus sérieux adversaires quarante secondes qui pourront se révéler bien précieuses à Paris. L’amateurisme d’un Cadel Evans que l’on dit pourtant très expérimenté ou d’un Andy Schleck normalement très bien entouré, a remis en selle un Armstrong dont la côte avait baissé sur le prologue. En plus de poignarder ses adversaires, Lance Armstrong a égratigné son coéquipier Alberto Contador (personne ne s’y trompe, c’est bien le Madrilène qui est visé) en relevant très sérieusement « qu’il ne faut pas avoir le prix Nobel pour comprendre qu’avec le vent et le virage qui se présentaient, quelque chose allait se passer ». C’est curieux de noter que certains favoris semblent oublier cette règle d’or du cyclisme selon laquelle pour gagner il faut être devant pour gérer les imprévus.

Source :Le point

Le troisième acte de cette maîtrise des Astana fut le contre-la-montre par équipe de Montpellier. La victoire des Kazakhs n’est guère une surprise quand on connait la préparation méticuleuse de l’équipe. Seuls les Saxo Bank et les Garmin ont semblé être capables de se hisser à la hauteur de l’équipe de Johann Bruyneel. En revanche, la déculotté subie par Cadel Evans qui perd avec son équipe Silence-Lotto 2 minutes 35 secondes est inattendue … C’est un boulevard offert aux diables d’Asie centrale. Le bilan est le même pour Carlos Sastre et la Cervelo, même si la perte d’1 minute 39 est plus conforme au potentiel des Espagnols. Force est de constater qu’avant les Pyrénées, la course a été écrasée par le rouleau compresseur Kazakh. Tous les rivaux sont à terre, renvoyés à plus d’une minute trente au classement (et parfois même au sens propre comme Menchov ou Rogers pour qui les chutes ont été très pénalisantes pour le moral et le classement général).

Cette mainmise sur la course annonce des combats fratricides au sein d’Astana qui possède encore quatre hommes capables de s’imposer à Paris. Il faut espérer, afin de maintenir le suspens, qu’Andy Schleck ou Carlos Sastre parviennent à faire sauter le verrou Kazakh.

La Grande Boucle sera-t-elle propre ? (2ème partie)

Publié dans Vie du Peloton par Jean Giraud le 29 juin 2009

Source :Snapeo

Dans la première partie de ce dossier (pour la lire), nous avons montré combien il est utopique (pour l’instant) d’espérer un Tour propre. La lutte antidopage a du retard face aux avancées et ingéniosités des laboratoires pharmaceutiques et les coureurs ont mille moyens de se doper sans risquer de se faire prendre la main dans le sac.Mais le constat de la porosité de l’antidopage cache-t-il une situation en amélioration ?

Le cyclisme est le nouveau phare de l’antidopage. Vous voulez du sport propre ? Regardez le Tour de France.

Peu de sports ont pris à bras le corps la question du dopage. Le cyclisme est entré en guerre contre les pratiques consistant à absorber des substances ou à utiliser des actes médicaux afin d’augmenter artificiellement les capacités physiques ou mentales. Depuis le Tour 1998 et l’affaire Festina, chaque année a son lot de gros poissons qui tombent dans les filets de la justice sportive : Pantani et Botero (1999), Igor Gonzalez de Galdeano et l’Actovegin dans les poubelles de l’US postal (2000), mise en examen de 64 coureurs au Giro dont Ulrich et Frigo (2001), Simoni , Ulrich et Rumsas (2002), Museeuw (2003), Cofidis, Kelme et Hamilton (2004), Heras et Frigo (2005), opération Puerto et Landis (2006), Mayo, Vinokourov, Rasmussen (2007), opération Humanplasma, Kohl et Ricco (2008). Même Armstrong a été pris la main dans le sac par la passé avec un contrôle positif effacé par un certificat médical antidaté et bidon. Les pertes humaines sont nombreuses et ce ne sont pas que les petits qui tombent, les grand payent aussi un lourd tribut à l’opération nettoyage. Il faut accepter l’idée que plus on recherche, plus on a des chances de trouver. En proportion du nombre de contrôles, le cyclisme est un des sports les moins touchés par le dopage.

La démarche de recherche du dopage dans le vélo n’est pas artificielle dans une période ou beaucoup de sports communiquent plus qu’ils n’agissent. Par exemple l’EPO, substance star dans le cyclisme, l’athlétisme ou le ski de fond… n’est même pas recherchée dans le rugby lors des Coupes du Monde. Comprenez, l’amélioration de l’endurance n’est pas considérée comme utile au rugby, pour les professionnels de ce sport, c’est « trop technique » !

Source :France Football

Au foot c’est encore pire car tous les éléments sont sous notre nez, il suffit juste de les assembler et de ne pas fermer les yeux. Les exemples sont innombrables : Marcel Desailly qui explique dans son autobiographie qu’en 1992 son équipe prenait, sur le conseil du président, des cachets dont il ne connaissait pas la composition ; le procès de la Juventus qui révèle que Didier Deschamps avait des taux d’hématocrites bien trop élevés et bien trop fluctuants pour être normaux (pour rappel, en cyclisme, il n’aurait pas eu le droit de s’aligner à la moindre épreuve du fait de son hématocrite régulièrement à 52%) ; ou encore Cannavaro filmé le soir de la finale de la coupe de l’UEFA 1999 en train de se piquer (voir la vidéo) et qui, malgré cela, obtient le ballon d’or en 2006 (cf. photo ci-contre) ; ou même Sagnol qui reconnaît sur le plateau de Téléfoot avoir conseillé un produit dopant à Vieira (c’était de l’Actovegin, du sang de veau). Ce qui est incroyable, c’est que tout le monde s’en fiche, personne ne reprend l’information, laissant les sportifs se tuer à petit feu.

En cyclisme, un tel déni des faits serait impossible puisque la moindre rumeur est exposée sur la place publique et aussi parce qu’il est bien plus difficile d’enterrer une affaire. La raison ? Les médias fouinent et les organisateurs surveillent.

Mais alors, à quoi ressemblerait une lutte contre le dopage non-artificielle ?

Tout d’abord, la lutte contre le dopage dans le cyclisme est à la pointe du progrès scientifique. Le cyclisme fut le premier sport à détecter l’EPO, à mettre en place un passeport biologique puis à rechercher les transfusions sanguines, puis par la suite les auto-transfusions sanguines. Seule la petite reine innove.

Source :Sport24

La clé de la réussite c’est la guerre éclaire, il faut agir vite avant que n’apparaisse sur le marché une nouvelle substance. En 2008, cette stratégie de Blitzkrieg a permit de faire chuter le cobra et sa garde (Ricardo Ricco et ses coéquipiers de la Saunier Duval, cf. photo ci-contre) mais aussi d’adresser un signal fort au peloton en congelant les échantillons de sang pour faire des recherches de dopage au fur et à mesure de l’arrivée des nouvelles méthodes de détections de substances. Cette année, rebelote, l’AFLD annonce par la voix de son président Pierre Bordy "une méthode et un produit dopants dont les cyclistes ignorent qu’ils peuvent être détectés seront contrôlés sur le prochain Tour de France". Est-ce du bluff ? Peut être mais dans tous les cas, certains cyclistes vont se présenter au Tour avec appréhension. L’AFLD introduit du doute dans l’esprit des fraudeurs et c’est la meilleure résistance possible.

Alors qui va se faire tirer les oreilles en juillet ? Les frères Schleck ? Un Astana ? Cadel Evans ?

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