La Tribune du Sport


Victoire par panne d’essence

Publié dans Coupe du Monde 2010 par Steven Ayache le 29 juin 2010


La première fois peut faire mal…

Source :orange.fr

Ce match est marqué par un événement historique qui risque de glacer les deux formations : jamais le Paraguay ni le Japon n’ont atteint les quarts de finale de la Coupe du Monde. On s’attend donc à deux équipes prudentes et appliquées qui se contenteront davantage d’un 0-0 que d’une défaite.

Et pourtant, pour ce match à très gros enjeu, le coach paraguayen a réservé à ses adversaires une surprise tactique assez osée : un 4-3-3 très offensif avec Santa Cruz et Benitez sur les côtés, Barrios pointant dans l’axe. En l’absence de Contreras, suspendu, Gerardo Martino fait confiance a Ortigaza pour stabiliser le milieu de terrain.

Nullement impressionné par l’idée d’une qualification, il compte donc bousculer d’entrée cette formation nippone d’ordinaire très en place et procédant en contres. Takeshi Okada a d’ailleurs renouvelé le onze de départ des groupes et se prépare à un nouveau match sur le même schéma. Les Japonais ne semblent pas avoir peur d’attendre le bon moment pour marquer.

Pronostic de l’inspecteur Derrick : 0-0 et épisode dans la foulée par lassitude.


Honda contre Vega

Le premier quart d’heure ne fait nullement mentir ce constat tactique et ressemble à un combat du nouveau Street Fighter entre celui qui se protège et celui qui teste ses coups…rien de bien alléchant.

Comme ils l’avaient fait en groupe, les Japonais laissent d’abord les reines du match à l’équipe adverse, histoire de tester les forces en présence. De leurs côtés, les joueurs paraguayens découvrent ce nouveau système et revoient leurs automatismes.

Source :lequipe.fr

Une fois ce premier quart d’heure de rodage passé, les rouges et blancs passent enfin à l’attaque par Barrios. Servi dos au but à l’entrée de la surface côté gauche, il dépose Nakazawa d’un contrôle orienté et frappe à bout portant sur Kawashima qui repousse le ballon.

Dans la foulée, le Japon par l’intermédiaire de Matsui envoie un missile sol-air aux vingt-cinq mètres qui s’écrase sur la barre d’un Vilar quasiment lobé. L’occasion est belle mais elle montre également les difficultés qu’ont les Japonais à entrer dans la surface adverse…ce qui ne les a jamais empêchés de gagner.

Le rythme s’intensifie mais ce tir de semonce nippon a montré aux Sud-Américains qu’ils devaient se méfier. De fait, ils prennent leur temps et gardent la possession de balle, évitant ainsi de concéder un coup franc meurtrier.

Les Japonais, de leur côté, feraient mieux d’éviter les corners, chasse gardée du grand (par la taille) Santa Cruz. La preuve à la 28ème minute où il s’illustre du pied droit après un second centre de Morel, mais tire à côté.

Dans le dernier quart d’heure, et puisque le Paraguay ne semble pas si dangereux, le Japon se découvre. Honda commence son travail de pointe mouvante et les ailes se déploient. Le talent à la teinture rousse et au nom de moto (ce qui fait bien rire TF1) déclenche sa première frappe à la 40ème minute mais celle-ci passe très près du but de Vilar.

Endo aura deux coups-francs dans ce labs de temps, mais ils ne donneront rien de bien probant, à chaque fois repoussés par la garde rouge et blanche.


Un double Tetris !

En deuxième mi-temps, la défense japonaise commence à se distendre face à l’écartèlement du jeu paraguayen. Mais ils se fatiguent à force de ne pas trouver la faille et doutent au fil du temps. Les Japonais continuent d’attendre, sûrement dans le but de

Source : RMC.fr

fatiguer les adversaires. Takeshi Okada dévoile peu à peu sa stratégie : emmener le Paraguay vers un long voyage. Les deux équipes s’illustrent sur corner (Riveros 59ème, Tanaka 62ème) mais ne parviennent pas à marquer.

Au fur et à mesure, les organismes fatiguent et les Paraguayens semblent logiquement les plus touchés. Ils multiplient les coups-francs dans la boite depuis le rond central et ne construisent plus que par vagues creuses.

Malheureusement, les Nippons paraissent eux aussi éprouvés et ne trouvent plus les gestes justes dans leurs actions.

Par intervalle, les deux équipes avancent comme des carrés de Tetris mais ne trouvent pas les bons emplacements pour combiner, s’entrechoquant à grands renforts de fautes.

A la 80ème, ça sent déjà les tirs aux buts. Okada n’a fait qu’un changement, Martino en a fait deux, se tournant encore et toujours vers l’offensive avec l’arrivée de Baretto à la place d’Ortigaza. Quant au coach japonais, il ne tarde pas à faire rentrer Nakamura à la place de Abe pour imiter son homologue.

Source :orange.fr

Le reste du match se déroulera prudemment, les deux équipes ne voulant pas perdre l’occasion de marquer l’histoire sur une erreur.

Nous n’avons donc pas grand-chose à se mettre sous la dent des deux côtés et d’ailleurs les commentateurs eux-mêmes ont du mal à enflammer ce match qui s’arrête dans l’indécision générale.

Pendant ce temps-là, notre ami Horst Tappert tente d’appeler France Télévisions pour signaler qu’il est prêt à prendre le relais…mais sans succès.


A l’usure du cuir…et de la télévision.

Le Japon lance la deuxième phase de son plan : accélérer le jeu dès le début de la prolongation. Cependant, on sent bien que les deux formations perdent en intensité et en précision, tant sur le plan défensif qu’offensif. Le Japon se trouve d’ailleurs pris à son propre piège et recule.

Les attaques paraguayennes sont toutefois molles et confuses, à l’image de la tête de Barrios à la 94ème, du duel perdu par Valdez contre Kawashima à la 96ème et ce but tout fait à la 100ème où tous les attaquants guaranis se tiennent par la main dans la surface avant de mettre un high kick au ballon, qui passe lamentablement au-dessus.

Seul danger provoqué par les Nippons, un coup franc croisé de Honda presque coupé par Nakazawa à la 98ème.

A la 105ème, Okada fait son troisième changement pour apporter un peu plus de jus devant : Tamada remplace Okubo.

Quelques minutes plus tard, Mr De Bleeckere commet sa première faute d’appréciation lorsqu’il n’accorde pas un coup-franc aux Japonais à l’entrée de la surface pour un tacle assassin, préférant même retourner sa décision en faveur des Paraguayens au lieu de revenir à la première faute. A cette minute, cette décision prend un caractère crucial. En effet, les coups de pieds arrêtés restent les seules solutions pour marquer tant la construction de jeu piétine des deux côtés.

Mais les Japonais ont quelques friandises dans leurs paniers, ils manquent de tuer le match sur un centre d’Okazaki qui efface Vilar…mais ne trouve personne.

Malgré quelques occasions, cette deuxième période ouvre la voie à la première séance de tirs aux buts de cette Coupe du Monde 2010.


Adieu, monde cruel…

La séance de tirs aux buts se lance pour un moment historique :

Baretto place son tir dans le coin droit du but de Kawashima qui avait plongé du bon côté.

Endo prend à contre-pied Vilar sur son côté gauche.

Barrios met un beau plat du pied à ras du poteau de Kawashima qui effleure pourtant le ballon.

Hasebe met un joli tir en force côté droit, juste au-dessus de Vilar.

Riveros prend à contre-pied Kawashima qui plonge du mauvais côté pour la première fois.

Komano prend deux pas d’élan pour frapper la balle en pleine transversale. Avantage au Paraguay !

Source :lequipe.fr

Nelson Valdez permet à son équipe de faire le break en menant 4 à 2.

Honda place la balle au centre de la cage et offre un sursis à ses coéquipiers.

Cardozo tire sans pression et trompe Kawashima pour la victoire du Paraguay qui accède aux quarts de finale.

Le Japon quitte cette Coupe du Monde, tout comme la Corée du Sud, mais peut être fier de son parcours.

Le Paraguay a donc marqué cette histoire et rejoint l’Argentine, le Brésil et l’Uruguay. L’équipe pourra retrouver Contreras mais elle ne se réjouit pas pour autant.

La finale de 2006 s’était terminée aux tirs aux buts, tout comme le huitième de finale entre l’Ukraine et la Suisse. En quarts de finale, l’Ukraine s’était inclinée contre l’Italie championne du monde 3-0. On peut dire que ce destin ne favorise pas le Paraguay qui marque l’histoire mais sort également marqué physiquement par la confrontation. A l’inverse, l’Espagne et le Portugal espéreront marcher sur les pas de la Squadra version 2006.

Source :orange.fr

Nous vous disons donc à ce soir sur la Tribune du Sport, en espérant que l’inspecteur n’ait pas d’autres enquêtes à faire !

Un quart qui repasse…

Publié dans Coupe du Monde 2010 par Steven Ayache le 29 juin 2010


La marée noire du jeu total

Source :noxblog.com

Les oranges, qui ont réalisé le carton plein lors de la phase de poules, arrivent sur le terrain avec une confiance mâtinée de doutes. En effet, même s’ils ont dominé un groupe à leur portée dans lequel ils sont suivis par le Japon, les Hollandais n’ont pas ébloui la planète football de leur jeu total. Dans un style plus mesuré, l’équipe managée par Bert Van Maarwijk gagne sans vraiment briller. Individuellement, certains joueurs trouvent leur pic de forme comme Sneijder, Robben ou l’étoile du banc Elia. Mais d’autres peinent comme Van Persie et « V2 » Van der Vaart. En revanche, le collectif ne paraît pas assez rodé et l’équipe manque de cohésion. La défense également laisse planer quelques incertitudes qui ne datent pas d’hier.

Quoi de mieux qu’un match contre les salutaires Slovaques pour contrer ce vieux signe indien des phases finales. Cet effectif de onze rocs qui a ébranlé le colosse aux pieds d’argiles italien paraît trop lent, stéréotypé et inexpérimenté pour inquiéter la formation orange. Il faut néanmoins se méfier du petit européen qui a faim de bonus tant cette place en huitièmes de finale est déjà un exploit.

Dès le début du match, les Hollandais prennent le jeu à leur compte…mais sans pour autant montrer de la finesse dans la construction. Ils peinent à combiner et s’en remettent aux talents individuels de chacun. VP existant davantage en pivot qu’en pointe et Kuyt travaillant dans l’ombre, les Pays-Bas préfèrent s’en remettre à Sneijder et Robben pour concrétiser. Aucun hasard ne vient donc expliquer le fait que ces deux joueurs soient les deux buteurs du match côté Orange.

La circonstance du premier but est classique : le Bavarois, lancé en profondeur côté droit, repique vers l’entrée de la surface, et malgré la présence de trois défenseurs qui le suivent comme des zombies, parvient à expédier une frappe tendue du gauche à ras de terre, premier poteau, qui trompe Mucha. On a souvent vu Robben n’en faire qu’à sa tête, mais il est évident que personne ne lui en voudra cette saison (18′).

Pour le reste, les Hollandais peinent dans un 4-3-3 où l’on ne comprend pas grand chose. A force de

Source :lequipe.fr

laisser ces talents s’exprimer, Van Maarwijk les laisse s’arranger entre eux sur le terrain et cela ne fonctionne pas toujours. Kuyt a une emprise physique sur le jeu mais ne l’accélère pas, de l’autre côté Robben est le seul joueur véritablement percutant, éclipsant un VP réduit à une place de pointe cassée. Enfin, l’ovni Sneijder organise le tout selon le rythme de chacun et se retrouve souvent effacé. En quelques mots, l’équipe ne trouve pas la combinaison optimale pour gagner.

Ils vont bien réussir à marquer un deuxième but sur une sortie mexicaine de "Mucha libre" à qui il ne manquait plus que le masque, mais ne trouveront pas en ce but de Sneijder dans les cages vides une grande réjouissance, sinon la passe inspirée de Kuyt (84′).

Concernant la défense, il convient de disséquer la première occasion slovaque de la partie, survenue à la 68ème : Vittek récupère un ballon en pivot et se retrouve face à Stekelenburg pour lui tirer dessus comme un chasseur sur l’ours piégé.

Si l’on regarde l’action du point de vue de la défense hollandaise, on s’aperçoit que Van bronkhorst monte sur le porteur du ballon presque dans le rond central, puis De jong se retrouve en position de défenseur central essayant d’intercepter le ballon au lieu de rester sur Vittek. Pendant ce temps-là, on retrouve Heitinga sur le coté droit et Matijsen planté comme un piquet a deux mètres de l’action. Résultat : chacun joue où il le sent.
Les latéraux ne viennent jamais appuyer l’attaque et sont assez inexistants défensivement, ce qui finit par se voir au fil du match.

D’ailleurs, sur cette fin de partie, Vittek va montrer à quel point cette défense est perméable en la perçant une nouvelle fois, provoquant le penalty qui lui permet de rejoindre Higuain au classement des meilleurs buteurs avec quatre réalisations (90+4′).

Le jeu total se caractérise le plus souvent par un bloc uni et soudé qui attaque ensemble et défend ensemble (ou ne défend pas). Ici, le jeu total se résume à des actions personnelles et à une désorganisation générale. Les Pays-Bas pourront néanmoins s’appuyer sur leurs quelques individualités de qualités pour espérer continuer dans ce tournoi.


Le Brésil est chaud, le Chili est cramé !

