La Tribune du Sport


Liverpool bat Manchester United en dépit du « Fergie Time »… (2/2)

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 26 octobre 2009

Source : Lexpress.mu

Lire la première partie.

Liverpool opère un pressing épuisant pour Manchester en deuxième mi-temps…

Au retour des vestiaires, on ne pouvait s’empêcher de penser que la tactique de Fergusson consistant à user physiquement le milieu de terrain de Liverpool allait payer mais ce fut tout le contraire. Les coéquipiers de Steven Gerrard, toujours absent pour une blessure récurrente aux adducteurs, effectuèrent à nouveau, comme en première mi-temps, un pressing terrible. S’ajoutèrent à ces tentatives de récupérations hautes des permutations systématiques entre Benayoun et Kuyt qu’on revit souvent à son poste habituel, à l’aile droite. Les deux joueurs se trouvèrent parfaitement et constituèrent avec Torres un trio terrible pour les Red Devils régulièrement débordés mais pas encore vaincus (48e, 50e).

Manchester laissait passer l’orage comme souvent cette saison, mais la tête de Berbatov sur un coup franc de Giggs (61e) vint timidement rappeler celle, semblable, de Rooney en première période (22e).

Et ce fut finalement le fameux trio Kuyt-Benayoun-Torres exceptionnel depuis le début du match qui ouvrit une brèche décisive dans la défense mancunienne : Kuyt impressionnant physiquement et dans l’orientation du jeu, Benayoun irrésistible à droite techniquement et en termes de qualité de centre et enfin Torres, également impérial physiquement, décrochant constamment au milieu de terrain pour peser dans l’axe.

Le trio magique Kuyt-Benayoun-Torres

A l’origine du but une énième récupération haute. Kuyt, puis Benayoun offraient un relais de passes remarquable de précision et c’est l’international israélien qui lançait à la perfection Torres. L’Espagnol résistait à la charge puissante et irrégulière de la main de Rio Ferdinand et crucifia Van Der Sar pas tout à fait innocent tant son angle fermé semblait précisément ouvert (cf. photo ci-dessus, 65e).

Manchester avait été pris à son propre piège. Laissant l’initiative du jeu à Liverpool, les joueurs d’Alex Fergusson avaient trop misé sur leur tactique orientée autour d’une colonne vertébrale physique et donc éprouvante pour l’adversaire. Et paradoxalement, Manchester sembla fatigué durant les vingt premières minutes de la deuxième période. En guise de confirmation de cette baisse physique, les Reds de Benitez multiplièrent les occasions par Kuyt (70e), Lucas (71e) ou Benayoun (79e).

Manchester s’en remettait à Nani et au « Fergie Time » sans parvenir à s’imposer…

La frappe trop molle de Nani (76e), bien isolée, ne fit que souligner la domination des patrons d’Anfield Road et il fallut attendre la 84e minute pour voir Valancia allumer la barre transversale, à la suite d’un excellent travail dans la surface de Michael Owen. Nani essaiera bien de tromper Reina d’un coup franc puissant (87e) mais sans succès.

Le « Fergie Time », appellation donnée par les journaux anglais pour un temps additionnel supérieur délivré aux Mancuniens d’Alex Fergusson lorsque ceux-ci sont menés au score, fut bien reconduit (cinq minutes alors qu’il n’y avait eu aucun arrêt de jeu pour blessure) mais ne paya pas davantage. Et c’est sur un ultime jaillissement de Jimmy Carragher qu’une contre-attaque décisive fut initiée. Kuyt travaillant admirablement bien côté droit parvenait à servir Lucas dans l’axe qui envoyait N’Gog, remplaçant de Torres, en orbite. Le Franco-Camerounais ne se faisait pas prier pour ajuster Van Der Sar, 2-0 (90+6e). L’image de ce match fut la course du portier Pepe Reina qui traversa tout le terrain pour sauter dans les bras du second buteur des Reds (cf. photo ci-contre).

« You’ll never walk alone » pouvait être chanté avec davantage de ferveur que mercredi, Liverpool avait défait son ennemi juré et s’était relancé dans la course au titre et Benitez respirait.

