La Tribune du Sport


Quelques questions et quelques réponses sur les Bleus

Publié dans Foot' International par Roland Richard le 11 mars 2010

L’analyse du secteur défensif de l’équipe de France.

Un manque d’intelligence dans l’animation offensive.


Peut-on tirer le moindre enseignement de ce match ?

Source : GDFSuez.com

Oui mais peu. Le premier est que le problème structurel de la charnière centrale est loin d’être résolu. Que ce soit Domenech, Blanc, Deschamps ou même Fernandez, le problème sera le même. Aucun des quatre ne peut empêcher que les centraux tricolores se blessent. De la même manière, le remplaçant de Domenech ne pourrait pas sortir de son chapeau un central gauche de niveau international pour l’associer à Gallas… Après la Coupe du Monde, il faudra même se poser la question de repenser complètement la charnière. Or si les prétendants ne manquent pas, ils sont encore bien jeunes pour des défenseurs : Mamadou Sakho (20 ans, PSG), Adil Rami (24 ans, Lille), Michaël Ciani (25 ans, Bordeaux)… En attendant, contentons-nous d’Abidal (cf. photo ci-contre).

Au-delà de ça, pas grand chose à retenir tant le contexte (public, moment dans le calendrier et nombre de blessés) empêche de se faire une opinion sérieuse sur le stade où en est l’équipe de France. Pour ma part, je retiendrai le match aller contre l’Irlande qui est, à mes yeux, le plus révélateur de ce que nous pourrions à la Coupe du Monde. Et nous aurons Ribéry en plus. Mais ce qui est sûr, c’est que quitter le Stade de France et ses sifflets ne pourra qu’être salutaire pour les Bleus. On serait même presque soulagés que l’Afrique du Sud soit à plus de dix heures de vol et à près de 1 000 € le billet aller-retour…


Henry a-t-il encore sa place en équipe de France ?

Evidemment oui ! Le problème n’est pas tellement de savoir s’il a sa place puisqu’il est capitaine et qu’il est donc indétrônable. Par ailleurs, ne l’oublions pas, dans une équipe aussi jeune (ndlr : 27 ans de moyenne avec Gallas et Abidal à la charnière), avoir quelqu’un de l’expérience de Thierry Henry, c’est indispensable. Maintenant, le problème de sa forme ne va pas se régler comme ça. Il faut donc qu’il se batte pour retrouver une place de titulaire au FC Barcelone et jouer le plus possible, au moins durant les mois d’avril et de mai.

Mais clairement, je ne suis pas du tout convaincu qu’il ait sa place dans l’axe de l’attaque tricolore tant Gignac et Benzema m’apparaissent avoir montré de grandes qualités, différentes qui plus est, pour briguer ce poste en équipe de France. Maintenant, Gignac n’est pas en grande forme et il lui faudra retrouver de la constance pour être à la Coupe du Monde…


Y a-t-il eu un problème d’ego en attaque ?

Evidemment oui ! Personnellement, je ne supporte plus de voir Franck Ribéry faire sa star alors qu’il est à peine remis de ses blessures et qu’il n’avait plus fait un grand match depuis au moins trois mois… Désormais, avec le match retour contre la Fiorentina en Ligue des Champions, on voit poindre le grand joueur qu’il était l’année passée. Par ailleurs, il n’est ni le premier, ni le dernier, à avoir un poste différent en club et en sélection. Pour ne citer que quelques exemples, Zidane était milieu axial gauche au Real Madrid et numéro 10 en équipe de France en 2006, Lilian Thuram était défenseur central à Parme et latéral droit en équipe de France en 1998… et les exemples sont innombrables. Le plus proche qui me vient à l’esprit, c’est celui de Van Persie, avant-centre à Arsenal, et ailier gauche en sélection hollandaise…

Ensuite, Anelka a fait montre d’un égoïsme surprenant contre l’Espagne, notamment lorsqu’il a choisi de frapper mollement hors de la surface, avec deux défenseurs devant lui, au lieu de servir Henry plein axe et seul (48e). Mais le voyant à Chelsea tous les week-ends, je suis convaincu que ce n’était qu’une contre-performance isolée.

Henry n’est en revanche pas spécialement égoïste, il est simplement largué physiquement. Il n’a donc pas pu se déplacer correctement sur le terrain et bien se positionner. La suite de la saison sera décisive pour lui.


Domenech est-il fautif dans ses choix tactiques sur ce match ?

Oui il est fautif.Fautif de ne pas avoir titulariser Boumsong en grande forme avec Lyon et titulaire d’une grande expérience au plus haut niveau en général et contre les Espagnols en particulier (ndlr : il a livré une grande prestation avec Lyon contre le Real en 1/8ème de finale aller de C1). Envoyer Ciani au charbon aussi jeune, contre un aussi grand adversaire et pour une première sélection, c’était risquer de briser sa confiance. D’ailleurs, ledit Ciani a été expulsé contre Montpellier dimanche en championnat…

Fautif aussi dans ses choix tactiques offensifs. Pourquoi ne pas avoir superposé différentes tactiques et ainsi tenter de dérouter l’Espagne en alternant permutations, jeu totalement axial, transversales et jeu classique où chacun reste à sa place ? Malgré cela, cette sous-activité de l’attaque des Bleus ne peut pas être imputable qu’au sélectionneur. Même s’il a peut-être donné des consignes trop figées, les joueurs avaient le devoir de se prendre en main et d’évoluer comme en club, en dézonant. Au moins cela.

En revanche, Raymond a raison à plusieurs titres.

Raymond a raison dans l’affirmation de son schéma tactique. Il a raison de continuer en 4-2-3-1, tant que la défense centrale ne sera pas solidement en place. Ce qui n’est pas prêt d’arriver. Et ne vous y fiez pas, chers amis haineux à l’encontre de Raymond, Laurent Blanc ne ferait pas mieux ! A Bordeaux, l’ancien défenseur central de la génération 1998 joue en 4-2-3-1 et pourtant, la défense centrale des Girondins est bien plus solide que ne l’est celle des Bleus.

Raymond a raison quand il maintient Henry à gauche car il ne faut pas essayer, pour un match, de replacer le capitaine des Bleus dans l’axe alors que Benzema et Gignac peuvent bien plus légitimement prétendre à ce poste parce qu’ils y jouent en club. Avec une absence de forme, Henry n’a sa place que là où il a l’habitude de jouer. En revanche, Ribéry est un électron libre, jeune qui plus est (26 ans), il doit donc s’adapter au schéma tactique du coach. Comme dans tous les grands clubs et comme dans toutes les sélections où, de plus, aucun joueur ne dicte sa loi à l’entraîneur sous peine d’être mis sur le banc…

Ensuite, oui Raymond a raison de confirmer Gourcuff au poste de numéro 10. Car aujourd’hui, les numéros 10 de niveau international se comptent sur les doigts d’une main, et encore. Il est dans la plus pure tradition du jeu français (Platini, Zidane). C’est l’identité de l’équipe de France d’avoir un grand numéro 10. Et si les équipes étrangères n’en mettent pas, c’est qu’ils ne disposent pas de joueurs capables de faire tourner le jeu autour d’eux de cette manière. Maintenant, Gourcuff (23 ans et plus jeune joueur du onze titulaire) doit s’affirmer comme le maître du jeu. Il lui reste quatre mois pour le faire. Un nouveau titre aiderait très certainement.

Enfin, je soutiens Raymond à 200% de maintenir Toulalan en jeu car sans lui, nous avons failli perdre contre l’Irlande et nous aurions pu subir une déroute bien plus lourde en première mi-temps contre l’Espagne. Il est une tour de contrôle nécessaire, tant dans son placement sans ballon qui annihile un nombre incalculable de possibilités de passes offensives (il parcourt entre dix et onze kilomètres par match) que dans sa récupération. Certes, il n’est pas le milieu qui va adresser une passe verticale au sol de trente mètres comme Xavi ou Iniesta… même si nous avions Xavi ou Iniesta en France, on ne se parlerait pas de Toulalan. Nous n’avons aucun des deux et notre charnière est fragile…

L’équipe de France a manqué d’intelligence dans l’animation offensive

Publié dans Foot' International par Roland Richard le 10 mars 2010

Source : 20minutes.fr

L’analyse du secteur défensif de l’équipe de France.

