La Tribune du Sport


Manchester-Arsenal (2-1) : différence de concentration et donc de constance

Van Persie ne célèbre pas son but (Source : TeamTalk)

Les Red Devils se sont imposés 2-1 à Old Trafford face à des Gunners plombés par les errances de leur charnière centrale (10ème journée). (more…)

Manchester United ou l’« Armée Rouge » du football européen (3ème et dernière partie)

Source : Dailymail.co.uk

L’armée rouge d’Alex Ferguson est pratiquement championne d’Angleterre après sa victoire sans bavure face à Chelsea à Old Trafford dimanche lors de la 36ème journée (2-1). Malgré la défaite face à Arsenal la semaine passée, les Red Devils ont su rebondir et offrir une prestation de toute beauté. Petit bilan de la saison de Man U à travers l’analyse du match contre Chelsea. (more…)

Manchester United ou l’« Armée Rouge » du football européen (2nde partie)

Source : Telegraph.co.uk

L’armée rouge d’Alex Ferguson est pratiquement championne d’Angleterre après sa victoire sans bavure face à Chelsea à Old Trafford dimanche lors de la 36ème journée (2-1). Malgré la défaite face à Arsenal la semaine passée, les Red Devils ont su rebondir et offrir une prestation de toute beauté. Petit bilan de la saison de Man U à travers l’analyse du match contre Chelsea. (more…)

Manchester United ou l’« Armée Rouge » du football européen (1ère partie)

Source : Telegraph.co.uk

L’armée rouge d’Alex Ferguson est pratiquement championne d’Angleterre après sa victoire sans bavure face à Chelsea à Old Trafford dimanche lors de la 36ème journée (2-1). Malgré la défaite face à Arsenal la semaine passée, les Red Devils ont su rebondir et offrir une prestation de toute beauté. Petit bilan de la saison de Man U à travers l’analyse du match contre Chelsea. (more…)

Prem. League : Chelsea trop fort pour Arsenal (2-0)

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 3 octobre 2010
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Source : iol.co.za

Trop d’absents chez les Gunners contre des Blues pratiquement au complet

 

Si la défaite d’Arsenal paraissait inéluctable, on a pourtant senti des choses prometteuses du côté des joueurs d’Arsène Wenger. Car en dépit de l’absence des titulaires Almunia dans les buts, Vermeulen au poste de défenseur central gauche, de Fabregas à l’animation offensive et de Van Persie devant, les Gunners affichaient des arguments nouveaux avec la présence de deux joueurs imposants physiquement et bons dans le domaine aérien, péché structurel de la formation londonienne l’an passé. Chamakh et Diaby devaient cette fois permettre de densifier l’entrejeu et d’éviter à Arsenal de se faire broyer par l’étau que représente le milieu de terrain des Blues (Ramires – Malouda – Obi-Mikel – Essien).

Mais Carlo Ancelotti ne comptait pas non plus sur un effectif au grand complet puisqu’il lui manquait sa recrue, Yossi Benayoun, ainsi que son vice-capitaine et maître à jouer, Franck Lampard. C’est sans doute cette défection qui impliquait à la fois la titularisation d’Obi-Mikel pour tenir la baraque à la récupération ainsi que celle de Ramires pour apporter de la créativité. L’entraîneur des Blues avait donc conduit une formation dans un 4-3-3 avec des ailiers déportés au point de laisser penser à un 4-1-4-1 où Obi-Mikel tenait le rôle de sentinelle devant l’arrière-garde. En défense justement, on retrouvait un quintet classique depuis le départ de Carvalho pour le Real Madrid : Cech dans les buts puis de droite à gauche, Ivanovic, Alex (photo, à gauche), Terry et A. Cole. Obi-Mikel assurait donc le relai entre la défense et le milieu, juste derrière un quatuor formé d’Anelka sur le flanc droit puis d’Essien, Ramires et Malouda. Drogba (photo, à droite) culminant seul en pointe.

Arsène avait quant à lui choisi d’assumer son 4-1-4-1 avec Chamakh en pointe, assisté derrière du duo Wilshire-Diaby. A droite, on retrouvait l’ex-Marseillais, Samir Nasri et à gauche l’autre lutin, russe celui-là, Andrei Arshavin. Alexandre Song avait la charge de la récupération devant un quatuor 100 % français : Sagna à droite, Squillaci, Koscielny et Clichy à gauche. Dans les buts, le gardien remplaçant était Polonais, Fabianski remplaçait donc Almunia.

Dominer physiquement, c’est gagner (1ère période)

 

La rencontre a donné à voir un spectacle assez particulier. On a assisté à un match très intense à la récupération, peuplé de tirs en tous genres mais finalement assez pauvre en occasions franches, notamment en première période. A l’image de Chamakh qui, à la réception d’un centre de Sagna, ouvrait le bal d’une belle tête plongeante détournée en corner (1’). Débridé, le match tournait d’un côté à l’autre du terrain, le lob de Malouda au-dessus répondait à l’occasion de l’international marocain (6’).

Au vu de la possession de balle frisant les 60 % pour les Blues de Chelsea en première mi-temps, on a très vite pu constater l’efficacité de ce que Marcel Desailly appela à la pause avec justesse, « la force des trois ». Car sur l’ensemble des quarante-cinq premières minutes, Chelsea s’est appuyé offensivement sur son trio d’attaquants Malouda-Drogba-Anelka, laissés seuls devant, y compris dans les phases défensives où ils ne participaient pas du tout au travail du premier rideau récupérateur. Et c’est d’ailleurs à ce premier rideau qu’il faut rendre hommage car c’est probablement à lui que Chelsea doit sa victoire de dimanche. Et si le positionnement d’Essien, légèrement désaxé sur la droite, ne me semble pas forcément le plus approprié, que dire malgré tout de sa prestation, ainsi que de celles de son compère Obi-Mikel et du jeune Ramires qui s’est battu comme un chien sur tous les ballons ?