Liverpool bat Manchester United en dépit du « Fergie Time »… (1/2)

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 26 octobre 2009

Source : Guardian.co.uk

Un engagement physique total pour deux rivaux historiques…

Deux villes qui furent les berceaux de la première révolution industrielle anglaise durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Depuis, les deux cités entretiennent une inimitié profonde et désormais entretenue à travers les rencontres de football. Témoin de cette inimitié, les deux entraîneurs, Alex Fergusson (cf. photo, au centre) et Raphael Benitez (à droite), qui ne s’apprécient guère et se l’étaient clairement fait comprendre l’an passé par l’intermédiaire de la presse. De plus, s’il fallait une preuve de l’engagement, ce sont les deux cartons rouges qui furent distribués en fin de match, le premier au Mancunien Vidic (90e) et le second au Red Mascherano (90+5e).

Dès le début de la rencontre l’engagement physique était total et les fautes nombreuses. Côté Liverpool, Fernando Torres eut à subir les gestes irréguliers des Red Devils. Ainsi un tacle illicite du Mancunien Patrice Evra sur l’Espagnol offrit une première double occasion aux Reds d’ouvrir le score mais ni Fabio Aurelio ni Kuyt ne parvinrent à tromper la vigilance d’Edwin Van Der Sar (16e). Deux minutes plus tard, le pressing offensif des hommes de Raphael Benitez, particulièrement efficace durant les vingt premières minutes, permit à Lucas de servir Kuyt mais le Néerlandais croisait trop son tir.

Un creux d’intensité dû à Manchester qui voulait casser le rythme et surtout fatiguer son adversaire

Par la suite, Manchester sembla dominer son sujet avec sérénité. Ne pliant pas sur ces deux premières occasions les coéquipiers du capitaine Ryan Giggs, qui disputait son 600ème match sous le maillot de Man U, émergèrent peu à peu dans ce match et mirent en place leur tactique visant à user physiquement l’adversaire. La rugosité de la charnière centrale Vidic-Ferdinand mais aussi de Carrick à la récupération ou de Rooney dans l’axe avait pour objectif d’effriter la résistance d’un Liverpool que Fergusson savait affaibli dans l’axe depuis le départ de Xabi Alonso et tout spécialement en l’absence de Gerrard.

Raphael Benitez était parvenu à rééquilibrer son équipe

Mais Benitez n’était pas en manque d’idées et son 4-2-3-1 avait enregistré plusieurs métamorphoses spectaculaires par rapport à celui aligné mercredi en Ligue des Champions. La première fut le retour de blessure de Torres en pointe à la place de N’Gog. La seconde, l’inversion dans le placement entre Benayoun et Kuyt. L’Israélien prenant le côté droit, le Néerlandais ayant en charge l’axe et la construction du jeu. Enfin, la troisième tint à la performance réalisée par Javier Mascherano à la récupération, prestation très au-dessus de celle de mercredi. Idem pour Jimmy Carragher, de nouveau vrai patron de la défense et excellent capitaine intérimaire.

Finalement, la première période ne proposa aucune réelle possibilité à Man U d’ouvrir le score. Les Reds restèrent particulièrement disciplinés dans le replacement défensif immédiat, c’est-à-dire celui qui suit les pertes de balles en attaque. Et c’est même Liverpool qui se procura l’occasion la plus nette durant le creux d’intensité que connut le match (20-45èmes minutes) avec une tête un peu trop prévisible de Fabio Aurelio sur un centre de Benayoun (36e).

Lire la fin…

Chelsea et Liverpool se sont livrés un duel essentiellement tactique… (2/2)

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 5 octobre 2009

Lire l’analyse de la première mi-temps.

Liverpool croyait en ses chances mais a peu à peu perdu la maîtrise du milieu de terrain

Liverpool fut l’an passé le club le plus performant dans les crunchs. Victorieux à deux reprises contre Chelsea et contre Manchester en championnat, il n’eut pas à subir une seule défaite puisqu’il concéda deux matchs nuls contre Arsenal. Sûr de sa force, le club de Benitez rentra des vestiaires avec la même intention : attaquer sur le côté « faible » de Chelsea, à savoir celui où se trouvait l’infortuné Ivanovic, défenseur central de formation mais replacé à droite pour palier au forfait de Bosingwa.