« On n’a jamais pu aligner la même charnière centrale et celle d’aujourd’hui était inexpérimentée. Or on sait bien que tout part de derrière. » (J.-P. Escalettes, président de la Fédération Française de Football, après la défaite face à l’Espagne le 3 mars 2010)


Un milieu craintif à l’idée de se projeter vers l’avant

L’avis de Monsieur Escalettes est à mon sens éclairant. Après un certain France-Féroé en août dernier, j’avais déjà défendu cette idée selon laquelle l’ensemble du football contemporain dépendait d’une seule chose, basique : la récupération. Un peu comme si cette notion était désormais devenu le fondement du jeu.

La France a manqué d’intelligence tactique et d’adaptabilité au jeu espagnol

Or l’Espagne a appliqué une tactique remarquable à la récupération, répartie en deux temps. Composant un second rideau avec les quatre défenseurs de métier disposé systématiquement à 25-30 mètres du but de Casillas et un premier rideau que je qualifierais de « mouvant » avec trois joueurs (Xabi Alonso-Busquets-Fabregas) se déplaçant en triangle sur toute la largeur du terrain. Cette tactique a contraint les joueurs de l’équipe de France à s’isoler les uns des autres et à refuser de passer par l’axe du terrain (Gourcuff).

Quatre alternatives s’offraient alors aux Bleus, mais aucune des quatre n’a été utilisée, du moins en première période. La première consistait à tenter des transversales d’un côté à l’autre du terrain. Mais Vicente Del Bosque, l’entraîneur de l’Espagne, savait que Raymond Domenech n’aime pas le jeu aérien et préfère quand les Bleus jouent au sol (cf. déclarations après les deux derniers matchs contre l’Irlande). Les transversales qui auraient pu casser l’impact du premier rideau « mouvant » n’ont jamais été utilisées de toute la partie.

La seconde tenait au fait d’effectuer des permutations entre les attaquants pour éviter que les défenseurs ibériques ne s’habituent à défendre d’une certaine manière. Pour l’exemple, il est évident qu’un Henry en manque de condition physique et cantonné à gauche a été progressivement avalé par un Sergio Ramos plus jeune et en grande forme (cf. photo ci-dessus). De la même manière pour Arbeloa et Iniesta côté gauche face à Ribéry. Inutile de parler à nouveau d’Anelka face à Puyol-Piqué tant ce fut un massacre. Le manque de mouvements sur le terrain a donc été préjudiciable en premier lieu pour ceux ne changeant pas leur zone d’activité.

Par ailleurs, et c’était la troisième possibilité de salut, les attaquants français auraient pu se regrouper dans l’axe (solution Luis Fernandez) et agir ainsi à la manière d’un carré axial autour d’un Gourcuff qui aurait animé le jeu de l’équipe de France et d’un Ribéry comme dynamiteur, les deux joueurs au service d’un duo d’attaquants, Henry-Anelka. Ce fut fait en seconde période.

Enfin, l’ultime possibilité était de s’appuyer sur les deux milieux récupérateurs. Or cette partie du milieu de terrain n’est jamais montée, notamment en première mi-temps. Pourquoi ? Parce que la charnière était tellement peu rassurante que les deux défensifs ont été contraints de rester constamment en retrait pour prévenir une éventuelle défaillance derrière. Là encore, c’était une crainte que je formulais dans mon analyse de la liste avant le match. Les deux récupérateurs n’allaient jamais pouvoir se projeter vers l’avant pour s’associer à l’attaque, contrairement à ce qui s’était produit, excepté le match retour contre l’Irlande, lors des trois-quatre derniers matchs de l’équipe de France.

Pire que cela. Il ne faut pas imaginer que c’était à Lassana Diarra et Jérémy Toulalan de monter seuls. C’était à l’ensemble du bloc-équipe de progresser de manière constante, en défense comme en attaque. Et si en défense ce fut fait, en attaque, de toute la rencontre, ce ne fut jamais le cas. Ciani fut d’emblée trop impressionné pour avancer au-delà de ses vingt mètres et Escudé douché par ses premières interventions et par sa responsabilité sur le premier but. En revanche, Sagna durant tout le match et Evra, en seconde période, ont tenté d’apporter quelque chose à cette équipe de France, en dédoublant le marquage des latéraux espagnols. Mais côté gauche, Henry était en trop grande méforme, à droite Ribéry était trop individualiste. N’assistant jamais à cette montée offensive collective de l’équipe, on ne pouvait pas espérer voir la France revenir.

A la mi-temps, l’Espagne avait fait son match et sortait trois éléments de sa colonne vertébrale (Puyol, Fabregas et Villa) pour faire tourner son effectif. Elle avait gagné symboliquement et dans les faits. La deuxième mi-temps n’avait pratiquement plus d’intérêt puisqu’on put clairement constater que les Espagnols se contentèrent de jouer en contres, ce qu’ils ne feront évidemment pas si nous les affrontons à nouveau, à la Coupe du Monde, en juin prochain.

Quelques questions et quelques réponses sur les Bleus.

L’équipe de France, victime de ses carences défensives

Publié dans Foot' International par Roland Richard le 10 mars 2010

Source : Foot365.fr

Tentons donc de répondre aux questions récurrentes qui ont noirci des dizaines de pages de journaux ces derniers jours : Qu’est-ce qui ne va pas en équipe de France ? Henry est-il indispensable ? Y a-t-il un problème d’ego chez les attaquants de l’équipe de France ? Raymond Domenech a-t-il, une fois de plus, commis des erreurs tactiques ?


L’avis d’un amateur de football

Comme je l’avais dit avant la rencontre dans mon analyse de la liste de Raymond Domenech, le résultat du match était par avance biaisé. Ceci à mes yeux, parce que le problème récurrent de l’équipe de France, à savoir la charnière centrale, devenait tout simplement insurmontable. Lorsque Gallas et Abidal jouent côte à côte, on assiste déjà à quelques erreurs navrantes (cf. le but encaissé en Serbie à l’occasion des qualifications pour la Coupe du Monde 2010), mais là, sans eux et contre les champions d’Europe en titre, c’était tout simplement la défaite annoncée.

A partir de ce moment-là, il s’agissait précisément de voir comment l’équipe pouvait réagir en étant d’emblée amputée de la base stratégique du jeu. Mais nous y reviendrons. Ce qui me choque, plusieurs jours après cette défaite prophétisée, c’est la réaction des uns et des autres. Comment en vouloir à une équipe qui perd sans sa charnière centrale habituelle – qui est plus proche de la sécurité sociale que de l’assurance tous risques – ? Comment en vouloir à une sélection qui perd dans un climat délétère – le public siffle avant même que les Bleus n’aient perdu le match – et qui perd au mois de mars alors que les joueurs enchaînent les matchs à un rythme effréné (coupes nationales, championnat, coupe d’Europe) ? Comment lui en vouloir donc ?


La charnière centrale, condition de la défaite

Pour bien expliquer le problème de cette charnière, je crois qu’il est important de rappeler les situations dans lesquelles les Espagnols ont inscrit leurs deux buts aux Bleus. La différence entre la qualité des deux charnières, Puyol-Piqué d’un côté et Ciani-Escudé de l’autre, est tout spécialement significative du fossé qui existe d’emblée entre les deux formations sur le terrain.

Un premier but symbolique

Sur le premier but, la défense ibérique était à au moins trente mètres de son but alors que les Bleus avaient le ballon ! Piqué mettait son pied en opposition sur une passe de Henry et s’en suivait un contre fulgurant. Xabi Alonso, milieu défensif, récupèrait le ballon dans le rond central et avec seulement un contre défensif dû à un pressing haut, l’Espagne se retrouvait en position offensive favorable.

On constatait alors que les Espagnols avaient ou allaient effectuer deux permutations décisives. La première était déjà en place, Andres Iniesta et Cesc Fabregas ayant échangé leur rôle, le premier se retrouvant en position de numéro 10, le second sur l’aile gauche. Iniesta attendit alors les appels de ses attaquants, appels qui survinrent par l’intermédiaire de l’ailier droit Silva qui repiquait dans l’axe tandis que son coéquipier à Valence, Villa, se décalait légèrement vers la droite de l’axe. La passe du petit meneur de jeu barcelonais à destination de Silva se transformait en passe verticale décisive pour Villa qui ajustait Lloris (cf. photo ci-dessus, 21e).

Ce qui me frappe dans ce but, c’est la hauteur de la défense ibérique, la vitesse d’exécution du contre espagnol par l’intermédiaire de Xabi Alonso et d’Iniesta, mais surtout l’errance défensive caractérisée d’une charnière qui ne se connaît pas et qui ne sera pas appelée à se connaître. Escudé, central gauche, choisissait de suivre Silva dans son déplacement vers l’axe au lieu de garder son marquage de zone et donc de rester au contact de Villa, alors que Ciani pouvait intercepter Silva. Evra, surpris, ne couvrait pas davantage Villa et la France encaissait un premier but logique puisque c’était la première intervention réellement difficile que la France avait à faire. Et elle était ratée. Tout était là.

