La politique de transferts du Real Madrid est-elle indécente ? (1ère partie)
Rappel des événements de la semaine
C’est avec surprise que l’on avait appris que le Brésilien Ricardo Kaka, ballon d’or 2007 avec le Milan AC, avait été transféré au Real Madrid mardi, c’est avec perplexité que l’on a reçu la nouvelle, jeudi, du plus gros transfert de l’histoire : Cristiano Ronaldo, ballon d’or 2008 avec Manchester United, pour 95 millions d’Euros.
L’opération « Galactiques II » enclenchée par le nouvel-ex-président du Real Madrid (F. Pérez, sur la photo à droite, avait déjà été président du Real entre 2000 et 2006, remportant une Ligue des Champions en 2002 avec les Galactiques dont faisait partie Zinédine Zidane) est en bonne voie.
Alors que Kaka et Ronaldo ont déjà signé, d’autres grands noms sont sur les tablettes du président Pérez comme ceux des vainqueurs de l’Euro 2008, David Villa (FC Valence, 35 M€)) et Xabi Alonso (Liverpool FC, 23 M€) et enfin celui de l’international Français, Franck Ribéry (Bayern Munich, 50 à 65 M€), dossier dont se charge personnellement le conseiller particulier de Pérez, Zinédine Zidane…
Alors que penser de tout ça ?
Bernard Laporte, notre secrétaire d’Etat aux sports, s’emportait jeudi dans Le Figaro : « de telles sommes pour un joueur de football, c’est indécent. On a dépassé les limites. On est clairement dans la dérive du sport business. Ce genre de pratique surréaliste va tuer le football. » Le football va-t-il mourir ? Rien n’est moins sûr.
Certes les sommes sont astronomiques. Certes, on est déçus de voir les grandes stars de chaque club filer vers le Real Madrid. Mais ne soyons pas hypocrites. Moi, vous, nous, tout le monde ! se ruera pour regarder le Real Madrid de l’an prochain à la télévision. Certains vont peut-être enfin se décider à prendre leur abonnement à Canal + pour voir cette Dream Team évoluer. Ne nous voilons pas la face, voir jouer ensemble Kaka, Ronaldo, Ribéry, Villa et Xabi Alonso, c’est « bandant ». Inutile de préciser que le Clasico aura à nouveau de la gueule. Voir s’affronter Messi et C. Ronaldo, Henry et Ribéry, Xabi Alonso et Xavi, cela va considérablement rehausser l’intérêt de la Liga qui souffrait clairement de l’aura médiatique de la Premier League anglaise ces dernières années…
Comment Pérez finance ce rêve ?
C’est l’interview de Frédéric Bolotny (économiste du sport) réalisée par Julien Laloy pour le journal Libération qui nous éclaire sur le financement d’une opération aussi onéreuse. Il rappelle tout d’abord que le Real est le club de football qui réalise le plus gros chiffre d’affaire au monde chaque année (365 millions d’euros par an) puis ajoute que Pérez « va exploiter en synergie la «marque» Real Madrid et l’image de quelques grands joueurs, comme Kaka et Ronaldo, aussi bien commercialement que sportivement ».
C’est donc ce double pari commercialo-sportif que Pérez veut tenir, obtenir des résultats sportifs tout en augmentant les revenus du Real par :
- les produits dérivés (maillots, shorts, casquettes, écharpes, etc.),
- la billetterie (de tels joueurs remplissent les stades à eux seuls),
- l’augmentation des droits-télé (en Espagne, ils sont réalisés club par club et pas globalement comme en France),
- mais aussi par la victoire sur le terrain (de tels joueurs ne peuvent, ensemble, qu’avoir l’ambition de gagner des titres).
La guerre des étoiles
Un casting hors norme
100 000 socios s’étaient donné rendez-vous dimanche soir au Camp Nou de Barcelone pour assister à ce duel épique entre les deux meilleurs ennemis d’Espagne. Un milliard de téléspectateurs, des salles de cinéma ouvertes pour l’occasion diffusant la partie, en gros jamais un match de foot national n’avait suscité tant d’engouement. Mais il faut dire que sur le papier, ce match avait tout pour franchir encore un palier sur le plan du foot-spectacle. Messi, Ronaldo, Xavi , Kaka, Iniesta, Casillas (cf. photo ci-contre) étaient tous là pour en découdre avec en point de mire un but commun, la première place de la Liga. Tout était donc réuni pour offrir au monde le match de l’année.
