La Tribune du Sport


L’exploit historique à Dortmund relance la saison de l’OM

Publié dans Ligue des Champions par Roland Richard le 7 décembre 2011
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(Source : TopMercato.com)

Les Marseillais ont fini par s’imposer à Dortmund mardi soir, au bout du suspense (2-3). Une victoire qui les qualifie pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions et qui donne autant de raisons d’espérer une deuxième partie de saison nettement plus favorable. (Lire la suite…)

Geoffroy Garétier : le foot français n’est « pas une puissance majeure en Europe »

Geoffroy Garétier (Source : sport24.com)

Sur son blog, Geoffroy Garétier livre son expertise sur le football. Vendredi, il a fait part de son inquiétude quant au déclin des clubs français sur la scène continentale. Un bilan sans fioriture. (Lire la suite…)

Lille – CSKA Moscou : écrasants, les Lillois ont tout gâché (2-2)

Source : FootAfrica365.fr

Mercredi soir catastrophe. Dans le groupe B, pour son premier match en Ligue des Champions depuis cinq ans, le LOSC de Rudi Garcia a concédé un match nul face au CSKA Moscou (2-2) qu’il a pourtant totalement dominé jusqu’à la 72ème minute. Analyse de cette contre-performance. (Lire la suite…)

Olympiakos – Marseille : l’OM a gagné grâce à sa maîtrise de l’entrejeu (0-1)

Source : 20minutes.fr

Pour son entrée en lice dans la Ligue des Champions mardi soir, l’Olympique de Marseille est allé s’imposer en Grèce chez l’Olympiakos Le Pirée au terme d’un match compliqué (0-1). Maîtres du jeu sur l’ensemble de la rencontre, les joueurs de Didier Deschamps ont reculé dans les vingt dernières minutes et se sont faits peur. Analyse. (Lire la suite…)

Un joyau de Messi permet au Barça de s’imposer à Madrid (0-2)

Source : Sport.es

Mercredi soir, le Barça s’est imposé 0-2 à Santiago Bernabeu en demi-finale aller de la Ligue des Champions au terme d’un match à l’atmosphère électrique. Analyse tactique d’une rencontre qui a encore vu briller Lionel Messi. (Lire la suite…)

Petit bilan en couleurs à mi-chemin de cette Ligue des Champions

Source : Eurosport.fr

Alors que les huitièmes de finale sont terminés et que le tirage au sort des quarts de finale vient d’avoir lieu, quel bilan tiré de cette édition 2010-2011 à mi-parcours ? Qui est favori ? Qui a souffert ? Pourquoi ? Karim Benzema (photo) sera-t-il le meilleure buteur de la compétition ? (Lire la suite…)

Marseille supérieur mais moins réaliste que Manchester United (2-1)

Source : L'Equipe.fr

Marseille s’est incliné à Manchester United lors de son huitième de finale retour de Ligue des Champions (2-1). Old Trafford aura donc été le tombeau d’une aventure olympienne qui va un peu plus loin chaque saison avec une équipe qui grignote, saison européenne après saison européenne, un peu d’expérience, de maturité mais pas encore de réalisme. (Lire la suite…)

Barcelone s’impose dans un climat délétère face à Arsenal (3-1)

Source : Actualidad.rt.com

Pour ce huitième de finale retour de la Ligue des Champions 2010-2011, Barcelone s’est imposé sur ses terres face aux Gunners d’Arsenal (3-1). Pourtant, on a bien cru pendant une heure qu’Arsenal, après sa victoire au match aller (2-1), pouvait créer la surprise. Analyse tactique d’un match qui a mal tourné à cause des joueurs. (Lire la suite…)

Arsenal – Barcelone (2-1) où l’art de la récupération au profit du contre

Source : Guardian.co.uk

En huitièmes de finale aller, les hommes d’Arsène Wenger se sont imposés 2-1 chez eux, à l’Emirates Stadium, face au FC Barcelone de Pep’ Guardiola. Messi a flanché et il faudra donc que ses coéquipiers et lui gagnent au Camp Nou pour atteindre les quarts… (Lire la suite…)

L’Inter gagne la finale de la Ligue des Champions à l’italienne !

Source : UEFA.com

Une supériorité totale de l’Inter, construite en défense et sublimée par Milito (photo)


Une nuit a passé mais l’impression demeure. Ce sentiment de supériorité. Cette évidence. Après avoir dominé Chelsea, après être parvenu à vaincre Barcelone, l’Inter de Milan a défait un Bayern Munich volontaire et entreprenant dans le jeu.