Le deuxième but concrétise la domination espagnole

Le second but intervint également dans une passivité défensive remarquable et remarquée. Passivité mais aussi naïveté de la part d’Escudé sur le dribble de Sergio Ramos… Une fois encore, la force de la Roja a résidé avant tout dans ses permutations offensives et les automatismes des attaquants espagnols dans leur placement.

Si Silva et Iniesta repiquèrent dans l’axe, c’est Sergio Ramos qui monta à droite et Villa qui prit l’aile gauche. C’est ainsi que l’occasion fut engendrée. Silva, en numéro 10, servait en profondeur Iniesta qui allait attendre la montée de Sergio Ramos. Celui-ci centrait pour un Fabregas trop court et dont l’impulsion n’était pas coordonnée mais il était absolument seul (1er indice d’une défense catastrophique) ! Villa héritait alors du ballon à l’entrée de la surface et, en deux temps (en deux temps dans la surface ?!), frappait au but mais le tir était contré. Gourcuff essayait alors d’amorcer un contre à une vingtaine de mètres des buts de l’équipe de France mais il était tout de suite pris par trois joueurs dont Xabi Alonso qui, récupérant le ballon, adressait un chef-d’œuvre de transversale à Sergio Ramos côté droit. Le latéral madrilène n’était pas des plus altruistes et décidait d’aller seul au but, pénétrant dans la surface, feintant un centre pied droit qui éliminait avec une facilité déconcertante Julien Escudé et frappait du pied gauche. Le tir dévié, battait un Lloris impuissant et l’équipe de France était menée 0-2 (45+1e).

On ne peut pas gagner, ni même résister, sans défense centrale

Pour conclure sur la piètre prestation de la défense, je ne peux m’empêcher de vous rappeler un moment qui souligne la fébrilité des joueurs français. Cette action eut lieu à la 31ème minute quand Bacary Sagna perdit le ballon seul, finissant au sol, à une vingtaine de mètres des cages d’Hugo Lloris sur l’aile droite. Il se relevait, adressait une passe trop forte, vers l’axe (vers l’axe !), à Ciani qui, évidemment, ratait le ballon… Escudé défendait en catastrophe en balançant en touche, finissant, lui aussi, les quatre fers en l’air… Sublime pour un gag. Pathétique ici.

Quand on assiste à ce genre de performances de la part d’une charnière centrale dans un match international entre un favori pour la Coupe du Monde, l’Espagne, et un challenger, la France, on ne peut que se dire qu’il y avait un manque clair d’automatismes, de confiance et aussi de compétences techniques… Mais je ne souhaite pas jeter la pierre trop violemment sur Escudé et sur Ciani tant la pression autour de ce match était forte. Mais on a malheureusement eu la démonstration qu’on n’a peut-être aucun défenseur français capable de mettre à mal un des dix meilleurs avant-centres du monde. Et comme le confiait Jean-Pierre Escalettes, le président de la FFF, au journal L’Equipe après le match, « on n’a jamais pu aligner la même charnière centrale et celle d’aujourd’hui était inexpérimentée. Or on sait bien que tout part de derrière. »

Un manque d’intelligence dans l’animation offensive.

Quelques questions et quelques réponses sur les Bleus.

Des blessures trop nombreuses pour se jauger face à l’Espagne…

Publié dans Foot' International par Roland Richard le 28 février 2010


Du classique chez les gardiens et une défense amputée

Source : Football.fr

Gardiens : Lloris, Mandanda et Carrasso.

Il n’y avait pas grand chose à dire. Les trois portiers sélectionnés sont désormais les fidèles lieutenants au poste et le titulaire quasi-indiscutable reste Hugo Lloris (O. Lyonnais).

Défenseurs centraux : Bousmong, Ciani, Escudé et Rami.

Défenseurs latéraux : Cissokho, Evra, Fanni et Sagna.

Du côté des défenseurs, comment ne pas regretter l’absence pour une confrontation contre les champions d’Europe de la paire de défenseurs centraux titulaires William Gallas (Arsenal) – Eric Abidal (FC Barcelone) (cf. photo ci-contre). Alors qu’on pensait avoir enfin trouvé une charnière centrale définitive, problème récurrent à l’origine de bien des maux du onze tricolore depuis deux ans, voilà que les deux joueurs sont blessés, le premier au mollet, le second aux adducteurs. Pour que le tableau soit complet, nous n’aurons même pas l’occasion de voir « briller » le sévillan Sébastien Squillaci (FC Séville), lui aussi forfait en raison d’un problème à la cheville gauche.

Sachant cela, on peut difficilement envisager le match de mercredi autrement que comme un test sans grand intérêt. Certes Boumsong (O. Lyonnais) est bien revenu depuis un mois à Lyon, livrant notamment contre le Real Madrid une superbe prestation, à la fois technique et vive (ndlr : en Ligue des Champions aller, le 16 février dernier) ; assurément Julien Escudé (FC Séville) avait produit six très bonnes minutes contre l’Irlande en barrages retours (ndlr : le 18 novembre dernier) avant de sortir sur saignements, faisant quelque peu oublier sa triste performance contre la Roumanie (ndlr : pour rappel, Julien Escudé avait marqué contre son camp au Stade de France lors du match de qualification pour la Coupe du Monde en septembre) mais indubitablement, « essayer » une charnière centrale contre une équipe aussi complète, aussi sûre d’elle et aussi magique que la « Roja », c’est très inquiétant. Involontaire. Mais inquiétant.

Raymond Domenech ne tentera certainement pas, et à raison, de lancer un Michaël Ciani (Bordeaux) retenu pour la première fois en bleu ou un Adil Rami (Lille), même si ce dernier est en état de grâce. Il voudra de la continuité et il reconduira donc ceux avec qui il a quelques certitudes. A quelques mois de la Coupe du Monde, comment l’en blâmer ? D’autant plus que ce match contre l’Espagne devait être un véritable test entre un challenger pour le titre mondial, la France, et un grandissime favori au côté du Brésil, l’Espagne.

Concernant les latéraux, on constatera seulement l’absence de Gaël Clichy (Arsenal), inconstant, souvent blessé et qui plus est en recherche d’un nouveau club, l’histoire d’amour entre Arsenal et lui étant plutôt chaotique ces derniers temps. On lui a donc préféré le Lyonnais Aly Cissokho (O. Lyonnais) en doublure de l’inévitable Patrice Evra (Manchester United). A droite, c’est du grand classique avec Bacary Sagna (Arsenal) titulaire et Rod Fanni (Rennes) remplaçant. Toujours pas de trace du Girondin Mathieu Chalmé. Dommage.

Gardien probable : Lloris.

Défense probable (de droite à gauche) : Sagna – Boumsong – Escudé – Evra


Les milieux défensifs devront combler les lacunes de la charnière

Source : Sport24.com

Milieux défensifs : L. Diarra, Sissoko, Toulalan et Cheyrou.

En l’absence d’Alou Diarra (Bordeaux), blessé à l’ischio-jambier depuis le début du mois, et d’Abou Diaby (Arsenal), touché au genou, c’est Benoît Cheyrou (O. de Marseille) qui va enfin découvrir l’ambiance de Clairefontaine. Les supporters marseillais se languissaient de voir leur capitaine enfin en bleu, c’est chose faite !

Cependant, sauf blessure, il ne devrait pas honorer sa première sélection mercredi tant Jérémy Toulalan (O. Lyonnais) et Lassana Diarra (Real Madrid) ont apporté des garanties lorsqu’ils ont joué ensemble. Ou plutôt, qu’en l’absence de Toulalan (cf. photo ci-contre) que ce soit d’ailleurs avec Lyon ou bien avec l’équipe de France au match retour contre l’Irlande, le onze français s’est retrouvé dépourvu d’automatismes dans le placement défensif. La récupération a toujours été moins haute, le pressing moins intense et donc la défense moins sereine.

Le retour du Lyonnais en équipe de France ne pourra que faire du bien à une équipe dont la charnière défensive, on l’a dit, aura si peu d’automatismes… On note enfin la présence du jeune Moussa Sissoko (Toulouse FC), qui a les préférences de Raymond Domenech par rapport à Rio Mavuba (Lille). Ces deux joueurs se disputant la quatrième place qui sera peut-être pour Patrick Vieira à la Coupe du Monde si celui-ci retrouve de sa superbe à Manchester City, affaire à suivre.