La rencontre a commencé par un round d’observation durant un bon quart d’heure, les Catalans tentant de déstabiliser des Madrilènes bien en place tactiquement, solides collectivement et attendant la moindre occasion pour se projeter vers l’avant grâce à leur trois « mobylettes », Higuain, Kaka et Cristiano. Le pressing très haut et très agressif des joueurs de la capitale mit en difficultés les barcelonais qui se retrouvaient obligés de tenir le ballon a cinquante mètres des buts de Casillas. Du coup chaque perte de balle pouvait se payer cash.
La stratégie failli payer dès la 20ème minute lorsque Kaka nous gratifia d’un slalom dont il a le secret dans la défense des Blaugrana avant de servir sur un plateau Cristiano Ronaldo, très en jambe pour sa première titularisation depuis deux mois mais qui manqua l’occasion de tromper Victor Valdès d’un plat du pied a ras de terre. Le miracle du portier catalan ne suffit pas à masquer les difficultés des Barcelonais à produire du jeu, des Catalans très émoussés par le combat de la semaine en Ligue des Champions face à l’Inter de Milan.
Les trop rares occasions des hommes de Guardiola en première mi-temps montraient là encore le manque de jus de ces joueurs, à l’image d’un Thierry Henry très esseulé devant et souvent en rupture avec son milieu de terrain qui évoluait vingt mètres plus bas.
Il faudra encore un miracle de Carles Puyol dans les pieds de Higuain pour éviter l’ouverture du score du Real. Le capitaine catalan auteur d’un match tout simplement exceptionnel démontrant encore une fois à quelle point, il est l’atout numéro 1 des barcelonais en défense. Finalement, les deux équipes se quittèrent dos à dos à la mi temps.
L’homme providentiel
Au retour des vestiaires, on se demandait si le Real n’avait pas laissé passer sa chance en ratant les nombreuses occasions de but qui auraient pu les mettre à l’abri. Les Catalans reprirent le match avec beaucoup plus de certitudes qu’ils ne l’avaient entamé, en jouant plus haut. A la 50ème minute de jeu, Pep Guardiola allait changer le cours du match en sortant Thierry Henry pour Zlatan Ibrahimovic. En effet, le géant suédois n’allait avoir besoin que de cinq minutes et de trois ballons pour ouvrir le score d’une magnifique reprise de volée du gauche qui trompait un Casillas impuissant. Tout commença par un ballon récupéré par Piqué dans les pieds de l’ancien ballon d’or Cristiano Ronaldo, une remontée de balle éclair en quelques touches relayées par Xavi pour Daniel Alves qui, d’un centre millimétré, allait offrir à Ibrahimovic la délivrance de tout un stade (cf. photo ci-dessus).
Le cas Daniel Alves est un excellent reflet des deux Barça de dimanche soir. En effet, il a lutter toute la première mi temps défensivement, chahuté par la vitesse des Madrilènes, et offensivement en ratant un nombre indécent de centres, sa grande force. Pep Guardiola a dû trouver les mots à la pause pour galvaniser son joueur qui réalisera une deuxième période de toute beauté aussi bien en défense que lors de ses montées.
Dès lors, on se disait que le match était joué et que le rouleau compresseur catalan allait marquer encore un ou deux buts. Mais en football rien ne se passe jamais comme prévu et dans la foulée du but, Sergio Busquets, le milieu récupérateur du Barça se fit expulser suite à un deuxième carton jaune pour une faute de main assez stupide. Un sacrée coup de pouce pour les Madrilènes qui allaient évoluer trente minutes à onze contre dix. Manuel Pellegrini en profita pour faire rentrer Karim Benzema et plus tard, Raul, ceci afin de renverser la situation.
