Face à Lille, Rémy concrétise la domination marseillaise au milieu de terrain
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Fallait-il sauver le soldat Kombouaré ?
Cela ne vous aura pas échappé, on ne verra plus Antoine Kombouaré entraîner le Paris-Saint-Germain. Depuis jeudi après-midi, on sait que l’ancien défenseur du club de la capitale ne paraîtra plus en conférence de presse. Et c’est sans doute un mal pour un bien. (Lire la suite…)
Match nul entre la rigueur bordelaise et la fatigue lilloise (1-1)
Mardi, en match avancé de la 7ème journée de Ligue 1, les Girondins de Bordeaux ont tenu en échec le champion de France lillois, certainement émoussé par l’enchaînement des matchs (1-1). Retour sur cette rencontre intrigante et analyse tactique. (Lire la suite…)
Lyon – Marseille (2-0) : quand le leader défait la lanterne rouge !
Dimanche soir, pour la rencontre-phare de la 6ème journée de Ligue 1, Marseille est allé s’incliner sur la pelouse de Gerland (2-0) face à un Lyon porté par l’intelligence tactique de son nouvel entraîneur, Rémi Garde. Lundi, les Gones pointaient en tête du classement tandis que l’OM se morfondait à une 20ème place indigne de son effectif. Analyse. (Lire la suite…)
PSG – Brest : à domicile, une victoire en contre (1-0)
Dimanche soir, devant 40 000 spectateurs au Parc des Princes, Javier Pastore a marqué le seul et unique but de la rencontre, permettant au Paris-Saint-Germain de s’imposer devant une équipe brestoise dominatrice. Après cinq journées, le PSG est 3ème ex-æquo de la Ligue 1. Analyse de la rencontre. (Lire la suite…)
Pourquoi l’Olympique de Marseille n’y arrive pas cette saison ?
Marseille a perdu un match décisif dans l’optique du titre cette saison. En s’inclinant à domicile face à une équipe lilloise retrouvée et joueuse (1-2), Marseille a pratiquement hypothéqué ses chances de revenir dans la course. Mais alors qu’est-ce qui cloche chez cet OM mouture 2010-2011 ? (Lire la suite…)
En progrès, Lyon aurait pu vaincre Lille (1-1)
A Villeneuve-d’Ascq au Stadium Nord, l’Olympique Lyonnais est venu troubler la marche en avant de la meilleure équipe de France, Lille (1-1). Sans Mickaël Landreau, les Lillois auraient même pu être battus chez eux alors qu’ils ont dominé la rencontre. (Lire la suite…)
La Commission de visionnage au secours de l’arbitrage français
Depuis deux ans, la Commission de visionnage de la Ligue de football professionnel endigue petit à petit le fléau que représentaient les actes d’antijeu en Ligue 1. Explications. (Lire la suite…)
Ligue 1 : match nul entre le pari offensif de l’OM et la discipline de l’OL
Didier Deschamps a osé le 3-2-5 avec son OM
Au coup de sifflet final de l’excellent jeune arbitre Monsieur Turpin (28 ans), on avait tout de même un sentiment de frustration. Comme l’impression d’être passé tout près d’un grand match pendant cinquante minutes puis plus rien. L’égalisation marseillaise avait sonné le glas d’une rencontre qui avait jusque là offert un spectacle vraiment intéressant, tant en termes d’intensité que sur le plan tactique.
A mon sens, le match nul de dimanche soir est complètement logique car les deux équipes se valaient. Potentiellement, je trouve Lyon plus complet. Mais j’ai trouvé Marseille très intéressant dans le positionnement et dans l’adaptabilité tactique, notamment en première période.
Sans sa charnière centrale Mbia-Diawara, l’OM avait dû improviser en titularisant une défense à quatre inédite (Kaboré-Fanni-Heinze-Taiwo) et sans milieu défensif disposé devant elle mais avec deux milieux centraux descendus d’un cran (Lucho et Cheyrou).
Côté lyonnais, les absences remarquées étaient celles des blessés Cris dans l’axe droit de la défense (remplacé par Diakhaté) et de Toulalan au poste de milieu défensif (remplacé par Gonalons) ainsi que de Gourcuff, de retour de blessure (remplacé par Makoun).