Milieux récupérateurs probables (de droite à gauche) : L. Diarra – Toulalan


Le problème Ribéry en attaque

Source : Lefigaro.fr

Milieux offensifs : Gourcuff, Ribéry, Govou, Malouda et Ben Arfa.

Comment ne pas remarquer le retour de Franck Ribéry (Bayern Munich) dans l’effectif de l’équipe de France ? La dernière sélection du nouveau « Kaiser » remonte en effet au match contre la Serbie le 9 septembre dernier. Mais le problème se pose d’emblée de son placement dans une équipe de France où on l’imagine difficilement remplaçant (cf. photo ci-contre)…

Depuis qu’il joue en Bavière, Ribéry a toujours revendiqué un placement excentré sur le côté gauche, poste occupé par Thierry Henry en équipe de France. A la Coupe du Monde 2006, il avait pourtant évolué à l’aile droite sans se plaindre mais il est difficilement envisageable, pour lui, de renouer avec son passé tricolore. Le problème prend une ampleur différente avec la sélection elle-même car Domenech a envoyé un signal fort au petit lutin natif de Boulogne-sur-Mer. En sélectionnant deux purs ailiers gauches que sont Hatem Ben Arfa (O. de Marseille) et Florent Malouda (Chelsea FC), le sélectionneur a clairement affiché ses intentions : si Ribéry joue, ce sera à droite. Par ailleurs, on sait que Sydney Govou (O. Lyonnais) est un indéboulonnable du système en 4-2-3-1 de Domenech. Pur ailier droit, il pourrait bien débuter la rencontre puisque Ribéry n’est pas encore revenu à son sommet.

Yoann Gourcuff (Bordeaux) devrait, quant à lui, occuper l’axe du terrain et servir alternativement de meneur de jeu tout autant que d’attaquant de soutien. Le rôle de relayeur entre la défense et l’attaque étant désormais pratiquement dévolu à Lassana Diarra, plus à l’aise dans ce rôle depuis qu’il joue au Real Madrid.

Attaquants sélectionnés : Anelka, Henry, Rémy et Saha.

L’attaque souffre aussi de deux absences majeures dans le dispositif domenechien : André-Pierre Gignac (Toulouse FC) et Karim Benzema (Real Madrid). Tous deux blessés, c’est une partie du système en 4-2-3-1 de Raymond Domenech qui est en branle. En effet, on sait toute l’affection que Domenech a pour Gignac, attaquant qui ne compte pas ses efforts pour se plier au rôle de « fixation » que lui confère le sélectionneur. Par ailleurs, le talent brut et la nouvelle humilité d’un Benzema, redécouvrant en dépit d’un transfert très coûteux les difficultés de la concurrence pour gagner sa place, manqueront inévitablement à l’équipe de France.

Source : Lexpress.fr

Anelka (Chelsea FC, cf. photo ci-contre) et Henry (FC Barcelone) sont des titulaires indiscutables, tant par le niveau proposé par le premier en club depuis le début de saison que par l’importance du second en équipe de France. Toute la question est de déterminer quel positionnement Domenech va leur proposer.

Pendant les blessures successives de Ribéry, Anelka a souvent été décalé côté droit, comme il l’était l’an passé à Chelsea sous l’ère Guus Hiddink et comme il l’est quelques fois cette saison sous la direction de Carlo Ancelotti. Courant autant qu’un milieu récupérateur et presque unique dans sa capacité à « dézoner », Anelka peut occuper un poste d’électron libre, à la manière de Ribéry, mais dans un registre différent, moins technique mais plus physique, avec une meilleure conservation de balle et aussi parfois, plus défensif.

En l’absence de Gignac et de Benzema, titulaires naturels au poste d’avant-centre, c’est Anelka qui devrait récupérer ce poste, Govou ou Ribéry prenant l’aile droite. Mais quid de la suite lorsque Gignac et Benzema retrouveront les Bleus ? Quid pour la Coupe du Monde ?

Chez les remplaçants, on note une nouvelle fois la sélection de Loïc Rémy (OGC Nice), constant dans ses performances avec neuf buts en vingt-cinq matchs disputés dans une équipe qui n’a marqué précisément que vingt-cinq buts en championnat (en vingt-six journées), le Niçois a gardé la confiance du technicien de l’équipe de France.

Enfin, l’ultime sélection, celle de Louis Saha (Everton), a fait plaisir à certains mais en a désappointé d’autres. L’ancien Mancunien a retrouvé des couleurs dans le second club de Liverpool où il a inscrit treize buts en vingt-quatre matchs. Il a été titulaire à vingt reprises déjà. Et il est gaucher. Sa sélection ne se discute pas vraiment, d’autant plus dans un match où il y aura beaucoup de remplacements. Vouloir « essayer » cette perle rare de trente et un ans ne paraît pas stupide. Ce qui l’est peut-être davantage ou du moins surprenant, c’est l’absence de Djibril Cissé (Panathinaïkos Athènes). L’ex-marseillais a effectué lui aussi un retour remarquable dans le championnat grec.

En l’absence de Gignac, il eut peut-être été préférable de ne pas sélectionner Hatem Ben Arfa, pas indispensable puisque le côté gauche était déjà garni par Henry et Malouda, alors que la sélection n’a pas de réel avant-centre puissant… Je sais d’avance que je vais faire bondir les fans marseillais mais pour moi, Ben Arfa n’avait peut-être pas encore tout à fait sa place en équipe de France. Certes, il est excellent depuis le début du mois de janvier. Mais il n’a pas retrouvé, à mes yeux, une dimension internationale.

Le trio offensif probable de droite à gauche : Govou ou Ribéry – Gourcuff – Henry

L’avant-centre probable : Anelka


Alors que retenir de tout cela ?

Source : 20minutes.fr

Que le match a basculé du grand test général vers la batterie de petits tests, et ceci en raison des innombrables blessures que compte l’équipe de France : Gallas, Abidal et Gignac chez les titulaires, Squillaci, A. Diarra et Benzema chez les remplaçants. Au lieu de permettre à Raymond Domenech (cf. photo ci-contre) de jauger ses titulaires face à l’une des deux meilleures équipes du monde, on assistera tout au mieux à l’éviction définitive de certains joueurs pour la Coupe du Monde ou bien à la confirmation pour d’autres.

On retiendra aussi :

- que la défense centrale sera encore l’objet de toutes les attentions car c’est bien elle qui sera déterminante, une fois de plus, comme dans tous les matchs de l’équipe de France depuis la retraite de Lilian Thuram et l’inconstance soudaine de Philippe Mexès ;

- que Ribéry est devenu le nœud d’un problème de composition réel depuis le match contre la Roumanie et qu’il le sera encore davantage au retour de Gignac et de Benzema lorsque l’un des deux sera peut-être titularisé et Anelka décalé sur le côté droit ;

- et enfin, que les seules certitudes que la France possède : Lloris, Sagna, Evra, Toulalan, L. Diarra, Gourcuff, Anelka, Henry ne seront pas mis en danger dans ce match et que, par là-même, ce match ne sera donc définitivement qu’un match amical où l’on sera content de voir Saha rentrer, peut-être pour la dernière fois, où l’on appréciera les crochets de Ben Arfa et où Ribéry sauvera peut-être l’honneur de l’équipe de France… Mais la défaite face à l’Espagne semble aussi inéluctable qu’inintéressante.

Quelques clefs pour comprendre la Coupe d’Afrique des Nations 2010…

Publié dans Foot' International par Roland Richard le 22 janvier 2010

Source : Wikipedia

Qu’est-que la CAN ?

C’est une compétition dont la première édition eut lieu en 1957. Elle réunit alors quatre nations, les quatre pays fondateurs de la Confédération Africaine de Football (CAF), à savoir le Soudan (organisateur de la première Coupe d’Afrique), l’Egypte, l’Ethiopie et l’Afrique du Sud. La faible participation s’explique en partie par le fait que l’après-Seconde Guerre mondiale fut marqué par une décolonisation lente et souvent sanglante.

Depuis 1968, la compétition a lieu tous les deux ans. Plusieurs éditions ont déjà connu des conditions extrêmement difficiles dans leur déroulement. Que ce soit l’Afrique du Sud, exclue de la première édition alors qu’elle en était l’un des membres fondateurs, en raison de l’apartheid ; que ce soit en 1982 où la CAN, se déroulant en Lybie, avait servi la propagande de son chef d’Etat, Mouammar Khadafi ; ou que ce soit, plus récemment, en 1990, lorsque l’Algérie avait remporté, dans un climat délétère, la seule CAN de son histoire face au Nigéria, alors que le gouvernement luttait contre l’islamisme dans le pays ; bref, de tous temps, la CAN fut intrinsèquement « politique ».