La formation italienne était incontestablement la meilleure de cette finale de la Ligue des Champions. Pas seulement parce que Diego Milito fut insolent de réalisme et de maîtrise, mais aussi et peut-être surtout, parce que la défense de l’Inter a été très supérieure à celle de son adversaire du soir.

C’est d’ailleurs l’analyse lapidaire de la défaite qu’effectuait Louis Van Gaal, l’entraîneur du Bayern, après la rencontre : « il est beaucoup plus difficile de défendre que d’attaquer et ce soir (samedi), nous n’avons pas bien défendu ». Comment ne pas fustiger la charnière centrale du Bayern, déjà tant de fois inquiétante contre Bordeaux, contre la Fiorentina ou contre Manchester United… Cette fois-ci, le Bayern n’a pas pu rattraper son retard ou prendre de l’avance au score pour compenser une carence effrayante à ce niveau-là. Car Olic, Müller, Robben et Altintop ont été systématiquement mis en échec par la tactique défensive mise en place par José Mourinho, l’entraîneur de l’Inter de Milan.

Et pourtant au premier abord et au vu des statistiques, on pourrait vraiment croire que le Bayern Munich a mené ce match de bout en bout sans réussite, se faisant contrer par une équipe seulement prompte à la relance et réaliste. Le Bayern Munich a en effet eu le ballon 66 % du temps, un chiffre ahurissant pour une équipe dont on pensait qu’elle allait plutôt subir la loi des Intéristes comme Chelsea l’avait subie en huitièmes de finale. De plus, les Bavarois ont tiré treize fois (six cadrés) au but tandis que les Lombards n’ont pu prendre le shoot qu’à neuf reprises (sept cadrés dont trois coups-francs de Sneijder, c’est dire !).

Quand une grande formation de jeu (Barcelone) affronte une autre équipe, la seule solution pour cette dernière, c’est la discipline tactique. Entre deux grandes équipes disciplinées comme c’était le cas en finale, ce sont les détails qui font la différence mais aussi, disons-le, l’effectif.

Deux buts intéristes dus à des erreurs grossières de la charnière centrale bavaroise


Atteindre la finale de la Ligue des Champions avec la charnière centrale du Bayern relevait déjà de l’exploit. Un exploit qui n’a pas pu se transformer en miracle.

A la 35ème minute, sur un long dégagement du portier milanais, Julio Cesar, Diego Milito était à la chute du ballon à environ trente-cinq mètres des buts bavarois. L’Argentin déviait pour le maître à jouer de son équipe, Wesley Sneijder, celui-ci effectuait quelques pas avant d’opérer le une-deux. Entre temps, le défenseur munichois Daniel Van Buyten qui s’était avancé pour aller au duel aérien avec Diego Milito, éprouvait les pires difficultés à courir derrière Milito. Le une-deux enclenché, Demichelis (l’autre central du Bayern) se replaçait trop tardivement. Milito assurait son but à l’aide d’une feinte de frappe aussi rapide qu’efficace et crucifiait un Hans-Jörg Butt pourtant bien sorti, 1-0.

Source : L'Equipe.fr

Le second but mis malheureusement une nouvelle fois en lumière la faillite défensive de la charnière bavaroise. Alors que le Bayern poussait, que Robben avait enfin pris le dessus sur l’aile droite, qu’il avait réussi à centrer pour Klose et qu’Olic avait frappé dans la foulée, le contre milanais allait être décisif. En trois passes, Samuel Eto’o se retrouvait dans le rond central et se retrouvait acteur d’un deux contre deux face aux centraux du Bayern. Eto’o servait Diego Milito qui avait pris l’aile gauche. Le Camerounais effectuait alors un appel pour emmener Demichelis dans l’axe tandis que Milito perçait, feintait de rentrer dans la surface pour se mettre sur son pied droit mais effectuait un second crochet sur son pied gauche, laissant sur place une fois de plus un Van Buyten navrant de naïveté (photo)… S’étant ouvert le chemin du but, l’Argentin ouvrit son pied droit et inscrivit un but à la Thierry Henry. A la 70ème minute, l’Inter avait réussi son match à l’italienne, à savoir défendre de manière exemplaire et marquer deux buts, un dans chaque mi-temps, 2-0. Score final.

Mourinho et Van Gaal ont remis au goût du jour l’importance de la tactique et du collectif


Excepté les dix premières minutes où l’Inter a effectué un gros pressing offensif lorsqu’elle défendait, la formation milanaise a globalement toujours adopté la même tactique. Un schéma simplissime dans son principe mais épuisant physiquement et mentalement pour les joueurs : défendre très bas, « aspirer » l’équipe adverse et la prendre en contres.