En regardant Marseille, on a vite compris que le 4-2-3-1 de la feuille de match n’allait servir que lors des phases de récupération. En attaque, on a souvent vu l’OM aller jusqu’au 3-2-5 avec les montées de Taiwo sur le côté gauche, les décalages permanents de Valbuena à droite comme à gauche et le resserrement des trois attaquants (Rémy, Gignac et Ayew) sur la largeur de la surface de réparation. Cet ensemble de cinq joueurs a même été accompagné parfois des projections axiales de Lucho et de Cheyrou.
Les dix premières minutes furent globalement d’égal niveau entre les deux formations, cependant Lyon prit l’avantage pendant environ cinq-six minutes (10’-16’), persistant à presser haut et bénéficiant du recul de Lucho et de Cheyrou, obligés de défendre bas pour contrer respectivement Lisandro dans l’axe gauche du jeu et Makoun dans l’axe droit. Une domination dont Lyon ne profita pas vraiment.
Au contraire, le 3-2-5 offensif de l’OM avec Valbuena et sa disponibilité à la baguette allaient complètement asphyxié un Lyon au supplice défensivement. Privilégiant l’axe du jeu aux ailes, ce qu’Elie Baup leur reprochera à la fin de la rencontre dans le débriefing de Canal Plus, les Marseillais avaient choisi d’insister sur la fragilité supposée de Lyon : celle d’une défense centrale affaiblie par la présence de Diakhaté mais aussi d’un trio défensif Diakhaté-Lovren-Gonalons sans automatismes. Les Phocéens acceptèrent même progressivement de ne pas maîtriser l’entrejeu et de sauter le premier rideau lyonnais au moyen de longs ballons aériens pour tester le plus souvent possible la qualité du placement des défenseurs lyonnais lorsqu’ils devaient reculer, lorsqu’ils devaient défendre dans la profondeur.
Une domination marseillaise récompensée d’un but lyonnais en contre
Marseille finit par ouvrir le score, à la 22ème minute. Mais un hors-jeu de Rémy vint annuler la réalisation de Gignac. Pourtant, le coup-franc lointain de Cheyrou avait mis en difficulté la défense lyonnaise. L’ex-Toulousain avait hérité du ballon et marquer d’une demi-volée du plat du pied droit somptueuse. Mal placé et faisant action de jeu, Rémy saccageait ici une occasion de but pourtant toute faite. Malgré ce gâchis, on avait constaté la fragilité défensive des Gones avec un Gignac complètement démarqué au second poteau. C’était la première grosse occasion du match.
Par ailleurs, tout se passait également bien défensivement pour les Marseillais car Kaboré prenait gentiment mais sûrement le dessus sur Lisandro Lopez, rien que ça ! A cet instant du match, on ne pouvait que se dire que Marseille avait trouvé la clef pour agresser et battre un Lyon pourtant invaincu depuis dix journées en championnat.
Moment choisi précisément par les hommes de Claude Puel pour placer un contre redoutable qui mit en lumière la limite intrinsèque du schéma marseillais. Non seulement le 3-2-5 laissait un espace béant sur le flanc gauche – Taiwo montant souvent pour apporter son soutien aux offensives – mais en plus, Lucho confirmait qu’il n’était pas un joueur capable de défendre. Récupérer oui, mais défendre non. Sur l’ouverture du score lyonnaise, Makoun parvenait à chiper le ballon aux Phocéens dans le rond central. Se projetant tout de suite vers l’avant, le Camerounais laissait le soin à Kallström de lancer Bastos (à gauche sur la photo) sur l’aile droite. Taiwo monté aux avant-postes fut complètement pris de cours. Le Brésilien accélérait puis centrait fort en retrait. Makoun feintait la prise de balle, Lisandro ratait son contrôle du droit mais allumait du pied gauche les buts, 0-1 (35’).
Ce qui fut frappant, c’était bien évidemment le déséquilibre numérique généré conjointement par la montée de Taiwo (et donc par son absence en défense) mais aussi par la projection offensive de Makoun. Au final, on assista donc à un trois (Gomis, Makoun et Lisandro) contre trois (Heinze, Fanni et Kaboré) qui, on le sait, est souvent fatal aux défenses lorsque le jeu va aussi vite.
Abattu, Marseille manquait d’encaisser un second but lorsque sur un nouveau contre, Gomis offrait à Bastos la possibilité de prendre la profondeur entre Taiwo et Fanni après un mauvais jaillissement de Heinze. La frappe du Brésilien flirtait avec la base du montant gauche de Mandanda mais sans concrétiser la débâcle mentale collective de l’OM (41’).