Tout le contraire se trame dans ce second huitième de finale entre le Brésil et le Chili qui a lieu lundi. Pourtant, les Brésiliens semblaient en dessous de leur rendement et les chiliens surprenants. Mais Dunga a prévu quelques surprises de taille au milieu de terrain avec deux torpilles nommées Daniel Alves et Ramires. Ce dernier est à son poste mais le latéral de Barcelone connaît ici une reconversion remarqualbe. Ce surplus de vitesse au milieu de terrain éclipse un Felipe « Molo » qui a déjà fait son temps. Il faut croire que ce petit changement était le point d’accroche entre solidité défensive et démonstration d’attaque.

Les cinq premières minutes vont d’ailleurs aller dans le sens des piments rouges qui attaquent sans grande efficacité mais avec une volonté sans comparaison.
Cependant, on remarque vite que les Brésiliens regardent cette équipe avancer avec une certaine tranquillité. Sûrs de leur force, ils attendent le bon moment pour ouvrir le compteur et faire monter la température. Ce moment sera un corner, c’est-à-dire la marque des grandes équipes…défensives. A la réception de ce corner frappé côté droit par Maicon, le défenseur de la Roma Juan s’impose dans les airs au second poteau et catapulte le ballon sous la barre d’un puissant coup de tête (34′).

Dès lors, tout va s’enchaîner pour un Brésil rodé collectivement, qui prend du plaisir et qui ne manque pas de pépites individuelles. Elle nous montre avec brio (tout comme l’Allemagne) ce qu’un 4-3-3 bien organisé (et non un 4-2-3-1 tout pourri à l’italienne ou à la française) peut produire comme football. La

Source :lequipe.fr

preuve avec cette action d’école qui survient à la 38ème, soit quatre minutes après le premier but : Robinho déborde côté gauche et sert Kaka à l’entrée de la surface. Le Madrilène dévie astucieusement le ballon en profondeur sur la droite dans la surface pour Luis Fabiano qui dribble Bravo et marque du droit dans le but vide.

Précis dans les combinaisons et individuellement, cette équipe trouve un rythme de champion du monde en menant 2-0 à la mi-temps.

Au retour des vestiaires, ils prennent leur temps pour reconstruire face à une équipe chilienne qui se casse les dents contre le mur jaune. Lucio et Juan sont impériaux dans leurs interventions, Maicon et Bastos toujours dans le tempo et Gilberto Silva n’hésite pas à revenir. Le Chili, de son côté, est aussi imprécis derrière que devant, et cette équipe reflète bien les insuffisances Oranjes évoquées plus haut, sans toutefois comporter dans l’effectif un joueur du talent de Robben.

Source :lequipe.fr

A l’heure de jeu, le troisième but vient logiquement après une belle inspiration de la révélation Ramires : il intercepte une passe chilienne sur la ligne médiane, remonte le terrain dans l’axe jusqu’aux 18 mètres avant de servir Robinho sur la gauche. Sans contrôle, il marque d’un tir tendu du droit (59′).
Sur les deux actions, on peut noter un Robinho décisif (et pourtant critiqué) mais aussi un Kaka qui commence à trouver son rythme et un Fabiano efficace.

Au final, cette équipe qui monte en puissance au fil des matchs sera difficile à stopper et on imagine mal les Hollandais se métamorphoser en machine collective à défendre puis contre-attaquer. Mais qui sait ? Peut-être la force individuelle des Robben et Snejder suffira-t-elle ! Encore faudrait-il que la défense orange muscle son jeu.

Vamos Argentina !

Publié dans Coupe du Monde 2010 par Roland Richard le 28 juin 2010


Diego Maradona impose son 4-4-2 à un Javier Aguirre qui, lui, change de système

Source : Actu-foot.fr

Alors qu’on avait cru à un moment que Diego Maradona (à gauche sur la photo) pouvait changer son schéma tactique et aligner un 4-3-3 idéal pour contrer le 4-3-3 de son homologue Javier Aguirre (à droite), le Pibe de Oro a finalement choisi de faire confiance à nouveau à son 4-4-2 en losange, le même que contre la Corée du Sud en poule. On retrouvait donc Romero dans les buts. Dans la ligne défensive, Samuel toujours blessé était remplacé par Burdisso pour une défense à quatre avec Heinze, Burdisso, Demichelis et Otamendi, préféré à Gutierrez. Au poste de milieu défensif, le capitaine Javier Mascherano restait une tour de contrôle indispensable derrière un milieu très axial emmené par Messi, Di Maria à gauche et Maxi Rodriguez à droite. En pointe enfin, Tévez et Higuain étaient reconduits logiquement au vu de leurs performances précédentes.

Du côté du Mexique, Javier Aguirre avait réservé quelques surprises en changeant son dispositif pour contrer le jeu axial argentin. Imaginant un 4-2-3-1 très hermétique, il avait pris les devants, notamment pour effectuer un double-marquage sur Lionel Messi. Dans les buts, Pérez puis en défense de gauche à droite, l’inévitable Salcido, Rodriguez, Osorio et Juarez, reculé d’un cran pour l’occasion. Le capitaine Marquez était assisté du solide Torrado sur sa gauche pour assurer la récupération. Devant, Guardado prenait l’aile gauche, Giovani Dos Santos animait le flanc droit tandis que Bautista était placé en soutien de Hernandez, buteur contre l’équipe de France. Une jeune équipe, très mobile, très agressive et très bien équilibrée en somme.

Précisons tout de même que le principal défaut des Argentins réside dans leur charnière centrale, spécialement depuis la blessure musculaire de Samuel. Si Demichelis peut tenir son rang avec le Milanais à ses côtés, il peut difficilement être un patron avec Burdisso… Du côté mexicain, on pouvait évidemment être pris en défaut par le dynamisme de Carlos Tévez, exceptionnel et homme du match contre la Corée du Sud en poule, ou bien par les dribbles de Messi.


Une injustice malheureusement flagrante a douché les intentions mexicaines… (0 – 45′)

Source : TV5.org

Et c’est d’ailleurs l’Argentin qui se mettait en avant en premier en tricotant au milieu de terrain. Sa percée ne va pas au bout à cause du dos d’un défenseur mais on a senti d’emblée la puissance de pénétration du lutin barcelonais (7′). Mais malgré cette alerte, le Mexique est sensiblement mieux placé que son adversaire du soir au début du match. Mieux disposés tactiquement, les Aztèques se créent d’ailleurs la première occasion franche qui est venue concrétisée leur domination dans l’entrejeu.

En effet, avec un pressing très intense disposé en 4-5-1, le Mexique a posé deux problèmes majeurs à l’Albi Céleste : le premier consistait à contraindre, par le double-marquage (Marquez-Torrado), Lionel Messi à reculer autour de la ligne médiane pour avoir de l’espace ; le second résidait dans l’impossibilité pour des milieux comme Maxi Rodriguez ou Javier Mascherano de construire sous une pression constante. Le résultat ne s’est pas fait attendre et le Mexique a manqué d’ouvrir le score.

Tout d’abord par l’intermédiaire de Salcido qui tentait une énorme frappe du pied droit aux trente mètres. Un tir « lifté » qui retombait sur la barre transversale d’un Romero surpris (8ème). Puis une minute plus tard lorsque la défense sud-américaine commettait une bourde énorme qui permettait presque à Guardado de marquer mais la frappe trop croisée de l’intérieur de la surface du meneur aztèque n’était pas cadrée (9′).

Les Argentins ont compris la leçon : ils ne doivent pas prendre de haut cette équipe mexicaine volontaire. Et ils ont alors décidé d’exercer un pressing très haut, notamment pour soulager Messi. Mais leur jeu très axial facilitait grandement le travail de la charnière de relayeurs, notamment de Marquez qui n’éprouvait aucune difficulté à empêcher Messi d’armer correctement. Le tir du Ballon d’Or se transformait donc en feuille morte des vingt mètres, n’inquiétant pas Pérez (12′).

Le Mexique prouvait que l’on peut très bien défendre avec deux rideaux parallèles si l’on n’a pas de joueur défaillant dans la ligne des défenseurs. Et c’est notamment le premier rideau très dense qui fournissait l’occasion au Mexique d’avoir une nouvelle grosse occasion. Construisant patiemment, les joueurs d’Aguirre s’appuyaient sur leur aisance dans la transmission de balle rapide. Permutant à loisir, Giovani croisait sa course avec Hernandez et lui glissait le ballon dans l’intervalle. Le jeune attaquant de Guadalajara, déjà buteur contre la France, osait un tir à ras de terre décroisé audacieux des vingt mètres qui passait à côté du poteau (14′).

Devant toutes ces signaux d’alarmes et alors que l’Argentine semblait devoir subir la fougue mexicaine, elle posait le jeu, gardait le pied sur le ballon et ne tentait pas à tout prix de franchir les lignes. Faisant tourner la balle d’un côté à l’autre du terrain, ils n’essayaient plus grand chose. Mais à la 26ème minute, le duo Tévez-Messi allait faire la différence. Messi trouvait la faille grâce à une équipe argentine qui avait fait monter ses latéraux et donc distendu la défense mexicaine. Il prenait l’espace et lançait dans l’interstice laissé entre Rodriguez et Osorio un Tévez dont l’appel était parfait. Pérez anticipait bien, sortait mais le ballon rebondissait sur son torse, retombant dans les pieds de Messi aux seize mètres. L’Argentin adressait un petit ballon piqué à Tévez, resté dans le dos du gardien et l’attaquant de Manchester City marquait de la tête (photo ci-dessus). Mais malheureusement, au vu des images pour une fois sans appel (comme pour le but refusé à l’Angleterre face à l’Allemagne), Tévez était nettement hors-jeu. Lorsque le ballon est transmis au-delà du gardien, il faut que l’attaquant soit couvert par deux défenseurs. Or si les défenseurs étaient bien là, Tévez était devant eux au moment de la passe de Messi… L’excellent arbitre italien, M. Rossetti hésitait, allait même consulter son arbitre de touche (photo ci-dessous) mais malgré sa conviction personnelle qui semblait différente de celle de son assistant, il validait définitivement l’ouverture du score argentine.

Source : RTBF.be

Cette injustice terrible a alors complètement déconcentré les Mexicains qui n’ont pas joué pendant presque toute la fin de la première période. Et alors que le duel au milieu de terrain redoublait d’intensité, l’Argentine bénéficia d’un nouveau coup de pouce du destin. Ou plutôt, d’un râteau complètement manqué par Osorio dans l’axe droit de la défense centrale. Higuain qui trainait par là lui chipait le ballon, effaçait Pérez et inscrivait le deuxième but argentin… 2-0 pour l’Albi Céleste (33′).

Salcido essayait bien de sonner la révolte d’un nouveau missile à tête chercheuse d’une trentaine de mètres mais Romero était cette fois-ci bien vigilant (34′). Après quoi, les Argentins enchaînèrent les constructions dangereuses. Notamment par Higuain qui permutait avec Tévez, rentrait dans l’axe gauche de la surface et il fallait toute l’agilité de Pérez pour claquer cette frappe à ras du sol. Tévez tentait instantanément une reprise en pivot au point de pénalty mais celle-ci était contrée (37ème). Puis sur une belle variation offensive qui voyait Otamendi prendre son couloir droit et centrer pour Higuain. Mais le Madrilène ne pouvait reprendre victorieusement le ballon, sa tête étant trop décroisée (43ème).

Dans les arrêts de jeu de la première période, le Mexique réduisait presque le score mais le centre d’un Salcido omniprésent était un peu trop fuyant pour permettre à Hernandez de couper la trajectoire (45+1ème).

A la mi-temps, on ne pouvait que regretter que le Mexique ait encaissé le premier but dans ces conditions, pas seulement parce que c’était une irrégularité fatale sur cette action mais parce qu’elle a visiblement sorti les Aztèques du match. L’erreur d’Osorio en atteste.


De retour avec de belles intentions, le Mexique a subi la loi de Carlos Tévez (45′ – 52′)

Source : Come4news.com

Et alors qu’une bagarre entre remplaçants argentins et mexicains a éclaté à la mi-temps, les deux équipes reprennent le match comme s’il y avait toujours 0-0. Le Mexique dominait à nouveau au milieu de terrain et l’Argentine était toujours contrainte de reculer. Mieux, la rentrée de Barrera en lieu et place de Bautista permettait au Mexique de retrouver son 4-3-3 avec une remontée de Torrado dans l’axe droit et un replacement de Guardado de l’aile gauche vers le milieu axial gauche tandis que le nouvel entré prenait, lui, le flanc gauche justement.

En deuxième période, les Argentins ont défendu uniquement à sept joueurs, les quatre défenseurs et les trois milieux reculés. Messi et le duo d’attaquants restant autour de la ligne médiane. Une fois le premier rideau franchi par les Mexicains, ces trois joueurs ne venaient pas faire le pressing sur leurs adversaires mais ils demeuraient disponibles pour un contre. Avec cette tactique, l’Argentine a semblé à nouveau dépassée par la transmission de balle rapide des Mexicains. On les sentait aisément débordables. Mais malgré cela, la charnière argentine tenait le choc. En revanche, Messi était toujours transparent car il était toujours pris par Marquez ainsi que par un défenseur, souvent Rodriguez.

Et alors qu’on pensait le Mexique en passe de revenir dans la partie, l’Argentine tuait définitivement le match. A l’origine de ce martyr infligé aux Mexicains, le meilleur joueur sur la pelouse Carlos Tévez qui prenait sa chance et expédiait un magnifique coup de fusil du pied droit dans la lucarne de Pérez. Ayant le contre favorable face à Marquez et Torrado, il frappait immédiatement sans contrôle (52′). 3-0 pour l’Argentine (photo).


