La Tribune du Sport


Ligue 1 : PSG-OM ou le duel des récupérations

Publié dans Ligue 1 par Roland Richard le 8 novembre 2010
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Source : Football.fr

Un PSG au complet confirme grâce à la stabilité insufflée par Kombouaré

 

De son côté, le club de la capitale a enfin converti en grande victoire les nets progrès effectués entre la saison passée et celle en cours. Entraperçus lors de la défaite face à Bordeaux (3ème j.) lors des succès à Toulouse (9ème j.) et à Lyon (8èmes de Coupe de la Ligue), les efforts consentis ont enfin été récompensés d’une réussite probante face à un prétendant au titre.

A l’inverse, les difficultés marseillaises constatées à Valencienne (défaite 3-2, 2ème j.) puis contre Monaco au Vélodrome (2-2, 5ème j.) ou de manière plus significative encore face à Nancy (1-0, 9ème j.), ont été cette fois-ci trop dures à surmonter. Le champion en titre n’ayant rien produit de toute la première période, il ne pouvait rien espérer d’autre que la défaite face à un PSG très rigoureux.

Bien sûr, Didier Deschamps nous rebattra les oreilles toute la semaine de ce cafouillage organisationnel lors du transfert de son équipe vers le Parc des Princes. Et pas complètement à tort puisque perdre vingt minutes sur une préparation d’une heure et demie sur place, c’est tout de même problématique.

Je vous pose alors la question décisive : ces vingt minutes ont-elles manqué au coach phocéen pour présenter la tactique du jour à ses joueurs ? Oui à n’en pas douter. Parce que très franchement, je n’ai que très rarement vu l’OM aussi peu concentré, aussi peu cohérent et aussi peu au fait d’une rencontre pourtant décisive. Parce que c’était le PSG. Et parce que c’était la tête de la Ligue 1 qui se jouait.

Malgré ça, on soulignera tout de même les absences préjudiciables côté marseillais du récupérateur Edouard Cissé (blessé) et de Stéphane Mbia (suspendu) dans l’axe droit de la défense centrale. Ce n’est pas tellement que Gabriel Heinze ne peut pas faire l’affaire à ce post, mais c’est plutôt que Taye Taiwo a livré l’un des dix plus mauvais matchs de sa carrière au poste de latéral gauche. Par ailleurs, Charles Kaboré n’a pas produit une prestation de haut vol. Loin des sommets de la fin de saison dernière qui avaient pu susciter l’intérêt du FC Barcelone (!), le Burkinabé s’est davantage rappelé au mauvais souvenirs des supporters de l’OM en manquant de jugement à chaque intervention…

Excepté ces deux absences, le 4-3-3 avait été reconduit par Didier Deschamps pour une formation marseillaise parée de ses plus beaux atours offensifs. Dans les cages, Mandanda régnait en maître. En défense, de gauche à droite étaient alignés, Taiwo, Heinze, Diawara et Azpilicueta. Au milieu de terrain, Cheyrou et Lucho avaient la charge de seconder Kaboré à la récupération tout en initiant les actions de jeu. Et devant, on retrouvait donc un trio magique Valbuena à l’aile gauche, Gignac en pointe et Rémy à droite.

Côté parisien, le 4-4-2 en ligne s’est fréquemment transformé en 4-3-3 avec un Nené qui délaissait son aile gauche pour servir de troisième attaquant et ainsi de support à Hoarau dans l’axe. L’équipe ne souffrait par ailleurs d’aucune absence : Edel dans les buts ; de gauche à droite en défense, Tiéné, Sakho, Armand et Jallet ; le milieu à quatre était composé de Nené, Makelele, Chantôme et de Giuly ; enfin, on attendait toujours autant du duo d’attaquants Hoarau-Erding.

Quand Paris est organisé… (0’ – 19’)

 

Ce qui a d’emblée frappé le téléspectateur, c’est indiscutablement l’intensité du pressing parisien. Antoine Kombouaré avait donné une consigne claire à ses joueurs : agresser le porteur de balle dès les premiers ballons de relance, c’est-à-dire quinze-vingt mètres dans la moitié de terrain olympienne. Ce pressing orchestré par un remarquable Chantôme (près de 12 km parcourus sur l’ensemble du match) légèrement en avant du capitaine Makelele porta ses fruits très rapidement. A la suite d’une récupération dans l’axe gauche du terrain, le ballon était transmis à un Giuly qui s’était recentré pour l’occasion. Pas inquiété par le second rideau marseillais, il essayait un tir flottant difficilement repoussé par Mandanda à cause d’un rebond juste devant le portier olympien (3’).

Logiquement, le PSG poussait comme jamais et semblait seul à réaliser qu’il s’agissait un PSG-OM. L’arrière-garde marseillaise, assommée par le rythme parisien, offrait encore une relance digne des plus grands moments de Ronald Zubar ou de Franck Dumas, ici par l’intermédiaire de Taiwo. Chantôme récupérait plein axe, écartait le jeu sur l’aile gauche où Nené pu faire la course seul, rentrer dans la surface et frapper lourdement aux buts. Mandanda se dégageait comme il pouvait dans les pieds d’un Erding opportuniste et heureux. 1-0 (9’).

Sur le but, le placement défensif était plus qu’inquiétant car il avait vu les quatre Marseillais se resserrer sur la largeur de la surface de réparation (environ trente mètres) et laisser ainsi tout l’espace nécessaire aux ailiers parisiens d’ouvrir une brèche. Mais ce qui était encore plus surprenant dans ce premier but fut malheureusement observé pendant tout le reste de la première mi-temps : un Kaboré absent au soutien de ses défenseurs, une relance calamiteuse – quel que soit le joueur concerné – et un deuxième rideau trop concentré dans l’axe du jeu.

Autour du quart d’heure de jeu, chacun à leur tour, les défenseurs marseillais ont brillé par leur insuffisance du jour : Diawara dans le domaine aérien, Azpilicueta à la relance et Taiwo… partout mais spécialement dans l’anticipation. Et les occasions se succédèrent. Le PSG manquait de peu de doubler la mise lorsque Nené, complètement seul au deuxième poteau tentait une reprise de volée insensée et l’expédiait dans les tribunes (16’).

Deuxième réalisation qui ne pouvait qu’arriver tant les Parisiens nageaient au-dessus des eaux en ce début de partie. Mauvaise relance de Diawara de la tête alors qu’il défendait en reculant, Nené héritait du ballon, s’avançait et travaillait un petit bijou de ballon piqué au-dessus de la charnière Diawara-Heinze. Hoarau reprenait sans contrôle entre les jambes d’un Mandanda impuissant. Le duo pouvait fêter le 2-0 (photo ci-dessus, 19’).

Source : LeParisien.fr

L’OM revient au score par hasard puis plus rien… (20’ – 45’)

 

Face à ce flot parisien ininterrompu, Didier Deschamps s’arrachait les cheveux sur le banc de touche. Ses joueurs étaient méconnaissables. Ils paraissaient perdus, sans plan de jeu, sans idée et sans cohésion. On a déjà suffisamment passé en revue la défense mais il faut aussi souligner que seul Cheyrou a été bon durant les quarante-cinq premières minutes. Lucho a été transparent, Gignac n’a effectué qu’une seule et unique frappe cadrée, Rémy a été léthargique et Valbuena mangé tout cru par Jallet.

Malgré cela, l’OM a su trouver la lumière et sans doute faire douter le PSG en revenant au score. Car si Paris était nettement plus fort que Marseille dimanche soir, les coéquipiers de Makelele comptaient parmi eux un maillon faible. Un étonnant maillon faible puisqu’il s’agissait de Tiéné. Vous ne vous souvenez pas de lui ? C’était pourtant le latéral droit de la Côte d’Ivoire qui avait complètement éteint Cristiano Ronaldo à la Coupe du Monde.

Bref, dépassé à plusieurs reprises, l’Ivoirien était pris en défaut sur un ballon envoyé dans la profondeur, au moyen d’une passe verticale (c’est-à-dire d’un but vers l’autre) à ras de terre. Gignac prenait cet espace et centrait à son tour vers un Lucho arrivé aux six mètres. Edel commettait une grosse faute de main et Lucho (photo ci-dessus) n’avait plus qu’à marquer dans le but vide, 2-1 (23’).

Après cette occasion, Marseille a insisté sur l’aile droite puisqu’il a bien senti que Tiéné n’était pas dans un grand soir. Rémy a ainsi davantage joué sa carte et cela aurait pu payer si l’ex-Niçois n’avait pas buté sur Edel après le seul raté défensif du match de Sylvain Armand, étincelant dimanche (45+2’). Mais entre les deux, on a surtout vu l’OM peiné dans l’axe du jeu alors que le 4-3-3 prédispose à des attaques rapides et techniques dans cette partie du terrain. Le jeu sur les ailes ne fut utilisé que trop tardivement pour contourner un premier rideau parisien au sommet de son art, Chantôme en tête.

L’entrée d’Abriel a rééquilibré le match avant un véritable désert global (45’ – 90’)

 

Il n’a pas échappé à Deschamps que son équipe était complètement désorganisée et que les absences conjuguées de Mbia en défense et de Cissé à la récupération avaient participé de cette déroute tactique. Mais il ne pouvait pas se mentir pourtant car si le pourcentage de passes réussies à la mi-temps était plus qu’honorable (80 %), les 20 % restants correspondaient à pratiquement toutes les tentatives de projeter le jeu vers l’avant. Son équipe souffrait donc certes des absences mais aussi techniquement.