Cette première période de grande qualité avec l’utilisation de Makoun dans l’espace laissé derrière le latéral gauche de l’OM avait réellement montré une utilisation intéressante de la structure du jeu adverse. De la même manière, le pari très offensif de Didier Deschamps pour son OM avec un schéma volontairement déséquilibré pour l’offensive et parfois jusqu’à sept joueurs dans les trente mètres lyonnais avait quelque chose d’admirable…
Un OM rééquilibré et donc un match fermé
A la reprise, l’OM changeait complètement de visage. Didier Deschamps optait désormais pour une formule davantage équilibrée mais plus réellement dangereuse. Ne faisant plus se projeter Taiwo vers l’avant et laissant Cheyrou et Lucho dans l’entrejeu au lieu de les pousser à monter au soutien des attaquants, le match s’est progressivement affaissé. Marseille a usé et abusé d’une latéralité qu’il ne maîtrise pas puisqu’il n’avait pas dimanche, en son sein, de véritables bons centreurs excepté Lucho. Or on n’a jamais vu l’Argentin dans cette position de tout le match.
Pourtant, Deschamps avait refusé de jouer la latéralité en première période car Cissokho (à gauche) et surtout Réveillère (à droite) représentaient à ses yeux des obstacles difficiles à franchir pour Rémy mais surtout pour Ayew. Mais après la pause, il déportait Gignac sur le flanc gauche et ce fut le début du bouillon pris par Réveillère. Mais s’il y eut correction technique – Gignac prenant nettement la mesure de Réveillère – cela n’eut aucune conséquence autre que l’humiliation du latéral droit des Gones.
Dans ce contexte moins intéressant car trop latéral, l’égalisation marseillaise n’arrivait pas par hasard mais bien sur l’une des rares occasions où l’axe fut dépositaire du jeu. Alors que Gignac récupérait le ballon côté gauche, il ne choisissait pas de centrer – bénit soit-il – mais de remettre en retrait pour Cheyrou qui allumait une mèche mouillée des vingt-cinq mètres. La frappe eut cependant le mérite d’exister ainsi que d’être suffisamment lente et sur Lloris pour permettre à Valbuena, seul Marseillais en mouvement, de profiter de l’apathie générale de la défense lyonnaise. Se jetant pour dévier du bout du pied le ballon, il marquait face à Lloris médusé, 1-1 (51’).
Cependant, les deux buts de cette rencontre furent très différents dans leur construction. Car si la brèche défensive marseillaise ouverte lors du but lyonnais l’avait été grâce à la vitesse d’exécution technique de Makoun, de Bastos et de Lisandro – et l’idée tactique de Claude Puel en amont –, le but phocéen n’avait quant à lui qu’à remercier le placement défensif des Lyonnais. A sept joueurs dans leurs vingt mètres, ils étaient malgré tout cinq hors de leur surface de réparation, laissant ainsi Lovren et Cissokho seuls avec quatre Marseillais ! Malgré cette évidente supériorité numérique, seul Valbuena eut la bonne idée de jouer comme un attaquant tandis que Rémy était encore hors-jeu…
Le rééquilibrage de Didier Deschamps eut le mérite de densifier le jeu marseillais mais aussi de fermer progressivement le match. Dès lors, il n’y eut plus que deux occasions franches (soit cinq en tout et pour tout, dans un match que l’on nous annonçait comme un choc !). La première intervint avec encore une fois Makoun à l’origine du mouvement. Pénétrant dans la surface, il oubliait de servir Lisandro mais finissait malgré tout par adresser une jolie passe en retrait vers Gomis qui ajustait son plat du pied des vingt mètres mais sans cadrer (64’). Treize minutes plus tard, la seconde survenait à la suite d’un Diakhaté qui craquait définitivement et offrait un caviar à Gignac d’une tête en retrait pour son gardien pas assez puissante. L’attaquant phocéen manquait son lob… (77’).
Le repositionnement de Lucho au poste de meneur de jeu avec la sortie de Valbuena (72’) et celui de Lisandro dans l’axe du jeu avec le remplacement de Gomis (74’) n’eurent aucun effet sur le jeu. Idem pour les rentrées de Brandao (77’) et de Briand (84’). C’est comme si arrivés dans le dernier quart d’heure, les joueurs avaient décidé de fermer la boutique, de tirer le rideau de fer et d’arrêter de jouer.