La mission du Bayern Munich consistait dès lors à accepter de prendre le jeu à son compte et tenter de déverrouiller le véritable catenaccio mis en place par José Mourinho. La formation du technicien portugais était la même que lors des matchs précédents : quatre défenseurs (de droite à gauche : Maicon, Lucio, Samuel, Chivu) et, positionnés juste devant, deux milieux défensifs (Cambiasso, Zanetti). Les Bavarois devaient donc tenter de créer un espace entre les centraux (Lucio-Samuel) et les deux milieux pour pouvoir espérer frapper. Les centres ne donnaient quasiment rien tant la taille de Lucio et le positionnement de Samuel dans le domaine aérien annihilaient toutes les velléités de ce côté-là.

Le Bayern a donc tenté, régulièrement de jouer avec ses quatre milieux dans l’axe. Ses deux ailiers (Robben à droite, Altintop à gauche) mais aussi ses deux défensifs axiaux (Van Bommel et Schweinsteiger). On a donc régulièrement vu ce duo néerlando-allemand se projeter vers l’avant pour apporter un surnombre et tenter de faire s’avancer les deux récupérateurs italiens et ainsi créer un espace entre les deux rideaux.

Par ailleurs Arjen Robben, meilleur joueur du Bayern samedi soir, a très vite contraint Zanetti a venir doubler le marquage sur l’aile gauche de la défense milanaise puisque Chivu, pour une faute grossière sur le Batave, prenait un carton jaune dès la demi-heure de jeu. Ce décalage de Zanetti a permis à plusieurs reprises aux Allemands de trouver une zone axiale d’où frapper de manière lointaine : Altintop mollement à ras de terre (40ème minute), Robben repiquant brusquement dans l’axe mais sans cadrer (42ème) et Van Bommel plus fermement (45+1ème). Mais toujours sans succès.

Si aucun centre n’a vraiment inquiété la mécanique de l’Inter, les frappes lointaines, avec le quatuor de milieux de terrain dont dispose le Bayern, se sont présentées comme la solution la plus évidente et la plus efficace. En seconde mi-temps, c’est sur les mêmes bases et selon les mêmes schémas que le Bayern a décidé d’attaquer. Et cela manqua de peu de payer par Müller qui trouvait un Julio Cesar en réussite, le portier brésilien repoussant des tibias (46ème). Mais comme durant la première période, l’Inter se procurait presqu’à chaque occasion importante pour le Bayern, un contre qui manquait de peu de doubler le score. Le tir de Robben (42ème minute) fut ainsi suivi d’un contre magistral avec un une-deux orchestré par Sneijder et Milito mais le Hollandais tirait sur Butt (43ème). Idem pour cette occasion d’emblée au retour des vestiaires où dans la foulée, les Intéristes se procuraient une occasion au moyen d’un contre avec deux courses croisées de Pandev et Milito. Le premier, servi par le second, adressa une belle frappe enroulée sortie par une belle envolée et une claquette de Butt (47ème).

Source : L'Equipe.fr

Le match pourrait très bien, a posteriori, se résumer à cela : le Bayern se procure une occasion en avançant six joueurs dans les trente mètres italiens ; l’Inter défend très bien et contre.

Le Bayern se fit progressivement plus pressant dans l’axe, faisant monter Philipp Lahm sur l’aile droite pour servir d’appui à Robben. On constata alors un replacement axiale de Sneijder et d’Eto’o en défense. Ce qui fit qu’en plus du second rideau des défenseurs de métier, on pouvait observer un premier rideau « mouvant » et courant en permanence pour bloquer toute tentative des Bavarois. Cette tactique est excessivement éprouvante pour les joueurs qui la pratiquent. A l’instar des matchs contre Barcelone (notamment la demi-finale aller), on a une nouvelle fois vu les Intéristes sur les genoux en fin de rencontre.

Au vu de l’abnégation des Intéristes, il n’y avait plus qu’à espérer une erreur de leur part. Or le mouvement des joueurs munichois autour du porteur de balle était de plus en plus rapide. Il devenait donc de plus en plus compliqué pour le « rideau mouvant » de suivre. Mais l’erreur ne vint pas de ce rideau, elle survint du second lorsque Maicon dégageait mal un ballon dans sa surface. Altintop ne profitait cependant pas de l’occasion et tirait à côté (54ème). Quoi qu’il en soit, Julio Cesar semblait sur la trajectoire de ce tir des quatorze mètres dans un angle fermé.