Pourquoi ? Parce que les Marseillais étaient trop éloignés les uns des autres et sans mouvement autour du porteur de balle. S’il y a eu déficit technique, c’est bien parce qu’ils ont pêché tactiquement. Ils n’ont que très rarement joué en bloc-équipe (en « bloc-équipe », les attaquants et les défenseurs conservent les mêmes distances entre eux, que ce soit en attaque ou en défense, environ sur quarante-mètres).

Trop souvent coupée en deux, l’équipe a été transformée par Deschamps en 4-2-3-1 à la pause avec un Abriel – remplaçant Kaboré – soutenu par Cheyrou. Lucho restant seul à la baguette de l’orientation du jeu. Choix contestable pour la créativité de l’équipe puisque Lucho n’avait jusque là pas existé, mais qui eut au moins le mérite de rééquilibrer les débats au milieu de terrain. Le pressing, assoupli par les Parisiens après la 19ème minute, fut de nouveau d’actualité pour empêcher la relance du joueur plus technique et plus intelligent que fut Fabrice Abriel.

Une fois le jeu posé par son milieu de terrain, l’OM est progressivement sorti du naufrage tactico-technique décrit plus haut. Malgré cela, la défense olympienne était humiliée une fois de plus et cette fois-ci par le duo Hoarau-Nené, intenable. Eliminant cinq joueurs à eux deux, il fallait enfin un bon geste de Taiwo pour éviter que le PSG ne prenne le large (49’). Dans la foulée, l’OM bénéficiait d’une nouvelle errance de Tiéné et Rémy, plus au fait de son match, manquait de peu d’égaliser d’une volée trop enlevée (50’).

Le rythme du jeu fut alors haletant, les équipes agissant toutes deux en attaque-défense, coupant sciemment leur formation et délaissant la tactique pour forcer la décision. Néanmoins, seules des frappes lointaines puissantes mais non-cadrées vinrent conclure ces ambitions, par Gignac côté marseillais et par Jallet côté parisien (55’-60’).

Et alors qu’une rencontre se débride habituellement autour de l’heure de jeu car les joueurs ont de plus en plus de mal à tenir le plan de jeu prévu, c’est l’inverse qui se produisit. Les espaces se firent plus rares, le jeu se ferma et les joueurs semblaient pratiquement se contenter de cela. Certes, la bagarre au milieu de terrain fut intense mais il n’y eut plus aucune occasion jusqu’aux arrêts de jeu où sur un corner lointain, Cheyrou centrait pour Brandao qui déviait aux six mètres pour André Ayew. Le Ghanéen tentait une volée du bout du pied, bien bloquée par Edel (90+2’). Malgré le changement en 4-4-2 avec la sortie de Rémy et l’entrée de Brandao (79’), la défaite de l’OM a d’abord et avant tout été tactique. Elie Baup le soulignait à raison après la rencontre, Deschamps a utilisé trois schémas différents durant la rencontre ! Ce qui dénote une déroute totale sur ce plan-là. Les vingt minutes de retard ont-elles vraiment compté ? Sans doute, mais la supériorité du PSG était trop manifeste dimanche pour n’adhérer qu’à cette explication.

Il tient aussi aux joueurs de varier davantage le jeu lorsque l’idée première ne fonctionne pas. Or l’OM n’a pas joué suffisamment dans la latéralité pour distendre le premier rideau défensif parisien (celui des milieux). Il n’y a pas eu suffisamment de variations non plus, que ce soit au travers de changements d’ailes souvent salutaires lorsque le milieu adverse est bien regroupé, ou bien au travers de passes verticales plus longues, destinées elles aussi à éviter les récupérateurs. L’OM s’est incliné logiquement face à un PSG qui n’a pas été brillantissime mais qui a été extrêmement discipliné, rigoureux et réaliste. Les trois qualités d’une bonne équipe. Il faut d’ailleurs souligner l’exceptionnelle qualité de cinq des six joueurs « défensifs » de l’équipe parisienne car sauf Tiéné, ils ont tous livré une prestation de très bon niveau. Lundi, Paris (19 pts, 3ème) pointe donc devant Marseille (18 pts, 4ème) mais les Phocéens ont un match en retard qu’ils devront jouer, face à Rennes. Antoine Kombouaré peut savourer.

L1 : Montpellier a intelligemment battu Bordeaux

Publié dans Ligue 1 par Roland Richard le 9 août 2010
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Source : RMC.fr

Des compositions incomplètes

Bordeaux en reconstruction

 

C’est un Bordeaux décimé sur le plan défensif avec quatre remplaçants sur cinq titulaires habituels qui a débuté le championnat dimanche, face aux Héraultais. Marc Planus, Michaël Ciani, Matthieu Chalmé et Cédric Carrasso manquaient à l’appel. Et comme les malheurs n’arrivent jamais seuls, Henrique et le portier historique de Bordeaux, Ulrich Ramé, étaient également absents. Entre les blessures des uns (Ciani, Chalmé, Carrasso, Ramé) et les suspensions des autres (Planus, Henrique), la tâche s’annonçait compliquée, d’autant plus que le schéma recomposé de Bordeaux change l’aspect du premier rideau défensif, celui formé par le milieu de terrain.

En effet, le 4-2-3-1 adopté par Laurent Blanc avec Marouane Chamakh n’a plus cours, notamment en raison du départ de ce dernier. Le nouvel entraîneur, Jean Tigana, a affirmé depuis un mois une stratégie dessinée pour Yoann Gourcuff, un 4-4-2 où l’international tricolore évolue à un poste de n°10 plus traditionnel. Mais ce nouveau dispositif a tendance à resserrer le pressing dans l’axe du terrain durant les phases défensives. Or Bordeaux a toujours bénéficié d’une certaine largeur avec systématiquement un joueur offensif dans un couloir pour défendre (Wendel à gauche, Plasil à droite par exemple).

En résumé, c’est donc un Bordeaux en pleine reconstruction de son identité de jeu qui affrontait Montpellier. Dans les cages, on retrouvait le jeune Olimpa (22 ans) puis devant lui (de droite à gauche), Sané (23 ans), Savic (20 ans), le milieu défensif Fernando et l’insaisissable Trémoulinas. Le milieu de terrain en losange voyait Alou Diarra (capitaine) au poste de sentinelle devant la défense, Wendel prenait l’axe gauche, Plasil l’axe droit tandis que Gourcuff chapotait le tout. Devant, la doublette Cavenaghi-Gouffran avait pour mission de tenter de faire oublier le départ de Chamakh vers Arsenal.

 

Montpellier sans défense

 

Du côté montpelliérain, tout n’est pas rose non plus. Jeudi, les joueurs de René Girard (photo) étaient sortis prématurément de Coupe d’Europe après une défaite aux tirs au but contre les modestes Hongrois de Györ. La Ligue Europa s’achevait donc avant même d’avoir commencé ! Ajoutez à cela les départs de l’attaquant Victor Hugo Montano pour Rennes et celui, plus douloureux, d’Alberto Costa pour le FC Valence en Espagne, soit les deux meilleurs joueurs du MHFC de l’an passé. Et enfin une défense, là aussi, très amoindrie. Dzodic blessé, El-Katouari incertain et Spahic suspendu, les Montpelliérains avançaient à tâtons.

Pour palier toutes ces absences, l’équipe avait donc été complètement remaniée par René Girard. Dans les buts, Jourdren avait la charge de rassurer une charnière inédite composée des jeunes Stambouli (20 ans dans cinq jours) dans l’axe droit et Yangambiwa (21 ans) dans l’axe gauche. Garry Bocaly étrennait son transfert définitif vers le Languedoc Roussillon au poste de latéral droit tandis que Jeunechamp assumait la charge à gauche. Devant, un milieu à trois organisé autour du capitaine, Romain Pitau, de Joris Marveaux à droite et de la recrue censée remplacer Costa, le Chilien Estrada à gauche. En attaque, les deux nouveaux visages se nommaient Olivier Giroud (de retour de prêt de Tours) dans l’axe et Hasan Kabze (international turc laissé libre par le Rubin Kazan) sur le côté gauche. A droite enfin, on retrouvait Souleymane Camara.

Un match quasiment à sens unique pour La Mosson…

Montpellier, un hôte dominateur, collectif et réaliste (0 – 48’)

 

Les Bordelais diront peut-être le contraire mais ce sont bien les Montpelliérains qui se sont procurés les occasions les plus franches au cours d’un match qui s’est déroulé par fulgurances. La seule constance de la rencontre ne résida pas dans le jeu ou dans les occasions mais dans le respect de l’organisation mise en place par les deux entraîneurs. En résumé, aucune des deux formations ne voulait perdre mais chacune espérait tout de même gagner, d’un but.

Ce genre de matchs assez fermés sont assez fréquents à ce moment de la saison puisqu’ils se situent en plein milieu de la préparation physique et tactique, ainsi que de la prise d’automatismes entre nouveaux coéquipiers.