Malgré cette domination tactique assez nette caractérisée par le duel Ramires-Song largement à l’avantage du jeune Brésilien durant pratiquement tout le match, Arsenal a su se glisser dans les rares trous laissés par la défense de fer de Chelsea. Ainsi, Arshavin a forcé Cech à deux parades remarquables, une dans son angle fermé (8’) et une des vingt mètres qui filait vers la lucarne (28’). On a aussi vu Chamakh produire beaucoup d’appels et contre-appels afin de déstabiliser la charnière Terry-Alex. Il fallut d’ailleurs tout le sang froid de Cech pour se saisir de la tête de l’avant-centre des Gunners à la suite d’un corner (24’). Enfin, Nasri offrait à ses partenaires le plus grand frisson après un dribble-feinte de passe, associé d’un tir du gauche, frôlant le poteau gauche (31’).

De son côté, Chelsea a réussi à contourner la belle solidarité de la défense d’Arsenal grâce à Drogba qui, renvoyant Koscielny à ses gammes, parvenait à déborder sur l’aile droite de la surface et à centrer pour un Malouda repris in-extremis par Sagna (12’). Un contre de feu emmené par le trio Essien-Drogba-Anelka n’eut pas plus de succès trois minutes plus tard car Sagna veillait toujours au grain (15’). La première occasion franche de Chelsea ne survint qu’à la 19ème minute lorsque le corner de Didier Drogba épousait la tête de Michael Essien. Heureusement pour Arsenal, ça n’était pas cadré.

Refusant de tenter de distendre la cohérence et la discipline du premier rideau de Chelsea en passant davantage par les ailes, les Gunners ont progressivement perdu le ballon de plus en plus proche de leur cages. La récupération très agressive de Chelsea fit le reste. Et après la demi-heure de jeu, on ne vit quasiment plus Arsenal à l’attaque. Car jusqu’ici, il faut bien le reconnaître, aucune des deux formations n’avait vraiment pris le dessus.

Source : timeslive.co.za

Et en réalité, si Arsenal ne s’est plus procuré d’occasion jusqu’à la mi-temps, Chelsea n’a pas pour autant été étincelant comme l’an dernier. Drogba, bien lancé dans l’axe droit de la surface, se débarrassait de Clichy avant d’allumer les poings d’un Fabianski aux mains fermes (34’). Loin d’être un avertissement, la frappe ressemblait davantage à un échange de tennis où chacun s’essaye, ponctuellement, au coup décisif.

C’est d’ailleurs à la fois par hasard et en même temps d’une manière très cohérente que Chelsea a ouvert le score. Si les Blues ont mis une mi-temps à bonifier leur domination au milieu de terrain, c’est à cause d’un manque de latéralité. Ivanovic n’a pas pris une seule fois son couloir, trop occupé à contenir Arshavin. Et A. Cole, en dépit de toutes ses qualités, n’a été en mesure de le faire qu’à deux reprises. La seconde fut décisive.

Après un coup-franc rapidement joué à trente-cinq mètres des buts de Fabianski par Didier Drogba, Malouda faisait montre d’une magnifique conservation de balle face à trois joueurs adverses côté gauche, puis servait en retrait pour Ramires. Le Brésilien s’arrachait alors pour passer, d’un tacle, à Obi-Mikel. Sollicitant le une-deux, Ramires héritait une nouvelle fois du ballon avant de servir dans l’intervalle A. Cole, monté pour l’occasion. Le défenseur anglais s’avançait et centrait fort au premier poteau, à ras de terre, pour une reprise improbable du talon de l’homme du match; Didier Drogba… Squillaci impuissant, Fabianski également, le ballon flirtait même avec le poteau avant de rentrer (41’).

Ce qui est terrible, c’est que sur le plan des duels, Arsenal a plutôt fait jeu égal avec Chelsea : si Ramires a pris le pas sur Song et si Drogba a globalement dominé les deux défenseurs centraux Squillaci et Koscielny, Malouda et surtout Anelka ont quant à eux été asphyxiés respectivement par Sagna et Clichy. Au milieu de terrain en revanche, Diaby manquait de rythme devant et la tâche d’animer offensivement qu’Arsène lui avait conféré au côté de l’international espoir anglais, Wilshire, ne pouvait être remplie. De ce fait, on a trop vu Nasri et Arshavin quitter leur aile pour venir solidifier les prises de balle axiales, facilitant de cette manière la récupération de Chelsea.

Enfin, l’ultime élément fut tout de même le leadership physique où Chelsea a toujours une, sinon deux, longueur d’avance par rapport à Arsenal. Avec Alex – encore plus physique que ne l’était Carvalho –, Terry, Obi-Mikel, Essien, Drogba et même Malouda, on ne peut qu’attendre avec impatience le retour de Lampard pour revoir l’équipe la plus forte physiquement du monde briller à nouveau de tous ses feux.

Chelsea fatigué, Arsenal aurait dû en profiter (2ème période)

 

Après la pause, on a senti que la consigne de Carlo Ancelotti (photo ci-dessus) concernant le pressing avait bel et bien changé car Chelsea a reculé. Les Blues n’avaient en effet plus les ressources physiques pour agresser le porteur de balle adverse. Ils se sont donc contentés d’effectuer un pressing en lignes avec un Anelka reculant et faisant quitter le 4-4-2 de la première mi-temps où le Français restait en pointe à côté de Drogba (photo ci-dessous), pour un 4-5-1 plus passif. Avec la vitesse d’exécution des passes et l’inspiration souvent géniale des lutins, Nasri et Arshavin, Arsenal aurait dû égaliser.