Le Mexique n’a concrétisé qu’une seule fois sa domination dans l’entrejeu (52′ – 90′)

A ce moment du match, une réflexion me vint malgré tout à l’esprit. Certes le Mexique a encaissé injustement le premier but mais malgré cela, la deuxième réalisation argentine était tout à fait évitable. Or garder sa concentration malgré le sentiment d’injustice, c’est indispensable et c’est même le devoir de joueurs qui sont professionnels. De plus, si le Mexique a certes dominé dans l’entrejeu, il n’a pas su concrétiser sa domination au milieu de terrain par des occasions dangereuses autrement que celles lointaines de Salcido. Car ni Guardado, ni Hernandez n’ont su cadrer. Comme contre la France, le Mexique s’est créé énormément d’occasions mais n’a pas su se montrer réaliste. A l’inverse, on a senti l’Argentine capable de faire la différence à tout moment, pas tellement par Messi mais surtout par Tévez… à l’image du troisième but.

A l’image de ce constat, le très joli numéro de soliste de Barrera, le jeune ailier gauche mexicain de 23 ans, qui s’enflammait et frappait à côté (61′). Idem pour la troisième tentative cadrée par les Mexicains qui était encore un tir lointain Salcido, mais qui n’impressionnait plus Romero (63′).

Source : Football.fr

L’Argentine pouvait donc se contenter de jouer les contres et même de sortir Carlos Tévez pour une entrée du vétéran Véron (69′). Malgré tout, cette nonchalance faillit coûter cher aux Argentins qui concédaient deux énormes occasions supplémentaires aux Mexicains. Une minute après la sortie de Tévez, Giovani plongeait dans l’axe avant de servir Salcido sur l’aile gauche. Le latéral centrait au deuxième poteau et Barrera reprenait en extension du bout du pied droit. Mais si Romero était enfin battu, c’est Demichelis qui sauvait sur sa ligne de la tête (70′).

Le schéma mexicain frisait le passage au 3-4-3 avec un Salcido qui ne défendait quasiment plus mais qui apportait en permanence sa percussion et son intelligence dans l’orientation des offensives aztèques sur la gauche. Pour ce faire, on constatait aussi le recul de Marquez en défense centrale et la montée de Juarez au milieu de terrain. Les trois attaquants mexicains permutaient plus que jamais en se tassant sur la largeur de la surface de réparation. Et c’est ainsi que plein axe; l’avant-centre mexicain Hernandez déposait Demichelis et Otamendi d’un simple contrôle orienté. Rentrant dans l’axe gauche de la surface, il fusillait Romero et la lucarne gauche d’un splendide tir du gauche (71′). 3-1 pour l’Argentine (photo de Hernandez).

Dès lors, l’Albi Céleste remit le pied sur le ballon, ne laissant plus le Mexique se procurer aucune situation intéressante. Se plaçant en 4-1-4-1 au pressing, c’est une Argentine peu joueuse qui s’imposait finalement avec rigueur, discipline défensive et réalisme offensif. Un peu à l’image du Brésil de Dunga, l’Argentine a avant tout appris à bien défendre et à marquer quand cela se présentait. Messi eut même le dernier mot avec sa « spéciale ». Venant de l’aile droite, il repiquait dans l’axe, dribblait Marquez, Torrado et évitait même le tacle de Salcido pour une somptueuse frappe du pied gauche. Heureusement pour le Mexique, Pérez signait un très bel arrêt (90+2′).

L’Argentine battait un Mexique remarquable d’abnégation mais en laissant un goût amer à une Coupe du Monde qui vit ses deux premières grosses erreurs arbitrales manifestes être commises. Espérons que ce soit les dernières puisque jusque là, tout se passait plutôt bien…

La Mannschaft a écrasé l’Angleterre de Capello en huitièmes de finale !

Publié dans Coupe du Monde 2010 par Roland Richard le 27 juin 2010


Des compositions prévisibles mais avec une fragilité chacune

Joachim Low (photo) n’a pas surpris son monde en affichant le 4-2-3-1 qui lui avait déjà permis de briller en poule, même en infériorité numérique face à la Serbie. Le jeune Neuer (24 ans) était toujours préféré à Butt dans les buts allemands et la défense gardait la même ossature que contre le Ghana au match précédent avec, de gauche à droite, Boateng, Friedrich, Mertesacker et le capitaine Lahm. Devant la défense, le duo Schweinsteiger-Khedira faisait toujours rêver les autres sélections tant ces deux joueurs semblent capables de dominer n’importe quelle équipe dans l’entrejeu. Après quoi, le milieu à trois composé de Podolski à gauche, Özil dans l’axe et Müller à droite était positionné en soutien de Klose, de retour après son exclusion face à la Serbie.

Du côté anglais, Fabio Capello avait fait confiance à la même équipe que celle qui s’était imposée face à la Slovénie au match précédent. Dans les cages, on retrouvait l’ambivalent mais expérimenté David James puis une défense à quatre avec, de gauche à droite, Ashley Cole, Upson, Terry et Johnson. L’Angleterre alignait ensuite le meilleur milieu du monde sur le papier avec Barry et Lampard dans l’axe, Captain’ Gerrard sur la gauche et James Milner sur l’aile droite. Enfin, devant, Wayne Rooney était placé en soutien sur la gauche de Germain Defoe.

Malgré ces compositions d’apparence solide. On pouvait d’emblée craindre deux faiblesses. Du côté allemand, Jerome Boateng avait certes disputé un bon match face au Ghana mais avec six sélections et seulement vingt-et-une années, on ne pouvait que craindre pour le flanc gauche de la Mannschaft. Chez l’équipe aux Trois Lions, c’était le défenseur central gauche Upson qui, évoluant à West Ham, allait devoir fournir des efforts de placement comme il n’en avait jamais fait auparavant.


L’efficacité allemande face à la fragilité de l’arrière-garde anglaise… (0 – 33ème)

On était d’emblée surpris par la hauteur de placement de l’équipe anglaise en attaque avec une barre défensive à seulement dix mètres de la ligne médiane. En défense, le pressing était également très haut, tentant d’empêcher les constructions germaniques dès leur origine.

L’Allemagne de Joachim Low avait bien évidemment eu vent du manque d’expérience d’Upson à ce niveau-là et n’utilisait que son aile droite pour tenter de se créer des situations dangereuses. Malgré la présence du meilleur latéral gauche, A. Cole, dans cette zone du terrain, les Allemands n’ont pas hésité une seule seconde à jouer sur ce côté, parfois en y envoyant trois joueurs (Özil le meneur de jeu, Müller l’ailier droit et Klose l’avant-centre).

C’est d’ailleurs dans l’intervalle entre Upson et Cole que l’Allemagne se procurait sa première occasion franche du match. Sur un long ballon en profondeur qui trouvait Özil, la partie gauche de l’arrière-garde anglaise brillait par sa passivité et il fallait un arrêt réflexe remarquable de David James pour empêcher le petit lutin du Werder Brême d’ouvrir le score d’un tir entre les jambes du portier anglais (5ème minute). Ce long ballon en profondeur venait aussi concrétiser la difficulté initiale que l’Allemagne a éprouvée à contrer le pressing très agressif de l’Angleterre.

Excepté cette occasion de but, les vingt premières minutes furent très serrées et aucune équipe ne parvenait vraiment à prendre le pas sur l’autre. Et c’est sur un ballon anodin que l’Allemagne allait prendre l’avantage. Neuer, le portier allemand, effectuait un très long dégagement à destination de Klose. Le cuir passait au-dessus des deux centraux anglais. Terry ne courait pas après Klose tandis que Upson ne parvenait pas à repasser son épaule devant celle du joueur du Bayern. Troisième erreur individuelle, David James sortait bien trop tardivement et Klose n’avait plus qu’à tacler dans l’angle béant laissé par le gardien de Porsmouth sur sa gauche (photo), 1-0 (21ème).

Les coéquipiers de Philipp Lahm continuaient d’évoluer majoritairement sur leur aile droite à cause d’Upson mais aussi parce qu’ils ne pouvaient pas du tout compter sur leur flanc gauche. Ceci parce que Boateng, contraint de défendre dans son couloir ne pouvait aider son équipe à créer le surnombre de ce côté-là. Car l’Angleterre a rapidement et clairement vu s’opérer une permutation définitive entre Barry et Gerrard. Le capitaine et milieu de Liverpool prenant l’axe tandis que Barry était obligé de se placer en retrait. De cette manière, le jeu anglais a penché sur l’aile droite toute la première période avec une montée fréquente de Glen Johnson pour apporter le dédoublement à Milner. Cette inclination pour l’aile droite faisait d’ailleurs craindre à l’arrière-garde allemande des centres précisément de Milner, excellent contre la Slovénie. Et lorsque les Anglais variaient avec un ballon remis dans l’axe pour Barry, celui-ci pouvait prendre tout son temps pour ajuster des vingt mètres. Heureusement pour la défense allemande qui s’était positionnée uniquement dans sa surface, Neuer captait facilement (26ème).

Là encore, il faut bien comprendre que si l’Angleterre a décidé de produire du jeu dans l’axe et sur l’aile droite, c’est qu’elle était obligée de défendre sur son aile gauche. De manière exactement symétrique, l’Allemagne rencontrait la même difficulté causant les mêmes effets. Mais contrairement à Boateng qui s’est montré plus que digne de la confiance accordée par le staff allemand, Upson était encore à la rue sur le deuxième but germain.

La Mannschaft effectuait un pressing en 4-2-4, laissant le soin à Khedira et à Schweinsteiger de faire les essuie-glaces entre les deux rideaux et de parcourir leurs 11,5 km chacun. Ce pressing paya finalement alors que l’Angleterre venait de toucher la barre sur une tête de Defoe, bien à la réception d’un centre de Johnson (32ème). Dans la minute suivante, l’Allemagne se déportait complètement sur son aile droite avec un Özil décrochant à près de trente mètres de ses buts qui servait Klose proche de la ligne de touche. Celui-ci remisait instantanément sur Müller d’un magnifique ballon piqué au-dessus de Upson et Cole venus défendre. Terry était encore en retard dans son placement et ne pouvait rattraper l’attaquant du Bayern. Ce dernier s’enfonçait donc dans la surface et servait Podolski sur sa gauche juste avant que Johnson ne soit sur lui. L’attaquant de Cologne contrôlait, faisait quelques pas et ajustait son tir croisé du pied gauche qui passait sous un David James une fois de plus mal sorti car trop lent à aller au sol, 2-0 (33ème).

Au-delà de la qualité technique à une touche de balle des Allemands, déjà constatée contre l’Australie, on ne peut tout de même s’empêcher de souligner la naïveté du placement du double-rideau anglais. Capello avait probablement intimé l’ordre à ses joueurs de jouer avec deux rideaux strictement parallèles. Or c’est précisément le placement en retrait d’un Barry qui aurait pu permettre, en cas de couverture à effectuer sur une aile de la part d’Upson, d’avoir tout de même un joueur bien placé pour défendre dans l’axe… On avait la démonstration qu’un 4-4-2 strict en lignes n’avait aucune efficacité face à une équipe mobile dans les espaces et capable de faire la différence à une touche de balle.


Et le match devint fou (34ème – 45ème)

Source : TF1.fr

Alors menée 2-0, l’Angleterre vit enfin son chouchou Franck Lampard prendre la dimension du match et se projeter vers l’avant. Son apport offensif soudain contraignit la Mannschaft à conserver Schweinsteiger dans l’axe, ce qui libéra de l’espace sur l’aile droite. Le deuxième changement intéressant résida dans le repositionnement du rideau défensif anglais qui a recommencé à jouer très haut, comme en début de match. Ce nouveau pressing permit à l’Angleterre de se créer plusieurs occasions franches mais aussi à l’Allemagne d’avoir des possibilités en contres.

Milner libéré, l’ailier d’Aston Villa manquait de peu de trouver Lampard aux six mètres mais Neuer arrêtait très bien un ballon dégagé immédiatement par Philipp Lahm (35ème). De l’autre côté, une minute plus tard, Klose prenait l’intervalle et mettait en lumière le laxisme au marquage de Terry. Il fallait toute la vélocité de Johnson pour mettre en corner. Mais sur le coup de pied de coin venant de la gauche, Barry passait complètement au travers au second poteau et Klose pouvait se débarrasser de lui ainsi que d’Upson. Heureusement, Gerrard veillait au grain et repoussait le tir à bout portant du Bavarois (36ème).

La 37ème minute fut cependant le tournant du match pour l’Angleterre. Alors que les Trois Lions obtenaient un corner tiré de la droite. Rooney choisissait de le jouer en deux temps pour Gerrard qui centrait à merveille au premier poteau sur la tête d’un Upson qui réduisait le score (2-1). Au marquage d’Upson, on retrouvait Boateng… Mais ce fut sa seule erreur du match. Quelques secondes à peine après le coup d’envoi, Defoe était bien lancé dans la profondeur et Friedrich ne pouvait que tacler pour dégager. La balle revenait dans les pieds d’un Lampard qui saisissant sa chance des seize mètres tentait un lob avec le rebond. Le tir heurtait le bas de la transversale et rentrait dans le but d’une bonne cinquantaine de centimètres (photo).

Malheureusement pour l’Angleterre, l’arbitre de touche de M. Jorge Larrionda ne voyait pas le cuir franchir la ligne et n’accordait pas le but. En une minute, l’Angleterre avait bel et bien réduit le score puis égalisé mais sans que cela soit vu par les arbitres qui commettaient là une erreur de jugement très préjudiciable.


Quand Capello replace ses troupes (45ème – 67ème)

Source : Canoe.ca

La deuxième période vit tout d’abord vingt minutes d’une domination anglaise quasiment sans partage. Fabio Capello (photo) avait transformé son 4-4-2 en 4-3-3 avec un Gerrard qui penchait cette fois-ci sur l’aile gauche tandis que Lampard prenait l’axe droit du jeu à son compte et Barry l’axe gauche.