Dès le début du match pourtant, les Bordelais évoluent haut sur le terrain durant leurs phases offensives avec la charnière centrale Fernando-Savic qui s’installe à une dizaine de mètres de la ligne médiane. Lors des phases défensives, le pressing est particulièrement intense et haut, grâce notamment à Gouffran et Cavenaghi qui effectuent un gros travail pour gêner la relance. Par ailleurs et alors qu’on pensait que Bordeaux allait peut-être manquer de latéralité, il n’en fut rien. Le champion de France 2008-2009 vit ses deux milieux axiaux, Wendel et Plasil, s’excentrer régulièrement. Et c’est justement sur une percée du Brésilien  que Bordeaux se procurait sa première et seule grosse occasion du match. Le n°17 des Girondins débordait sur son flanc avant de servir Trémoulinas qui avait repiqué dans l’axe au lieu de proposer le dédoublement. Le petit lutin se mettait sur son pied droit et expédiait un tir honorable qui, contré par Stambouli, manquait de tromper Jourdren. Il fallait la chance et le poteau pour que Bordeaux n’ouvre pas le score (13’).

Source : Football365.fr

Mais cette tentative ne cachait pas la domination héraultaise. S’appuyant sur un 4-5-1 défensif centré autour de son milieu à trois relayeurs très dur à franchir (Marveaux, Pitau, Estrada) et sur le recul de Kabze à gauche et de Camara à droite, Montpellier a gagné la bataille tactique du match. Utilisant à merveille la fragilité qu’un 4-4-2 mal maîtrisé peut représenter en termes de replacement sur les transversales -puisqu’il s’agit tout de même d’une formation très axiale en défense-, les hommes de René Girard ont parfaitement récité la partition écrite par leur coach au sang chaud. Dès la 6ème minute, c’est Garry Bocaly (photo ci-dessus) qui s’illustrait d’une touche longue à destination d’Olivier Giroud, seul au second poteau. Mais le meilleur buteur de la Ligue 2 2009-2010 ne cadrait pas sa tête, fort heureusement pour un Olimpa en retard.

Cinq minutes plus tard, même endroit avec le même Bocaly qui jouait cette fois la touche en deux temps et centrait du pied gauche pour Kabze, seul lui aussi au second poteau. Le retour de Sané était inutile en raison de la feinte du tir de l’international turc. Mais s’emmêlant un peu les crayons, il simulait odieusement un retour irrégulier de Savic. L’arbitre de la rencontre, Monsieur Ennjimi, ne se laissait pas abuser (11’).

Après quoi, le rythme s’est peu à peu affaissé. Bordeaux s’est moins livré et Montpellier a eu moins d’occasions de déborder son adversaire grâce à ses changements d’aile aériens. Et lorsque le jeu se ferme, c’est bien souvent les coups de pied arrêtés qui permettent de maintenir la pression. Un coup-franc lointain et trois corners consécutifs, tous tirés par Estrada, fournirent l’occasion à Romain Pitau de décocher une frappe des vingt mètres, repoussée par le genou d’Alou Diarra (26’). Quelques instants plus tard, l’international chilien ne s’illustrait pas par sa capacité de passe mais par sa faculté à trouver le cadre. A plus de trente mètres, il mit Olimpa à contribution en l’obligeant à repousser d’une belle horizontale au sol son tir plongeant qui allait tout droit dans le petit filet (27’).

A la demi-heure de jeu, chacune des deux équipes travaillait prioritairement sur son aile gauche. Côté Montpellier pour déplacer le bloc girondin et libérer le couloir droit de Bocaly. Côté Bordeaux car Sané n’est pas Chalmé et le seul latéral à pouvoir apporter le surnombre s’appelait Trémoulinas. Mais la construction girondine est demeurée brouillonne. Seul Gourcuff, parcourant 6,3 km en une mi-temps (!) avait la disponibilité et la mobilité nécessaires pour fournir des solutions entre les deux rideaux bien huilés des Héraultais. Sinon, exception faite de l’énergie déployée par Wendel en début de match -qui s’éteignit progressivement-, le reste de l’attaque bordelaise n’était pas au rendez-vous…

A l’inverse, la vision du jeu d’Estrada a vraiment été remarquable durant la première période. De plus, la tactique de placer le trio Kabze-Giroud-Camara sur la largeur de la surface de réparation a eu pour effet de tasser la défense girondine et donc de laisser des espaces sur les ailes. Et c’est fort logiquement que l’on a retrouvé les deux hommes les plus en vue de cette première période, Estrada et Bocaly, à la concrétisation de cette domination. Le premier adressait un bijou de centre sur un coup-franc des quarante mètres pour le second qui coupait la trajectoire de la tête au premier poteau. A vingt-deux ans et avec seulement vingt matchs en Ligue 1, l’ex-joueur de Marseille ouvrait le score pour sa formation. 1-0 pour Montpellier (48’).

Source : Foot01.com

 

Yoann Gourcuff et pis f’est tout ! (48’ – 90’)

 

Comment ne pas souligner l’importance de la prestation de l’international tricolore ? Si en première période il a su être un véritable dynamiteur du système montpelliérain en allant parfois jusqu’à décrocher dans le rond central d’une manière très intelligente pour éviter Romain Pitau, sa deuxième mi-temps aura été écourtée par une semelle violente de ce dernier. La sortie du jeune Girondin (65’) aura été plus que préjudiciable à Bordeaux puisque Jussié, son remplaçant, n’a tout simplement pas existé…

Et pourtant, une dizaine de minutes auparavant, il avait montré une fois encore la voie à ses partenaires en prenant l’intervalle, en pénétrant dans l’axe gauche de la surface et en tirant sur Jourdren (54’). Un peu avant, son engagement avait même manqué de lui faire commettre une faute grave sur Jourdren (photo). Mais une fois son meneur de jeu sorti, Bordeaux s’est cherché sans jamais se trouver. Il y avait un Bordeaux avec Yoann et un Bordeaux sans Gourcuff…

Et si Montpellier n’a pas doublé la mise, il le doit à deux choses essentiellement. La première, c’est son manque de fraîcheur. En pleine préparation physique et trois jours seulement après avoir été défait au terme de cent vingt minutes de combat en Ligue Europa, les Héraultais ont clairement accusé le coup après l’heure de jeu. En témoignent les quatre cartons jaunes reçus, soit pour des gestes d’antijeu soulignant le manque de sérénité, soit pour des tacles en retard (Pitau à la 77’, Kabze à la 82’, Aït-Fana à la 90’ et Jeunechamp dans les arrêts de jeu).

La seconde tient au manque d’automatismes offensifs d’une équipe qui cherche encore la bonne formule après avoir perdu son meilleur buteur (Montano) et son meilleur passeur (Costa). L’apport d’Estrada pour compenser le départ de Costa est indéniable mais Giroud peine encore à trouver ses marques dans une formation qui était habituée aux appels en profondeur de Montano et qui n’exploite pas encore les qualités de pivot (aérien et au sol) de sa nouvelle recrue. Ce déficit s’est d’ailleurs matérialisé par le peu d’occasions que s’est créé l’ex-Tourangeau… Mais de part et d’autre, il n’y a plus eu d’occasions franches après la frappe de Gourcuff. Le match s’est enlisé dans une fatigue bien légitime à ce stade de la saison.

 

Focus sur l’intelligence de Montpellier

 

Tactiquement tout d’abord. On peut clairement dire que le 4-4-2 en losange aligné par Jean Tigana a souffert face à la triplette du milieu de terrain héraultais lorsque les Girondins étaient à l’attaque avec un 4-5-1 montpelliérain particulièrement hermétique. Mais la souffrance fut aussi ressentie par les Girondins lorsqu’ils défendaient puisque le 4-4-2 en losange fournissait l’occasion à l’équipe adverse de pouvoir changer d’aile régulièrement et de faire courir beaucoup le milieu bordelais d’un côté à l’autre du terrain. Le maître de ces changements d’orientation fut incontestablement Estrada, homme du match selon moi (photo). Par ailleurs, faire bouger un milieu en losange, plutôt placé dans l’axe en défense, ainsi qu’une charnière inhabituelle (Fernando-Savic), c’est s’offrir des espaces entre les lignes de manière certaine. C’est ce qu’a très bien compris et fait Montpellier pendant près d’une heure.

Mentalement enfin. En effet, Montpellier a multiplié les actes allant de la filouterie la plus ingénue jusqu’au mauvais geste caractérisé : la simulation de Kabze (11’) ; le tacle par derrière de Marveaux sur Wendel (35’) ; la simulation de Camara provoquant le coup-franc à l’origine du but (48’) ; la semelle non sanctionnée de Pitau sur Gourcuff (63’) ; l’antijeu du même Pitau qui empêchait Jussié de jouer rapidement un coup-franc (78’) ; coup-franc où Stambouli retenait honteusement Sané par le maillot, lui faisant manquer sa tête (78’) ; la simulation de Jeunechamp face à Sané, récompensée injustement d’une faute (80’) ; le tacle par derrière de Kabze sur Ayite (82’) ; le tacle par derrière de Jeunechamp sur Ayite à nouveau (90’) et l’antijeu d’Aït-Fana qui gênait la relance rapide sur coup-franc de Savic (90+3’). Sans compter la pression permanente mise par René Girard sur l’arbitre assistant, à tel point qu’il manquait de se faire exclure dans les arrêts de jeu de la seconde période par Monsieur Ennjimi. Tout cela n’est pas très élégant.

Didier Deschamps et l’Olympique de Marseille sont champions !