Les initiatives côté gauche se multiplièrent (49’) et les divines frappes éloignées de Captain’ Gerrard (50’) réapparurent. Tirs lointains qui inspirèrent justement le Serbe Ivanovic désireux de ne pas être seulement le faire-valoir des attaquants de Liverpool et auteur d’un joli pétard au-dessus des cages de Reina (50’). Néanmoins, le jeu produit ne fut pas brillant, d’un côté comme de l’autre. Chelsea insistait toujours sur son physique et maîtrisait l’axe du terrain tandis que Liverpool s’acharnait à prendre les côtés, sans se montrer réellement dangereux. Le manque de puissance des coéquipiers de Gerrard dans les duels se fit cependant de plus en plus sentir. Anelka s’était définitivement déporté sur le côté gauche et fournit une prestation de grande qualité dont on aimerait bien connaître ne serait-ce qu’un aperçu en équipe de France. Quoiqu’il en soit, le choix de l’international français de se placer sur le flan gauche ne relevait pas du hasard. Liverpool ne disposant pas non plus de son latéral droit habituel, Paulo Ferreira, c’était Glen Johnson qui assumait cette charge.

Ce qui produisit d’ailleurs un match assez cocasse où chaque formation tentait de trouver la faille du côté gauche. Kuyt pour Liverpool et Ballack pour Chelsea furent ainsi sous-utilisés et ne touchèrent que très peu de ballons puisqu’ils se trouvaient chacun sur le côté droit de leur équipe.

Liverpool balbutiait son football, pressé physiquement, il hésitait à passer par l’axe du terrain. Et lorsque Steven Gerrard osa s’y aventurer, il fut immédiatement pris par Franck Lampard (60’). Après quoi, un jeu de passes fluide permit à Chelsea de marquer. C’est le bouleversement tactique à l’origine du but qui fut tout à fait saisissant. L’impact physique de Chelsea au milieu de terrain mais aussi la qualité de la récupération de Lampard et d’Essien avaient progressivement déséquilibré le jeu de Liverpool. C’est d’ailleurs ces deux joueurs qui furent à l’origine du but, le premier à la récupération, le deuxième à la passe pour Deco. Le Portugais se fraya alors un passage entre deux Reds avant de servir… Drogba qui avait astucieusement permuté avec Anelka ! Déstabilisant ainsi la défense, l’Ivoirien se retrouva sur l’aile gauche face à Skrtel, habituellement au marquage d’Anelka en raison de sa meilleure vitesse et c’est donc Carragher, plutôt physique et lent, qui fut devancé logiquement au deuxième poteau par l’attaquant français (cf. photo ci-dessus et vidéo ci-dessous).

Cette remarquable action qui amena le but combina toutes les forces d’un Chelsea somptueux tant dans sa tactique d’usure qui fit déjouer Liverpool mais aussi dans sa tactique ponctuelle (récupération aux quarante mètres et permutation). Or cette permutation entre Drogba et Anelka n’eut pas lieu une seule fois en première période, elle est donc sans doute imputable à l’entraîneur italien Carlo Ancelotti, désireux de prendre sa revanche sur un Benitez victorieux en 2005 en finale de la Ligue des Champions.

Chelsea domina son sujet et ne sembla plus en mesure de perdre ce crunch…

La paire de défenseurs centraux de Liverpool, Skrtel-Carragher, a montré qu’elle était orpheline de son rempart espagnol que représentait Xabi Alonso. A l’inverse, la charnière des Blues composée d’un Terry impérial de la tête et d’un Carvalho inouï dans ses anticipations a tout des défenses de fer souhaitées par les meilleurs coachs du monde, notamment italiens…

Les rentrées de Yossi Benayoun (65’) et de Ryan Babel (77’) apportèrent de l’oxygène et de la fluidité et Liverpool refit surface progressivement au milieu de terrain. Ce fut d’ailleurs une belle combinaison de Babel et de Kuyt côté droit qui permit au ballon de vivre à nouveau. Celui-ci, envoyé au deuxième poteau, fut réexpédié à Gerrard qui dribbla dans la surface mais sans parvenir à frapper. Finalement, Torres reçut le ballon mais tira à côté (80’).