Malgré un gros quart d’heure de domination du Real, les Barcelonais allaient tenir grâce à une générosité et une solidarité défensive de tous les instants à l’image du buteur Ibrahimovic qui redescendait sur chaque coup de pied arrêté pour épauler ses coéquipiers, un comportement qui a dû faire enrager tous ces anciens coachs car qui aurait cru que ce joueur, souvent taxé d’individualisme, allait être transformé par ce Barça où chacun joue pour l’autre.
Le Barça procèdera en contre, un comble pour cette équipe d’habitude si forte à domicile, s’offrant même deux grosses occasions en fin de match par Abidal tout d’abord et ensuite par Messi qui rata un tête à tête avec Iker Casillas suite à un amour de passes du latéral brésilien Daniel Alves. Malgré une belle opportunité pour Benzema dans la surface suite à un corner le Real ne reviendra plus et le Barça pourra fêter ce succès, ô combien important, avec leur public.
Quelles conclusions pour l’avenir ?
Si le Barça a démontré sa force mentale tout le long du match, le Real a lui fait preuve d’une capacité collective à faire du jeu encore jamais vue cette saison. Cette équipe de Galactiques, qui était souvent montrée du doigt cette saison par la presse et par ses propres socios pour la faiblesse de leur jeu, peut espérer des lendemains meilleurs. Car s’il est vrai que tout n’était pas parfait, la première mi-temps des hommes de Pellegrini laisse envisager une belle fin d’année, aussi bien en championnat qu’en Ligue des Champions. Il ne faudra cependant pas se désunir ou tomber dans l’énervement comme l’a fait Lassana Diarra, expulsé en toute fin de match pour un très vilains geste sur Xavi.
Du côté catalan, on peut voir que même quand cette équipe n’est pas au mieux physiquement, elle est capable de tout en alliant de très fortes individualités capables de changer un match à tout moment. On a pu observé un collectif toujours aussi complet où chaque joueur est prêt à se faire mal pour son coéquipier. Ce match, s’il n’a pas été le feu d’artifice attendu offensivement, a tout de même permis de relancer la Liga car aucune de ces deux équipes ne semble, sur le match, au-dessus de l’autre. La saison est encore longue et bien malin est celui qui peut dire qui sera le champion d’Espagne 2009-2010.
Maxence Arias
Barça-Real : « Mes que un Clasico » (3ème partie)
La rivalité historique entre les deux clubs
Les enjeux pour les deux formations
Le FC Barcelone doit s’imposer face à l’Inter pour continuer d’y croire
Si ces deux formations se préparent pour le choc de ce week-end, elles ont la chance de pouvoir préparer ce match cette semaine lors de la 5ème journée de la Ligue des Champions. Mardi soir, le FC Barcelone passe un test grandeur nature face au champion d’Italie, l’Inter de Milan. Je parle de test car si la qualité des hommes de José Mourinho ne fait pas débat, c’est surtout parce que l’avenir du Barça dans cette compétition se joue en grande partie sur ce match.
En effet, les hommes de Guardiola sont troisième de leur groupe et une défaite contre les Intéristes les enverrai presque en Europa League. Un échec qui serait impardonnable pour les champions en titre (cf. photo ci-dessus). Pour éviter cela, les Blaugrana pourront croire en leur réussite face aux équipes italiennes puisqu’ils ne recensent aucune défaite lors des six dernières confrontations avec des clubs transalpins. Enfin ce match marquera aussi le retour de Samuel Eto’o dans son jardin, le camerounais qui a inscrit 130 buts sous le maillot du Barça aura à cœur de montrer qu’il peut encore marquer dans ce stade mythique.
Madrid affronte Zürich et peut se qualifier dès mercredi
Du côté du Real, si l’affiche est moins belle, l’enjeu est tout aussi important. En effet, une victoire du Real face aux modestes suisses du FC Zurich ajoutée à une défaite de l’OM à San Siro enverrait tout simplement les coéquipiers de Karim Benzema au 2ème tour de la compétition avant même leur déplacement au Vélodrome en clôture.