Publié dans Ligue 1 par Roland Richard le 6 mai 2010


Il était une fois… Didier Deschamps

Source : 20minutes.fr

Depuis l’an passé et cette seconde place obtenue sur le fil derrière Bordeaux, Marseille rêvait d’un titre de champion de France. Dix-sept ans. Un titre retiré à l’issue de l’affaire VA-OM en 1993 et deux secondes places, en 1999 et en 2009, à chaque fois derrière les Girondins. Mais c’est désormais chose faite, le plus grand club français de l’histoire, le seul à avoir obtenu le plus prestigieux des titres continentaux, a pu cette fois-ci triomphé sur la Canebière…

Evidemment, les raisons et les explications de ce titre sont innombrables mais comme l’a fait le président de l’OM Jean-Claude Dassier mercredi soir, je souhaiterais revenir plus particulièrement sur le rôle de Didier Deschamps (cf. photo) dans cette exceptionnelle performance qu’ont produit les Olympiens cette saison.

Souvenez-vous, c’était à la fin de la saison dernière, en mai, l’OM perdait son emblématique entraîneur belge, Eric Gerets. Les fans marseillais ont pleuré son départ en Arabie Saoudite et la mauvaise communication entre lui et Pape Diouf, responsable de ce divorce stupide.

Souvenez-vous aussi, c’était en juillet, Robert-Louis Dreyfus, mythique actionnaire majoritaire du club, décédait. Malgré les dizaines de millions d’euros injectés pendant près de quinze ans, jamais sous son ère le club n’était parvenu à empocher un titre. Samir Nasri avait alors déclaré qu’en 2010, il faudrait gagner le titre pour lui.

Souvenez-vous enfin, c’était en août. Didier Deschamps arrivait à la Commanderie, perplexe et inquiet. Le président Pape Diouf, le stabilisateur du club, venait d’être évincé en haut-lieu à Paris pour son manque de tact avec Vincent Labrune… alors qu’il avait bâti une entreprise solide, aidé de son bras droit, José Anigo.

Le contexte était, pensait-on, on ne peut moins favorable.

Oui mais voilà, la magie Deschamps a rapidement émerveillé l’ensemble de la France du football. A commencer par l’attractivité qu’il représentait pour des joueurs de talents : Marseille s’est doté de cinq footballeurs qui furent progressivement tous titulaires : Diawara et Heinze en défense, Cissé et Mbia au milieu de terrain et Lucho à la baguette… Un recrutement onéreux mais précis et utile. Un recrutement qui a permis à Marseille d’effectuer un turn-over bien supérieur à celui du champion en titre, Bordeaux.

De plus, Didier Deschamps a su faire dans la sobriété. Les joueurs les plus utilisés ne sont pas les plus spectaculaires mais ce sont les plus forts mentalement : Mandanda, Diawara, Bonnart, Brandao, Cissé, Mbia…Le numéro dix de son 4-3-3, Lucho Gonzalez, n’est pas non plus un grand buteur mais il a su, petit à petit, trouvé ses marques et s’imposer comme le meilleur passeur décisif de la Ligue (ndlr : 11 passes décisives). Il a su aussi mettre dans les meilleures dispositions les individualités de son effectif : Niang est le meilleur buteur de Ligue 1 (16 buts) ; Cheyrou est un milieu de terrain polyvalent, un petit Gerrard ; Ben Arfa qui a enfin existé ; et enfin l’inénarrable Heinze, défenseur pluriel, encore buteur mercredi soir sur coup-franc…


Un parcours et des statistiques de champion, tout cela grâce à une assise défensive exceptionnelle

Et c’est peut-être la grande force de cet OM-là : la rigueur, enfin ! Marseille est la seconde attaque du championnat derrière le LOSC mais il est aussi la deuxième meilleure défense. Les recrutements de Heinze et Diawara n’y sont pas étrangers mais c’est aussi le repositionnement de Mbia dans l’axe de la défense au côté de Diawara qui a permis à Marseille de densifier son axe défensif. Le quatuor Cissé-Diawara-Mbia-Mandanda a fait des merveilles, notamment en 2010.

Car rappelez-vous les ennuis que les Phocéens ont connu toute la première moitié de saison en défense : contre Milan et Madrid en Ligue des Champions mais aussi contre Valenciennes (7ème journée), Monaco (8ème) et surtout Lyon (13ème) pour un 5-5 qui avait certes ravi les téléspectateurs mais qui avait aussi décontenancé par le laxisme défensif de deux des trois meilleures formations hexagonales…

Marseille a su relever la tête et s’attacher à réussir 2010 de manière spectaculaire : quinze matchs sans défaite depuis le 30 janvier. A la clef, deux titres, un en Coupe de la Ligue contre… Bordeaux et un en championnat !

Après la sobriété d’une équipe de plus en plus centrée sur le collectif davantage que sur les individualités – à l’image d’un Ben Arfa qui a enfin aligné les prestations de haut niveau six mois de suite – ; après l’irrépressible envie de gagner que « Dédé » a su insuffler à son équipe ; il y a eu aussi les points pris au bon moment et au bon endroit. On repense bien sûr à ces matchs décisifs que furent le match nul obtenu à Bordeaux face à des Girondins ultradominateurs (20ème journée), celle de prestige contre le PSG (26ème) et surtout le succès face à Lyon (29ème journée) au Vélodrome.

L’OM a non seulement reconduit l’exploit d’être la meilleure équipe de France à l’extérieur (33 points pris) mais il a su aussi régaler son public toute l’année et se hisser en tête, au côté de Lille, du classement des meilleures équipes à domicile (42 points obtenus). C’est indiscutablement un parcours de champion que Marseille a su accomplir, à la fois grâce à cette constance, mais aussi grâce à ses coups d’éclat.

Il est cependant impossible de parler du succès de Marseille sans parler de l’échec de ses concurrents directs : Bordeaux, Lyon, Auxerre et Montpellier. Bordeaux a connu un destin extrêmement triste. Le manque de remplaçants de qualité et l’élimination en quarts de finale de Ligue des Champions face à l’Olympique Lyonnais ont pesé de tout leur poids sur la fin de saison. Depuis cette déconvenue continentale, les Girondins se sont inclinés à quatre reprises, ont concédé deux nuls et gagné seulement une fois… Il faut malgré cette fin de saison catastrophique qui pourrait même les priver de la deuxième coupe d’Europe, la Ligue Europa, les féliciter pour la qualité du jeu qu’ils ont produit jusqu’à ce fameux quart de finale de C1.

Pour Lyon, le dilemme s’est présenté, comme souvent, avec la Ligue des Champions. La présence en demi-finales de C1 pour la première fois de son histoire a complètement dispersé et déconcentré un OL pourtant retrouvé depuis le mois de janvier. Huitième après sa défaite face à Bordeaux en décembre à Gerland (17ème journée), Lyon est désormais potentiellement deuxième (l’OL a un match de retard). Mais très clairement, le titre s’est joué pour les Gones sur cette confrontation directe gagnée par l’OM au Vélodrome (2-1, 29ème journée).

Pour Auxerre, l’équation était complètement différente. Auxerre a eu un peu trop de difficultés à marquer des buts cette saison. Détenteur de la meilleure défense du championnat, le club bourguignon a manqué, par trois fois, de gagner entre le début du mois de mars et le début du mois d’avril. Ces trois nuls quasi-consécutifs en championnat ont fait perdre des points précieux qui leur manquent aujourd’hui pour mieux figurer…

Enfin, pour Montpellier il y a eu une véritable faillite physique et mentale. Cédant à la pression de ses poursuivants, un large mois d’avril aura été déterminant dans l’échec de Montpellier à venir chercher le titre alors qu’il avait toutes les cartes en main… Remercions néanmoins ces deux équipes qui ont animé le championnat, dans un registre opposé et qui ont permis aux grandes formations de se remettre en question de manière systématique.

Alors que dire sinon que l’on souhaite vivement remercier Didier Deschamps et son équipe pour avoir proposé un état d’esprit aussi solide et aussi collectif cette saison. Bravo à Didier d’avoir cru en son 4-3-3 offensif et parfois tout simplement sublime à voir jouer. Bravo aux joueurs tels que Ben Arfa et Lucho Gonzalez d’avoir continué d’y croire et d’avoir ébloui de leur talent la deuxième partie de saison. Bravo aussi à la défense phocéenne et en particulier à Mbia dont ce n’était pas le poste de formation, ni celui de prédilection pour s’être astreint à jouer axial…

Juste un immense bravo au club bleu ciel et blanc…

Marseille vend la peau du Lyon

Publié dans Ligue 1 par Steven Ayache le 22 mars 2010


Source : Lequipe.fr

Lettre à France

Lyon fait un match nul dans la douleur à Bernabeu la semaine dernière, Marseille a perdu contre Benfica à domicile jeudi, et ce sont ces deux Olympiques physiquement affaiblis par leur rythme saisonnier qui se présentent sur la pelouse du vélodrome.
Côté lyonnais, à part Gonalons et Kallstrom qui ont joué une mi-temps du glorieux huitième, Claude Puel a reconduit intégralement tous les joueurs présents à Madrid.
De son banc, Didier Deschamps, contraint à un turnover forcé en l’absence de Cheyrou, leur maître à jouer, mais aussi d’Abriel et de Koné, joue la carte fraîcheur : Kaboré, Ben Arfa et Valbuena sont comme neufs sur la pelouse.

L’enjeu de ce match est comme toujours crucial à ce stade de la saison : celui qui perd oublie le championnat. Cette fois, les Lyonnais sont davantage exposés par leur qualification en quarts de finale de C1 et une défaite réduirait résolument leur intérêt pour le championnat. Marseille, en revanche, n’a plus que cette carte à jouer mise à part la finale de la Coupe de la Ligue samedi prochain et doit se relancer.