On retiendra cependant que Chelsea produisit un jeu bien pauvre. Il « balança » beaucoup et s’exposa mais sans jamais risquer le nul ou la défaite.Finalement l’entrée du Français Florent Malouda à la place de Deco fut décisive. Alors que Hilario effectuait une sortie magistrale (87’), Chelsea construisit, sur le contre, de sa première action à une touche de balles. Sans succès mais comme un symbole d’emprise sur le match, trois minutes plus tard, sur un dernier coup franc obtenu, Lampard servait Drogba côté droit qui se débarrassait de Fabio Aurelio et à nouveau d’un Carragher décidément dans un mauvais jour. Parvenant à centrer à ras de terre, c’est Malouda qui surgit et marqua le deuxième but pour son équipe (90+1) (cf. photo ci-dessus). Chelsea s’imposait 2-0 sans avoir produit de beau jeu mais en misant tout sur ses individualités et sa puissance à la fois aérienne et physique. Les occasions énormes de Benayoun (90+3) et Gerrard (90+4) montrèrent l’abnégation de Liverpool mais ne changèrent rien.

Que retenir ?

Liverpool a perdu ce match au physique tout comme Arsenal avait été défait par Manchester lors de la quatrième journée lors du premier crunch de cette saison 2009-2010. C’est donc logiquement que l’on retrouve Chelsea et les hommes de Fergusson aux première et deuxième places du classement de Premier League, avec respectivement vingt-et-un et dix-neuf points, avec trois longueurs devant Tottenham (3ème) et quatre devant Liverpool et Arsenal (4èmes) mais les Gunners ont disputé un match en moins.

La vidéo du premier but :

http://rd3.videos.sapo.pt/play?file=http://rd3.videos.sapo.pt/PA7PLoNyz6rhqfwnYn8w/mov/1

Chelsea et Liverpool se sont livrés un duel essentiellement tactique… (1/2)

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 5 octobre 2009

Source : Guardian.co.uk

Des formations qui ont considérablement évolué

Arbitrée par M. Atkinson, déjà arbitre pour le premier choc du Big Four qui avait eu lieu lors de la quatrième journée entre Manchester et Arsenal, la rencontre fut assez équilibrée sur l’ensemble du match, notamment en raison de schémas tactiques soigneusement étudiés. En effet, le 4-1-4-1 avec Xabi Alonso en seul récupérateur et Torres en unique avant-centre a cette année cédé la place à un 4-4-2 peu bancal et ressemblant d’ailleurs davantage à un 4-5-1 dans les faits. Après le départ d’Alonso pour le Real Madrid, c’est devant les deux récupérateurs Mascherano et Lucas que Gerrard a animé l’attaque en soutien d’un Torres souvent laissé seul par Riera décrochant régulièrement côté gauche, tandis que Kuyt prenait en charge le flan droit.

Rafa Benitez a donc abandonné, l’espace d’un match, son habituelle manie d’équilibrer son schéma entre cinq joueurs à vocation défensive et cinq à vocation offensive. Ce changement a permis à Gerrard de disposer d’une plus grande flexibilité dans son placement.

De son côté, Chelsea a également connu une transformation tactique. Le 4-1-2-3 a également été remplacé par un 4-4-2 beaucoup plus classique avec une doublette attendue et souhaitée par tous, Anelka-Drogba. L’international français est donc passé du côté droit de l’attaque à l’axe, du moins sur la feuille de match. Souhaitant surtout renforcer la présence au milieu du jeu au détriment des ailes, l’ex-entraîneur du Milan AC poursuit une politique antithétique de celle de son prédécesseur, Guus Hiddink. En effet, le milieu en losange s’est substitué à l’orientation bicéphale du jeu des Blues de Lampard et Ballack de l’an passé. Mais la titularisation de Deco a surtout rendu fouilli l’animation offensive et l’on a souvent vu le Portugais, l’Anglais et l’Allemand se marcher sur les pieds.