Malgré le portrait peu glorieux d’une deuxième période assez ennuyeuse, j’ai été agréablement surpris du pari très offensif de Didier Deschamps – très rare en Ligue 1 – mais également de la discipline collective peu à peu respectée par l’Olympique Lyonnais cette saison. On sent que Claude Puel (photo) a retrouvé de l’emprise sur ses joueurs et que ses consignes sont appliquées. Mieux, on a pu voir des joueurs trouver ou retrouver un haut niveau de jeu, ce qui est intéressant dans la perspective des huitièmes de finale de la Ligue des Champions contre le Real Madrid en février. Je pense en particulier à Lovren (défenseur central gauche), à Gonalons (remplaçant de haut vol de Toulalan), à Makoun (solution alternative de luxe par rapport à Gourcuff et Pjanic) et enfin à Gomis qui a considérablement progressé dans le jeu dos au but (on l’avait déjà remarqué face au PSG).
Du côté marseillais, pouvait-on espérer mieux alors qu’il manquait les trois titulaires du trio défensif habituel (Mbia, Diawara et Cissé) ? Je ne pense pas. L’absence de Cissé fut sans doute la plus préjudiciable dimanche car c’est bien cette structure sans milieu défensif qui a généré le schéma ultra-offensif mais déséquilibré de l’OM, à l’origine du but concédé. Quoi qu’il arrive, Lyon pointe désormais à la quatrième place (30 pts) et Marseille à la cinquième (28 pts)…
Ligue 1 : Lyon-PSG où le match des erreurs défensives grotesques
Une première période où la discipline a prévalu (0-45ème)
Cela trottera forcément dans les esprits des Parisiens cette semaine. Et si Edel n’avait pas commis cette bourde hallucinante au niveau professionnel à dix minutes de la fin du match… Et si Gomis (photo) avait vendangé comme il le faisait l’an dernier. Et si le PSG avait été plus offensif en première période. Et si… Mais comme dit la maxime, « avec des si, on mettrait Paris dans une bouteille et Lyon sur le bouchon ».
Ce qui est sûr, c’est que la bouteille, Lyon en a manqué en défense centrale. Un manque d’expérience criant qui fut à l’origine des premier et deuxième buts parisiens. Car si Lyon n’a pas gagné ce match, c’est principalement à cause de cette lacune, (que dis-je ?!) de cette béance que représente la charnière centrale Lovren-Diakhaté. Il manquait pourtant au PSG un joueur important par ligne : Sakho au poste de défenseur central gauche, Chantôme au côté de Makelele à la récupération et Erding à la pointe de l’attaque. Mais on prédisait malgré tout l’enfer à une équipe lyonnaise plutôt joueuse car même en marquant la première, elle n’avait aucune certitude quant au verrouillage défensif si important dans ce genre de chocs.
Le Paris-Saint-Germain, malgré sa composition amoindrie, avait choisi d’effectuer un pressing très haut (à vingt mètres dans la moitié de terrain lyonnaise) et avec cinq joueurs ! La volonté d’Antoine Kombouaré, l’entraîneur du club de la capitale, était donc de faire craquer les Lyonnais dès la relance. Mettre la pression sur une charnière de défenseurs en plein doute relevait d’une logique tout à fait honorable. Les deux attaquants (Hoarau et Luyindula) ainsi que les trois milieux offensifs (Nené à gauche, Giuly à droite et Bodmer dans l’axe) transformaient ainsi le 4-4-2 en ligne, « classique » de Kombouaré, en 4-1-5 avec Makelele seul en couverture.
Mais l’intention parisienne était malgré tout claire durant l’ensemble du match : en n’envoyant que cinq joueurs en attaque, l’objectif était avant tout de défendre et de contrer. Le 4-2-3-1 de Puel ne se prêtait pas tellement à jouer sur les ailes pour échapper à ce premier rideau défensif très agressif mais c’est pourtant ce que les Gones durent faire. Le duo Réveillère-Bastos à droite et celui formé par Cissokho-Kallström à gauche furent sollicités de toutes parts pour essayer de servir, dans les meilleures conditions possibles, un Lisandro qui repiquait souvent de son aile gauche pour servir d’orienteur du jeu, et un Gomis, excellent dimanche soir dans le jeu dos au but.
C’est d’ailleurs grâce à l’ancien Stéphanois que l’OL se procurait ses trois principales occasions de la première période. Par deux fois, le numéro 18 lyonnais se montrait altruiste avec Michel Bastos, d’abord en le servant en retrait au sol, le Brésilien forçait alors Edel à se coucher pour détourner en corner (14’), puis une nouvelle fois en retrait mais à mi-hauteur, le numéro 11 lyonnais expédiait une demi-volée splendide mais qui n’était pas cadrée (30’). Enfin, c’est encore Gomis qui se mit en évidence d’une frappe trop enlevée à la suite d’un contre (44’).