Je ne dis pas « pu » mais bien « dû ». C’était une obligation, mieux une logique. La domination fut telle pendant presque vingt minutes qu’il est incompréhensible qu’Arsenal n’ait pas marqué. Alors la faute à quoi ? à qui ? A personne en particulier. Mais cette inspiration, cet esprit fait de multiples passes a ses limites. Ou pire, il a son revers de médaille dans la mesure où lorsque les joueurs sont menés, ils peuvent manquer de lucidité et donc de spontanéité. La jeunesse est aussi au premier rang des problèmes que Wenger doit régler depuis deux ans déjà. Frapper au but est une nécessité en football. Or on a souvent vu les joueurs redoubler les passes et ne prendre que très peu de risques au shoot. Finalement, ce sont les centres à destination d’un Chamakh – qui a trouvé à qui parler avec le duo Terry-Alex – qui furent les plus belles occasions pour Arsenal.

Car malheureusement pour les Canonniers, on n’a trop peu vu de frappes directes. Quand Diaby a tiré à l’heure de jeu, c’était pour signer la trêve des tergiversations. Un tir du droit, contré (56’). Deux minutes plus tard, c’est l’arbitre de la rencontre, Mark Dean, qui dégoûtait Chamakh en jugeant le tacle de Ramires dans la surface légitime alors que l’ex-Girondin n’avait plus qu’à frapper (58’).

Source : cdn.bleacherreport.net

Durant ce cycle positif pour Arsenal, Chelsea ratait de peu de doubler la mise. Si Anelka ne s’était pas déconcentré après avoir dribblé Fabianski, il aurait cadré son tir dans les buts vides (60’). Mais après cette alarme, seuls les centres continuèrent de pleuvoir sur la défense de Chelsea qui se régalait. Et même si Chamakh vaut mieux qu’Arshavin dans le domaine aérien – Arshavin était titulaire en pointe de l’attaque à Stamford Bridge l’an dernier –, il n’en demeure pas moins seul à pouvoir disputer des ballons de la tête.

Après ce bon passage des Gunners mais non concrétisé, Arsenal a progressivement levé le pied. Les actions sont donc survenues de part et d’autre à nouveau, comme lors de la première demi-heure. On peut d’ailleurs signaler que durant ce dernier tiers du temps, Arsenal s’est beaucoup appuyé sur le hors-jeu. Technique utile qui permit à A. Cole se voir refuser un but de manière justifiée (70’). De l’autre côté, l’entrée de Rosicky fournissait au Tchèque l’occasion – une seule – de se mettre en valeur mais sans inquiéter Cech tant la frappe était écrasée (74’). Au moins avait-il eu l’audace de tirer.

Chaque formation eut alors une ultime chance de marquer. Et à l’instar du match, Arsenal ne fut pas en réussite, Chelsea si. A moins que ce ne soit le réalisme d’une équipe en confiance. Si Rosicky trouvait parfaitement Chamakh au premier poteau d’un magnifique centre, le coup de boulard du Marocain, maudit ce dimanche, frôlait une fois encore la base du montant gauche de Cech, comme à la 1ère minute (80’).

Et quelques instants plus tard, Nasri adressait une passe excessivement dangereuse vers sa défense axiale. Anelka récupérant le ballon, Koscielny se sacrifiait et commettait une faute logiquement sanctionnée d’un carton jaune. Sur le coup-franc plein axe à trente mètres qui suivit, Drogba joua l’intox’ en faisant mine de vouloir le frapper alors que c’était finalement le défenseur central Alex, 92 kg, qui s’élançait et signait un pétard lumineux de l’extérieur du droit. La lucarne nettoyée, les Gunners démoralisés, Arsène Wenger dépité, c’est le bilan d’un après-midi désastreux avec en perspective le pari tenu par le coach français du club d’Arsenal. Le titre de champion d’Angleterre s’éloignait peu à peu avec ce score de 2-0, indéniable, sonnant comme un rappel (85’).

Le rappel que cette équipe manque d’expérience, notamment en défense centrale, mais aussi de poids physique. Chamakh est certes une bonne recrue mais il pèse 78 kg alors qu’il mesure 1m88… Si tant est qu’il ne grossisse pas le chiffre. Idem pour les poids légers que sont à leur poste Nasri, Arshavin, Wilshire, même Song ou bien encore Koscielny. Le rappel enfin, que la spontanéité est encore ce qui doit prévaloir au football. Ces jours-ci, on a beaucoup loué Saint-Etienne et sa simplicité dans le jeu, c’est bien ce qu’Arsenal doit appréhender. Bien jouer, cela doit d’abord être fait pour être efficace. Sinon, à part séduire le public et les téléspectateurs, ça ne sert à rien. De plus, malgré toute sa bonne foi dans l’interview accordée à L’Equipe fin septembre, il y a un problème de blessures chez Arsenal (encore quatre absences décisives dimanche). Soit la préparation physique n’est pas optimale, soit les Gunners sont effectivement davantage victimes de fautes « sales » en raison de leur aisance technique frustrante pour les adversaires, soit… je vous laisse imaginer. Enfin, il faut souligner le manque de rythme insufflé à la partie par les joueurs d’Arsenal. Ils n’ont pas su accélérer autrement que pendant quinze-vingt minutes en deuxième mi-temps. Ils n’ont pas non plus suffisamment varié leur jeu. Face à un tel bloc défensif au milieu de terrain, il aurait fallu davantage changer d’ailes, de manière à tenter de déborder sur un côté puis de l’autre… Variation, rythme, expérience sont les trois mots-clefs pour comprendre l’inaptitude d’Arsenal à forcer la décision face à un Chelsea classique.

Essien venait conclure un début de soirée cauchemardesque pour Arsenal avec une ultime grosse occasion, heureusement détournée par Fabianski (90’). A l’issue du match, Arsenal pointe à la quatrième place du classement (11 pts), à sept points du leader Chelsea (18 pts). Les deux Manchester occupant le reste du podium, City à la 2nde (14) et United à la 3ème (13). Malgré cette belle avance, Chelsea ne m’a non plus fait une très forte impression. Je pense qu’ils peuvent encore progresser mais ils ne sont plus au niveau de l’an passé, lorsque le milieu était agrémenté par Lampard et Ballack. Mais pire, à terme, j’ai peur que la science de Carvalho finisse par faire défaut à l’arrière-garde de Chelsea. Malgré cette impression "négative", à Stamford Bridge Chelsea n’a été défait que trois fois en six ans et demis et n’a pas encaissé de buts depuis mars…

La Premier League est-elle toujours le meilleur championnat en Europe ? (3ème partie)

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 23 décembre 2009

L’analyse structurelle (1ère partie).