Une mi-temps du dimanche

Malgré cette perspective, la première mi-temps montre deux équipes moribondes, dépourvues de lucidité tant offensive que défensive et incapables de construire.

Les Marseillais n’ont cessé de pilonner individuellement par Niang et Ben Arfa, Valbuena ne faisant que virevolter et tomber, nous agrémentant au passage de quelques coups-francs et corners, comme à son habitude, tirés sur le premier Lyonnais venu.

Les Gones font davantage preuve d’organisation collective en début de match et en récoltent d’ailleurs les fruits par Delgado, à la 12ème minute. Mais sa frappe vient taper l’équerre de Mandanda. Cependant, le jeu Lyonnais se désunit très vite et la défense menée par un Toulalan (cf. photo ci-dessus) plus insipide que jamais commence à accumuler les erreurs, rendant les ballons aux Marseillais qui ne savent pas quoi en faire.

Il faut dire que cette doublette Kaboré – Cissé semble sur la défensive et n’appuie pas les efforts de Lucho tandis que Ben Arfa, Valbuena et Niang attendent les ballons, chacun dans leurs coins.
Dans l’ensemble, cette chaotique première mi-temps laisse figurer un 0-0 peu glorieux dans un match où le contrecoup européen ternit l’enjeu national. Les Phocéens semblent prendre l’ascendant mais manquent de réalisme alors que les Gones s’essoufflent.


Source : Lequipe.fr

Et c’est le "qui perd gagne"

Le début de la seconde période voit renaître une équipe de Marseille plus compacte, plus collective, plus appliquée qui surprend un Olympique Lyonnais resté à l’arrêt de bus. Le coup de grâce moral est certainement cette frappe de Pjanic au retour des vestiaires qui ravira une fois de plus le Challenge Téléfoot en venant mourir sur la barre.

La chance est, pour une fois dans l’histoire de ce match des Olympiques, coté phocéen. La fraîcheur d’un homme comme Kaboré, pourtant peu habitué à briller sous le maillot bleu ciel, commence à se faire sentir. A la 50ème minute, il tente une première frappe hors de la surface qui passe à côté. Quelques minutes plus tard, c’est Niang qui profite d’une défaillance défensive de l’OL mais sa frappe enroulée passe à côté.

Marseille a définitivement pris l’ascendant mais manque d’impact physique et DD sent à ce moment le coaching juste : remplacer le petit vélo en roue libre par un bulldozer, ce qui donne Brandao à la place de Valbuena. Cissé et Kaboré montent d’un cran et pressent plus haut, les ailiers reviennent récupérer les ballons et repiquent dans l’axe. En somme, Lyon subit ce qui a fait sa force contre le Real : une envie de gagner supérieure à l’adversaire.
A vingt minutes de la fin, Kaboré efface Kallstrom et tire avant que la tenaille ne se referme. Son missile est dévié par Cris, lobe Lloris et termine sa course au milieu des filets. Ce but vient concrétiser la domination marseillaise et fait renaître un joueur tombé dans l’oubli de cet effectif pléthorique (cf. photo à gauche).

Ce but arrive a un très mauvais moment mais personne n’oublie la rage qui habite le Lyon blessé et celui des fins de match. Dix minutes plus tard, sur un coup franc de Kallstrom, Gomis profite d’une erreur de Diawara pour égaliser d’une tête placée.

Marseille devrait douter mais il n’en a pas le temps. Sur l’engagement, les Marseillais fomentent un coup dont l’exécuteur sera Taye Taiwo. Le canonnier est servi sur son aile gauche et profite d’une erreur de son vis-à-vis pour revenir dans l’axe et mystifier Lloris sur un tir du gauche côté opposé, poteau rentrant.

Source : Lequipe.fr

Décidément, ce dénouement a des accents de l’ère Lyonnaise, du temps ou les Gones savaient renverser un match et profiter du destin. Il semble que cette fois, les Olympiens ont su gagner le match qu’il fallait avec panache, envie mais aussi un peu de chance. La tête du jeune Belfodil passant au ras du poteau de Mandanda en fin de match ne permet pas à Lyon de revenir.


On fait le bilan…

Les Marseillais comptent un match en retard sur Montpellier et Auxerre et trois points de retard sur Bordeaux, eux aussi en quarts de finale de cette C1 aux allures de L1. Dans ce combat entre Lyon et Bordeaux en Ligue des Champions, un troisième larron pourrait aussi prendre un titre de champion mais en ligue 1 : il se nomme l’OM.
Ce match souligne peut-être une fois de plus la densité physique et l’effectif qu’il faut pour tenir une double épopée C1 – L1 et explique l’émergence d’équipes exclusivement centrées sur le championnat comme Auxerre ou Montpellier. Est-ce que, à force de vouloir être un grand d’Europe, Lyon ne va pas finir par tout perdre ?

PSG – OM : mistral gagnant !

Publié dans Ligue 1 par Steven Ayache le 1 mars 2010

Source : Football.fr

Des supporters frileux

Ce classique français a toujours une saveur particulière, quelle qu’en soit l’issue. Mais l’ambiance est d’autant plus spéciale avec l’absence des supporters marseillais qui refusaient de se faire escorter au départ de la cité phocéenne. Évidemment, le risque encouru obligeait les Marseillais à regarder ce match sur écran. Il y a quelques années, les joueurs eux-mêmes avaient déclaré forfait au grand dam du spectacle.

C’est donc dans une ambiance totalement hostile que les Marseillais pénètrent dans l’antre parisienne. Le PSG a beaucoup à prouver envers ses supporters dans un climat de doute. Malgré la victoire face à Toulouse, le Parc garde toujours en tête cette cuisante défaite 0-3 lors de la venue de Lorient. Face à des Olympiens en pleine confiance, les Parisiens doivent jouer à fond la carte de l’outsider dans un classique où les favoris du jour ne se sont historiquement imposés qu’une fois sur quatre.

Quand Paris souffle le show, Marseille jette un froid !

Cette situation se traduit sur le terrain dès les premières minutes. Paris exerce un pressing constant, joue haut, montre une envie et une rage dans les duels qui surprend une équipe marseillaise d’un calme… olympien. Le public siffle copieusement Heinze dès qu’il effleure le ballon à un tel point qu’on aurait pu souhaiter son remplacement, juste pour s’entendre penser. Personne ne fête cette sérénité marseillaise face aux premiers assauts.

Mais à la 15ème minute, contre le cours du jeu, sur une déviation de Cheyrou prenant en traître un Traoré bien mou, Ben Arfa « Hatemise » le PSG d’une très belle frappe du droit, 1-0.

Edel, l’homme sans âge, est lent, trop lent et Paris voit ses plaies défensives se rouvrir.Tout avait si bien commencé pour le PSG, mais il aura suffit d’une seule occasion aux Olympiens pour marquer.

Par la suite, malgré plusieurs occasions de Erding qui règle la mire sans pour autant cadrer et Hoarau qui bute sur un Mandanda étincelant, Paris n’y arrive pas.

Source :football365.fr

Marseille jouit d’une défense de fer mais peine à construire le jeu en contre, la faute à un travail de sape parisien mené sans relâche par le quatuor du milieu, Makélélé en tête. La charnière bringuebalante des hommes de Kombouaré (Camara-Traoré) ne tient que grâce au regroupement du bloc-équipe qui permet d’isoler Niang, les ailiers ayant du mal à trouver les espaces.

L’arbitre siffle la première mi-temps sur une indécision : une capitale menée mais battante, une cité paisible bien que menacée. D’ailleurs, on se dit que Marseille regrettera peut-être cette tête de Heinze sur le poteau à la 44ème minute.

Et la tempête secoua le parc

La deuxième mi-temps voit revenir des vestiaires un Paris occis, résigné, prostré, incapable de développer du jeu, ayant perdu toute agressivité. Du coup, les Marseillais en profitent par Cheyrou et Lucho pour développer leur jeu riche en alternance de jeu court et jeu long. Niang prend bien plus de ballons en appui et s’accorde même quelques percées.

Mais c’est cette fois Edel qui sur un centre fort de Heinze capte le ballon…puis le relâche dans les pieds de Lucho qui transperce les filets parisiens à la 55ème minute, 2-0.

Tous les espoirs de Paris semblent réduits à néant dès ce deuxième but et les quelques restes du Paris conquérant de la première période s’effacent pour laisser place à un vide footbalistique. Symbole de la faiblesse défensive parisienne : suite à ce deuxième but, Kombouaré sort un Sammy Traoré médiocre pour faire rentrer le jeune Sankharé.

Dès lors, les Marseillais vont calmement dérouler et exaspérer les joueurs de la capitale qui reprennent leur agressivité de manière négative par un coup de coude du même Sankharé sur Mbia peu après son entrée.

Source :football365.fr

Niang continue son jeu en appui dos au but et sera le serveur du troisième but pour Cheyrou à la 71ème minute, lui offrant un face à face gagnant avec Edel, 3-0.

La fin du match voit pour seule surprise l’entrée de Kezman, de retour au Parc qu’il séduira avec un tacle assassin lui valant un carton jaune dès son entrée.

Après le vent, la récolte

Sammy Traoré, meurtri, aura du mal à avouer au micro de Paganelli que Marseille a montré une classe digne des grandes équipes de football dans un match à forte pression. Le Parc, qui n’a finalement fait que siffler, réclame la fin des colonies.

De leur côté, les Marseillais effacent les affronts des années Fernandez et Ronaldinho en infligeant à leurs ennemis jurés une défaite qui fera date.