Liverpool domine la première demi-heure avant que le match ne s’équilibre…

Et c’est précisément le caractère brouillon du jeu des Blues qui fut à l’origine de la nette domination de Liverpool durant la première demi-heure du match. Les coéquipiers de Steven Gerrard et de ses acolytes du milieu de terrain étouffèrent complètement leurs adversaires, notamment au moyen d’un pressing très haut à l’exemple de Javier Mascherano qui récupéra un ballon aux trente mètres, sans conséquence cependant (19’).

Chelsea souffrit quant à lui de ne pas pouvoir vraiment élargir le jeu. A. Cole proposa parfois des solutions à gauche mais Ivanovic n’osa jamais monter, c’est donc Anelka qui tint le rôle d’ailier droit, soulignant clairement l’absence de Bosingwa, blessé. La roulement opéré entre Torres, Riera et Gerrard en attaque entre le côté gauche et l’axe créa beaucoup d’espaces dans la défense de Chelsea mais sans parvenir à réellement offrir l’occasion à Torres de marquer son neuvième but en huit matchs de championnat. De son côté, Chelsea subissait toujours son manque de clarté tactique avec un bon centre d’Anelka en provenance de la gauche mais Drogba et Ballack se gênèrent à la réception et Reina, le portier des Reds, n’eut pas à forcer son talent pour se saisir du ballon (25’).

Source : Guardian.co.uk

Mais si Liverpool domina dans le jeu, il le parvint pas s’offrir de réelles opportunités de marquer. Au contraire, Michaël Essien s’essayait à l’aile gauche au centre et trouvait la tête décroisée d’Anelka, trop molle cependant pour inquiéter Reina. Comme l’expliquait alors Stéphane Guy, commentateur de Canal + Sport, Liverpool avait encaissé dix buts lors des sept premières journées dont neuf sur coup de pied arrêté. Les Blues semblèrent s’en rappeler dans ce dernier quart d’heure de la première période et s’évertuèrent alors à provoquer les fautes. Les coups francs se succédèrent (33’, 35’) ainsi que les corners (39’, 41’, 45+2) et dans ces phases de jeu, la supériorité aérienne de Chelsea, incarnée par Drogba, Ballack ou Terry manqua plus d’une fois de faire mouche. A la 39ème minute, Michaël Essien, encore lui, récupèra le ballon côté gauche et frappa de toutes ses forces une première fois puis, moins durement, une seconde fois. Reina toujours là, bloqua le ballon mais le danger se faisait plus présent.

Les hommes de Carlo Ancelotti avaient pris de la largeur et avaient déverrouillé le système mis en place par leur coach. Ivanovic forçait même sa nature et se voyait enfin apporter une solution côté droit. Et si sur un contre, Liverpool obtint une belle occasion par l’intermédiaire de Torres qui frappait sans réussite de la tête (40’), la maîtrise du match était désormais plutôt du côté d’un Chelsea s’appuyant essentiellement sur sa puissance et son impact physique (Drogba, Ballack, Ivanovic, Terry, Essien).

Ce fut malgré tout Liverpool qui ébranla le plus son adversaire du soir puisque Riera, sur un coup-franc flottant magnifique à mi-hauteur, trouva le gant ferme d’un Hilario (cf. photo ci-dessus), remplaçant décisif de Cech. A la mi-temps, le score est de 0-0.

Lire la suite et l’analyse de la deuxième période.

Faut-il avoir un entraîneur et des joueurs étrangers pour gagner ?

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 28 mars 2009

Source : Zimbio.com

Liverpool : un fondu des nationalités

La notion d’espace, si chère à tous les tacticiens du football, est centrale dans le jeu des Reds de Liverpool. De ce point de vue, la présence de cinq Espagnols dans les rangs de Rafael Benitez (cf. photo ci-contre) dépasse largement l’idée d’un simple rapprochement patriotique. Reina (gardien), Arbeloa (latéral droit), Xabi Alonso (milieu récupérateur), Riera (milieu offensif) et Fernando Torres (avant-centre) sont cinq éléments indispensables du dispositif de Liverpool. Cinq éléments répartis dans tous les secteurs tactiques de l’équipe. On l’a bien vu lors de l’Euro 2008 en juillet dernier, l’Espagne a un style fondé sur un entre-jeu rapide, sur des étirements successifs de la défense, à gauche, à droite et enfin sur la création de l’espace – ce fameux espace offensif –, celui qui crée une occasion de but. On a également observé qu’une équipe qui joue bien au football lance ses actions de la défense. Chose que les Espagnols savent très bien faire.