Focus sur Manchester United et Liverpool (2ème partie).

Chelsea reste un leader impressionnant (1er, 41 point)

Le troisième du dernier championnat d’Angleterre porte quant à lui fermement ses couleurs au sommet de la Premier League. Avec 41 points, les hommes de Carlo Ancelotti semblent avoir trouvé la formule ou du moins semblaient. Jusqu’au samedi 5 décembre, tout allait bien. Ils avaient vaincu Liverpool (2-0, 8ème journée), Manchester United (1-0, 12ème journée) et Arsenal (0-3, 14ème journée). Déjà qualifiés pour les huitièmes de finale en Ligue des Champions, les Blues apparaissaient invincibles dans les grands affrontements. Mais voilà que ce fameux « saturday », une équipe a su relever le défi physique et athlétique imposé et, jusque là, toujours remporté par Chelsea. Cette équipe, c’est Manchester City. Au contraire d’Arsenal, les Citizens avaient notamment en pointe un attaquant de grande taille, Emmanuel Adebayor, qui a considérablement gêné la paire Carvalho-Terry (cf. photo ci contre). La défaite de Chelsea (2-1, 15ème journée), était déjà la troisième (ils avaient également été vaincus sur le terrain d’Aston Villa (2-1, 9ème journée) et à Wigan (3-1, 7ème journée)).

Le rythme des matchs est certes intense et va, de plus, s’accélérer mais cela pénalisera toutes les grandes équipes. Non, ce qui est préoccupant, ce sont les limites du 4-4-2 en losange d’Ancelotti. Alors que le visage montré face à Arsenal était étincelant (victoire 3-0 à l’Emirates), le déficit sur les ailes s’est fait lourdement ressentir. Depuis cette défaite à Manchester City, Chelsea n’a pris que cinq points sur neuf possibles. Par ailleurs, l’enchaînement des matchs pèse dans les jambes d’une équipe où le turn-over n’est visiblement pas la recette choisie (Terry a joué les dix-huit journées de championnat, Lampard, dix-sept et Anelka seize…). Une fatigue en partie responsable des matchs nuls concédés à Stamford Bridge contre Everton (3-3, 16ème journée) et à Upton Park contre West Ham (1-1, 18ème journée).

Enfin, on attend avec inquiétude la Coupe d’Afrique des Nations du côté des Blues. Car des joueurs importants vont être absents tout le mois de janvier, et pas des moindres : Drogba et S. Kalou (C. d’Ivoire), M. Essien (Ghana) et J. Obi-Mikel (Nigéria), c’est-à-dire trois membres de la colonne vertébrale des Blues et un titulaire régulier l’année précédente (Kalou).

Source : Virtualregatta

Arsenal, troisième constant (3ème, 35 points, un match en retard)

Nous avons déjà eu l’occasion de détailler les difficultés éprouvées par Arsenal depuis le début du championnat. Certaines sont structurelles comme les blessures et le manque de rigueur défensive (6ème défense du championnat). D’autres sont nouvelles comme la difficulté à marquer depuis la trêve internationale. En effet, les Gunners d’Arsène Wenger restaient sur une large victoire à Wolverhampton le 7 novembre (1-4, 12ème journée). Après quoi, seulement neuf buts inscrits en six matchs de championnat.

L’orgueil de Wenger qui lui fait préférer le beau jeu à la puissance athlétique et à l’impact à la récupération, cause bien des tracas dans le championnat le plus physique du monde. Contre des équipes comme Chelsea (défaite 0-3 à l’Emirates Stadium lors de la 14ème journée), ces insuffisances ne cessent de faire émerger un questionnement quant à l’efficacité des choix de jeu effectués par l’entraîneur français.

Sans Adebayor et Touré (partis à Manchester City), sans Bendtner et Van Persie (blessés, le Néerlandais dans un match international contre l’Italie, cf. photo ci-dessus), Arsenal souffre d’un incontestable déficit physique dans l’axe qui, en Premier League, ne pardonne pas. On ne reparlera pas de l’absence d’Abou Diaby, blessé pendant plusieurs semaines, qui fut également préjudiciable.

En revanche, Arsenal est tout de même parvenu à consolider sa troisième place en s’imposant à Anfield Road contre Liverpool dans le sixième et dernier crunch des matchs allers (1-2, 16ème journée). Mais cette victoire fut davantage le fait des errances défensives de Liverpool, détaillées plus haut, qu’à la réussite du 4-1-4-1 mis en place par Arsène. Glen Jonhson a marqué contre son camp pour l’égalisation et a ensuite été naïf sur le marquage d’Arshavin qui permettait à Arsenal de l’emporter.

Avec un match en retard, Arsenal peut, en dépit de ses difficultés, espérer revenir à hauteur de Man U et ainsi occuper une deuxième place satisfaisante. Par ailleurs, lorsque tous ses joueurs seront sortis de l’infirmerie, il faudra sans doute craindre cette équipe dont le jeu léché n’a rien à envier à celui du FC Barcelone. En revanche, ce qui sépare encore les Gunners de Chelsea et des Catalans, c’est la force à la récupération.

La Premier League est-elle toujours le meilleur championnat en Europe ? (2ème partie)

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 22 décembre 2009


Source : BBC

Lire l’analyse structurelle (1ère partie).