A noter également les deux buts des nouveaux appelés en équipe de France, Ben Arfa (intermittent du spectacle désormais de plus en plus régulier) et Cheyrou (le « monsieur propre » de l’OM), montrant une fois de plus leur valeur au sélectionneur face à des Toulalan et autre Govou.

Bordeaux – Marseille, encore une affiche médiocre…

Publié dans Ligue 1 par Roland Richard le 19 janvier 2010

Source : Football365.fr

Onze points de retard sur Bordeaux et… rien !

Car il s’agit bien d’un échec, à la fois médiatique pour le diffuseur du grand match de la Ligue 1, Canal +, mais aussi pour les Marseillais contraints de vaincre les Girondins pour continuer d’espérer au titre. Pour Bordeaux en revanche, c’est une bonne opération, conserver une telle avance sur un concurrent direct, c’est un bon bilan.

Car l’OM de Didier Deschamps (cf. photo ci-contre) avait accumulé pas moins de 11 points de retard sur le leader incontesté du championnat de France et adversaire du soir, Bordeaux. Après avoir frôlé le titre l’an passé, il est évident que le Dauphin n’imaginait pas, à la mi-saison, avoir perdu tant de temps sur le champion.

C’est un fait, Marseille est inconstant dans ses résultats. Le premier élément d’explication, et sans doute le plus important, demeure le jeu. La défaillance collective souvent constatée dans les grands rendez-vous (comme contre Madrid en Ligue des Champions) a pu encore une fois être observée dimanche. Si la défense était le point faible des Marseillais durant la quasi-totalité de la première moitié de saison, c’est désormais du côté de la construction offensive que cela pêche.

Une construction offensive désastreuse… Lucho, Brandao, même combat.

Première cible des critiques, Lucho Gonzalez. On se demande de plus en plus régulièrement comment un joueur de la classe de l’Argentin peut être devenu, en quelques mois sur la Côte d’Azur, un joueur fantôme. Celui dont on attendait des miracles et qu’on espérait au niveau d’un Lisandro Lopez (certes dans un registre différent) est abonné aux passes ratées, aux mauvais choix, à la souffrance physique et au (re)placement mal à propos.

Deuxième défaillant, Brandao. Le Brésilien est définitivement un verseau, alliant le normal et le pire. A-t-il d’ailleurs jamais été dans le coup lors des grandes confrontations ? Pas cette année en tous cas. Ratant un but tout fait contre Milan en C1, enchaînant les imprécisions contre Madrid, il a une nouvelle fois fait preuve d’une maladresse indigne d’un avant-centre européen. Emprunté, l’ex-joueur du Shakhtar Donetsk n’a jamais inquiété la paire girondine Ciani-Planus tant son manque de précision dans les contrôles comme dans les montées de balle était récurrent.

On ne peut alors s’empêcher de penser que Niang devrait peut-être retourner dans l’axe, comme c’était le cas avant sa blessure et l’arrivée de Brandao au mercato d’hiver la saison passée. Et ainsi laisser la place à gauche à un Ben Arfa de plus en plus appliqué dans ses entrées.

Source : Eurosport.fr

De l’impact des compositions

Les compositions, de Laurent Blanc comme de Didier Deschamps, étaient pourtant placées sous le signe de l’attaque. Le « Président » avait délaissé son habituel 4-2-3-1 des grands matchs pour un 4-1-3-2 sur le papier redoutable avec trois milieux offensifs et créatifs, Wendel, Gourcuff, Plasil (de gauche à droite). Devant, Gouffran avait la charge d’assister Chamakh.

Du côté marseillais, « Dédé » avait mis en place un 4-3-3 solide avec Edouard Cissé à la récupération, très bon du reste, et devant lui, Cheyrou et Lucho. Si Cheyrou fut également très bon dans les phases défensives, son apport offensif (exceptée son égalisation à la 81ème minute) fut assez plat. Je ne reviens pas sur Lucho, déjà habillé pour le printemps qu’on lui souhaite plus propice. Les trois attaquants devant ont chacun pris un adjectif. Niang : bon ; Abriel : moyen ; Brandao : mauvais. En pareilles circonstances, le salut ne pouvait, une fois de plus, venir que du Sénégalais. Repiquant dans l’axe, il fut fauché par Planus à l’entrée de la surface (61e).

A mon sens, la décision d’exclure le défenseur girondin ne fait pas un pli (cf. photo ci-dessus). D’abord parce que je déteste critiquer l’arbitrage mais surtout parce que je ne trouve pas l’expulsion exagérée. Le taulier bordelais le disait lui-même, en effectuant ce tacle à cet endroit alors que Niang allait frapper librement, il avait neuf chances sur dix de recevoir un carton rouge. Son geste a bien annihilé une action de but. Il est exclu. C’est normal. Ce qui l’est moins, c’est d’avoir attendu l’heure de jeu pour voir Niang enfin tenter de repiquer dans l’axe et donc en quelques sortes permuter avec Brandao. Certes, il effectuait son retour mais ça n’en est pas moins une faute professionnelle.

Bordeaux et Marseille méritent-t-il leur match nul ?

La notion de « mérite » renvoie à une conception morale du jeu. Je partage en cela l’avis d’Olivier Rouyer qui affirme que le mérite n’a pas sa place en football. D’autant plus que le mérite est toujours perçu dans le même sens, c’est-à-dire offensif. Si vous attaquez, que vous produisez du jeu et que vous ne menez pas, vous « méritez » de gagner.

Source : Foot01.com

Eh bien je m’insurge contre cette vision rétrograde du football. Il y a également du mérite à ne pas prendre de buts et à bien défendre. Certes, et ça ne fait pas débat, Bordeaux était largement supérieur à Marseille dimanche. Mais l’OM a su défendre avec brio jusqu’à ce fait de jeu non sanctionné par l’arbitre où Mandanda sortait devant Chamakh, buteur fautif et heureux (cf. photo ci-contre, 45+1e).

Marseille a donc été mené 1-0. Ce qui n’était pas illogique compte-tenu de la physionomie du match mais cependant extrêmement vexant pour les Olympiens qui avaient certainement misé sur un match au long cours où ils espéraient voir les Bordelais craquer physiquement. Ce qui se produisit d’ailleurs dans les dix dernières minutes. Et l’expulsion ne changea strictement rien au cours du match (je partage l’avis émis par Jacques Crevoisier lundi, dans Les Spécialistes). Bordeaux a continué de dominer une équipe marseillaise un niveau en-dessous jusqu’à ce qu’elle fatigue, logiquement, en fin de partie et qu’elle subisse les assauts d’un adversaire n’attendant que cela.

Par ailleurs, on a beaucoup insisté sur l’expulsion de Planus comme élément d’explication à l’égalisation marseillaise mais les choix de Laurent Blanc, après l’expulsion, ne furent pas d’une lucidité exemplaire. Faire sortir Gouffran (attaquant) pour Fernando (milieu) et placer ce dernier en défense centrale n’était pas des plus intelligents, surtout pour tenir le score…

Alors que retenir de ce match ?

Eh bien qu’il était inintéressant au possible. A ce moment de la saison et avec le creux de la trêve hivernale, aucune des deux formations n’était dans un pic de forme suffisant pour produire un vrai choc de haut de tableau. Cependant, on a tout de même vu un Bordeaux d’une sérénité presque insolente pendant quatre-vingts minutes (Marseille n’a pu tirer qu’une fois au but). On ne voit pas qui pourrait empêcher le taureau girondin de faire hisser ses couleurs une seconde fois sur le toit de la Ligue 1 en fin de saison.

A l’inverse, Marseille a une fois de plus montré des limites dans la construction offensive dès que le pressing se fait plus persistant. Cette équipe prendra beaucoup de points contre les petits mais peu contre les gros (Lyon, Lille) car elle a du mal, dans les contres comme dans les phases de construction, à projeter l’ensemble de son bloc-équipe vers l’avant. Dans les phases offensives, l’équipe marseillaise s’est souvent retrouvée coupée en deux. Ainsi, lorsque les quatre ou cinq joueurs offensifs étaient en avant, ils se retrouvaient sans appuis pour rentrer dans les vingt mètres. Chose qu’on n’avait pas du tout vu contre Milan où l’OM était resté uni constamment. La défaillance collective trouve ici son explication principale. Une défaillance qui d’ailleurs s’est peu à peu dessinée dès la défense. Certes celle-ci était propre, bien effectuée mais beaucoup trop bas. On avait ainsi tendance à se précipiter et à « balancer » les ballons vers l’avant pour contre-attaquer. Et avec des techniciens comme Lucho et Brandao, c’était pratiquement le déficit assuré… Voilà pour l’impression générale.

Dans le détail, ce match a surtout mis en évidence les défenses. Pour souligner un aspect positif du côté de l’OM, on retiendra l’excellente prestation du trio défensif Cissé-Diawara-Hilton qui fut en grande partie responsable du manque de percussion du quintet offensif adverse.