Ce recadrement de l’entraîneur italien eut le mérite de rééquilibrer l’équipe anglaise et de lui permettre de varier ses schémas offensifs avec une belle disponibilité de Gerrard. Gerrard qu’on retrouvait d’ailleurs sur plusieurs frappes lointaines non cadrées (49ème, 56ème, 58ème). Cette présence à gauche empêcha également Philipp Lahm, le latéral droit allemand, de peser sur le jeu offensif puisqu’il fut contraint presque toute la seconde mi-temps de défendre. Rooney trouva quant à lui de l’oxygène grâce à cette restructuration du schéma. C’est d’ailleurs l’attaquant de Manchester United qui provoquait une faute à trente-quatre mètres, légèrement dans l’axe droit du terrain. Lampard s’élançait et bombardait… la barre (52ème). C’est encore Gerrard et Rooney qui forçaient la défense allemande à se déporter sur la gauche pour la première fois de la partie. Décrochant, le n°10 anglais pouvait décaler une première fois Milner pour un centre capté par Neuer (61ème) puis pour une frappe du joueur d’Aston Villa, celle-ci contrée par Friedrich (62ème).

De leur côté, les Allemands avaient enfin revu le jour une minute plus tôt quand Podolski était servi sur l’aile gauche, repiquait vers les cages et passait à un Müller qui plongeait dans l’espace axial. Il bénéficiait du contre favorable face à Lampard mais ratait son tir (60ème). La Mannschaft tentait des choses difficiles puisqu’elle ne pouvait pas approcher David James, c’est Schweinsteiger qui s’essayait à une frappe lointaine un peu trop croisée des trente mètres (63ème). Le pressing anglais était effectué avec Lampard et Barry un cran plus bas, ce qui permettait de constituer un gros carré défensif axial avec les deux défenseurs centraux et les deux milieux relayeurs.

Et alors qu’on croyait l’Angleterre sur une pente ascendante devant l’amener à l’égalisation, elle se fit magistralement prendre en contre. Sur un coup-franc plein axe de Lampard repoussé par le mur, Philipp Lahm héritait du ballon dans le couloir droit et adressait une diagonale géniale à Schweinsteiger parti en contre sur le flanc gauche. Courant à toutes jambes, le milieu bavarois retournait vers le but, empêchant ainsi le retour de Johnson et fixait la défense du carré anglais décrit plus haut. Müller était le grand oublié de ce carré et il était servi sur la droite par « Schweini ». L’ailier allemand ne se posait pas de question et allumait David James dans un angle fermé. Le portier de Porsmouth commettait sa troisième faute technique puisqu’il n’avait pas le réflexe de placer sa main sur le ballon et c’est son bras qui déviait le tir dans ses propres buts, 3-1 pour l’Allemagne (68ème).


Müller signa un doublé qui coulait l’Angleterre (68ème – 90ème)

Source : Leparisien.fr

L’Angleterre ne déposa pas pour autant les armes et fit le siège de la forteresse de son adversaire. Une minute après la troisième réalisation germanique, les Trois Lions étaient déjà en train de tirer un corner de la droite. Dégagé en touche, le ballon revint dans les pieds de la défense centrale allemande. Et au lieu de dégager brutalement vers l’avant pour se soulager, Friedrich s’appliquait à distiller un nouveau ballon en profondeur, à nouveau sur la gauche où seul Barry était en défense. Özil était à la réception de cette passe et déposait de sa vitesse l’infortuné citizen. Pénétrant dans la surface, l’altruiste meneur de jeu transmettait au second poteau à Müller où Cole ne pouvait être puisqu’il était venu au pressing sur Özil. Le n°13 allemand inscrivait son second but du match du pied droit et c’est le seul but où David James n’avait rien à se reprocher (photo), 4-1 (70ème).

Les changements tactiques de Fabio Capello n’eurent aucun impact positif sur le jeu. Heskey (remplaçant de Defoe à la 71ème) ne pouvait pas prendre le dessus sur Mertesacker et Friedrich, impériaux depuis leur grosse performance face à la Serbie, notamment dans le domaine aérien. Tandis que l’entrée de Wright-Philipps à la place de Glen Johnson était trop tardive pour que le changement de schéma en 3-4-3 soit récompensé (87ème). Comme un symbole, le capitaine Gerrard, pourtant à la conclusion d’un superbe jeu en triangle initié par Lampard et relayé par Rooney, ne pouvait que trouver la main d’un Neuer lui aussi montant en puissance (81ème).

L’Angleterre s’inclinait ainsi 4-1 dans un match où elle a certes tout tenté mais où elle a prouvé deux choses : 1) sa défense n’était pas au niveau mondial avec la blessure de Ferdinand dans l’axe gauche or, l’Italie, la France et même la Corée du Sud l’ont prouvé, on ne peut pas gagner sans défense à ce niveau de compétition ; 2) Fabio Capello n’a pas su effectuer les bons choix tactiques en alignant un pressing en 4-1-3-2 avec un Barry davantage placé en retrait pour rassurer le pauvre Upson. Et si Barry ne pouvait assumer ce poste, il y avait tout de même Michael Carrick dans l’effectif… un joueur prédisposé à ce rôle.

Un Ghana appliqué se hisse en quarts de finale

Publié dans Coupe du Monde 2010 par Jean Giraud le 27 juin 2010

Source :News Abidjan

L’affiche était alléchante, deux outsiders (Etats Unis et Ghana) se rencontraient dans une partie de tableau sans favoris pour une place en quarts de finale contre un autre petit poucet, l’Uruguay qualifié plus tôt face à la Corée du Sud. C’est dire combien ces deux équipes pouvaient s’estimer chanceuses d’avoir la possibilité d’accéder aux demi-finales sans avoir à gérer un match contre un cador du football mondial.
Le Ghana portait les espoirs de tout un continent fou de foot, privé de l’ensemble de ses autres représentants en phase de poule. Une Coupe du Monde en Afrique sans pays africain qui irait loin serait décevante. Cette sélection du Ghana a semblé moins flamboyante que ses sœurs africaines, mais tellement plus saine et rigoureuse.

De l’autre coté, l’équipe des Etats Unis d’Amérique n’est jamais très loin d’effectuer une grande performance en Coupe du Monde depuis plusieurs éditions et a démontré, depuis le début de la compétition, une générosité et une abnégation qui a séduit une partie de sa population. Celle-ci commence à s’intéresser au "soccer".


Des dispositifs non symétriques.

Les Ghanéens évoluèrent dans un 4-1-4-1 composé de quatre défenseurs, d’un milieu récupérateur (Annan), d’une ligne de quatre milieux polyvalents chargé à la fois d’exercer un pressing fort mais aussi de trouver la faille. Enfin en pointe, un attaquant pivot (Gyan). Il n’y a pas dans cette formation un 9 et demi chargé d’épauler le pivot mais quatre gaillards alternativement récupérateurs et créateurs de danger.

Source :RMC

Les Etats-Unis se sont présentés au coup d’envoi dans un 4-4-2 carré, c’est-à-dire avec une défense à plat composé de quatre joueurs, un entrejeu de 2 milieux axiaux plutôt voués aux taches défensives et une animation offensive avec deux ailiers et deux attaquants axiaux. C’est une organisation classique et équilibrée où les rôles sont plus figés que du coté africain.

La dissymétrie des deux formations était très importante et a été sans nul doute un sujet de réflexion intense pour les deux coachs avant le match. En effet, quand deux équipes ne sont pas organisées de la même manière, ils y a des zones du terrain mieux remplies par l’une que l’autre. De plus, les taches défensives et le marquage se complexifient naturellement. Ainsi, la présence d’un Ghanéen de plus au milieu et d’un Étasunien de plus en attaque allait être déterminante dans le déroulement du match. Les oppositions où les dispositifs ne sont pas symétriques sont souvent les plus passionnantes.


Une première mi-temps remportée par le Ghana.

Les Africains ouvrent le score assez vite (5ème minute) par une récupération du milieu Kevin Boateng qui chipe le ballon et profite des appels de ses coéquipiers aspirant la défense américaine pour aller marquer seul.

Source :Le Figaro

Ce but illustre bien l’entame du match des Black Stars : une récupération très haute qui empêche l’adversaire de développer son jeu. La ligne des quatre milieux ghanéens fait beaucoup d’efforts pour entraver la construction américaine. La ligne de défense du Ghana est très haute et les USA ne parviennent pas à construire, s’en remettant à des longs ballons aériens vers les joueurs offensifs.

La récupération efficace des Blacks Stars va leur permettre de se porter vers l’avant très rapidement et de chercher leurs joueurs de couloir. Ils ne construisent pas mais s’appuient sur la vitesse des milieux démarqués voire de l’attaquant central (Gyan). Cette stratégie de ne pas faire tourner la balle a été systématique sur tout la rencontre.

Les Étasuniens ont été perturbé par la hargne ghanéenne mais sont entrés progressivement dans la partie en pratiquant, à l’inverse de leur adversaire, un football patient et construit. C’était le match de l’expérience et de la confiance américaines contre la fougue et la vitesse ghanéennes. Le sélectionneur américain fera un changement tactique à la 31ème minute en remplaçant poste pour poste le numéro 13 Clark par son alter ego Edu, probablement plus à même d’endurer la forte présence ghanéenne au milieu du terrain.

Chaque équipe aura une grosse occasion de marquer dans cette première mi-temps. Les USA se procureront une balle d’égalisation par Finley suite à un cafouillage dans la défense des joueurs du serbe Rajevac. Tandis que le Ghana sera prêt de doubler la marque à la 36ème minute grâce à une relance du gardien Kingson sur le milieu offensif central Asamoah qui perdait son duel face au gardien américain.

Les distributions rapides en profondeur ont semblé régulièrement plus dangereuses que la construction patiente des hommes du nouveau monde. La première mi-temps s’achève sur un sentiment de justice, les Ghanéens mènent devant une pale équipe américaine et méritent de se qualifier.


Une seconde mi-temps à l’avantage des USA…. Puis une prolongation sur le même ton.

Ce qui m’a surpris c’est la justesse du placement des Ghanéens qui au lieu de broyer physiquement l’oncle Sam ont plutôt démontré une application dans le positionnement. A chaque remontée de balle américaine, un Africain venait au pressing très rapidement, quel que soit l’endroit du terrain.

Le sélectionneur Bob Bradley va cependant trouver la solution pour remettre son équipe dans le sens de la marche : il va tout simplement demander à ses joueurs de lutter au centre du terrain pour casser la récupération africaine. Ainsi, il va passer d’un 4-4-2 à un 4-2-3-1 pour muscler son entrejeu.

Comme par magie cela va inverser totalement la rencontre : dans les cinq premières minutes de la seconde mi-temps ils vont se créer plus d’occasions dangereuses que durant les quarante-cinq première minutes. La défense ghanéenne devient fébrile et manque de prendre l’eau une demi douzaine de fois. Les Blacks Stars enchaînent alors les mauvais contrôles et les duels perdus, ne restant dangereux que par intermittence lors de contre-attaques. Un seul homme tient la maison et c’est le gardien Kingson, véritable muraille dans la défense.

L’égalisation surviendra à la 62ème minute d’un petit pont de Dempsey qui se sera stoppé irrégulièrement par un défenseur. Cette faute provoquera un pénalty transformé par Donovan.

A ce moment du match, on se dit qu’il serait injuste que les USA ne se qualifient pas tant ils ont fait déjouer une équipe Ghanéenne si dominatrice en première mi-temps. En effet, les Étasuniens pratiquent un football séduisant et varié, en se créant des occasions de but par des passes sautées, des centres, des appels, etc. Face à la variété offensive américaine, les coéquipiers de Mensah ne parviennent à rester dans la partie que par la fulgurance des contres de Ayew et de Gyan.

Au coup de sifflet final, le score est de un but partout et l’engagement des deux équipes a perdu en intensité. Elles reprendront toutes deux sur le registre qu’elles ont montré durant la deuxième période.

Les USA construisent plus et mieux mais ne parviennent pas à tromper celui qui sera l’homme du match Kingson. La fatigue des défenseurs américains leur sera fatale quand sur une longue transversale d’Ayew, Gyan va résister au retour viril de deux défenseurs pour inscrire à la 93ème minute le but de la victoire. Les Étasuniens donneront tout ce qu’ils ont pour revenir mais n’y parviendront pas face à l’abnégation des représentants de l’Afrique.

Le Ghana se qualifie donc dans un match accroché pour un quart de finale historique entre l’ancienne terreur du football mondiale (l’Uruguay) et le dernier espoir du continent africain.

La Céleste a brillé par sa rigueur, son envie et sa force mentale !

Publié dans Coupe du Monde 2010 par Roland Richard le 26 juin 2010


Une stratégie uruguayenne inchangée…

Source : RDS.ca

C’est dans un 4-4-2 en losange que l’Uruguay a abordé cette rencontre. Avec une formation quasiment identique à celle alignée contre l’Afrique du Sud lors du second match en poule, les joueurs d’Oscar Tabarez n’ont pas rompu avec leur stratégie : ne pas presser plus haut que la ligne médiane et contrer. Pour ce faire, on retrouvait en défense le gardien Muslera et, de gauche à droite, l’excellent Fucile, Godin, Lugano (capitaine) et Alvaro Pereira. Ensuite, l’énorme Diego Pérez servait de tour de contrôle au poste de milieu récupérateur. Les deux milieux axiaux, entourant le n°10 et meneur de jeu Diego Forlan, étaient toujours l’imposant Arévalo Rios sur sa gauche et Maxi Pereira sur sa droite. Enfin, Suarez culminait à la pointe de l’attaque avec Cavani en soutien légèrement sur sa droite.