On peut de plus légitimement penser que le défi est à la hauteur des Madrilènes qui se sont imposés 5 buts à 2 en terre Suisse au match aller. Cette rencontre va d’abord permettre à Ronaldo de retrouver des sensations et du temps de jeu pour dimanche et à Manuel Pellegrini de gérer son effectif en vue du Clasico. Mais malgré tout le FC Zurich, vainqueur sur la pelouse du Milan AC (0-1), a peut être encore un rôle à jouer dans ce groupe, en tout cas on l’espère pour les Marseillais.
Maxence Arias
Barça-Real : « Mes que un Clasico » (2ème partie)
Un Real de galactiques mais qui peine encore dans le jeu
Personne en Espagne ou ailleurs n’a oublier la correction imposé par les Barcelonais sur la pelouse du Real en mai dernier (2-6). Cette victoire historique semblait placer le Barça en tête de la Liga pour bien des années tant la différence technique, mentale et collective entre ses deux formations était abyssale. Mais en football les choses vont très, très vite. En effet suite à cette déroute et à la saison blanche du Real, Florentino Perez ancien président du club de la capitale de 2000 à 2006 est revenu aux affaires en apportant dans ses bagages des joueurs d’exceptions tels que C. Ronaldo (cf. sa présentation au Stade Bernabeu ci-contre), Kaka ou Xabi Alonso et en faisant signer de futurs très bons joueurs comme Karim Benzema ou Raul Albiol. Les dépenses indécentes du nouveau président de la Casa Blanca ont permis tout d’abord de redorer le blason d’un club en perte d’inspiration mais surtout de monter une équipe à nouveau ultra compétitive du moins sur le papier.
Finalement force est de constater que malgré des débuts un peu difficiles en championnat et une humiliation en Coupe du Roi (éliminé 4-1 par Alcoron, un club de la banlieue de Madrid jouant en Segunda B, l’équivalent du National), le Real tient son rang mais sans être particulièrement brillant, puisqu’il se rendra dimanche sur la pelouse du Barça en leader avec comme seul objectif la victoire pour distancer les Catalans de quatre unités. Pour cela, les hommes de Manuel Pellegrini pourront compter sur le retour de leur « superstar » Cristiano Ronaldo, blessé depuis le tacle de Souleymane Diawara en septembre dernier. Le Portugais sera probablement associé au trident Kaka, Benzema, Higuain et il y a fort à parier que les Merengues possèdent là les armes offensives pour faire plier le champion en titre.
Le Barça peine à reproduire le jeu de l’an passé
Le Barça de son côté semble avoir du mal a digérer l’exceptionnelle saison dernière et son triplé historique. En effet, les Blaugrana peinent a retrouver leur jeu si flamboyant et efficace marque de fabrique du club depuis l’arrivée de Johan Cruijff dans les années 70.
En effet, ce Barça souffle le froid et le chaud, capable de terrasser Zaragoza certes modeste promu 6 buts à 1, mais en même temps incapable de battre le Rubin Kazan en deux confrontations de Ligue des Champions, se payant même le luxe de perdre au Camp Nou contre les champions de Russie (1-2). Subissant de nombreuses blessures dont celle de Z. Ibrahimovic ou bien des maladies à l’image d’E. Abidal et de Y. Touré atteints par la grippe H1N1, les Culés se retrouvent plus qu’amoindris. D’autant que l’incertitude concernant la participation de Leo Messi n’est pas levée.
Mais, il ne faut pas oublier que le Barça possède dans ses rangs de jeunes pépites issues de la Masia (le centre de formation du club) qui peuvent eux aussi faire la différence à tout moment. En témoigne le très bon début de saison de Pédro Rodriguez et dans une moindre mesure celui de Bojan Krkic, deux joueurs qui tiennent là l’occasion de briller et de prouver à leur coach qu’ils ne sont pas que de simples remplaçants mais bien des titulaires en puissance. Et puis, les Catalans auront derrière eux quelques 90 000 socios chauffés à blanc pour les soutenir et les porter vers la victoire.
Une semaine de folie en Ligue des Champions
Maxence Arias
Barça-Real : « Mes que un Clasico » (1ère partie)
Plus qu’un simple match de foot, le Clasico divise le pays, déchaîne les passions et donne à chacun de ses acteurs la possibilité d’écrire l’Histoire. Mais avant de rentrer complètement dans le match, retour sur une rivalité vieille de presque 100 ans.