Pour Bordeaux, on notera que Ciani fut indiscutablement l’homme du match. Omniprésent dans sa surface et à ses abords, il s’est montré talentueux techniquement, réussissant tous ses tacles sans commettre de fautes (ou presque). Par ailleurs, sa présence aérienne, sa puissance physique et sa quinzaine d’interceptions en font indiscutablement l’égal de Diawara parti à Marseille. A confirmer. D’autant plus que le bonhomme est Français et que les défenseurs centraux de grande qualité, ce n’est pas ce qui court les rues en sélection nationale…

Lille fait tomber Lyon, colosse aux pieds d’argile… (2nde partie)

Publié dans Ligue 1 par Roland Richard le 7 décembre 2009


Source : Europe1.fr

Lire la première partie…

Une animation offensive redoutable qui s’appuie sur une récupération digne de la Ligue des Champions

Mais si Lille a gagné, c’est avant tout grâce à l’ossature de son animation offensive. Deux joueurs sont à l’origine de la solidité des Lillois au milieu de terrain, Florent Balmont et Rio Mavuba. Récupérateurs à la fois physiques et techniques, ils ont effectué un pressing dévastateur dans les vingt premiers mètres de la moitié de terrain lyonnaise. Le troisième membre du milieu lillois, Yohan Cabaye (cf. photo ci-contre, à gauche) fut également généreux dans l’effort, réduisant le score à 1-2 (24e) puis égalisant à 3-3 (70e), ainsi qu’intelligent dans l’orientation de son équipe.

En revanche, on constatera que Pierre-Alain Frau a bien du mal à honorer le statut qui était le sien quand il était à Sochaux (1997-2004). Depuis, l’ex-lyonnais, également ex-parisien et ex-lensois, a bien du mal à trouver sa place dans un championnat où les charnières centrales ont considérablement progressé dans les duels athlétiques… Si son placement est relativement judicieux, ses tirs sont souvent trop tendres comme à la 53ème où, complètement esseulé à dix mètres du but, il tirait trop mollement sur un Lloris tranquille.

Excepté Frau, il faut souligner la magnifique générosité d’Obraniak jusqu’à sa sortie (87e). Auteur de la première mèche allumée par les Lillois au retour des vestiaires (48e), il a très bien animé son aile droite, permutant à bon escient avec Gervinho comme sur le second but lillois où le Brésilien, bien lancé côté droit, résistait au timide retour d’un Boumsong trop lent, réduisait le score d’une petite balle piquée (54e).

Dès lors, Lille a poussé et montré qu’il avait non seulement du talent mais aussi du courage. Entré à la 64ème minute de jeu en remplacement de Frau, le jeune prodige belge, Eden Hazard, fit la différence durant la dernière demi-heure. Ainsi c’est du côté gauche que furent initiées les deux occasions de buts qui permirent à Lille de remporter le match. A la 70ème minute tout d’abord grâce à une pénétration de Debuchy dans la surface. Fauché, le joueur formé à Lille obtenait un pénalty, transformé par Cabaye, permettant au LOSC d’égaliser à 3-3. Enfin, dans les arrêts de jeu, Gervinho venait conclure un beau jaillissement de Hazard et donner les trois points de la victoire à un Lille exceptionnel (90+2e).

Source : Eurosport.fr

Quels enseignements tirer de ce match ?

Ce qui a impressionné le téléspectateur, c’est très certainement la belle maîtrise et la grande sérénité collectives des Lillois. A 0-2 puis à 1-3, les Nordistes n’ont jamais lâché mentalement et ont construit patiemment. En prime, ils ont aussi su résister au duel physique imposé par les Lyonnais. Si la rencontre fut entâchée de trente-cinq fautes, les deux équipes ont presque récolté le même nombre de cartons jaunes (quatre pour l’OL, trois pour le LOSC).

A l’inverse, Lyon a tout fait à l’envers. La dernière victoire des Gones remonte au 31 octobre dernier où ils avaient défait les Stéphanois à Geoffroy-Guichard (0-1). Depuis, s’est déroulé un inquiétant Lyon-Liverpool (1-1) et un match spectaculaire contre l’OM (5-5). S’en est suivie la trêve internationale et la blessure prolongée de Jérémie Toulalan. Instrument indispensable dans son placement sans ballons mais aussi au poste de deuxième défenseur central, il avait fait beaucoup mieux que Boumsong. Mieux, son état d’esprit insufflait une culture du combat à son équipe. Culture peu à peu dissoute chez les Lyonnais, excepté chez Lloris (gardien), Cris (central), Kallström (milieu gauche) et Lisandro Lopez (avant-centre). Pour le reste, on se contente du minimum (Gassama, Réveillère, Gomis) ou on passe complètement à côté (Makoun, Pjanic, Govou).

Mercredi, Lyon recevra Debrecen en Ligue des Champions. Mais même si l’OL gagne, il sera impossible de voir si l’état d’esprit a changé tant la qualité de l’adversaire laisse à désirer… En championnat, Lyon (26 points) est désormais à cinq unités du leader, Bordeaux (31 pts), et trône à une trompeuse quatrième place. De son côté, Lille surgit dans la première moitié de tableau avec une belle dixième place (22 pts).

Lille fait tomber Lyon, colosse aux pieds d’argile… (1ère partie)

Publié dans Ligue 1 par Roland Richard le 7 décembre 2009

Source : Lexpress.fr

Les buts

2ème minute : ouverture du score de Lisandro Lopez (cf. photo ci-contre). Lyon mène 0-1.

22ème : Obraniak fait main dans sa surface alors qu’il était dans le mur sur un coup-franc de Pjanic. Lisandro signe le doublé. 0-2 pour Lyon.

24ème : Cabaye réduit le score de la tête. 1-2 pour Lyon.

35ème : Lisandro Lopez opère une feinte de corps avant de pénétrer dans la surface et de frapper dans le petit filet. Triplé pour l’Argentin. Lyon mène 1-3.

54ème : Gervinho, bien lancé côté droit, lobe Lloris d’un ballon piqué. 2-3 pour Lyon.

70ème : Gassama tacle en retard Debuchy, inflitré côté gauche. Cabaye prend ses responsabilités et égalise. 3-3.

90+2ème : Eden Hazard chipe le ballon à Clerc et centre pour Gervinho. 4-3 pour Lille.

Il est des soirs où l’on se dit que l’équipe favorite sur le papier va s’imposer grâce à ses individualités. Où l’on est persuadés que le manque d’aisance collective sera pallié par l’expérience du haut niveau. Où la meilleure équipe sur le terrain va s’incliner face à la meilleure équipe dans l’absolu. Dimanche soir, tous ces principes furent balayés par la fougue lilloise. Une victoire 4-3 contre des Lyonnais à qui vont certainement manquer ces points perdus par suffisance…

Car il s’agissait bien d’un problème d’attitude du côté lyonnais. En témoignent à la fois les confidences à la presse d’Hugo Lloris sur le site Football365 mais aussi la sérénité mal placée de François Clerc, dans les arrêts du jeu du match (90+2e). Le contrôle de l’international français, raté, profitait à Hazard qui lui chipait le ballon avant de centrer pour Gervinho. L’Ivoirien inscrivait un doublé remarquable et permettait à son équipe de s’imposer dans un match très riche en occasions franches.

Lyon n’a été dangereux que grâce à Lisandro Lopez…

A la fin du match, le bilan est sans appels. Lyon n’a cadré que trois tirs. Trois frappes dont l’auteur n’est autre que le petit avant-centre argentin, Lisandro Lopez. Trois tirs et trois buts pour celui qui est de plus en plus souvent considéré comme le meilleur joueur de Ligue 1. A raison.

Source : Lequipe.fr

Dans un 4-4-2 assez surprenant avec Pjanic et Makoun à la récupération, la première demi-heure avait plutôt donné raison à Claude Puel. Kallström, déployé à l’aile gauche se mutait en passeur décisif sur les première (2e) et troisième (35e) réalisations de Lisandro. A droite en revanche, Sydney Govou n’a pas convaincu dans un rôle d’ailier droit qui est sensé lui convenir parfaitement. Dans un style peu élégant mais assez efficace, Bafetimbi Gomis a quant à lui effectué une belle prestation dans le travail de sape alloué aux attaquants physiques de sa carrure. Mais on peut regretter le manque de précision technique dont l’international tricolore a fait plusieurs fois preuve…

A l’arrière, on regrettera l’absence de créativité de Pjanic dans un rôle axial qui ne lui convient pas du tout. Le 4-3-3 habituel des Gones où il est un meneur droit de jeu lui permet de bien mieux s’exprimer. En défense, on notera l’absence de Cissokho, peut-être écarté pour avoir révélé à la presse certes un peu naïvement, l’accrochage cette semaine entre Puel et ses joueurs à propos du contenu des entraînements. Sanction préjudiciable pour Lyon puisque la titularisation de Réveillère côté gauche n’a pas rassuré. Au contraire, elle fut même très exploitée par l’attaque lilloise qui sur, son côté droit, avait placé le très bon Obraniak puis l’insaisissable Gervinho.

Lille, auteur d’un véritable récital du beau jeu

Après Lorient et Valenciennes, le championnat de France a désormais un troisième représentant du beau jeu, il s’agit du LOSC de Rudy Garcia. Ce n’est pas vraiment une surprise mais plutôt une résurrection. L’an passé, Lille avait déjà manifesté de belles prédispositions à un jeu rapide à une ou deux touches de balle, fondé sur une grande faculté à jouer sur les ailes et une belle efficacité devant le but. Mais le départ de Michel Bastos pour l’OL a très pesé négativement dans l’organisation tactique des Nordistes. Dimanche, Lille a de nouveau régalé les abonnés de Canal + et les spectateurs de Villeneuve-d’Ascq.