Côte sud-coréen, l’entraîneur Huh Jung-Moo avait reconduit son 4-2-3-1 avec un seul remplacement par rapport au match de l’Argentine, c’est-à-dire le match où l’équipe-type avait été titularisée en poule. En effet, l’ailier droit Yeom Ki-Hun (n°19) était remplacé par Kim Jae-Sung (n°13). Sinon, on retrouvait toujours un système basé sur une défense à quatre placée devant Sung-Ryong avec, de gauche à droite, Lee Young-Pyo (latéral gauche, n°12), Lee Jung-Soo (n°14), Cho Yong-Hyung (n°4) et l’excellent Cha Du-Ri (n°22) qui m’avait agréablement marqué contre la Grèce. La charnière de relayeurs se voyait toujours formée par le très intelligent Kim Jung-Woo (n°8) ainsi que par Ki Sung-Yong (n°16). Enfin, l’attaque était organisée autour de l’avant-centre Park Chu-Young (n°10) avec trois éléments en retrait qui ont permuté toute la partie, le capitaine et joueur de Manchester United, Park Ji-Sung (n°7) théoriquement meneur, Lee Chung-Yong (n°17) et Kim Jae-Sung (n°13), ailiers.

Dans les faits, on a encore pu observer à quel point la Corée du Sud a avant tout misé sur un collectif et donc des individus interchangeant leur rôle à volonté durant ce Mondial puisque le champ d’action des trois milieux (Ji-Sung, Chung-Yong et Jae-Sung) était par essence indéterminé. Ils évoluaient très librement, toujours assez proches les uns des autres mais sans poste réellement prédéfini.


Une défense fragile, une carence impardonnable à ce niveau de compétition… (0 – 40ème)

Malgré l’excellent pressing des Uruguayens, les Sud-Coréens se procurèrent la première grosse occasion. Sur une faute commise à une vingtaine de mètres des buts de la Céleste, légèrement excentré sur la gauche Park Chu-Young manquait de peu d’ouvrir le score. Enroulant son tir du pied droit, il le voyait se fracasser sur le poteau d’un Muslera aussi incrédule que battu (4ème minute).

Ceci n’effrayait pas des Uruguayens qui défendaient en étant toujours aussi sûrs de leurs forces. Et sur le premier contre lancé à toute allure par les joueurs de Tabarez, ceux-ci ouvraient le score. A l’origine de ce but, une remarquable permutation entre Suarez et Forlan. Ce dernier allait chercher le ballon sur l’aile gauche. Mais la défense sud-coréenne commettait sa première erreur par l’intermédiaire de Cha Du-Ri qui, au lieu d’aller couvrir son couloir, plongeait inexplicablement aux seize mètres, contraignant ainsi son défenseur central Yong-Hyung à se déporter pour aller au marquage. Forlan feintait un centre du pied droit avant d’adresser un ballon fusant du pied gauche. La seconde erreur fut alors pour Sung-Ryong, le gardien asiatique, qui ne sortait qu’à moitié. Il laissait ainsi filer le ballon au second poteau où Suarez profitait de la troisième anomalie défensive sud-coréenne -l’absence de marquage du latéral gauche Young-Pyo- pour tirer dans le but déserté par Sung-Ryong (photo). L’Uruguay menait 1-0 dès la 8ème minute après trois cadeaux successifs de l’arrière-garde sud-coréenne…

Source : Lexpress.fr

Courant désormais après le score, la Corée du Sud eut les pires difficultés à contrer le bloc défensif uruguayen. Derrière sa ligne médiane, la Céleste avait décidé d’attendre son adversaire avec deux schémas de récupération distincts en fonction du placement coréen. Le premier consistait à appliquer un 4-4-2 en ligne avec Suarez et surtout Cavani dans un rôle semblable à celui occupé par un pivot de handball : un joueur qui sort de la défense pour gêner le début de la construction offensive adverse (la fameuse « relance »). Le second système de récupération, lorsque les latéraux sud-coréens ne montaient pas, consistait à déployer un 4-3-3 avec deux rideaux récupérateurs avant celui des défenseurs. L’avantage indéniable de cette option résidait dans le fait d’éviter aux milieux de trop courir puisqu’ils n’ont pas à prendre la largeur pour défendre. Cela permet spécialement au milieu préposé à la récupération, en l’occurrence Diego Pérez, de ne pas faire l’essuie-glace entre deux rideaux, un dit de « récupération » composé par les joueurs offensifs et un dit « défensif » formé par les défenseurs.

Quoi qu’il en soit, la première demi-heure a été marquée par l’incapacité chronique des Sud-Coréens à contourner le bloc défensif uruguayen, notamment à cause des trop rares montées des latéraux. De son côté, la Céleste a sciemment abandonné la maîtrise du ballon à la Corée, agissant exclusivement en contres. Après trente minutes, le jeu a penché sur l’aile gauche où Fucile a plusieurs fois pris son couloir sans que cela n’aboutisse à une action dangereuse (18ème, 20ème, 22ème). Mais la pression sur la défense asiatique était de plus en plus intense et à la 27ème minute, le défenseur central gauche Lee Jung-Soo manquait de mettre en lumière une fois de plus la fébrilité défensive des Asiatiques. Agressé à quinze mètres de la ligne médiane par un tacle de Diego Pérez, il perdait le ballon. Heureusement pour les Asiatiques, l’arbitre de touche estimait Suarez hors-jeu sur le tacle qui s’était transformé en passe (27ème).

Après la demi-heure de jeu, la Corée du Sud tentait bien de réagir mais en opérant des choix extrêmement difficiles à mettre en œuvre. Incapables d’approcher les buts de Muslera, ils s’en remettaient aux frappes lointaines. Dans cet exercice, le milieu récupérateur Lee Jung-Soo ne cadrait pas son tir (32ème) tandis qu’une minute plus tard, Park Chu-Young, déporté sur l’aile droite, repiquait dans l’axe avant de trop décroiser sa frappe du gauche (33ème). L’Uruguay dominait outrageusement l’entrejeu et son système de récupération paraissait véritablement infranchissable.

En effet, les coéquipiers de Forlan n’ont pas exercé pas un pressing très haut mais très dense, à la manière du Japon jeudi soir. Néanmoins, ce système est gourmand en énergie car il nécessite un replacement sans ballon de tous les instants. Malgré la débauche d’énergie nécessaire, cette tactique a payé puisque la Corée n’a eu qu’une seule solution, projeter ses joueurs défensifs pour créer un surnombre soit dans l’axe (par les milieux défensifs), soit sur les ailes (par les latéraux). Or les Sud-Coréens ont longtemps hésité à se jeter à l’assaut du milieu uruguayen, craignant comme la peste leurs contres fulgurants emmenés par le trio magique et complémentaire : Suarez le buteur, Cavani l’altruiste et Forlan le meneur.

L’avant-centre Park Chu-Young montait tout de même la voie à suivre en reprenant l’aile droite. Dribblant Arévalo puis Godin, il centrait mais son ballon pour l’ailier Jae-Sung n’arrivait pas à destination et franchissait la ligne de sortie de but (35ème). Ce fut l’ultime occasion gâchée qui encouragea les latéraux à monter pour permettre à leurs coéquipiers à velléité offensive de distendre la défense uruguayenne. De son côté, Suarez était bien servi au point de pénalty par Aravélo sur un coup-franc lointain mais sa tête était trop molle pour mettre en péril Sung-Ryong (40ème).


Trente minutes où les Sud-Coréens auraient pu l’emporter (40ème – 71ème)

Source : Lefigaro.fr

Les nouvelles intentions des latéraux sud-coréens ne tardèrent pas à mettre en danger la machine récupératrice bien huilée de la Céleste. La différence fut évidemment faite sur la droite par l’excellent Cha Du-Ri. D’abord par un une-deux où il sollicitait son milieu de terrain Ki Sung-Yong mais Godin repoussait bien de la tête (41ème). Ensuite par un missile expédié des vingt-cinq mètres juste au-dessus des buts de Muslera après avoir pris la tangente dans l’axe (42ème). Puis sur un centre à destination d’un Park Chu-Young qui pouvait enfin assumer son rôle d’avant-centre. Cette fois-ci, c’est le portier sud-américain qui sortait à propos (43ème).

L’Uruguay restait calme et agissait toujours par contres avec une action de toute beauté du milieu axial Maxi Pereira. Déjà à l’origine de la récupération haute autour de la ligne médiane, il était finalement servi à la conclusion de l’action. Réalisant un coup du sombrero sur Lee Jung-Soo, il expédiait une reprise de volée somptueuse contrée… de la main par Ki Sung-Yong (44ème). Mais l’arbitre allemand, Wolfgang Stark, jugeait la main involontaire et ne sifflait pas pénalty.

La deuxième période a commencé sur un rythme semblable à ce qui s’était passé durant les dix dernières minutes de la première mi-temps. C’était cette fois-ci le latéral gauche Lee Young-Pyo qui débordait dans son couloir, trouvait Park Chu Young au premier poteau mais la talonnade du Monégasque pour Ki Sung-Yong était dégagée en corner (50ème).

Dans ce genre de matchs extrêmement serrés, c’est bien souvent la tactique envisagée qui fait la différence. En effet, si l’on voit l’adversaire gêné par la nouvelle mise en place, cela permet de continuer d’y croire, de s’engager physiquement jusqu’au bout et d’aller au-delà de soi-même. C’est de cette manière que les Sud-Coréens ont progressivement pris le pas sur l’équipe uruguayenne. Ils ont en premier lieu remonté leur rideau défensif de quinze-vingt mètres, empêchant ainsi aux contres de la Céleste de bénéficier d’un espace trop grand entre le rideau récupérateur et le rideau défensif. Cette tactique représentait évidemment un risque car un bon ballon au-dessus du rideau défensif pouvait mettre sur orbite un attaquant rapide comme Suarez. Mais les Asiatiques firent courageusement ce pari pour faire reculer leurs adversaires.

Dès lors, la maîtrise et la confiance changea de camp. Après une nouvelle montée du latéral gauche et un décalage sur l’aile de Park Ji-Sung, la défense uruguayenne commettait l’erreur de se déporter sur sa droite, laissant Park Chu-Young complètement seul. L’avant-centre sud-coréen servi, son enchaînement était un peu lent et laissait revenir le remplaçant de Godin dans l’axe gauche de l’arrière-garde sud-américaine, Victorino (54ème).

Les Sud-Coréens semblaient dès lors dérouler. Quatre minutes plus tard, c’était au tour de Cha Du-Ri de donner le tournis à ses adversaires dans son couloir droit. Son une-deux avec Jae-Sung lui permettait de travailler son ballon pour Park Ji-Sung qui coupait la trajectoire au premier poteau et frappait de la tête. Muslera arrêtait cependant assez facilement cette tentative (58ème).

Huh Jung-Moo choisissait alors d’alourdir l’ascendant pris sur le jeu en changeant son schéma pour passer en 3-5-2. Sortant l’énorme ailier Kim Jae-Sung (8 km parcourus en une heure de jeu) pour faire rentrer son grand avant-centre, Lee Dong-Gook (1m85). Du-Ri montait d’un cran pour occuper alors l’aile droite tandis que Ji-Sung reprenait l’axe du terrain et Chung-Yong l’aile gauche. Devant ce beau monde réorganisé, Park Chu-Young se plaçait en soutien de l’avant-centre. En défense, Jung-Soo prenait l’aile droite tandis que Yong-Hyung était seul dans l’axe (61ème).

La présence de Dong-Gook a d’emblée permis aux Sud-Coréens de respirer dans les duels aériens et donc de sauter le milieu de terrain pour chercher son jeu de tête, que ce soit pour tirer mais surtout pour servir de pivot aérien. Les Uruguayens reculèrent alors massivement, tassant leurs rideaux récupérateur et défensif. Mais la Corée du Sud égalisait logiquement sur un long coup-franc tiré par le milieu Jung-Woo. Excentré sur la gauche de la surface uruguayenne, le ballon était distillé dans la zone autour du point de pénalty. La Céleste était contrariée dans le jeu aérien avec un Victorino qui ne pouvait pas dégager le ballon mais seulement le dévier. Malheureusement, c’était vers les six mètres où rôdaient Ji-Sung et l’ailier Chung-Yong. Ce dernier profitait de la sortie de Muslera sur le coup-franc pour marquer de la tête dans le but vide et ce malgré la charge irrégulière de Lugano. La Corée du Sud égalisait à la 68ème minute, 1-1 (photo ci-dessus).

Les Uruguayens décidèrent alors de jeter leurs dernières forces dans la bataille. Ils abandonnèrent leur rigueur tactique à la récupération parce qu’ils craignaient de voir le schéma sud-coréen payer une seconde fois. Ils produisirent enfin du jeu. Mais quelques minutes à peine après le but, cette ambition nouvelle manquait d’être punie. Chung-Yong et Ji-Sung se retrouvaient pour la première fois du même côté et leur complémentarité faisait servir le second par le premier dans l’axe droit de la surface. Malheureusement pour la Corée, le Mancunien écrasait son tir qui venait se loger dans la niche du portier uruguayen (71ème).


Et l’envie uruguayenne fit le reste (71ème – 90ème)

Source : RMC.fr

Cependant, la dizaine de minutes qui suivit était entièrement à l’avantage de l’Uruguay qui poussait sans relâche. Par deux fois, la Céleste ratait de peu de reprendre l’avantage. Une première fois sur un centre-tir de la droite d’un Suarez remarquable de disponibilité mais Sung-Ryong repoussait en corner (73ème). Puis sur le coup de pied de coin où la défense coréenne dégageait le ballon aux trente mètres. Alvarélo reprenait le ballon d’une volée hasardeuse qui se transformait en magnifique diagonale pour Suarez. Présent à gauche dans sa surface, il ne pouvait ajuster sa tête piquée qui passait au-dessus (74ème).