De la même manière, la participation à la CAN a eu plusieurs fois représenté un symbole important. L’Afrique du Sud disputa par exemple sa première CAN en 1996 après l’abolition de l’apartheid (1991). Bien avant, d’autres pays comme l’Algérie en 1968 (la fin de la guerre avec la France datait seulement de 1962) ou bien le Mozambique en 1986 (indépendant du Portugal en 1975) avaient en quelques sortes consacré leur indépendance par le football. Mais dans le cas de l’ex-colonie portugaise, cette participation s’était effectuée en pleine guerre civile, conflit qui a duré jusqu’en 1992.

Pourquoi l’Angola cette fois ?

A chaque édition, la CAN émigre et déploie son charme sur de nouvelles terres. Cette année, c’est l’Angola qui abrite ses oppositions sportives. Là encore, le choix de l’Angola, effectué en 2006, tient du symbole. Car c’est seulement en 2002 que l’Angola est sorti d’un conflit civil important. Mais encore bien des ombres planent sur ce pays du sud-ouest de l’Afrique, l’affaire du bus togolais l’a encore démontré, mais nous y reviendrons ultérieurement (ndlr : le 8 janvier dernier, le bus de la sélection togolaise était mitraillé dans la région du Cabinda par des rebelles, au nord-ouest de l’Angola, faisant deux morts parmi le staff de la sélection togolaise).

L’Angola a donc fait l’objet d’un choix politique. A ceux qui pensent que le sport et le politique devraient (ou sont) déconnectés, je ne cherche même pas à répondre tant les démonstrations de cette gémellité tout spécialement remarquable sont nombreuses et même fréquentes.

Comme l’expliquait Justino Fernandes (cf. photo ci-contre), le président du COCAN (Comité d’Organisation de la CAN) sur le site de l’organisation (LIEN), cette compétition devait permettre d’« unir toute la famille angolaise afin de reconstruire ensemble notre pays avec la contribution du sport ». Au-delà donc de l’espoir d’une réconciliation interne, indispensable à l’émergence économique et politique du pays, l’organisation de la CAN devait « aider l’Angola à accélérer sa croissance et à révéler au monde une ère de globalisation incontournable, de croissance, d’expansion économique, de son potentiel et de sa vitalité en ouvrant les portes du pays à l’investissement, au tourisme et au développement. » Il s’agissait donc de redresser l’image d’un pays africain dont la paix est jugée fragile. J’emploie l’imparfait car il est évident que la tragédie qui a touché le staff togolais va certainement avoir l’effet d’un retour en arrière…

La CAN devait permettre d’obtenir des retombées économiques importantes, à la fois grâce à la compétition en elle-même (produits dérivés, ventes de billets, droits-télé, etc.) mais aussi, par l’exposition médiatique qu’elle emplique. On le sait, dans un monde globalisé tant économiquement qu’en matière de technologies d’information, l’« image » qu’un pays donne à voir de lui-même compte énormément. Si la réussite financière de la compétition proprement dit sera sans doute au rendez-vous, l’« important don pour le futur de l’Angola » que devait constituer la CAN sera sans doute bien moins décisif que prévu.

Peut-on sereinement regarder la CAN ?

La question n’est pas propre à la CAN. Elle s’est déjà posée à l’occasion des Jeux Olympiques chinois à Pékin en 2008. Mais ça n’a empêché que peu de journalistes et peu de téléspectateurs de s’émouvoir des performances des sportifs qui ont notre affection. Personnellement, je n’ai pas boudé mon plaisir lorsque j’ai vu Alain Bernard remporter le 100m nage libre alors que je savais, pertinemment, que plusieurs des sites sportifs des J.O. avaient été construits en lieu et place de logements dont on avait sauvagement exproprié les propriétaires.

Le paradoxe du sportif est là. Peut-on apprécier la performance indépendamment du contexte socio-politique qui l’entoure ? Difficilement. Le fantôme du Togo, absent du groupe B, pèse sur les Ivoiriens, les Ghanéens et les Burkinabés. Certes, l’équipe emmenée par le Mancunien Emmanuel Adebayor n’était pas favorite. Mais les morts hantent toujours les compétitions. D’autant plus quand on a le sentiment que l’organisation a sa part de responsabilités et qu’elle aurait pu (dû ?) faire en sorte que les matchs aient lieu ailleurs qu’au Cabinda…

Avec les quarts de finale qui commencent ce dimanche, nous aurons probablement le cœur un peu plus léger. Nous serons peut-être même « soulagés » de ne plus avoir, rappelé à chaque détail des groupes, une poule avec seulement trois noms. Mais cette tragédie doit avant tout remettre en question l’organisation de la CAN. Car les deux prochains pays organisateurs ne seront pas beaucoup plus calmes, stables ou pacifiés. En 2012, ce sont le Gabon et la Guinée Equatoriale qui accueilleront la compétition continentale. En 2014, ce sera ni plus, ni moins, la Lybie du même Mouammar Khadafi que celui dont nous parlions plus haut. Tout un programme…

La France s’est qualifiée miraculeusement pour la Coupe du Monde… (2ème partie)

Publié dans Foot' International par Roland Richard le 19 novembre 2009

Source : Football365.fr

Lire le début…

La France sauvée par Lloris et Anelka…

Dans ce contexte, la France n’a cessé de reculer. Déstabilisés défensivement par la sortie imprévue d’Escudé et surtout tétanisés par l’enjeu, les joueurs de Raymond Domenech ne sont « jamais vraiment rentrés dans le match » comme l’analysait Arsène Wenger pour TF1 après la rencontre.

Patrice Ferri s’en inquiétait tout autant quelques instants plus tard sur le plateau d’Infosport : « cette tactique classique a fait complètement exploser l’équipe de France ». Dans ces conditions, la France méritait-elle de se qualifier ? Wenger était convaincu que la France allait réagir et que le but irlandais allait sans doute libérer le jeu des Bleus. Il n’en fut rien. La France a subi toute la rencontre malgré de brefs éclairs comme avec l’entrée de Govou (51ème) et la bonne frappe cadrée de Nicolas Anelka peu de temps après (53ème). C’est dans cette bonne dizaine de minutes qu’un Irlandais fut d’ailleurs obligé de commettre une main dans sa surface… non sifflée (58ème).

Mais la bonne période ne dura qu’un temps. Et ce fut au tour du futur meilleur gardien du monde, Hugo Lloris (cf. photo ci-dessus), d’entrer en action pour sauver une nouvelle fois une équipe de France complètement hors-sujet. Si le Lyonnais s’était déjà montré décisif en première période (excellente sortie devant Keane, 24ème), c’est à la suite d’une nouvelle erreur de Lassana Diarra, dépossédé du ballon par Keane, qu’il s’est illustré. Une récupération et deux passes plus tard, un tir de Duff repoussé de façon magistrale par un Lloris galactique (61ème)… Rebelote une dizaine de minutes plus tard pour Lloris, qui sort très bien dans les pieds de Keane, forçant l’Irlandais à pousser son ballon trop loin (73ème).

Les occasions irlandaises gâchées, de la reprise d’O’Shea au-dessus de la barre transversale (46ème) à la frappe de Robbie Keane, toujours lui, au-dessus sur une perte de balle inimaginable de Lassana Diarra (90ème), viennent s’ajouter au génie de Lloris pour expliquer comment l’Irlande n’a pas gagné ce match 0-2.

Dans le champ, seul Nicolas Anelka a semblé surnager (deux tirs en fin de première mi-temps et une belle frappe à l’entrée des prolongations) et maîtriser le ballon dans ce match où l’on pensait la France très supérieure techniquement à son homologue. Pire, si les Français furent dominés techniquement, ils ont surtout plié tactiquement pendant les quatre-vingt-dix minutes du temps réglementaire.

Des prolongations stériles…

Les prolongations promettaient d’être l’enfer pour les deux équipes, tant sur le plan psychologique que physique. Mais la rencontre a conservé le même visage : erreurs défensives françaises (Gallas et Lloris ne se comprennent pas sur un centre de Duff, 99ème minute), sorties aériennes remarquables de Lloris, rigueur défensive de l’Irlande et jeu en profondeur qui fit toujours autant souffrir la France.

Les deux erreurs d’arbitrage qui changèrent la physionomie du match intervinrent lors des quinze premières minutes supplémentaires. C’est tout d’abord Nicolas Anelka, filant au but, qui fut fauché volontairement par Given. Le caractère volontaire du geste se remarque à cause du changement de positionnement de la main droite du portier irlandais. La laissant d’abord à droite pour sortir, le gardien irlandais la replace ensuite sur sa gauche et embarque le pied droit du joueur de Chelsea. Il y avait pénalty et probablement carton rouge (98ème minute).