Une confrontation historique
Le Camp Nou accueillera dimanche la 239ème confrontation toutes compétitions confondues entre ses deux géants, la 157ème en championnat. Depuis 1902, date du premier affrontement entres ses deux équipes et la victoire du Barça en terre madrilène lors d’un match de coupe du roi, Culés et Merengues se sont livrés une véritable guerre qui a largement dépassée les clivages du football. En effet, ce match est avant tout la confrontation entre deux cultures, entre deux Espagnes. D’un côté le Real Madrid qui comme son nom l’indique est l’équipe du Roi, symbole de la puissance du pouvoir castillan et de l’autre le FC Barcelone garant de l’identité catalane et de l’indépendantisme que revendique plusieurs régions de la péninsule face à la régence de la capitale. C’est pourquoi en Espagne, à l’image de ce qui se passe en Italie, l’appartenance à un club se défini par des critères qui vont bien au-delà de la situation géographique. L’engagement envers l’une ou l’autre de ses institutions est avant tout un acte politique, une prise de position.
Les années Franco
Pour comprendre cela il faut revenir à l’une des périodes les plus noires de l’histoire d’Espagne : la guerre civile de 1936 à 1939 et les années Franquistes qui en découlèrent. Francisco Franco, dictateur arrivé au pouvoir par la force lors de cette guerre entre Nationalistes et Républicains qui fera des dizaines de milliers de morts va mener une lutte acharnée pour « espagnoliser » par la répression les différentes régions qui revendique leur indépendance, à l’instar de la Catalogne et du Pays Basque. En effet, si ces actions iront bien au-delà du sport, c’est en partie grâce à lui que le général fera sa propagande. A cette époque, la Castille doit être la vitrine culturelle et le modèle de l’Espagne. Ainsi, Franco utilisera le Real comme symbole de sa réussite et de son pouvoir puisque le club doit refléter la grandeur de la capitale aux quatre coins du pays en étant tout simplement le meilleur du point de vue national.
Le général envoie tout d’abord un signal très fort à ses opposants en 1936 en faisant fusiller Josep Sunyol président du Barça de l’époque. Le peuple catalan ne digèrera jamais cette infamie. En 1939, à son arrivé au pouvoir, il prend donc le Real Madrid sous son aile, club qu’il soutiendra jusqu’à sa mort en 1975. Cette période sera d’ailleurs faste au niveau des trophées pour les Merengues puisqu’ils glaneront pas moins de 23 titres dont six coupes d’Europe grâce à des joueurs de légendes tels que Alfredo Di Stefano, Raymond Kopa ou encore Ferenc Puskas, le tout sous la présidence de Santiago Bernabeu, le dirigeant emblématique du club sous Franco. Face au nationalisme du général, le FC Barcelone du génial Kubala (cf. photo ci-dessus) devient le porte-drapeau de la lutte contre le pouvoir en place et pas seulement en Catalogne.
Le Clasico sera dès lors une rencontre comme nulle autre ou les deux camps se rendront coup pour coup, pour l’honneur d’abord et pour la victoire ensuite. La mort de Franco ne changera rien a tout ça. Et même si la réalité sportive à repris ses droits sur le politique, les deux camps nourrissent toujours une haine viscérale envers l’adversaire, ou l’ennemi au choix.
Les enjeux pour les deux formations
Une semaine de folie en Ligue des Champions
Maxence Arias
La politique de transferts du Real Madrid est-elle indécente ? (2ème partie)
C’était la crise, non ?