Les efforts des coéquipiers de Lugano, pourtant visiblement épuisés, payèrent malgré tout. Sur un ultime corner obtenu, Forlan tirait au point de pénalty. Le ballon était dévié à l’entrée de la surface sur la gauche pour Maxi Pereira qui servait immédiatement Suarez présent dans l’angle. L’attaquant de l’Ajax profitait de l’appel croisé de Maxi Pereira dans son dos pour dribbler successivement Yong-Hyung et Jung-Woo, repiquer dans l’axe sur quelques mètres et adresser du pied droit une merveille de tir. La frappe rebondissait sur le poteau et rentrait, 2-1 (80ème).

Les Coréens le savaient, ils n’auraient probablement plus beaucoup d’occasions de revenir une nouvelle fois au score. Cette situation dangereuse, ils l’ont pourtant eue. Mais ils l’ont gâchée. Trouvé dans la profondeur par une splendide passe verticale de Park Ji-Sung, le grand Dong-Gook écrasait sa frappe. Muslera ratait malgré cela son arrêt et le ballon passait sous son flanc gauche. Il fallait toute la concentration de Lugano pour que le ballon ne franchisse pas la ligne (88ème).

Quelques instants plus tard, M. Stark sifflait la fin du match et l’Uruguay s’imposait 2-1 au prix d’un match exceptionnel d’intensité et particulièrement serré. C’est finalement le premier but qui fit la différence entre deux équipes prêtes tactiquement et physiquement. Malheureusement pour les Asiatiques, leurs errances défensives ont eut raison de leurs ambitions de quart de finale. La Céleste d’Oscar Tabarez affrontera donc le vainqueur du match Ghana – Etats-Unis.

L’Espagne a tremblé mais l’a finalement emporté !

Publié dans Coupe du Monde 2010 par Roland Richard le 26 juin 2010

Source : Euronews.net


Une victoire, trois points et un peu de confiance pour la Roja

Tout avait plutôt bien commencé pour le Chili qui a évolué dans son 3-4-3 atypique. Comblant à merveille les absences de Carlos Carmona au poste de milieu défensif ainsi que celle de leur meneur de jeu, Matias Fernandez par les entrées respectives de Marco Estrada et de Mark Gonzalez. Le second prenait l’aile gauche à la place de Beauséjour qui récupérait le rôle de n°10.

De son côté, l’Espagne retrouvait son milieu barcelonais, Andres Iniesta. Ce dernier prenait l’aile droite en lieu et place de Jesus Navas. Par ailleurs, le 4-2-3-1 aligné par Vincente Del Bosque, l’entraîneur espagnol, pouvait aisément se transformer en 4-4-2 avec un David Villa au soutien de Fernando Torres en pointe.

Alors que les hommes du bouillonnant Marcelo Bielsa ont plutôt bien débuté la rencontre avec un pressing très haut, ils ont concédé trop vite un but stupide. Sur une sortie hasardeuse à vingt-cinq mètres de ses buts pour empêcher les Espagnols d’être servis entre les deux rideaux défensifs, Claudio Bravo, le gardien chilien, expédiait un tacle glissé dans les pieds de David Villa qui frappait en première intention dans le but vide. Un tir légèrement lobé de plus de trente mètres qui faisait mouche et permettait à l’Espagne de respirer, toujours grâce au génie du nouvel attaquant du FC Barcelone, 1-0 (24ème minute).

Puis vint la 36ème minute où Vidal revenait en force sur Torres dans la surface. Bousculant l’attaquant de Liverpool qui n’avait pas le ballon, le milieu latéral gauche du Chili le faisait même chuter. Mais l’arbitre, M. Rodriguez, laissait courir (36ème). A peine une minute plus tard, le Chili défendait en reculant sur une percée plein axe d’Iniesta. Celui-ci servait un David Villa complètement esseulé sur l’aile gauche. L’ancien avant-centre de Valence rentrait dans la surface avant de servir en retrait pour Iniesta qui s’était avancé jusqu’à l’entrée de la surface. Le « fantôme » comme on l’appelle en Catalogne, reprenait sans contrôle du plat du pied droit et doublait la mise, 2-0 à la 37ème minute. Mais dans la foulée, M. Rodriguez sanctionnait Estrada d’un deuxième carton jaune pour un croche-pied peu évident sur Torres (38ème).

Le Chili allait donc évoluer à dix toute la deuxième période en ayant pourtant dominer dans l’entrejeu. Mais à la pause, Marcelo Bielsa décidait de faire rentrer du sang neuf dans sa formation. Il remplaçait son avant-centre Valdivia et son ailier gauche Gonzalez pour faire rentrer Millar et Parredes, deux milieux offensifs issus du club chilien de Colo Colo (46ème). Quelques secondes à peine après être rentrés en jeu, Millar était décisif aux vingt mètres. Sa frappe était certes contrée par le genou de Piqué mais elle venait récompenser l’abnégation chilienne (47ème).

Menant 2-1 mais craignant le retour de Chiliens fougueux, l’Espagne a dès lors géré son avance pour finalement s’imposer sur ce score. Malgré cela, on peut noter que l’Espagne a retrouvé de sa solidité, notamment défensive avec un schéma où le quatuor Puyol-Piqué en défense centrale et Xabi Alonso-Busquets fait un mal fou aux offensives adverses axiales. Mais quoi qu’il arrive, on le sait, la charnière de la Roja qui est aussi celle du FC Barcelone a acquis des automatismes tout au long de la saison et n’éprouve que peu de difficultés à repousser les centres. C’est donc une équipe bien en place et qui a engrangé de la confiance que l’on verra affronter le Portugal en huitièmes pour une rencontre au sommet. De son côté, le Chili en infériorité numérique devra se surpasser pour battre un Brésil qui récupérera Kaka.


Bilan d’un groupe G où la Suisse a gagné pour rien

Dans ce dernier groupe de la Coupe du Monde, l’Espagne s’est tout de même fait peur. Mais avec notamment le retour d’Iniesta, on sent les Champions d’Europe plus sereins. Leur équipe est en place et le 4-2-3-1 est une formation équilibrée, surtout quand elle peut se transformer en 4-2-2-2 comme c’est le cas avec cette équipe.

Pour le Chili, il faudra évidemment être rigoureux et espérer pouvoir aligner la meilleure équipe possible sans Estrada mais avec le retour de Carmona au poste de milieu défensif. Mais la belle démonstration offensive, agressive même pourrait-on dire, pourrait bien s’arrêter dès les huitièmes contre le Brésil.

Concernant les Suisses, on est tout de même surpris. La sortie de piste a débuté avec l’expulsion de Valon Behrami contre le Chili. Après une magnifique victoire contre la Roja, la Suisse n’a pas su confirmer. Cela s’est encore confirmé vendredi soir face à un Honduras pourtant réputé pour être l’une des équipes les plus faibles de la compétition. Le Honduras justement sort quant à lui par une porte moins petite que prévue. Marquant tout de même un point et n’encaissant que trois buts, le petit pays d’Amérique Centrale aura joué avec ses armes qui ne sont pas nombreuses…


Le groupe H

Mercredi 16 juin 2010

Honduras – Chili (0-1) : résumé.

Espagne – Suisse (0-1) : résumé.

Lundi 21 juin 2010

Chili – Suisse (1-0) : résumé.

Espagne – Honduras (2-0) : résumé.

Vendredi 25 juin 2010

Chili – Espagne (1-2)

Suisse – Honduras (0-0)


Le classement

1 – Espagne, 6 pts (+2) : qualifié.

2 – Chili, 6 pts (+1) : qualifié.

3 – Suisse, 4 pts (0)

4 – Honduras, 1 pt (-3)

Portugal – Brésil où quand deux équipes offensives ne font que défendre…

Publié dans Coupe du Monde 2010 par Roland Richard le 25 juin 2010


Des compositions dessinées pour le match nul ?

Source : Lequipe.fr

C’est un match nul qui arrangeait tout le monde, pour les Brésiliens qui ont ainsi fini à la première place du groupe G tout comme pour les Portugais qui s’assuraient ainsi la seconde place de la poule. Finalement, seul Carlos Dunga, l’entraîneur de la Seleçao était fou furieux de voir son équipe se contenter du score final. Pourtant, pouvait-il réellement espérer autre chose ?

En alignant le même 4-4-2 (losange) avec notamment le même quintet défensif -devant le gardien Julio Cesar puis, de gauche à droite, Bastos, Juan, Lucio et Maicon ainsi que Gilberto Silva en tour de contrôle-, Dunga a ouvertement montré qu’il craignait une belle opposition de la part des Portugais. En revanche, il espérait sans doute qu’en remplaçant Elano par Daniel Alves dans l’axe droit et Robinho par Nilmar au poste d’attaquant de soutien à gauche, il arriverait malgré tout à gagner. Mais la troisième absence, celle de Kaka suspendu, fut plus que préjudiciable au sein d’une animation offensive qui revêt tout simplement deux visages, un avec le Ballon d’Or 2007 et un sans. Julio Baptista avait beau s’appuyer sur son physique de déménageur pour peser dans l’axe, il fut littéralement éteint par l’entrejeu lusitanien.

Du côté portugais, on avait également laissé du beau monde au repos, notamment en raison des suspensions qui pesaient sur l’avant-centre Hugo Almeida, sur le milieu défensif Pedro Mendes ainsi que sur le latéral droit Paulo Ferreira en cas de second carton jaune reçu. De plus, comment ne pas remarquer l’absence de Simão, excellent à l’aile gauche contre la Corée et Portugais le plus capé de la sélection présente en Afrique du Sud (82). Mais loin d’être une sanction, il s’agissait en réalité d’un choix tactique opéré par Carlos Queiroz. Car contrairement à ce qui a été annoncé à la FIFA, le Portugal n’allait pas évoluer dans le 4-3-3 de ses deux premières rencontres mais dans un 4-4-2 en « carré », c’est-à-dire avec les deux milieux offensifs jouant dans l’axe du terrain.

La formation lusitanienne a donc été disposée avec Eduardo dans les cages puis de gauche à droite Coentrão, Bruno Alves, Carvalho et le Lillois Ricardo en défense. Après Paulo Ferreira face à la Côte d’Ivoire et Miguel contre la Corée du Nord, Ricardo était le troisième latéral droit titularisé en trois matchs. Devant, on retrouvait une solide charnière de milieux défensifs avec Pepe dans l’axe gauche et Duda dans l’axe droit, positionnés respectivement derrière Raul Meireles et Tiago. Enfin, à la pointe de l’attaque, Cristiano Ronaldo retrouvait un poste qu’il avait de facto occupé lors des deux premiers matchs, c’est-à-dire oscillant entre l’aile gauche et l’axe tandis que Danny prenait l’axe droit.

C’est à croire que Carlos Queiroz avait apprécié le schéma utilisé par Bob Bradley avec les Etats-Unis car c’était à peu de chose près le même. L’objectif du technicien portugais était évidemment de contrer un 4-4-2 brésilien en losange très technique dans l’axe du terrain. Pendant toute la partie, à de rares exceptions près, le Portugal a ainsi défendu le point du match nul tout en comptant sur une éventuelle fulgurance de Cristiano Ronaldo en contre.

Le match fut donc très fermé et impliquait pour le Brésil de toujours s’appuyer sur ses rampes de lancement dans l’axe du jeu (Gilberto, Melo et Baptista) pour faciliter les montées de Bastos à gauche mais surtout de l’infatigable Maicon à droite.


Beaucoup d’engagement et très peu d’occasions de but

Mais cette tactique a mis du temps à se mettre en place pour plusieurs raisons. D’abord parce que Daniel Alves a évolué à un poste rigoureusement plus porté vers l’avant et vers la frappe lointaine (6ème et 17ème) que ne l’était Elano. Ensuite à cause de l’absence de la mobylette Robinho, redoutable pour créer des brèches dans le premier rideau des récupérateurs. Son remplaçant, Nilmar, n’a pas vraiment fait illusion même s’il a manqué de peu d’ouvrir le score sur un centre d’Alves du pied gauche qui, fuyant le gardien, lui permettait de plonger au deuxième poteau. Il fallait un arrêt réflexe de classe internationale d’Eduardo pour repousser ce tir sur la barre (30ème). Enfin, l’ultime raison, peut-être la plus importante, a conjugué le manque de latéralité du jeu du Brésil pendant presque toute la première demi-heure, la fatigue accumulée par Maicon qui n’est monté que durant le dernier quart d’heure de la première mi-temps et enfin, la précision de passe longue légèrement en berne de Gilberto Silva (12 passes longues réussies sur 17 entreprises).

Touché par cette désorganisation tactique, le Brésil subissait les assauts d’un Portugal qui se régalait en contres avec notamment une magnifique construction au quart d’heure de jeu. A l’origine de ce beau mouvement, un magnifique changement d’aile au sol de l’extérieur du droit de Danny vers Coentrão sur la gauche. Le latéral lusitanien, déjà excellent dans l’exercice contre la Corée, s’enfonçait dans son couloir, centrait aux six mètres pour Duda et Danny qui avaient plongé. Lucio renvoyait de la tête sur le meneur portugais Tiago qui guettait à l’entrée de la surface sur la droite. L’ex-Lyonnais remisait instantanément pour Ronaldo seul dans l’axe aux seize mètres mais la reprise du capitaine portugais était repoussée par la défense. Trois minutes plus tard, une situation quasi semblable mais avec un décrochage de Ronaldo au niveau de la ligne médiane était conclue par une reprise de volée mal maîtrisée de Tiago toujours aux abords de la surface de réparation (18ème).