Source : Nytimes.com

Le deuxième incident survint quatre minutes plus tard. Sur un coup franc axial aux quarante mètres tiré par Malouda, deux Bleus étaient hors-jeu dont Squillaci qui fit action de jeu puisqu’il tenta de reprendre le ballon de la tête. Derrière, Thierry Henry contrôlait le ballon de la main gauche sur la ligne des six mètres et, le maintenant en l’air (cf. photo ci-contre), il adressait ensuite une passe à mi-hauteur à Gallas (également hors-jeu au départ) qui marquait de la tête (103ème).

Le score en resta là malgré une dernière occasion pour Sidney Govou (120+2ème).

« Je ne suis pas l’arbitre » (Thierry Henry pour Eurosport.fr)

Thierry Henry s’est bien sûr excusé pour son geste et a avoué avoir commis une main dans la surface avant d’ajouter « je ne suis pas l’arbitre. Le ballon m’a touché la main. Je suis honnête, il y avait main ». Interrogé sur sa conversation assis sur le terrain après le coup de sifflet final avec Richard Dunne, Henry confiait au site Eurosport.fr que le défenseur irlandais lui avait dit la même chose, « tu n’es pas l’arbitre ».

L’erreur d’arbitrage est grossière et donc la qualification peu glorieuse. Bruno-Roger Petit parlera le soir-même de « main du Diable » par opposition à la « main de Dieu » de Maradona en quarts de finale de la Coupe du Monde 1986 contre l’Angleterre.

Mais les entraîneurs et l’ancienne génération de manière générale prennent la chose avec philosophie. Trapattoni, le sélectionneur irlandais, expliquera en conférence de presse ne pas en vouloir à Henry. Wenger expliquera qu’aucun joueur ne serait aller voir l’arbitre pour lui dire qu’il avait fait main. Jean-Pierre Escalettes, le président de la Fédération, affirmera que cela manque évidemment de panache mais rappellera, à juste titre, l’ensemble des erreurs d’arbitrage défavorables à l’équipe de France commises ces dernières années, que ce soit récemment contre la Serbie (qualifications de la CDM 2010), contre l’Italie (Euro 2008), ou bien contre l’Olympique Lyonnais en Ligue des Champions (Nilmar avait été accroché dans la surface sans qu’il y ait pénalty contre Eindhoven en avril 2005).

Le Premier Ministre irlandais, Dermot Ahern, et la Fédération Irlandaise de Football ont tous deux réclamé qu’un match d’appui soit disputé pour départager les deux équipes. Mais il y a peu de chances que la demande aboutisse. La France est bel et bien qualifiée. Ne boudons pas notre plaisir même si notre sélection s’est distinguée de bien plus belle manière ces dernières années…

Vidéo du résumé de la rencontre :

http://www.youtube.com/v/SQhZbCH_780&hl=fr_FR&fs=1&

La France s’est qualifiée miraculeusement pour la Coupe du Monde… (1ère partie)

Publié dans Foot' International par Roland Richard le 19 novembre 2009

Source : Daiymail.co.uk

Un problème défensif aggravé par la blessure d’Escudé

Nous l’avions souligné, la principale clef du match résidait dans la capacité de l’équipe de France à tenir défensivement. Eric Abidal blessé, il s’agissait pour son remplaçant dans l’axe gauche de la charnière centrale, Julien Escudé, de montrer qu’il n’était pas international pour rien.

Malheureusement, après trois bonnes interventions, le Sévillan et Patrice Evra, ne communiquant pas, sautent tous les deux pour le gain d’un ballon aérien. Le coude du Mancunien heurte Escudé au visage. Résultat : fracture du nez et des saignements incessants (6e).

Deux minutes plus tard, ne pouvant retrouver ses partenaires, il est remplacé par Sébastien Squillaci, son coéquipier en club. La conséquence est immédiate, William Gallas glisse à gauche pour que Squillaci puisse prendre l’axe droit auquel il est habitué.

Une absence totale de construction dans le jeu…

Ce qui marque très rapidement le téléspectateur, c’est l’étonnante difficulté à construire au milieu de terrain. Gourcuff, très isolé par le premier rideau défensif irlandais (de gauche à droite : Duff, Andrews, Whelan et l’excellent Lawrence), est forcé de demander l’appui de Thierry Henry. Ce dernier délaissant ainsi le côté gauche, on ne verra presque jamais Evra monter dans une position confortable.

Le couloir droit est donc surexploité mais Sagna connaît une rencontre difficile, malgré l’exceptionnelle disponibilité d’Anelka. Gignac fournit quant à lui beaucoup d’efforts dans un travail de sape qu’il avait déjà effectué lors du premier match. Bref, l’attaque est un peu perdue tant la tactique défensive en lignes mise en place par Trapattoni rend hermétique le milieu de terrain.

En défense, un constat s’impose, les Bleus ont peur de commettre des fautes, redoutant plus que tout les coups francs qui s’ensuivraient. De ce fait, les deux axiaux (Squillaci & Gallas) se trouvent toujours trop loin du joueur irlandais qu’ils sont en train de marquer. Par ailleurs, le repli défensif de Lassana Diarra (axe droit) et d’Alou Diarra (axe gauche) est souvent maladroit et à contre-temps.

C’est donc logiquement qu’après plusieurs demi-occasions comme cette tête pas assez décroisée de Doyle sur un centre de Lawrence (26ème), l’Irlande ouvre le score sur un magnifique centre de Damien Duff pour Robbie Keane (32ème minute, cf. photo ci-dessus). Cette réalisation est malheureusement à l’image du match effectué par la défense française. Lassana Diarra est trop lâche au marquage de Duff au départ de l’action, puis Sagna n’anticipe pas et se trouve très en retard sur le une-deux entre Duff et Kilbane, sans parler de Squillaci qui, n’étant au marquage de personne dans la surface, ne peut que constater les dégâts.

Les Irlandais ont maîtrisé tactiquement et collectivement le match

Il faut souligner les trois grandes forces de l’Irlande qui ont amené ce but et qui lui ont permis de dominer le match dans sa quasi-intégralité. La première est indiscutablement la puissance physique retrouvée. Imposant constamment un défi aérien spectaculaire et se battant sur chaque ballon au sol, les joueurs de Giovanni Trapattoni ont fait honneur à la tradition irlandaise sans pour autant verser dans des fautes à répétition.

Au contraire, et c’est la deuxième qualité que les coéquipiers de Robbie Keane ont démontrée, ils ont défendu avec justesse, propreté et rigueur tactique. Combien de fois le premier rideau dont nous parlions plus haut fut écrasant pour la construction offensive des Bleus ? Des dizaines à n’en pas douter !

La troisième et dernière force fut de ne presque jamais se servir du jeu au sol autrement que lors des contres. Trouvant avec précision et régularité les deux pointes Keane et Doyle par de grandes balles en cloche sautant le milieu de terrain, les Irlandais nous ont posé d’énormes difficultés dans les « deuxièmes ballons ». Ce qui signifie qu’une fois que l’un des deux attaquants irlandais avait touché le ballon une première fois, c’était surtout le deuxième joueur en vert qui se mettait en évidence dans le placement, qui que ce fût.

Lire la suite…

La France devra être solide défensivement pour s’imposer ce mercredi soir contre l’Irlande…

Publié dans Foot' International par Roland Richard le 18 novembre 2009

Source : Lefigaro.fr

La défense renouvelée devra tenir le choc…

Il ne pouvait pas y avoir une plus mauvaise nouvelle que la blessure d’Eric Abidal. Une défense solide, et plus particulièrement un central gauche de niveau international, fait encore cruellement défaut aux Bleus. Si Eric Abidal commençait à faire oublier sa bévue avec William Gallas à l’origine du but concédé en Serbie (le 9 septembre dernier), les vieux démons de l’équipe de France ont ressurgi à la 87ème minute à Croke Park samedi. Le Barcelonais s’est troué et a même donné le ballon aux Irlandais. Sans l’exceptionnelle sortie de Lloris dans la foulée, la France disputerait ce mercredi soir le match retour avec la peur au ventre.