Entre temps, les défenses s’étaient illustrées, en bien pour Sylvain Armand face à ce diable de Gomis qui filait seul au but (21’) ou en mal avec Tiéné qui séchait Bastos, auteur d’un grand pont insolent (23’), ou encore Réveillère qui mettait à l’épreuve la solidité de la cheville de Nené (35’). Les Lyonnais n’étaient pas en reste dans cette partie lorsque Giuly, bien servi par Nené, était repris de justesse par un hot-dog improvisé et composé des tranches de pain Cissokho et Lovren (photo ci-contre, 25’).
Progressivement, le pressing parisien avait reculé. Contrairement au match contre l’OM, il n’avait été pas récompensé d’un but et il fut donc dès lors effectué en zone, autour de la ligne médiane mais de manière extrêmement disciplinée. Malgré la bonne assise du PSG en défense, il y avait un déséquilibre apparent en attaque. On voyait souvent Nené rentrer à l’intérieur et déserter le duel avec Réveillère pour apporter un surnombre dans l’axe. Etant donné la passivité de la défense centrale lyonnaise décrite plus haut, cela pouvait sembler logique. Mais cela facilitait la couverture de zone de Toulalan. L’aile droite était intelligemment utilisée par Giuly car Cissokho n’est pas un grand défenseur mais les bons centres furent extrêmement rares du côté parisien, tout autant d’ailleurs que du côté lyonnais. Ainsi, la seule occasion du PSG en première période ne fut pas produite dans le jeu mais survint lors d’un coup-franc tiré par Nené sur le côté gauche de la surface de réparation que Camara, gêné par Toulalan, ne parvint pas à reprendre de la tête (42’).
Globalement, la première période fut assez pauvre en occasions car les deux équipes souffraient dans la construction, que ce soit dans la relance (première passe de l’attaque placée, c’est-à-dire quand la défense adverse est replacée) ou que ce soit dans les centres (théoriquement dernière ou avant-dernière passe de la dite construction).
L’entrée de Makoun change la donne, l’OL domine le milieu de terrain (45ème – 63ème)
La sortie de Toulalan, blessé, m’est spontanément apparu comme une mauvaise nouvelle. Quand on sait les difficultés que connaît actuellement le milieu lyonnais, on ne pouvait que s’en inquiéter. Mais en réalité, l’entrée de Makoun à la pause s’accompagna d’un changement tactique décisif effectué par Claude Puel, l’entraîneur lyonnais (photo ci-contre). Il avait demandé à ces joueurs de désormais jouer en bloc. Qu’il s’agisse du PSG ou bien de l’OL, chacune des deux équipes avait attaqué en première période en divisant son équipe en deux groupes de cinq joueurs, un groupe qui restait en défense quant l’autre partait à l’attaque. Avec l’entrée de Makoun, c’est le second rideau défensif (celui des défenseurs) qui allait l’accompagner quand il s’avançait jusqu’à la ligne médiane lors des offensives lyonnaises.
Le PSG jouant en contres, il ne disposait plus de l’espace qu’il avait eu jusque là entre les deux rideaux sur les contres. Au lieu d’avoir une vingtaine de mètres pour lancer le contre et contraindre le deuxième rideau (celui des défenseurs lyonnais) à reculer, il était obligé d’aller au duel technique pour tenter d’effacer les membres de ce second rideau, tâche bien plus ardue pour des joueurs comme Bodmer, Luyindula ou même Hoarau.
La domination axiale du PSG fut dès lors ébranlée et le placement de Nené, axial justement, n’eut pratiquement plus aucun effet jusqu’à l’entrée de Clément (80’). L’OL eut la mainmise absolue sur le match. Bastos allumait la première mèche avec un pétard des vingt-cinq mètres, pas cadré mais où Edel semblait battu (52’). Trois minutes plus tard, le placement axial de Lisandro déportait le bloc parisien vers l’axe. Lisandro sollicitait le une-deux avec Gomis devant lui pour s’assurer que l’aile gauche lyonnaise serait libérée avant de passer à Kallström. Le Suédois lançait instantanément dans le profondeur Cissokho. Le latéral gauche international armait sa frappe et trompait Edel dans un angle complètement fermé. L’OL menait ainsi 1-0, logiquement au vu des occasions obtenues en première période ainsi que de l’asphyxie provoquée au milieu de terrain par l’entrée et le placement de Makoun.