Le Portugal avait donc laissé la maîtrise du ballon à un Brésil qui en disposait 62 % du temps à la demi-heure de jeu. Moment choisi par la Seleçao pour retrouver enfin ce qui avait tant décontenancé ses adversaires précédents : les montées de Maicon dont on a parlé plus haut. Mais malgré l’occasion de Nilmar (30ème), le Brésil peinait dans l’animation du jeu à cause du 4-2-4 imposé par le pressing des Lusitaniens qui ne sortaient jamais de leur moitié de terrain. Gilberto (34ème) puis Melo (39ème) avaient beau lancé Maicon dans la profondeur et prouvé ainsi que le Jabulani peut tout à fait être distillé avec adresse, les centres du latéral de l’Inter n’aboutissaient, au mieux, qu’à une tête non cadrée de Fabiano (39ème).

C’est donc le réalisme qui avait pourtant été la marque de fabrique du Brésil lors de ses deux précédentes rencontres qui faisait ici défaut. La première période fut donc davantage marquée par l’engagement, quant à lui réellement digne d’un grand match, et les cartons jaunes qui vont avec. L’arbitre mexicain, Benito Archundia a en effet dû faire la police avec de nombreux geste d’antijeu sur des contres (Duda à la 25ème, Pepe à la 40ème Pepe et Coentrão à la 45ème pour le Portugal ; Juan à la 25ème et Melo à la 43ème pour le Brésil), des fautes grossières (Fabiano dès la 15ème minute) ou bien une lamentable simulation dans la surface de Tiago (31ème). Tous furent sanctionnés d’un carton jaune.

Mais à la mi-temps, on était très loin du match flamboyant espéré. Il y avait beaucoup de rigueur tactique, beaucoup d’engagement mais peu d’occasions nettes sinon celle de Nilmar (30ème).


Un 4-4-2 en ligne de Dunga qui a tué le match…

Source : Lefigaro.fr

La deuxième période fut encore plus serrée et laissait encore moins d’espaces à l’adversaire. L’engagement fut moins durement sanctionné par l’arbitre mais restait intense. On sentait les deux formations éprouvées et le changement tactique effectué par Dunga avant la pause ne fit qu’empirer les choses. En effet, à la 44ème minute, Melo sortait alors qu’il paraissait épuisé. Averti une minute plus tôt, la rampe de lancement de l’axe gauche était donc remplacée par le petit lutin de Wolfsburg, Josué (1m70, 60 kg). L’entraîneur du Brésil voulait sans doute dynamiser son milieu de terrain en proposant un jeu plus technique et moins porté sur ses latéraux. Cela se transformait donc en un 4-4-2 plus ou moins en ligne avec Alves sur l’aile droite, Gilberto légèrement en retrait et le duo Josué-Baptista qui permutait dans l’axe gauche.

Or on sait que la décision ne pouvait se faire dans l’axe sur ce match. On ne pu alors que regretter que Maicon n’ait pas pu monter davantage car il aurait certainement fini par faire craquer l’axe droit de la défense portugaise où Carvalho n’arrivait pas à s’entendre avec son latéral Ricardo. Mais c’est aussi à cause d’un jeu lusitanien qui a penché de son côté avec Coentrão et Ronaldo que Maicon n’a pas pu avoir son volume de jeu habituel. Il a dû beaucoup défendre durant cette partie, ce qui n’était pas arrivé auparavant.

La Seleçao essayait malgré tout de faire valoir son statut de favori de la compétition en montant de quinze mètres sur le terrain dès la reprise. Mais cette audace manqua d’être puniee d’emblée par un ballon au-dessus de Lucio à destination de Ronaldo. La pointe de vitesse du Madrilène faisait la différence mais une fois rentré dans la surface, son centre était bien dégagé par Lucio qui se rattrapait de son erreur (photo tout en haut, 48ème).

Devant l’apathie générale s’abattant sur la partie après cela, Carlos Queiroz (photo ci-dessous) se disait alors qu’à tout prendre, il pouvait être judicieux d’éviter le futur leader du groupe H en huitièmes de finale et donc attaquer davantage. Il sortait le milieu défensif Duda pour faire rentrer l’attaquant Simão et reformer ainsi son 4-3-3. Simão allait permuter régulièrement avec Danny d’une aile à l’autre tandis que Ronaldo allait prendre pleinement l’axe du terrain (54ème).

Le jeu resta tout aussi morne mais suscitait l’enthousiasme du bout des lèvres lorsqu’Alves trouvait la tête de Fabiano. Celle-ci était cadrée mais Eduardo avait bien lu la trajectoire (59ème). L’homme le plus dangereux sur le terrain s’appelait définitivement Cristiano Ronaldo lorsqu’il tentait, une minute plus tard, de partir seul face aux quatre défenseurs brésiliens. Déposant Juan d’un changement d’appuis, il pénétrait dans l’axe droit de la surface avant d’être repris par Lucio dont le tacle renvoyait le ballon vers Julio Cesar (photo ci-dessus). Mais Raul Meireles surgissant brusquement, le portier brésilien devait sortir en catastrophe pour éviter l’ouverture du score d’un splendide arrêt réflexe de l’avant-bras droit (60ème).

Source : Chronofoot.com

Après cet ultime avertissement, le Brésil n’a plus pris de risques et Ronaldo n’a plus brillé que par ses frappes manquées sur coup-franc (68ème et 82ème). Le match s’est enlisé et les stigmates de l’enchaînement des trois matchs sont peu à peu apparus sur les visages des uns et des autres. Dunga avait de quoi enragé sur le bord de la touche car le nouveau schéma mis en place ne faisait que faciliter la récupération des Portugais, plus physiques et très bien en place, spécialement après la sortie de Pepe, remplacé par le vrai titulaire du poste de milieu défensif, Mendes (64ème).

Malgré cela, on ne peut que louer l’entraîneur brésilien pour avoir tenté de s’imposer jusqu’au bout en dominant dans le jeu (61 % de possession sur l’ensemble du match). A dix minutes de la fin de la partie, il faisait successivement rentrer Ramires à la place de Baptista (82ème) et Grafite à la place de Fabiano (85ème). Et cette ambition manqua de peu d’être récompensée lorsque Ramires prenait le meilleur entre les deux rideaux portugais et tentait sa chance des vingt mètres. Bruno Alves, le défenseur central portugais, était sur la trajectoire mais déviait dangereusement le ballon vers son but où Eduardo veillait au grain. Il repoussait d’une splendide claquette main opposée la frappe contrée (90+1ème).

Le Portugal et le Brésil se sont donc quittés sur ce score de 0-0 au terme d’un match très serré où les occasions de but furent très peu nombreuses et où l’homme du match fut incontestablement Cristiano Ronaldo. Certes moins collectif que face à la Côte d’Ivoire, ses accélérations et ses prises d’intervalle ont été clairement les actions les plus dangereuses pour un Brésil qui n’a que difficilement existé tactiquement, à cause de ses absents (Elano, Kaka, Robinho et Melo en deuxième période) mais aussi à cause du pressing remarquable des Portugais. Un pressing qui est d’ailleurs symbolisé par une chose : le nombre de passes (latérales) effectuées par les joueurs défensifs du Brésil. Des passes qui traduisent l’impossibilité de percer dans l’axe du terrain : Maicon en a réalisé 81 (67 réussies), Lucio 64 (57), Juan 55 (48), Bastos 72 (60) et Gilberto Silva 102 (93) ! Quel contraste avec les 34 malheureuses passes osées par Ronaldo pour 14 réussies…

Si au Durban Stadium, aucune équipe n’a réussi à prendre le meilleur sur l’autre, il en fut tout autrement au Mbombela Stadium de Nelspruit où la Côte d’Ivoire a certes été éliminée de la compétition mais avec les honneurs, puisqu’elle a gagné son match face à la Corée du Nord (3-0).


Le groupe G

Mardi 15 juin 2010

Côte d’Ivoire – Portugal (0-0) : résumé.

Brésil – Corée du Nord (2-1) : résumé.

Dimanche 20 juin 2010

Brésil – Côte d’Ivoire (3-1): résumé.

Lundi 21 juin 2010

Portugal – Corée du Nord (7-0) : résumé.

Le vendredi 25 juin 2010

Portugal – Brésil (0-0)

Corée du Nord – Côte d’Ivoire (0-3)


Le classement

1 – Brésil, 7 pts (+3) : qualifié.

2 – Portugal, 5 pts (+7) : qualifié.

3 – Côte d’Ivoire, 4 pts (+1)

4 – Corée du Nord, 0 pt (-11)

Ganbare le Japon !

Publié dans Coupe du Monde 2010 par Roland Richard le 25 juin 2010


Source : RMC.fr

Un Japon énergique face à un Danemark de retraités

En 2002 déjà, le Japon avait réalisé l’exploit de sortir des poules. Mais il s’agissait de sa Coupe du Monde, sur son territoire avec son public ! En Afrique du Sud, les coéquipiers du survivant de cette Coupe du Monde bénie, Junichi Inamoto, ont tout simplement remporté leurs deux premiers matchs d’un Mondial hors de chez eux. Le deuxième succès, contre le Danemark, fut spectaculaire.

Car le Japon de Okada Takeshi a débuté avec son onze-type dans un 4-3-3 très solide et très présent au pressing. On retrouvait tout d’abord la même ligne défensive avec, de gauche à droite, Nagatomo, Tanaka, l’expérimenté Nakazawa (104 sélections), Komano et l’excellent Kawashima dans les buts. Devant ce quatuor, on retrouvait le capitaine Hasebe dans un rôle de milieu relayeur parfaitement assumé. Disposé à sa gauche, l’autre joueur de grande envergure Endo (93 sélections) et à sa droite, le très défensif Abe. Enfin, la triplette offensive était composée de l’excellent Okubo sur l’aile gauche, du Grenoblois Matsui sur l’aile droite et du joueur prometteur du CKSA Moscou dans l’axe, Honda.

Côté danois, Morten Olsen avait aligné une équipe constituée essentiellement de cadres dans un 4-3-3 pourtant réputé usant physiquement, surtout lorsque ce schéma est utilisé sur les ailes car il rend très éprouvant le replacement défensif axial face à un 4-3-3 comme l’est celui du Japon. Le gardien Sorensen (34 ans), le défenseur central droit Kröldrup (30 ans), le latéral droit Jacobsen (30 ans), le milieu polyvalent axial C. Poulsen (30 ans), le milieu offensif droit M. Jorgensen (33 ans), l’ailier droit Rommedahl (31 ans) et l’ailier gauche Tomasson (33 ans) sont tous des joueurs très âgés. Sur onze titulaires, sept ont ainsi la trentaine. Or excepté Simon Poulsen au poste de latéral gauche qui a été le seul jeune à marcher au bout d’une demi-heure, les trois autres (un dans chaque ligne), Agger, Kahlenberg et Bendtner ont été de trèsloin les meilleurs Danois sur la pelouse durant ce match.

En détaillant déjà les compositions cher lecteur, vous avez une petite idée du problème qui a touché des Danois certes rompus au combat mais qui n’avaient peut-être plus les jambes, justement pour ce combat.


Deux coups-francs de grande classe pour un Japon impérial

Source : Lequipe.fr

Et malheureusement, les Danois n’ont existé qu’une vingtaine de minutes. Au cours de cette période de temps, ils se sont procuré plusieurs situations intéressantes grâce à leur schéma visant à trouver Bendtner (1m93) de la tête au moyen de centres de chacune des ailes, spécialement la gauche. C’est d’ailleurs de ce côté-là de la défense japonaise que Tomasson est parvenu une seule fois à tromper la vigilance de ses gardes du corps, Nakazawa et Hasebe. Mais son pied droit, trop ouvert, ne trouvait que la sortie en six mètres (14ème). Malgré cette bonne phase danoise, le Japon s’était tout de même procuré deux grosses occasions coup sur coup. D’abord par Matsui qui plongeait de l’aile droite vers l’axe pour être à la réception d’un centre tendu de Okubo. Mais Sorensen sortait le tir du genou (12ème). Ensuite par Hasebe qui perçait plein axe, surprenait toute la défense danoise, et expédiait un boulet de canon du droit un tout petit peu au-dessus des buts danois… (13ème).

L’occasion danoise de la 14ème devenait définitivement anecdotique quand le Japon ouvrait le score, faisant alors montre de réalisme plus que de maîtrise dans l’entrejeu. Du moins à ce moment de la partie. Excentré sur la droite, à près de 35 mètres des buts de Sorensen, Honda (au centre sur la photo) s’élançait pour un tir monstrueux, flottant et magistralement déposé dans le petit filet gauche du portier danois qui avait anticipé à droite. Après à peine dix-huit minutes de jeu, le Japon menait 1-0.

Malgré ce qui se dessinait comme une domination totale, les Danois pouvaient fustiger le manque de rapidité de leur capitaine Tomasson, trop lent à partir dans le dos de Tanaka sur sa seule erreur de marquage du match. Kawashima pouvait ainsi s’interposer avec grande classe (22ème).

Tactiquement, on a peu à peu pu constater un recul du pressing des Japonais focalisés sur le fait de tenir l’espace entre la ligne médiane et leur surface de réparation. Ceci a posé d’énormes problèmes à l’équipe danoise, peu habituée à créer les espaces par de la mobilité et donc finalement, peu coutumière de vraies constructions de jeu. Par ailleurs, je les ai trouvés un peu lents et surtout très fatigués. De son côté, le Japon n’avait qu’une seule incertitude : Tanaka. Si le défenseur central gauche allait en deuxième période rassurer son monde, il a plusieurs fois hésité dans son positionnement en première mi-temps.