Manchester est un champion en berne (2ème, 37 points)

L’instabilité économique dont nous parlions précédemment n’est pas corrélée à celle du niveau de jeu des équipes. Et pourtant, depuis le début de la saison, le vice-champion d’Europe et champion d’Angleterre en titre, Manchester United, ne cesse d’inquiéter. Le départ de Cristiano Ronaldo se fait sentir un peu plus chaque week-end. Et les Red Devils ont du mal contre les gros du championnat : défaite aux tirs au but lors du Community Shield contre Chelsea (2-2) ; victoire étriquée contre Arsenal (2-1, 4ème journée) ; victoire étriquée contre Manchester City grâce au « Fergie Time » (4-3, 6ème journée) ; défaite à Liverpool (2-0, 10ème journée) ; défaite à Chelsea (1-0, 12ème journée) et défaite contre Aston Villa, cinquième, à Old Trafford (0-1, 16ème journée).

Mais le pire est arrivé avec la déroute contre Fulham (9ème) le week-end dernier (3-0). Le maintien de Man U à la deuxième place du classement (37 points) est trompeur et ne signifie pas que les hommes de Fergusson forment toujours une équipe digne des sommets européens comme Didier Roustan continuait de le croire la semaine dernière sur le plateau de L’Equipe TV.

Au contraire, il semblerait que la Premier League, si elle compte dans ses leaders une équipe aussi fragile, ne se porte pas bien. Par ailleurs, si gagner douze rencontres sur dix-huit n’est pas un mauvais bilan, avoir déjà connu cinq défaites sans que la moitié du championnat ne se soit déroulée, est plus qu’alarmant. D’autant plus préoccupant que Manchester, sur l’ensemble de la saison passée, ne s’était incliné qu’à quatre reprises…

Manchester s’englue dans un jeu où son équipe est constamment coupée en deux en raison d’un milieu de terrain qui manque d’automatismes. Le départ de Cristiano Ronaldo n’a fait que mettre en lumière la fracture temporelle qui existe entre les « anciens » proches de la retraite (Paul Scholes, Ryan Giggs) et les jeunes qui tardent à percer (Anderson, Nani, Macheda) ou les recrues qui peinent à s’imposer (Berbatov, Valencia, Park). Ce fossé générationnel au milieu de terrain fut à l’origine de contre-performances improbables en Ligue des Champions cette saison. A Old Trafford, Manchester a ainsi concédé le match nul contre le CSK Moscou et a été défait par le Besiktas Istanbul, deux équipes moyennes.

En résumé, il semble que la défaite contre Barcelone en finale de Ligue des Champions en mai dernier où toutes ces faiblesses avait déjà été constatées a causé un traumatisme profond. Tout ceci, allié au départ du joueur-clef qu’est Cristiano, a participé du déclin d’une équipe désormais en mal de confiance et qui aura la lourde tâche de ne pas s’affaisser pendant l’hiver et de s’imposer contre un Milan AC au visage parfois flamboyant en huitièmes de finale de la C1 en février.

Liverpool, deuxième l’an passé, s’est effondré cette année (8ème, 27 points)

On a déjà souligné la fébrilité des hommes de Raphael Benitez lors des rencontres de Ligue des Champions, notamment contre Lyon mais aussi face à la Fiorentina. Le départ du milieu récupérateur Xabi Alonso (cf. photo ci-contre) pour le Real Madrid a considérablement fragilisé le trio défensif qu’il constituait avec Carragher et Skrtel l’an passé. Depuis, l’international anglais a perdu de sa superbe et enchaîne les erreurs symboliques tandis que Skrtel n’a pas confirmé. Par ailleurs, les blessures successives de Gerrard et de Torres ont paralysé la colonne vertébrale des Reds. Eliminés de la Ligue des Champions, ces derniers n’ont plus grand chose à espérer cette année car le titre de champion est aussi éloigné au classement (quatorze points de retard sur Chelsea) qu’au niveau du jeu.

Leur seule heure de gloire fut contre leur rival historique, Manchester United, que les Reds ont battu à Anfield Road (2-0, 10ème journée). Mais ce sont surtout les défaites successives contre Chelsea (2-0, 8ème journée), Sunderland (1-0, 9ème) et Fulham (1-0, 11ème)) qui sont responsables de leur chute au classement. Enfin, la défaite contre Arsenal, à domicile (0-1, 16ème journée), a enlevé tout espoir à Liverpool de sortir de cette saison avec les honneurs. Condamnés à gagner l’Europa League où ils ont été reversés pour préserver le prestige du club, les coéquipiers de « Captain Gerard » sont plongés dans une saison noire puisqu’ils se sont encore inclinés à Porsmouth (20ème) samedi (2-0, 18ème journée).

Focus sur Chelsea et Arsenal (3ème partie).

La Premier League est-elle toujours le meilleur championnat en Europe ? (1ère partie)

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 8 décembre 2009

Source : Lexpress.mu

La Premier League a perdu de sa superbe la saison passée, tant sur le plan sportif que sur le plan économique. En effet, la crise mondiale a frappé de plein fouet les clubs anglais qui s’étaient, pour certains, lourdement endettés dans le but d’enrichir leur effectif. Par ailleurs, ce n’est pas une formation britannique qui s’est imposée en Ligue des Champions en mai dernier. Alors, cette compétition demeure-t-elle le meilleur championnat d’Europe ? celui où se trouvent les équipes européennes les plus solides, les meilleurs joueurs et le jeu le plus complet ?

Un championnat dense et rugueux

C’est la première chose qui frappe dans le championnat anglais. Contrairement à la Liga espagnole ou à la Serie A italienne, même les petites équipes peuvent obtenir un résultat intéressant sur le terrain d’un grand. On relèvera par exemple la défaite d’Arsenal à Sunderland (1-0 lors de la 13ème journée), celles de Chelsea à Wigan (3-1, 7ème journée) et à Aston Villa (2-1, 9ème journée) ou celle de Manchester United chez le promu, Burnley (1-0, 2ème journée).