Mais si Abidal ne domine pas encore son sujet, il demeure le titulaire le plus sérieux à ce poste. Contrairement à ce qui est avancé dans la presse, Julien Escudé et Sébastien Squillaci n’ont jamais été rassurants. Le premier fut l’auteur du but contre son camp face à la Roumanie (le 5 septembre). Le second, s’il n’a certes jamais été vaincu lorsqu’il portait le maillot bleu, n’en a pas moins montré des limites surprenantes en vitesse de course, en réflexes sur les ballons dans le dos de la défense et même dans le positionnement comme lors de la rencontre face à l’Autriche (le 14 octobre). Selon Le Figaro, Julien Escudé devrait être titulaire ce soir au côté de Gallas. Gaucher, le Sévillan serait une solution permettant de conserver le joueur d’Arsenal à droite dans l’axe de la défense (cf. photo ci-dessus).

La nécessité de voir les tauliers Henry et Lloris faire leur travail

La distinction opérée régulièrement par Daniel Riolo sur RMC entre « tauliers » et « joueurs décisifs » est plus que judicieuse. La France ne manque pas de « joueurs décisifs » mais elle connaît une carence en « tauliers ». Franck Ribéry sera encore absent mercredi (blessé au genou). Thierry Henry prend peu à peu les rênes de l’équipe mais il a eu du mal à trouver ses marques comme capitaine puisqu’il ne devait au départ l’être que par intérim. William Gallas n’a pas l’aura suffisante et ne représente pas la sécurité exemplaire qu’on serait en droit d’attendre d’un vice-champion du monde.

Clairement, le taulier qui s’est progressivement dégagé, et c’est un comble, c’est le jeune Hugo Lloris (22 ans). Le talent aide bien sûr mais plus que cela, c’est son incroyable force mentale et son sens aigu du collectif qui brillent aux yeux du téléspectateur. Il a été plusieurs fois un dernier rempart exemplaire en Irlande et ceci en dépit d’un dernier match disputé en championnat où il avait encaissé cinq buts (i.e. l’Olympique Lyonnais où évolue Lloris avait concédé cinq buts à l’Olympique de Marseille dimanche 9 novembre). Sauvant l’équipe de France à au moins deux reprises, il a su préserver le score et le travail effectué par le reste de l’équipe.

Par ailleurs deux autres joueurs semblent émerger doucement et prétendre à ce rôle de taulier. Ce sont les deux récupérateurs. En effet, Lassana Diarra a encore offert une prestation de haut vol en Irlande. Il faudra la reproduire ce soir malgré la pression médiatique mise par les Irlandais sur le Madrilène pour des propos qu’il aurait tenus en fin de match samedi. De l’autre côté, Jérémie Toulalan a également fait montre de cette qualité de meneur infatigable. On attend clairement beaucoup de lui pour la suite mais ce soir il faudra s’en passer puisqu’il souffre des adducteurs.

Source : Football365.fr

Sur le plan tactique, il faudra reproduire un match semblable

Les joueurs de Trapattoni ne vont pas changer leur tactique maintenant. Depuis samedi, on s’est beaucoup questionnés sur l’objectif qui devait guider l’équipe de France lors de ce match-retour : attaquer pour marquer un but fatal aux Irlandais ou préserver le 0-0 et agir en contre ?

L’insuffisance défensive des Bleus doit clairement les pousser à attaquer. La véritable supériorité française réside avant tout dans un jeu de passes rapides, au sol, orientées par Gourcuff ou Henry, bref dans la construction et la production de jeu. Ainsi, le placement polyvalent d’Anelka (comme à Chelsea) doit permettre de proposer des solutions en permanence et déstabiliser la rigueur insufflée par Trapattoni à ses défenseurs, comme ce fut le cas à l’aller (i.e. Anelka a marqué l’unique but de la rencontre de samedi, précisément grâce à ce placement « dézoné », cf. photo ci-dessus). Gignac ne rechigne pas au travail de sape devant pour fatiguer la charnière centrale adverse et c’est donc logiquement qu’on devrait retrouver ce quatuor (Gourcuff, Henry, Gignac et Anelka) en attaque ce soir.

Les clefs du match

Les véritables clefs du match se situent dans le secteur défensif des Bleus. S’ils continuent d’être disciplinés, de ne commettre que peu de fautes sur les Irlandais et qu’ils évitent les coups francs trop proches de leur surface, ils annuleront comme à l’aller l’une des deux forces des Irlandais. La seconde force des Irlandais tient à leur explosivité en contre. C’est donc le repositionnement en cas de perte de balle qui sera décisif. Malheureusement, ni Gallas, ni Escudé ne sont des experts en la matière. Le premier étant plutôt lent à bouger, le second à prendre une décision. Or c’est là que la France connaît ses plus grandes incertitudes. En ce sens, il faudra s’attacher à perdre le ballon le plus loin possible du but de Lloris pour permettre aux flèches Lassana Diarra, Patrice Evra et Bakary Sagna de se replacer.

Enfin, on a pu clairement constater que le défi physique promis par les Irlandais n’a pas été au rendez-vous et que ce sont plutôt ces derniers qui ont subi dans ce secteur. Alou Diarra a fait régulièrement le ménage dans ce domaine tout comme William Gallas. Or l’Irlande ne peut compter que sur ses forces collectives puisqu’elle n’a pas d’immense talent dans ses rangs, excepté peut-être son gardien, Shay Given. Donc comme disait Arsène Wenger dans L’Equipe lundi, « la France a tout bien fait », il ne reste plus qu’à reproduire l’expérience et les Bleus seront en Afrique du Sud en juin prochain.

Les Bleus affronteront l’Irlande lors des barrages, c’est un soulagement.

Publié dans Foot' International par Roland Richard le 19 octobre 2009

Source : Sofoot.com

Aucun tirage ne semblait facile pour l’équipe de France. Qu’il s’agisse de l’Ukraine vieillissante mais expérimentée, de la rugueuse Irlande ou des jeunes loups bosniaques et slovènes, les Bleus allaient devoir affronter une formation volontaire, ambitieuse et déterminée.

C’est finalement l’Irlande et ses verts pâturages qui furent désignés par le sort lundi, à Zurich, pour accueillir les coéquipiers de Thierry Henry le 14 novembre prochain lors du match aller. Le retour étant, pour le bonheur des Français, programmé pour le 18 au Stade de France. Le capitaine de l’équipe de France depuis que Patrick Vieira est en méforme, c’est-à-dire depuis plus d’un an, connaît bien cette sélection. De son propre aveu, il avait marqué à Croke Park en septembre 2005 le but le plus important de sa carrière internationale et permis à la France de se sortir de l’enfer irlandais avec une victoire (0-1), déterminante pour la qualification à la Coupe du Monde 2006. Alors la question est posée, est-ce un « bon tirage » pour les Bleus ?

L’Irlande est forte de sa rugosité et surtout de son entraîneur, Giovanni Trapattoni.

De prime abord, on serait tentés de croire que c’est un tirage difficile puisque seule l’Ukraine reste mieux placée au classement FIFA avec une 22e position. L’Irlande étant 34e, elle demeure d’un niveau bien supérieur aux deux pays de l’ex-Yougoslavie (la Bosnie, 42e et la Slovénie 49e). De plus, la réputation de l’entre irlandaise, Croke Park, a largement dépassé le cadre du rugby où les joueurs du XV de France ont subi une défaite lors du Tournoi des VI Nations l’an passé.

Toujours dans ce sens, il convient de souligner la constance des Irlandais qui n’ont perdu aucune des dix rencontres qu’ils ont disputées pendant ces qualifications, obtenant notamment deux matchs nuls contre les champions du monde en titre italiens (1-1 et 2-2).

Tout ceci tient notamment à la maîtrise tactique de l’entraîneur italien des Irlandais, Giovanni Trapattoni (cf. photo ci-dessus). L’ancien coach du Milan AC, de la Juventus de Turin, de l’Inter Milan, du Bayern Munich ou de la Fiorentina fut aussi le sélectionneur de la Squadra Azzura (2000-2004) et est en fait l’un des entraîneurs les plus titrés en activité. Détenant sept titres de champion d’Italie mais aussi le titre de champion national dans quatre pays différents (Italie, Allemagne, Portugal et Autriche), vainqueur en Coupe UEFA (C3), en Coupe des coupes (C2) et en Ligue des Champions (C1) ainsi qu’en Coupe intercontinentale, il a absolument tout remporté en club. Il entraîne désormais l’Irlande depuis 2008 où il cherche une reconnaissance avec une sélection nationale un peu à la manière de Guus Hiddink avec la Russie.

Mais comme le confiait habilement Raymond Domenech aujourd’hui à Ouest France : "Ce n’est pas lui qui joue".

Source : Lemonde.fr

Un tirage "tough" ?