Le Bayern obtint deux corners entre la 55ème et la 60ème minute mais ce furent autant d’occasions d’admirer la domination aérienne de l’Inter. Après l’heure de jeu, on a surtout vu Robben tenter des choses, comme s’il était agacé par ses partenaires. Robben au coup-franc d’abord pour Müller qui trouvait la tête de Cambiasso sur sa ligne (63ème), Robben ensuite qui expédiait une frappe enroulée sublime, obligeant Julio Cesar à une parade main opposée tout aussi superbe. Ce fut la dernière occasion pour un Bayern Munich sevré de ballons dangereux, usé physiquement et accusant le coup moralement.

Dès lors, les fautes se sont multipliées (Van Bommel rejoignit Demichelis au rang des avertis) et la domination défensive de l’Inter, notamment dans le domaine aérien sur les centres mais aussi dans la vitesse à se jeter lors des frappes lointaines, fut totale. La paire Lucio-Samuel fut exceptionnelle dans son placement mais aussi techniquement, exécutant des gestes défensifs très difficiles. Et que dire de Julio Cesar quand finalement le Bayern parvint à trouver la faille ?

Enfin il faut bien sûr souligner la performance de l’attaquant argentin de l’Inter Diego Milito, qui a couru 9 km, qui a tiré deux fois au but mais surtout qui n’a presque pas perdu de ballons, qui a fait montre d’une très belle capacité à conserver le ballon, à trouver ses partenaires et à se positionner après avoir fait une passe. Quel bonheur pour Eto’o, Sneijder et Pandev d’évoluer derrière un avant-centre de cette intelligence et de cette qualité !

La tactique mise en place par l’Inter fut donc remarquable en tous points même si elle comportait des risques très importants. Robben n’était pas si loin, à l’heure de jeu, de marquer un but. Un but qui aurait peut-être tout changé. Le fait est que Robben n’y est pas arrivé et que l’Inter a gagné.

La phrase (stupide) du match

« Cambiasso défend mieux que Pandev » (62ème) après une incursion de Robben entre Pandev et Chivu où le Macédonien fit faute sur le Hollandais… Quelle surprise pour un milieu défensif de mieux défendre qu’un attaquant… On remercie qui ? On remercie Jean-Mimi !

L’arbitrage

L’arbitre anglais Howard Webb a dirigé avec beaucoup de sérieux et d’application cette rencontre, ne commettant aucune erreur. Il y a toujours des jugements litigieux lors d’une finale continentale, mais aucun problématique dans le cas présent. Bravo à lui et à son trio d’assistants.

Source : UEFA.com

Mon opinion : chapeau aux deux coachs !


Comment ne pas parler de l’élève José Mourinho et du maître Louis Van Gaal ? En effet, le Portugais était l’adjoint du Néerlandais lorsque ce dernier entraînait le FC Barcelone (1997-2000). Deux grands tacticiens inspirés directement ou indirectement de la meilleure école d’entraîneurs du monde : l’école hollandaise.

Mais Mourinho (à gauche sur la photo) avait deux choses en plus lors de cette finale : l’adaptabilité et l’effectif. L’adaptabilité d’abord puisque l’entraîneur de l’Inter de Milan a adopté une tactique différente pour chacun des adversaires rencontrés depuis les huitièmes de finale. Contre Chelsea, ils ont joué très haut et très offensif ; contre le FC Barcelone, ils ont avant tout compté sur leur collectif et sur l’expérience, notamment celle de Zanetti face à Messi ; et contre le Bayern, les Milanais ont renoué avec le jeu italien, le catenaccio, cette fameuse défense imperméable et décourageante pour s’imposer par le biais de contres fulgurants.

De son côté, Van Gaal (à droite sur la photo) a davantage souhaité un jeu offensif, fidèle au jeu total néerlandais, avec une équipe évoluant très haut sur le terrain et des milieux défensifs qui plongent jusque dans les trente mètres adverses. Un jeu mobile, très offensif et très usant. Mais pour que ce jeu soit efficace, et le FC Barcelone de l’an passé en sait quelque chose, il faut avoir une charnière en or. La doublette Piqué-Puyol a pour cela bien plus d’arguments à faire valoir que celle Van Buyten-Demichelis. Mais Van Gaal a tout de même réussi l’exploit d’emmener un Bayern moribond à l’hiver en finale de Ligue des Champions. Bravo à lui !

La finale aura donc été surtout un match tactique, pas très spectaculaire mais plus agréable à regarder que celui de l’an dernier. Une belle finale, un beau vainqueur et une édition qui a clairement insisté sur l’importance de la tactique, pour mon plus grand plaisir d’analyste. A l’année prochaine pour la Ligue des Champions, en route maintenant pour la Coupe du Monde !

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