Cette densité s’explique en partie par les caractéristiques principales du championnat anglais : puissance athlétique, impact physique et endurance. Ainsi, l’enchaînement des matchs est extrêmement éprouvant pour les équipes évoluant également au niveau européen car en Premier League, on court et on court même beaucoup. L’arbitrage est plus laxiste et les fautes sont moins sifflées qu’ailleurs, que ce soit les tacles rudes, les coups de coude ou les chocs aériens.

Un Big Four très régulier

L’autre singularité de la Premier League tient à la constitution progressive ces cinq dernières années d’un top 4 désormais incontournable. Ce « Big Four », composé de Manchester United, Chelsea, Liverpool et Arsenal représente une singularité d’autant plus remarquable lorsque l’on a conscience de la densité du championnat évoquée plus haut.

Parvenir à s’imposer avec autant de régularité dans un championnat aussi difficile ne relève pas de la gageure. Par ailleurs, la coexistence de ces quatre formations a pour conséquence directe de pouvoir admirer douze confrontations d’un niveau particulièrement exceptionnel chaque saison. On se souvient notamment l’an passé d’une rencontre galactique entre Liverpool et Arsenal qui s’était soldée par un époustouflant 4-4 lors de la 32ème journée (21 avril 2009).

Cette saison, cinq de ces douze oppositions ont déjà eu lieu. Ce furent tous des matchs spectaculaires. La vitesse, la puissance, l’explosivité et l’envie y furent omniprésentes. Toutes ces qualités qu’on trouve dans le football anglais laissent à penser que son championnat reste l’un des plus complets d’Europe.

Une omniprésence au plus haut niveau

Certes les clubs anglais ne sont pas parvenus à s’imposer en Ligue des Champions puisque c’est Barcelone qui l’a emporté. Cependant, trois formations britanniques accompagnaient le club catalan en demi-finales, dont les deux finalistes de l’édition 2007-2008, Manchester et Chelsea. Par ailleurs, la plus belle double-rencontre de la dernière édition de la C 1 fut indiscutablement celle opposant Liverpool et Chelsea en quarts de finale, particulièrement le match retour où, à Stamford Bridge, les équipes de Raphael Benitez et de Guus Hiddink avaient offert un véritable chef-d’œuvre recevant la note de 6 étoiles dans L’Equipe le lendemain. Le score fleuve, quatre buts partout, allié à un niveau de jeu exceptionnel témoignaient d’une supériorité évidente des combats entre équipes britanniques sur les autres.

Enfin, si effectivement Barcelone s’est imposé sans contestation en finale face à un Manchester incroyablement faible au milieu de terrain (2-0, 27 mai 2009), le club dirigé par Juan Laporta s’était qualifié de justesse contre Chelsea en demi-finale retour (6 mai 2009).

Un financement qui demeure fragile…

On a beaucoup jasé sur le coup médiatique et financier du Real Madrid cette saison. Ma rédaction avait clairement été de défendre le projet de Florentino Perez puisque celui-ci était viable économiquement. Et c’est précisément la rigueur avec laquelle le nouveau-ex-président du Real a monté son équipe qui a mis en exergue, à l’inverse, la faiblesse structurelle du financement anglais, dont la provenance apparaissait ponctuelle et donc instable.

En effet, l’arrivée de la société Emirates pour financer la construction du nouveau stade d’Arsenal, celle des frères américains (Joel et Avram Glazer) à la tête de Manchester United mais surtout celles, douteuses, d’un émir d’Abhu Dhabi (Sa Grandeur Cheikh Mansour bin Zayed al-Nahyan, cf. photo ci-dessus) à Manchester City et, auparavant, de Roman Abrahmovitch à Chelsea avaient été perçues d’un mauvais œil outre-manche. Car l’argent ne provient, pour aucun des quatre clubs, d’une société anglaise ou britannique.

Certes les riches entrepreneurs étrangers mettent beaucoup d’argent sur la table mais avec un risque inhérent à une telle pratique qui persiste : si l’homme d’affaires s’en va, retire ses pions et son financement, le club peut se retrouver en grande difficulté voire faire faillite…

Focus sur Manchester United et Liverpool (2ème partie).

Focus sur Chelsea et Arsenal (3ème partie).

Chelsea a tranquillement disposé d’Arsenal à l’Emirates Stadium… (2ème partie)

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 1 décembre 2009

Lire l’analyse de la première mi-temps…

Un changement tactique pour rien

Arsène Wenger (cf. photo ci-contre), anxieux avant la rencontre, tentait au retour des vestiaires le tout pour le tout. Il sortait Song et faisait rentrer Walcott pour un 4-1-4-1 très audacieux. L’objectif avoué étant d’avoir un véritable ailier de formation mais aussi de densifier l’axe avec Nasri et Fabregas à la baguette. Malgré cela, Arsenal ne connut qu’un mieux passager.

A l’image de Liverpool qui avait fui l’axe du jeu craignant la puissance d’Essien, de Lampard et de Ballack, Arsenal essaya désespérément d’éviter le trio Lampard, Essien, Obi-Mikel. Or c’est précisément par un jeu technique qu’Arsenal aurait peut-être pu trouver des failles dans le bloc Chelsea. Insistant pour trouver un joueur en pointe sur des centres aussi innombrables qu’inutiles, les joueurs d’Arsène Wenger ont sous-estimé la puissance athlétique et l’intelligence de placement de la paire Carvalho-Terry.

Auteurs d’un bon premier quart d’heure en deuxième période où ils ont eu la maîtrise du ballon, les Gunners se sont obstinés à jouer en l’air. Or la seule occasion franche fut le fait d’une construction axiale. Certes Eduardo ne parvenait pas à marquer mais Arshavin était trop lent à tirer alors qu’il avait récupéré le ballon aux seize mètres (48e).