Pas moins de 15 tirs cadrés au cours de la partie, un record cette saison en Ligue 1. Et pas contre qui, contre un huitième-de-finaliste de la Ligue des Champions… Si les coéquipiers d’Adel Rami n’ont pas réussi à marquer davantage que les quatre buts inscrits aux Lyonnais, c’est encore une fois grâce à Hugo Lloris. Avec cette nouvelle performance, le portier de l’OL se fait discrètement mais sûrement une place dans le top 5 des meilleurs gardiens du monde au côté de noms aussi prestigieux que Petr Cech (Chelsea), Iker Casillas (Real Madrid) ou Gianluigi Buffon (Juventus Turin). Pas moins de onze arrêts sans compter les sorties décisives et le gardien de l’équipe de France a failli empêcher la victoire des hommes de Rudy Garcia.A seulement 22 ans, il est déjà un rempart presque infranchissable (cf. photo ci-dessus face à Gervinho)…

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L’OM met Paris en quarantaine

Publié dans Ligue 1 par Steven Ayache le 21 novembre 2009

Source : Football365.fr

Une rencontre vraiment révélatrice

Ce classique de la L1 entre Paris et Marseille n’est pas le plus beau, mais il donne des indications claires sur le niveau de chaque équipe comme jamais à mon sens un PSG – OM ne l’a donné depuis longtemps. Car souvent, ces matchs sont, soit débridés, soit complètement fermés, si bien que l’équipe au long cours n’a jamais le même visage que lors du classique. On se souvient du 4-2 au Vélodrome l’an passé qui fit rentrer un glorieux OM en crise et, à l’inverse, du 3-1 au Parc qui réduisit à néant toute chance parisienne de qualification pour la Ligue des Champions.

La rencontre de ce vendredi soir a respecté toute la logique d’un papier à musique lentement dessiné. Les hommes de Didier Deschamps (cf. photo ci-contre), sans être étincelants, ont contrôlé le match en confisquant le ballon à une équipe parisienne incapable de construire et de se porter vers l’avant et à qui manquait son capitaine courage, Makélélé.

Un PSG coupé en deux en l’absence de Makélélé…

Dès les premières minutes et jusqu’à la fin du match, les Parisiens affichent un visage en crise par leur incapacité à enchaîner trois passes et à gagner le moindre duel. L’appui du duo éponyme Clément – Chantôme apporte une assise bien timide à un Jallet bombardé ailier droit pour l’occasion, à un Luyindula plein de bonne volonté et à un Erding sevré de ballon. Que dire de Sessegnon, le prodige parisien, réduit par l’immobilité de ses partenaires à des raids solitaires ponctués de passes malheureuses ?

Car les Parisiens marchent continuellement dans ce match, quelle que soit la phase de jeu, et suscitent l’inquiétude. Même si la défense menée par un Sakho toujours aussi impressionnant fait son travail, le reste ne suit pas. On peut même s’interroger sur le poids offensif des latéraux parisiens, trop timorés, à l’image d’un Armand pathétique et d’un Ceara qui a tenté de se livrer à quelques montées rageuses bien que désespérées dont il a le secret…mais sans succès. Le bilan parisien parle de lui-même : 5 tirs pour 1 seul cadré sur l’ensemble du match.

Source : Football365.fr

Le collectif marseillais enfin rôdé ?

Au vu de ce constat, il était si facile pour les Marseillais au collectif bien rodé et au dispositif déjà bien assimilé de garder le ballon en attendant la faille. Le trio Cheyrou – Mbia (puis Cissé) – Abriel a montré toute sa verve dans la conservation ainsi que la distribution du ballon. Multipliant les dédoublements et les décalages, l’équipe marseillaise déroute le bloc parisien, certes sclérosé davantage que solide.

Pourtant, les occasions ne viennent pas non plus et laissent émerger le visage de Marseille cette saison : celui de l’impuissance offensive. Brandao, fidèle à lui-même, n’a pas contrôlé un ballon du match et s’est contenté de faire des fautes inutiles qui auraient pu le mettre en danger ainsi que son équipe. Valbuena, le petit voltigeur, a encore tenté quelques uns de ses dribbles magiques mais en se heurtant continuellement à l’adversaire et ponctuant ses actions par un triple axel…comme toujours. Encore une fois, seul Niang sort du lot malgré une prestation timide en logeant une frappe tonitruante sur le poteau de Coupet après une belle détente du Gone parisien (41ème).

Heureusement, les coups de pieds arrêtés sauvent une équipe offensivement en manque de créativité. Cependant, contrairement au match qualificatif de mercredi, on a pu redécouvrir une séquence oubliée du football moderne : un but de la tête sur un centre. A la 25ème minute, Abriel met un coup franc dans la boîte. Heinze et Diawara se gênent mais le premier parvient dans le dos du second à placer une tête lobée hors de portée de Coupet, un peu trop avancé (cf. photo ci-dessus). En basketball, on appelle cela un écran, mais la métaphore fait cette fois sourire. Enfin, pas tout le monde car Sylvain Armand au marquage, qui appelle ses coéquipiers à la rescousse avant le coup de sifflet (personne ne viendra), est bloqué par cette petite affaire et abdique sans se battre pour le ballon.

Paris n’a pas voulu exister

Là ou Marseille a manqué de punch pour enfoncer le clou, Paris a manqué de volonté pour se ressaisir. Et même dans le dernier quart d’heure ou les Marseillais se relâchaient, rien chez les Parisiens ne montrait un signe d’inspiration offensive, voire d’envie offensive, à l’image d’un Giuly dépité avant même de toucher son premier ballon. Ce dernier est d’ailleurs annoncé partant.

Marseille a dominé, affichant une rigueur et une discipline sans faille devant un Paris décidément grippé qui va certainement souffrir pour guérir. Le rendez-vous est pris au Parc pour la revanche, le 27 Février 2010.

Les Olympiques se livrèrent un combat épique ! (2ème partie)

Publié dans Ligue 1 par Roland Richard le 9 novembre 2009

Source : Europe1.fr

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Marseille revint des vestiaires bien plus concentré

La deuxième mi-temps fut nettement en faveur des hommes de Didier Deschamps qui prirent l’avantage d’emblée. La montée d’Heinze permit d’obtenir une touche jouée rapidement par l’Argentin qui trouvait Abriel côté gauche. L’ex-Lorientais se retournait et débordait pour un centre repris instantanément du pointu par Koné (47e). Lloris avait encore touché le ballon mais à nouveau sans succès. L’OM menait 3-2 à Gerland.

Davantage disciplinés en défense, mieux positionnés de manière générale à la récupération, le travail abattu par le trio du milieu de terrain (Mbia, Cheyrou, Abriel) commençait à porter ses fruits, même si on ne peut pas s’empêcher de penser que Niang et Koné, qui ne sont pas de véritables ailiers, font souffrir leur équipe par leur placement. Refusant trop souvent de prendre leur couloir et préférant régulièrement repiquer dans l’axe, ils facilitent le travail de la défense adverse qui n’avait qu’à se concentrer dans ce secteur de jeu pour détruire bon nombre d’ambitions offensives phocéennes.

L’OM manqua cependant de tuer le match à deux reprises par Brandao (55e) puis par Mbia (56e) mais Lloris veillait. C’est alors que Lyon entamait une période de domination latente, sans jamais vraiment se montrer dangereux mais en faisant reculer Marseille. Ces quinze minutes furent illuminées par un chef-d’œuvre de Lisandro Lopez, repoussé par Mandanda (56e) et la volée de Gomis, à côté (70e).

Marseille avait-il tué le match ?

Dès lors, le rythme ralentit. On pense l’OM à l’abri d’autant que sur un autre corner, Brandao propulse le ballon au fond des filets d’une reprise du bout du pied devant Bastos (79e). Mais c’était sans compter sur l’abnégation lyonnaise qui allait permettre aux hommes de Claude Puel de réduire le score, d’égaliser puis de prendre l’avantage en moins de dix minutes. C’est tout d’abord Lisandro Lopez (cf. photo ci-dessus), remarquablement bien servi par Makoun qui trompait Mandanda d’une petite balle piquée admirable (81e). Par la suite, une faute de main dans la surface de Heinze, probablement involontaire, donnait un penalty que l’Argentin transformait (83e). Et ce fut encore l’ex-joueur du FC Porto, homme du match, qui se trouva à l’origine du cinquième but lyonnais puisqu’il récupéra le ballon à quarante mètres du but marseillais, le transmit à Gomis qui passait à Pjanic. Le Bosniaque, à l’entrée de la surface légèrement sur la gauche, ne tirait pas et servait Bastos qui envoyait un missile à ras-de-terre à un Mandanda dépité (90e). 5-4 pour l’OL alors que commençaient les arrêts de jeu.

Mais l’OM continua d’y croire et sur un cafouillage généralisé, Niang parvint à tirer sur un Lloris retrouvé. Le ballon, volant dans les airs, retombait sur un conglomérat formé par Mbia, Cris et Toulalan, lequel sous la pression marquait contre son camp de la tête (90+2e).

Les deux équipes se quittaient ainsi sur un match nul, n’ayant quasiment montré aucune valeur collective sur le plan tactique mais s’en remettant toutes deux à leur culture de la gagne et à leurs individualités. Quoiqu’il en soit, si le match fut pauvre tactiquement, il fut spectaculaire. Canal +, qui fêtait ses 25 ans, ne se plaindra pas de ce joli cadeau d’anniversaire…

La vidéo des dix buts marqués hier soir :

http://www.youtube.com/v/qkK4vaVsdHg&hl=fr&fs=1&

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