Paris prit l’eau et il s’en fallu de peu que Gomis puis Bastos ne doublent le score (57’). Finalement, ce furent les Lyonnais qui remirent dans le match leurs adversaires. Perdant le ballon haut, les Lyonnais voyaient Hoarau et Nené permuter et sur un long ballon en profondeur, ne s’alignaient pas défensivement. De là à savoir si c’est Cissokho qui était en retard ou bien si c’est le duo Lovren-Diakhaté qui avait trop avancé, impossible à dire. Mais, le jeu du hors-jeu manqué, le résultat ne se fit pas attendre. Hoarau effaçait aisément un Lovren qui se jetait n’importe comment, centrait au point de pénalty pour l’un des trois Parisiens présents dans les six mètres et ce fut finalement Nené qui reprit de la tête, 1-1 (63’).
L’OL continue de dominer jusqu’au show Cissokho-Edel (63ème – 90ème)
Mais alors qu’on pensait que cette égalisation affaiblirait un OL déjà peu en confiance, il n’en fut rien. Lovren frôlait ainsi les montants de la tête sur un centre de Lisandro (64’), Bastos était encore servi idéalement par Gomis mais ne cadrait pas (67’) avant que Gomis ne manque de lober Edel d’un superbe tir des vingt mètres (74’).
Entre temps, Kombouaré tentait le tout pour le tout en passant en 4-2-3-1 avec la sortie de Luyindula et l’entrée de Sessegnon (69’). Le Béninois put d’ailleurs mettre en évidence toutes les raisons qui fait qu’on lui est attaché (une demi-volée cadrée à la 76’) mais aussi ce qui nous agace (la mollesse de ce tir).
Il était néanmoins écrit que l’OL ne remporterait pas cette rencontre. Avec plus de 25 tirs effectués mais avec seulement 5 cadrés sur l’ensemble de la partie, l’histoire des Gones aura été tour à tour contrariée par les gestes défensifs de grande classe de Sylvain Armand (homme du match au côté de Bafetimbi Gomis) comme devant Pjanic alors que le Bosnien allait conclure un mouvement collectif de grande classe (78’) ; mais aussi illustrée par des ratés regrettables comme la volée non-cadrée de Gomis (90+2’).
Pire, la rentrée de Clément à la place de Giuly (80’) permit au PSG de retrouver de la matière au milieu de terrain avec trois milieux plutôt défensifs (Makelele, Clément, Bodmer), un milieu axial (Nené) et un milieu latéral droit (Sessegnon). En tous les cas, c’est bien au moyen de passes verticales que le PSG ouvrait le chemin du but à Nené, placé en soutien de Hoarau pratiquement tout le match. Le Brésilien était fauché par Cissokho, ajoutait la dose de simulation qui sied, et voyait à la fois le latéral lyonnais être exclu ainsi que le pénalty sifflé. La faute y était bien mais il paraissait inutile d’en faire autant. Hoarau le transformait d’une belle manière et le PSG menait 2-1 à la surprise générale (82’).
L’OL n’y croyait plus, à l’évidence, mais c’est Edel (photo en jaune) qui allait tout changer, malgré lui. Déjà fautif sur le premier but, il répondait à merveille aux fautes professionnelles de l’arrière-garde lyonnaise avec un dégagement nonchalant et directement sur Gomis. Celui-ci s’avançait à toute vitesse et expédiait un missile du gauche pour tromper l’infortuné portier parisien, 2-2 (87’).
Paris eut malgré tout une balle de match alors que Diakhaté et Lovren s’empêtraient une dernière fois à marquer Hoarau ensemble – un véritable numéro à la Dupont et Dupond – mais Sessegnon trouvait le moyen, à quatre mètres, de tirer à côté… (90+1’).
Dimanche soir, les Parisiens pouvaient amèrement regretter de ne pas avoir arracher une victoire qui leur aurait offert la première place au classement dans un championnat décidément bien indécis où les treize premières équipes se tiennent en six points… De leur côté, les Lyonnais peuvent être soulagés d’avoir évité la défaite dans un match où ils n’auraient jamais dû trembler s’ils avaient eu une défense correcte… Au final, Paris pointe ce lundi à la troisième place (24 pts, à une longueur de l’OM leader) tandis que Lyon occupe la septième place (23 pts).