Là encore, on touche à un point sensible de la défaillance d’Arsenal. C’était le rôle d’Arshavin de perforer l’axe avec Fabregas en soutien car les grands joueurs de cette équipe, ce sont eux. Ils ont été absents ou bien butés, se pliant peut-être à une consigne de Wenger inadéquate… quoiqu’il en soit, ils n’ont jamais pris leurs responsabilités. Pire, Chelsea laissait même Arsenal prendre les ailes et centrer, se rendant bien compte de l’inefficacité de telles tentatives puisqu’à la retombée des centres, il y avait le trio Cech, Terry, Carvalho, impérial pendant quatre-vingt-dix minutes.

Chelsea, patron dans l’axe, se contentait de jouer en contres

Dès lors, Chelsea se contenta de gérer et d’agir par contres. L’un d’eux leur permit d’ailleurs de se créer une occasion nette par un tir deux fois détourné de Drogba mais Almunia se détendait bien (64e).

Arshavin fut impuissant, asphyxié où qu’il se choisit de positionner. Wenger tenta deux changements supplémentaires pour essayer de tonifier l’axe du jeu. Vela remplaça Eduardo (56e) et Rosicky, Nasri (66e).

Mais rien n’y fit. Arsenal souffrait toujours autant dans la construction. Les centres au sol pouvaient davantage apporter le danger mais ils furent trop rares (seul Fabregas s’y essaya à la 71e).

A l’inverse, sur un nouveau coup de rein de Chelsea, Anelka fut à la réception d’un magnifique centre de Drogba et manqua de peu le 0-3 d’une tête qui ne fit qu’effleurer le ballon (72e). Cinq minutes plus tard, Anelka se muait en passeur après une course en contre de soixante-dix mètres. Lampard fut à la conclusion mais Almunia sortait magistralement (77e).

Le match s’enlisait et les Gunners demeuraient impuissants tandis que Chelsea maîtrisait totalement le milieu de terrain.

Source : Reuters.com

L’explication du troisième but

Ce fut tout un symbole lorsque Cesc Fabregas, frustré, commit une faute grossière sur Essien aux vingt mètres, à un endroit légèrement excentré sur la gauche par rapport aux buts. Drogba se présentait et frappait de toute sa puissance dans l’angle ouvert, inscrivant le troisième but de Chelsea (0-3) à la 87e minute (cf. photo ci-contre). Il s’agissait de son 11ème but en Premier League et de son 14ème toutes compétitions confondues en 17 matchs…

Quel bilan tirer de ce match ?

Dans un match pauvre en tirs (5 tirs pour Arsenal, 7 pour Chelsea), les Blues ont montré qu’ils pouvaient tenir défensivement rien qu’avec l’axe du jeu (Carvalho-Terry puis Obi-Mikel, Essien-Lampard et enfin Drogba). Plus forts physiquement et dans le domaine aérien, la polyvalence de placements d’Anelka et le pressing offensif permanent de Joe Cole ont fait le reste.

Carlo Ancelotti a donc bien raison de choisir le 4-4-2 quoique j’en pense puisque aucune équipe n’a pour le moment été capable de venir inquiéter Chelsea dans son outrageuse domination de l’axe. Par ailleurs, je pensais, à l’occasion du match contre Manchester, que Deco était sur le déclin. Mais au vu du rôle joué par Joe Cole (d’ailleurs remplacé par Deco à la 68ème), à savoir un véritable poison au pressing lorsque les adversaires ont récupéré le ballon et un passeur remarquable lorsque ses coéquipiers ont le ballon, je commence à croire qu’Ancelotti a tout simplement attribué un nouveau rôle à son numéro 10.

La dernière conclusion à tirer de ce match réside dans le fait qu’Arsenal n’a pas su hausser son niveau de jeu dans un match décisif. Certes les blessés étaient nombreux (mais c’est une constante à Arsenal, là aussi il faut se poser la question) car il manquait notamment un avant-centre de grande taille), mais les joueurs ont montré tous les défauts qu’on leur prêtait avant la rencontre : errances de la défense centrale, naïveté dans le placement à la récupération, insuffisance dans l’impact physique et aérien… De plus, c’est dans sur leur point fort, la technique, que les Gunners ont été contrés par la puissance adverse. Incapables de créer du jeu à une ou deux touches de balles dans de petits périmètres, les milieux de l’équipe ont été paralysés par l’idée de rivaliser techniquement avec le milieu physique de Chelsea. Peut-être que cela n’aurait pas davantage fonctionné mais au moins, Arsenal n’aurait pas de regrets de se retrouver quatrième du championnat à onze points d’un Chelsea plus que jamais leader de la Premier League avec 36 points.

Chelsea a tranquillement disposé d’Arsenal à l’Emirates Stadium… (1ère partie)

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 1 décembre 2009

Ce cinquième « crunch » de la saison entre les membres du Big Four (Liverpool, Chelsea, Manchester United et Arsenal) de la Premier League devait être un duel serré. Il n’en fut rien.

Deux formations complètement opposées

A deux reprises déjà, j’ai émis des doutes sur la formation du visiteur Chelsea. Le 4-4-2 avec un milieu en losange mis en place par Carlo Ancelotti (cf. photo ci-contre) n’avait dû son salut qu’au réalisme de ses pièces-maîtresses (Terry, Lampard et Drogba) dans les matchs importants déjà disputés.

Mais contre Arsenal, on a vu bien d’autres choses que du réalisme. Chelsea semble au sommet de son art et quasiment invincible en Europe aujourd’hui. Plusieurs changements ont été effectués depuis le match contre Man U. Essien est monté d’un cran pour prendre le poste de milieu-droit et c’est Obi-Mikel qui était en charge de la récupération. Lampard demeurait milieu-gauche tandis que Joe Cole reléguait sur le banc un Deco bien timide dans les crunchs précédents.

En défense, on retrouvait un quatuor qui avait fait ses preuves, de droite à gauche : Ivanovic, Carvalho, Terry et A. Cole. De la même manière, on retrouvait en attaque la doublette indéboulonnable, Anelka-Drogba.