C’est le mot d’ordre des journalistes aujourd’hui : dans un contexte de crise économique mondiale, c’est indécent. Alors est-ce la crise pour tout le monde ? Non ! Le Real Madrid est bien moins endetté qu’à l’époque des premiers Galactiques et peut donc se permettre d’emprunter de grosses sommes d’argent et ainsi obtenir cette nouvelle équipe de stars : « Aujourd’hui, Perez ne met pas en danger le club en réalisant cette opération. Si les banques ont accepté de financer un tel emprunt, c’est qu’elles bénéficient de garanties solides. »
Puis le chercheur au centre de droit et d’économie du sport de Limoges n’oublie pas de tacler le système financier du football anglais : « Paradoxalement, malgré les sommes investies, un club comme le Real Madrid est beaucoup moins menacé de faillite que nombre de ses homologues anglais, qui dépendent entièrement de mécènes étrangers susceptibles de retirer leur mise du jour au lendemain et de laisser le club en situation de dépôt de bilan. »
Aujourd’hui, le Real Madrid, avant d’être un club historique, le plus titré en Europe, c’est une marque. Une marque qui vend très bien à travers le monde et en Espagne et qui se suffit à elle-même. De ce point de vue, l’indécence n’a rien à voir là-dedans. Il faut envisager ce transfert comme un investissement tel que remplacer les machines ou diversifier son activité pour réaliser des économies d’échelle. Heureusement ou malheureusement, rien de plus. Le sport est un business. Et ça ne date pas d’aujourd’hui.
Ronaldo, c’est donc rentable ?
Pour M. Bolotny, le transfert de Ronaldo est avant le résultat d’un « calcul rationnel ». Ce qui compte, ce sont les droits d’image du joueur (rappel : on a vu dans le débat juridique de l’émission du 10 janvier 2009 que c’était l’un des éléments où l’Etat français avait fait faire des économies aux clubs avec le DIC) : « La condition primordiale, c’est de racheter tout ou partie du droit d’image des joueurs qui signent au Real contre le versement de royalties. »
Une fois ceci obtenu, M. Bolotny rappelle son étude sur le transfert de Zidane : « Le joueur coûtait chaque année 17 millions d’euros au club (salaire, charges et primes incluses), mais ce coût était compensé par les gains récoltés sur la «marque Zidane» (vente de maillots, renégociation à la hausse des contrats de sponsoring, développement des produits dérivés…). L’année de son arrivée, le chiffre d’affaire du club a fait un bond de 25 %. »
Et voilà le travail… Evidemment, il faudra que les résultats suivent. Si l’on résume : il ne reste plus qu’à gagner des matchs…
Est-ce que le joueur vaut vraiment cette somme ?
A mes yeux, et pourtant Dieu sait que je ne l’ai pas défendu au moment de la remise du Ballon d’Or 2008 (cf. débat Football de l’émission du 6 décembre 2009), il est l’un des deux meilleurs joueurs du monde. Joueur indispensable à Alex Fergusson durant les trois dernières années, il aura permis à Manchester United d’être trois fois champion d’Angleterre consécutivement et de parvenir à aller deux fois en finale de Ligue des Champions d’affilée. La remportant une fois, l’an passé.
Ce joueur hors-norme a marqué plus de soixante buts sur l’ensemble des deux saisons qui viennent de s’écouler. Mais pas seulement des buts contre le dernier du championnat ou en Cup. Non, des buts qui comptent ! Comme ce chef-d’œuvre (cf. vidéo ci-dessous, mettez en HQ grâce au petit onglet sur le cadre de la vidéo) contre le FC Porto lors du quart de finale retour de Ligue des Champions où le Portugais avait décoché le plus beau tir de la saison aux trente-cinq mètres, qualifiant son équipe, alors que beaucoup leur prédisaient l’élimination…
http://www.youtube.com/v/epwfzAKGBoo&hl=fr&fs=1&
Ce joueur vaut ce que le marché lui propose. Or le leader du marché, c’est le Real Madrid. C’est donc à lui de fixer les prix… D’autant que c’est rentable pour lui. Qu’ajouter ? Que Ronaldo a, à lui seul, amené des gens à regarder Manchester United, qu’il a probablement créé des milliers de vocations de supporters à travers le monde, particulièrement en Angleterre, en Europe et en Asie. C’est un joueur unique dont on parle ! Un joueur qui impressionne tout le monde, y compris ses détracteurs. Dans les années 2000, seuls quatre joueurs sont dignes d’être désignés "joueur de la décennie" : Zidane, Ronaldinho, C. Ronaldo et Messi. Un petit rappel pour les incrédules :
Une vidéo (à mettre également en HQ) à destination des sceptiques sur la valeur de Cristiano Ronaldo :