Source : UEFA.fr

Malgré cette apparente fragilité, les Japonais n’ont commis quasiment aucune faute (moins de cinq lors des quarante-cinq premières minutes, dix sur l’ensemble du match). Tout l’inverse des Danois (vingt-trois fautes en tout) qui avaient déjà payé cet engagement mal contrôlé. Et ils le payèrent encore lorsqu’Okubo obligeait Köldrup à l’empêcher irrégulièrement de passer. Le défenseur de la Fiorentina était sanctionné d’un carton jaune tandis qu’Endo et Honda se préparaient à tirer ce coup-franc plein axe, à près de vingt-cinq mètres. Honda, gaucher, mimait de partir alors que c’était finalement le pied droit d’Endo qui brossait le cuir, le faisant retomber juste après le mur dans le petit filet droit (photo). Sorensen n’était d’ailleurs pas exempt de tout reproche puisqu’apeuré par le premier but, il avait disposé six joueurs dans son mur. Avec les trois Japonais, cela faisait neuf personnes qui ont masqué le départ du ballon. Après une demi-heure de jeu, le Japon menait 2-0 (31ème).

Olsen, le mythique entraîneur des Danois depuis dix ans, sortait alors Jorgensen, déjà présent en 1998 (!), pour Jakob Poulsen (troisième Poulsen sur le terrain) à la 34ème minute. Mais les Japonais avaient dès lors décidé de ne plus sortir de leur moitié de terrain. En attaque, ils n’envoyaient au front que leur quatuor Okubo-Honda-Matsui avec Hasebe en soutien. Le 4-3-3 se transformait ainsi en 4-2-3-1 avec un Hasebe se postant en meneur de jeu tandis qu’Endo et Abe s’occupaient de la récupération.

Le Danemark avait beau disposer du ballon 60 % du temps, il ne parvenait que rarement à proposer autre chose que des passes latérales ou de longs ballons aériens difficiles à contrôler sur ses ailiers. Et ceci s’explique aisément car les joueurs de Morten Olsen ont eu énormément de mal à franchir le premier rideau récupérateur à plus de deux. Le placement japonais a été tellement précis et adapté que le Danemark n’a rien pu faire d’autre que de reculer ses joueurs pour conserver le ballon. Mais étant donné le manque de percussion, le Danemark n’a tout simplement rien pu faire sinon compter sur quelques ballons en profondeur bien maîtrisés par Tomasson ou Bendtner. Puisqu’en plus, ils ne pouvaient même pas compter sur des coups de pied arrêtés car les joueurs nippons n’ont commis que très peu de fautes et concédé pratiquement aucun corner.

Emblématique de ce Japon en 4-1-4-1 à la récupération et ne proposant qu’un losange de quatre joueurs en attaque, une magnifique construction initiée par un une-deux entre Matsui et Honda. Le Grenoblois centrait pour Okubo qui tentait un ciseau acrobatique à l’entrée de la surface. Une reprise qui se transformait presque en passe pour un Hasebe qui rôdait (42ème). Dans cette première période à sens unique, la dernière occasion franche fut pour le Japon quand Komano prenait son couloir, s’enfonçait comme dans du beurre sur le côté alloué à Simon Poulsen et décochait une flèche massive bien détournée par Sorensen en corner (44ème).

La seule solution pour les Danois résidait dans un pressing haut pour des contres rapides sur trente ou quarante mètres puisqu’il était hors de question d’attendre dans son camp, le Japon ne sortant qu’à quatre joueurs… Mais ils en étaient incapables physiquement.


Une démonstration de discipline tactique avec peu de fautes et une victoire sans équivoque

Source : TV5.org

Au retour des vestiaires et pendant une dizaine de minutes, la rencontre ne changeait pas de physionomie, excepté le fait que le pressing japonais était sensiblement plus haut. Sans doute dans l’optique de tuer le match. Dans ce lap de temps, Endo avait encore exploité le manque de confiance de plus en plus grandissant de Sorensen avec un coup-franc à près de quarante mètres qui manquait de lober le gardien danois. Celui-ci ne pouvait que claquer le ballon en catastrophe sur la barre (48ème).

Les Danois se procuraient malgré tout une situation dangereuse sur l’une des rares fois où le schéma danois a payé. Centre de Jacobsen de l’aile droite vers l’axe où Bendtner déviait de la tête mais Tomasson ratait son contrôle, permettant à Kawashima de se sacrifier (53ème).

C’était plus qu’Olsen ne pouvait supporter et il sortait carrément un défenseur central, l’infortuné Köldrup, pour faire rentrer du sang frais avec l’autre géant de l’attaque, Larsen (1m94). C’est alors que le Japon évolua en 4-4-2 afin de contraindre Agger, dernier défenseur central, à devoir choisir qui marquer entre Okubo et Honda. Cela déséquilibra naturellement l’ultime rideau défensif danois.

Néanmoins, ce vent rafraîchissant leur permettait de cadrer deux tirs, par Jakob Poulsen (59ème) puis sur coup-franc par Agger (60ème) mais Kawashima lisait avec aisance les trajectoires. Etant dans l’obligation de gagner et donc de marquer trois buts pour se qualifier, Olsen jeta sa dernière force dans la bataille en remplaçant Kahlenberg par Eriksen, 18 ans (63ème).

Les Japonais reprenaient alors leur 4-1-4-1 à la récupération qui avait fait si mal en première période. Mais Eriksen en voulait, bien plus que ses partenaires, et tentait une demi-volée à vingt mètres… sans cadrer (68ème).

Victime de son incapacité chronique à produire du jeu et comptant dans ses rangs la doublette offensive Larsen–Bendtner, le Danemark est tombé dans une logique imparable : sauter le milieu de terrain récupérateur japonais si agressif pour tenter de trouver l’un des grands attaquants. Et même si leur pressing a été plus haut en deuxième période, les Danois n’ont jamais été en mesure, ou pratiquement jamais, de mettre en péril la barque défensive emmenée par la charnière Nakazawa (1m87) – Tanaka (1m85), pourtant nettement plus petite. Si on pensait que Tanaka ne réaliserait pas un bon match à cause de sa première période, il s’est mis au diapason de son équipe au fur et à mesure de la deuxième mi-temps pour finir très fort et toujours bien placé.

Ce manque d’énergie danois avait le don d’agacer Niklas Bendtner, certainement soucieux de bien figurer malgré tout. Excentré sur la droite, aux abords de la surface, il contrôlait de la poitrine et enchaînait avec une sublime reprise de volée du pied gauche qui faisait trembler la barre transversale (79ème). Tout un symbole que cette frappe ne soit pas rentrée. Cependant, les Japonais accusèrent le coup et concédèrent un pénalty quasiment dans la foulée lorsque Hasebe poussait Agger qui était monté aux avant-postes (81ème). Capitaine Tomasson se présentait pour le tirer et échouait sur Kawashima. Mais l’héroïque portier nippon avait le tort de repousser le ballon dans les jambes de l’ancien attaquant du Milan AC qui reprenait et réduisait le score. Malgré cela, le Japon menait toujours 2-1 et il fallait marquer deux buts aux Danois pour passer.

Après cette débauche d’énergie et à trois défenseurs, le Danemark allait finalement s’incliné une troisième fois sur une ultime frasque d’un Honda de niveau mondial tant son contrôle de balle, ses appels incessants dans toutes les directions et son altruisme ont été impressionnants. Le joueur du CSKA, servi par Hasebe à l’entrée de la surface dans l’axe gauche, déposait un Rommedahl qui n’avait rien à faire là, sollicitait la sortie de Sorensen avant de servir en retrait au point de pénalty Okazaki (87ème).

Grâce à son nouvel entrant, le Japon menait 3-1 et se qualifiait pour les huitièmes de finale où il affrontera le Paraguay.

Dans le même temps, les Pays-Bas confortaient leur première place tout autant que les Camerounais leur Coupe du Monde ratée. Les Bataves s’imposaient 2-1.


Focus tactique sur l’endurance que réclame le placement japonais

Source : Europe1.fr

On a pu déjà au cours de l’article souligner la qualité du pressing japonais et la conséquence destructrice qu’il a eu sur le jeu danois. En effet, le porteur de balle n’a jamais pu avoir deux mètres d’oxygène sans qu’un Japonais s’y trouve. Quelques statistiques simples aident à comprendre cette impression de suffocation des Danois.

Nagatomo (latéral gauche) : 10,8 km parcourus en 90 minutes.

Tanaka (central gauche) : 9,5 km en 90 minutes.

Nakazawa (central droit) : 9,3 km en 90 minutes.

Komano (latéral droit) : 10,8 km en 90 minutes.

Les centraux ont tous les deux fait plus de neuf kilomètres mais surtout, les deux latéraux ont été véritablement monstrueux au pressing pour avoir parcouru tant de kilomètres sans pratiquement jamais participé aux offensives.

Endo (milieu axial gauche) : 10,9 km en 90 minutes.

Hasebe (milieu central, à droite sur la photo)) : 11,4 km en 90 minutes.

Abe (milieu axial droit) : 10,8 km en 90 minutes.

On notera bien sûr l’exceptionnelle performance du capitaine Hasebe.

Okubo (ailier gauche) : 11,3 km en 88 minutes.

Honda (avant-centre, à gauche sur la photo) : 11 km en 90 minutes.

Matsui (ailier droit) : 9 km en 74 minutes.

Je crois que tout est dit. Je n’ai tout simplement jamais vu une équipe effectuer un tel pressing depuis le FC Barcelone de la saison 2008-2009…


Le groupe E

Le lundi 14 juin 2010

Pays-Bas – Danemark (2-0) : résumé.

Japon – Cameroun (1-0) : résumé.

Le samedi 19 juin 2010

Pays-Bas – Japon (1-0)

Cameroun – Danemark (1-2) : résumé.

Le jeudi 24 juin 2010

Danemark – Japon (1-3)

Cameroun – Pays-Bas (1-2)


Le classement

1 – Pays-Bas, 9 pts (+4) : qualifié.

2 – Japon, 6 pts (+2) : qualifié.

3 – Danemark, 3 pts (-3)

4 – Cameroun, 0pt (-3)

La désillusion italienne dans le groupe F…

Publié dans Coupe du Monde 2010 par Roland Richard le 24 juin 2010


Source : Francesoir.fr

Les deux finalistes de l’édition 2006 de la Coupe du Monde sont « out »

Dans l’attente de l’analyse approfondie de notre grand spécialiste de la Nazionale, Steven, posons déjà les premières bases de cette retentissante sortie de piste. Malgré la science tactique et l’aura de Marcello Lippi, l’Italie n’a pas su trouver les ressources pour dépasser ses lacunes défensives mais aussi son manque chronique de réussite.

« J’assume toutes les responsabilités de cet échec », c’est par ces mots que le coach de la Squadra Azzura championne du Monde 2006 a entamé sa conférence de presse après la défaite face à la Slovaquie. Mais ça n’est pas tout à fait vrai. Car comme toujours, la culpabilité d’une telle déconvenue trouve ses origines dans plusieurs directions. Sans rentrer dans les détails, on ne peut que souligner l’errance de l’arrière-garde italienne, spécialement de Fabio Cannavaro, encore fautif jeudi sur deux des trois buts concédés.

Nous avions certes vanté les qualités de cette équipe slovaque dirigée par Vladimir Weiss, et notamment de son jeune milieu de terrain emmené par le Napolitain, Marek Hamsik. Cependant aujourd’hui, c’est bien de Rossi qui a mis son équipe dans de beaux draps. Sur une relance axiale désastreuse qui se transformait en passe pour Kucka, ce dernier n’avait plus qu’à servir Vittek dans la profondeur. L’ex-Lillois frappait sans contrôle et permettait à la Slovaquie de prendre les devants, 1-0 (24ème).

L’Italie tentait bien de réagir en deuxième période mais la frappe de Quagliarella décochée au second poteau était sauvée sur sa ligne par Skrtel (67ème). Quelques minutes plus tard, Vittek était remarquablement bien trouvé par Hamsik d’un centre de la droite. Le joueur d’Ankaragücü devançait un Cannavaro apathique et la Slovaquie menait 2-0 (73ème).

Mais alors qu’on croyait la Nazionale déjà sortie par la petite porte, Quagliarella sollicitait Iaquinta pour un une-deux « messiesque », rentrait dans la surface plein axe et forçait Mucha à un arrêt réflexe spectaculaire. Di Natale avait bien suivi et l’Italie réduisait le score, 2-1 (81ème).

Le match devenait alors complètement fou et l’Italie attaquait sans relâche jusqu’à se faire prendre en contre. Sur une touche d’apparence anodine, c’est une fois de plus Cannavaro qui se trouait et laissait le milieu de terrain Kopunek partir dans son dos et lober Marchetti, le remplaçant de Buffon (89ème). L’Italie poussait toujours, faisant preuve d’une fore de caractère inouïe. Un courage qui gratifiait d’ailleurs la Coupe du Monde d’une feuille morte magnifique aux vingt mètres de la part d’un Quagliarella décidément remarquable depuis son entrée en jeu à la mi-temps (90+2ème).

Mais à 3-2, il restait trop peu de temps pour que l’Italie parvienne à égaliser malgré une ultime tentative de Pepe complètement dévissée (90+5ème). Même en cas de match nul, les joueurs de Lippi n’auraient pas pu se qualifier. Ils sortent donc de la compétition, victimes de leurs trop nombreuses incertitudes en défense comme dans l’animation offensive.


Le groupe F

Le lundi 14 juin 2010

Italie – Paraguay (1-1) : résumé.

Le mardi 15 juin 2010

Slovaquie – Nouvelle-Zélande : résumé.

Le dimanche 20 juin 2010

Slovaquie – Paraguay (0-2) : résumé.

Italie – Nouvelle-Zélande (1-1) : résumé.

Le jeudi 24 juin 2010

Slovaquie – Italie (3-2)

Paraguay – Nouvelle-Zélande (0-0)


Le classement

1 – Paraguay, 5 pts (+2) : qualifié.

2 – Slovaquie, 4 pts (-1) : qualifié.

3 – Nouvelle-Zélande, 3 pts (0)

4 – Italie, 2 pts (-1)

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