Du côté d’Arsenal, on enregistrait les blessures préjudiciables des avant-centres Van-Persie et Bendtner. Par ailleurs, le quatuor défensif connaissait également un seul changement majeur. En l’absence de Clichy, c’est Armand Traoré qui était en charge du couloir gauche pour une ligne composée de Sagna, Gallas, Vermaelen et donc Traoré.

Dans un 4-2-3-1 très compact, les jeunes Song et Denilson occupaient les postes de récupérateurs derrière un milieu technique composé de droite à gauche de Nasri, Fabregas et Arshavin. Eduardo, seul en pointe, avait pour mission de gêner la mécanique Carvalho-Terry.

Chelsea venait donc imposer sa puissance axiale et son impact tant physique qu’aérien à une équipe d’Arsenal misant sur la technique, les frappes de loin et un jeu de passes au sol rapides et précises.

Pour Chelsea, il fallait déployer ses ailes, pour Arsenal, il fallait jouer dans l’axe…

Le principal doute émis au sujet de l’équipe de Chelsea tenait à l’absence de constructions offensives sur les ailes du fait d’une formation concentrée dans l’axe. Pour palier ce manque, Carlo Ancelotti a systématiquement demandé à Nicolas Anelka de dézoner depuis quelques semaines. Bien plus qu’un attaquant de soutien ou qu’un deuxième avant-centre, l’international français a constamment effectué des appels sur le côté gauche, sur le côté droit ou bien décroché dans l’axe.

Source : Guardian.co.uk

Ainsi, Chelsea bénéficiait de solutions sur les ailes en permanence. C’est d’ailleurs côté gauche qu’on retrouvait Anelka pour une percée dans la surface de réparation. Ceinturé irrégulièrement par Sagna avant qu’il ne puisse tirer, Anelka chutait mais sans réclamer la faute auprès de l’arbitre (19e). De la même manière, c’est encore côté gauche qu’il provoquait la faute de William Gallas deux minutes plus tard.

Du côté d’Arsenal, on subissait clairement durant ces vingt premières minutes. On le sait, les Gunners peinent encore à la récupération et laissent trop souvent leur adversaire pénétrer dans leur moitié de terrain. En revanche ce qui était nouveau dimanche, c’était qu’Arsenal ne se procurait pas d’occasions franches. On put cependant saluer l’unique tir, trop mou, de Samir Nasri, dézonant lui aussi côté gauche (22e).

Mais après ces vingt-cinq premières minutes, on constatait que Chelsea souffrait également dans la construction du jeu à cause de montées trop épisodiques des latéraux (Ivanovic et Cole) et ce en dépit des propositions incessantes d’Anelka. A l’inverse, si Arsenal souffrait à la récupération, la construction offensive offrait toujours plusieurs possibilités même si cela manquait parfois de précision dans les élargissements. En effet, Fabregas ne rentrait pas suffisamment dans l’axe pour peser et libérer les ailes. Ainsi, on vit souvent Arshavin délaisser son côté gauche et venir offrir cet appui axial.

L’une des deux équipes devait donc changer son approche sur le terrain pour faire évoluer le match. C’est Chelsea qui fit le premier pas. A la 39ème minute, s’ajoutaient subitement aux opportunités offertes par Anelka, des montées de moins en moins sporadiques des latéraux Ivanovic (latéral droit) et surtout A. Cole (gauche). Ce dernier bénéficiait du bon travail conjugué de Joe Cole et d’Anelka pour centrer. Drogba reprenait de la tête, mais à côté.

Arsenal s’essayait alors à changer de tactique mais la passe en profondeur de Fabregas pour Eduardo était rendue inefficace par une superbe sortie de Cech (41e).

L’explication du premier but (41ème minute)

L’initiative d’un but provient souvent d’un maître à jouer ou d’un taulier. Ce fut encore le cas dimanche. Le défenseur central John Terry, monté pour l’occasion, dribbla à plusieurs reprises côté gauche, attendant une solution viable et trouva finalement de façon remarquable A. Cole, monté seulement pour la troisième fois en attaque. Cette passe en profondeur élimina deux joueurs. Le latéral gauche anglais effectua alors une feinte et centra finalement pied gauche devant un Sagna naïf. Gallas, inexistant au marquage de Drogba, laissa l’Ivoirien s’appliquer pour une reprise pied droit qui atterrit dans la lucarne d’Almunia, 0-1 (42e).

Les errances défensives d’Arsenal mais aussi le rythme physique très relevé, imposé par Chelsea, avait payé. A la troisième montée franche d’A. Cole, Chelsea trouvait la faille.

L’explication du second but (45ème minute)

Trois minutes plus tard, on reprit les mêmes et on recommença. A. Cole profitait cette fois-ci de l’excellent travail de conservation de balle d’Anelka, à nouveau côté gauche et centrait encore une fois. L’ombre de Drogba fit paniquer les deux centraux d’Arsenal puisque Gallas taclait le ballon et l’envoyait sur son compère Vermaelen qui marquait contre son camp, 0-2 (45e).

A la mi-temps, quelle analyse ?

Durant cette première mi-temps, Arsenal a clairement trop insisté sur les ailes alors que les Gunners rendent 5 à 6 cm aux joueurs de Chelsea en taille. Donc les centres n’ont pu que difficilement trouver preneur d’autant que le quatuor offensif d’Arsenal (Nasri, Fabregas, Eduardo, Arshavin) n’est pas très grand. Le milieu espagnol culminant faiblement à 1m80.

De l’autre côté, Chelsea a joué sur ses forces, verrouillant le milieu de terrain (Essien-Obi-Mikel), confint à ses maîtres à jouer l’orientation du jeu (Lampard, Joe Cole) mais aussi à Anelka de systématiquement dézoner pour trouver l’avant-centre exceptionnel qu’est Drogba. Auteur du premier but et engendrant l’erreur des défenseurs d’Arsenal sur le second, l’Ivoirien a été omniprésent et représentatif de l’exceptionnel réalisme de ses coéquipiers.

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