Pour le Directeur Technique national, Gérard Houiller, interrogé sur le site Eurosport.fr, il s’agit d’un « tirage tough », comprendre un tirage dur et difficile. Certes, les hommes du prestigieux entraîneur italien seront compliqués à manœuvrer parce qu’ils encaissent peu de buts (huit en dix matchs de qualification) mais ils en inscrivent peu également (douze), s’appuyant essentiellement sur Robbie Keane (cf. photo ci-contre). Utilisant le jeu rugueux et rythmé de l’Irlande, le célèbre « Fighting Spirit », Trapattoni a d’abord et avant tout verrouillé sa défense, comme tout bon Italien qui se respecte. Or l’attaque des Bleus est plutôt performante ces derniers temps et compte six joueurs offensifs de niveau international (Anelka, Henry, Benzema, Gignac, Ribéry et Gourcuff).

A l’inverse, la défense des Bleus est véritablement le point faible de la bande à Domenech. Neuf buts encaissés en dix matchs, c’est beaucoup pour une nation qui s’était habituée aux cadenas Dessailly, Blanc, Thuram et même Gallas en 2006. Face à une équipe surtout habituée à tacler plus qu’à marquer, les Français ne devraient pas être trop inquiétés dans ce secteur de jeu d’autant que dans le domaine des duels physiques, les Français ont l’avantage d’avoir plusieurs joueurs dotés de belles dispositions : Gignac, Anelka, Benzema, Ribéry mais surtout les deux Diarra, Toulalan, Gallas et Abidal. Enfin, plusieurs tricolores ont évolué en Angleterre et sont donc rompus aux combats âpres, longs et usants, tels que le seront probablement ces deux matchs de barrage.

Côté irlandais, seul un titulaire évolue régulièrement à un niveau de pression comparable, c’est-à-dire la Ligue des Champions, il s’agit de John O’Shea, défenseur à Manchester United. Au contraire des Français alignés contre la Serbie ou les Féroé qui disputent tous la C1 (à l’exception de Gignac).

C’est donc un bon tirage. Peut-être même le meilleur car la France aurait connu bien plus de difficultés si elle avait dû affronter la Slovénie (18 buts inscrits, seulement 4 encaissés sans parler du fait qu’elle a terminé devant la République Tchèque et la Pologne), la Bosnie (25 buts marqués et la Turquie ainsi que la Belgique éliminées) ou encore l’Ukraine (21 buts et 6 concédés avec la Croatie renvoyée chez elle) car ce sont toutes des équipes très performantes en attaque or la France, on l’a déjà remarqué, ne l’est plus en défense.

Ce qui ne veut pas dire que le tirage est facile. Mais comme aucun ne l’était, autant être opposés aux Irlandais… Dublin, nous voilà !

Pour que vous sachiez qui est Giovanni Trapattoni, il est bon de revoir cette célèbre colère de l’Italien lorsqu’il dirigeait le Bayern Munich en 1998 (excusez la qualité de l’image) :

http://www.youtube.com/v/Bqp64q7kHmw&hl=fr&fs=1&

L’équipe de France suscite l’angoisse chez le téléspectateur…

Publié dans Foot' International par Roland Richard le 6 septembre 2009

Source : Football365.fr

L’angoisse…

Ces deux inquiétudes, nous les avons connues samedi soir. Dix tirs dont quatre cadrés, voilà le bilan satisfaisant mais infructueux que les joueurs de Raymond Domenech pouvaient tirer de leur prestation à la mi-temps. Une pluie d’occasions sérieuses dans les trente premières minutes mêlant une frappe de Thierry Henry à ras de terre difficilement repoussée par le portier roumain, une tête de l’attaquant de Barcelone qui échoue sur la barre transversale quelques minutes plus tard, une reprise de volée de Yohan Gourcuff à bout portant, etc. etc.

Alors bien sûr, nous avons été habitués ces derniers temps, contre la Lituanie par deux fois et contre les Féroé le mois dernier à l’emporter à l’arrachée, 1-0, non sans avoir été pris de cette angoisse sourde.

Oui mais voilà, cette fois, ça n’est pas passé. Certes la France nous a délivrés de la pression dès la 48ème minute grâce à un but, heureux qui plus est, de Henry. Mais huit minutes plus tard, Julien Escudé (cf. photo ci-dessus), défenseur central, marquait un but contre son camp désastreux tant pour son avenir en bleu que pour l’équipe de France. Le traumatisme français contracté à l’Euro 2008 n’en demandait pas tant pour rejaillir : imprécisions, fautes stupides, équipe coupée en deux après la sortie de Gourcuff, plus rien ne fonctionne jusque dans les dix dernières minutes où les Bleus ont poussé tant qu’ils pouvaient pour prendre l’avantage mais de manière brouillonne.

Après un match nul aussi décevant et alors que l’équipe de France a proposé un jeu de qualités parfois à une touche de balles mais surtout avec de plus en plus d’automatismes apparents, que s’est-il passé ? De quels maux l’équipe de France souffre-t-elle ?

Diagnostique des deux maux dont souffre l’équipe de France

Pour la radio RMC que j’apprécie de manière unilatérale sauf lorsqu’il s’agit de parler de Raymond Domenech, le coupable, le défaut, la défaillance et l’incompétence ne portent qu’un seul nom, celui du sélectionneur lyonnais. A tel point que la mesquinerie… que dis-je ! la médiocrité les a poussés à inciter leurs auditeurs à participer au sondage suivant jeudi soir dans l’After Foot : « Faut-il sacrifier 2010 pour changer de sélectionneur ? ». Je ne désire pas m’attarder sur ce navrant épisode démonstratif de la bêtise entendue d’une profession… Mais il est tout de même insensé d’imaginer que les professionnels de l’information sont prêts à sacrifier l’équipe de France pour leur petite haine triviale à l’encontre de Domenech…

Source : Football365.fr

Bref, à mes yeux l’équipe de France a deux problèmes majeurs. Le premier problème, j’avais commencé à le détailler dans un article après la rencontre contre les Féroé, c’est la défense centrale. Contrairement à l’ensemble des journalistes qui s’acharnent à penser que le problème de l’équipe de France provient du choix de Domenech d’avoir sur le terrain deux milieux défensifs, je persiste à croire que la France souffre d’abord et avant tout de n’avoir qu’un seul défenseur central de niveau international (William Gallas) et aucun deuxième titulaire, encore moins de remplaçants. Or, comme je l’expliquais, c’est à mon sens de cette charnière que se construit tout le jeu d’une équipe.

Le deuxième problème est malheureusement concomitant de la nomination de Domenech à la tête de l’équipe de France, c’est le manque de réalisme. Un club français souffre d’ailleurs du même mal, il s’agit de l’Olympique de Marseille. Ces deux formations ont un point commun, celui de se procurer beaucoup d’occasions et de ne pas parvenir à inscrire un nombre de buts en adéquation avec la dangerosité des situations produites.

David Trezeguet a d’ailleurs fini par en faire les frais puisqu’il ne fut plus rappeler en bleu. Thierry Henry semble le seul capable de passer au travers de cette stérilité offensive dont les attaquants tricolores sont victimes. Les milieux offensifs marquent des buts (Franck Ribéry ou Yohan Gourcuff) mais les purs buteurs, Nicolas Anelka, Karim Benzema ou André-Pierre Gignac (cf. photo ci-dessus) n’y arrivent pas. Et ce depuis qu’ils sont sélectionnés ou, dans le cas d’Anelka, re-sélectionnés.

Personnellement, je ne peux que constater la concomitance chronologique sans pouvoir établir un lien entre la présence de Domenech et le manque d’efficacité de l’équipe de France. On ne peut plus critiquer le jeu de l’équipe tant la qualité des constructions produites contre la Roumanie et contre la Lituanie à deux reprises n’est pas à remettre en question.

Seulement la France aurait dû remporter ces quatre matchs haut la main. Mais à cause de sa défense, elle a concédé deux nuls aux Roumains et à cause de son attaque, elle n’a pas su combler ces lacunes défensives en inscrivant un but plus que ceux encaissés…

Contre la Serbie, il n’y aura pas davantage de solution, le seul prétendant légitime à la deuxième place de titulaire en charnière centrale, c’est Philippe Mexès qui stagne dans une forme moyenne dans son club depuis un an et la défaite en Autriche avec l’équipe de France, 3-1…

Le but de Thierry Henry (48ème minute) commenté par l’enthousiasmant et inimitable Christian Jeanpierre :

http://rd3.videos.sapo.pt/play?file=http://rd3.videos.sapo.pt/7EfrT6wSQd3iCRkkZQJL/mov/1

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