Les Anglais des Reds sont dès lors les âmes de courage de l’équipe et maintiennent un certain héritage, – tapons dans le cliché – celui de l’ouvrier textile du XIXe siècle de cette cité industrielle qu’était Liverpool et donc celui du travailleur archarné. Ces âmes, ce sont Jamie Carragher (défenseur central) et Steven Gerrard (milieu polyvalent). Deux Anglais, deux internationaux, deux forts, de ceux qu’on ne parvient pas à décourager comme ça du ballon, de ceux qui s’accrochent toujours à l’adversaire et surtout à la victoire, à l’image de Carragher qui a noyé le week-end dernier l’ancien Lyonnais John Carew, désormais attaquant pour Aston Villa, ou a l’image du captain’ Gerrard, auteur d’un triplé contre les joueurs de Martin O’Neill.

Liverpool peut tout gagner cette saison, championnat et Ligue des Champions

 

Source : Mirror.co.uk

Liverpool a étrillé Aston Villa, le premier club de Birmingham, 5-0 dimanche dernier lors de la 30ème journée de Premier League, revenant à un malheureux point du leader, Manchester et reléguant à trois unités le troisième, Chelsea. S’il est vrai que les Mancuniens ont joué un match de moins, leurs grands rivaux de Liverpool ont marqué les esprits et ont envoyé non pas un message fort mais un parpaing massif aux joueurs d’Alex Fergusson qui pourrait se résumer ainsi : « Nous allons nous battre pour le titre ». Alors que les coéquipiers de Steven Gerrard (cf. à gauche ci-contre) avaient déjà humilié les Red Devils chez eux la semaine d’avant (14 mars) 1-4, ils ont réitéré leur performance en écrabouillant le cinquième du championnat anglais, rival d’Arsenal pour la quatrième place.

Ainsi, Liverpool a clairement montré qu’il était un prétendant sérieux pour succéder à Manchester, à la fois dans le championnat anglais mais aussi en Ligue des Champions. Mais alors qu’est-ce qui explique cette réussite insolente ? Par deux fois déjà, en 2005 et en 2007, le club mené par Benitez est parvenu en finale de la Ligue des Champions et l’a même remporté (en 2005). Liverpool est, au-delà de la réussite d’un tacticien, de la pérennité d’un esprit singulier, de la force d’un public ou de l’héroïsme de ses joueurs, le succès de l’arrêt Bosman. Entre les deux ailiers néerlandais formidables de vitesse, de puissance et d’efficacité (Kuyt et Babel), les cinq Espagnols qui construisent le jeu ou les deux Anglais qui servent de tauliers à l’équipe, Liverpool est l’un des clubs qui a le mieux traversé la libéralisation du marché des joueurs à travers l’Union Européenne. Mais aussi hors de l’U.E. avec ses trois Brésiliens (dont Fabio Aurelio), son Israélien (Yossi Benayoun), ses deux Argentins (dont Javier Mascherano) ou même son Suisse (Philipp Degen).

Une équipe cosmopolite dans un championnat précurseur du cosmopolitisme en Europe

D’une certaine façon, en reléguant Aston Villa à trois points d’Arsenal, Raphael Benitez, le coach des Reds, n’a fait que rendre la pareille à son homologue gunner, Arsène Wenger (cf. photo ci-dessous), premier entraîneur étranger à s’être imposé outre-Manche et qui, du fait de son absence d’attachement à la présence d’un contingent

 massivement anglais dans son équipe, avait ouvert la voie à l’enrôlement massif de joueurs étrangers. Dans le Big Four d’aujourd’hui, seul Manchester continue d’être entraîné par un Britannique, un vrai, un Lord. Chelsea a été entraîné par un Portugais champion du Monde (Luis Felipe Scolari) et aujourd’hui par un Hollandais (Guss Hidink), Liverpool est entraîné par un Espagnol et Arsenal par un Français. C’est aussi ça la victoire anglaise, au-delà de la réussite toujours critiquée d’un football moderne capitaliste à l’anglo-saxonne : l’Angleterre et son championnat sont aussi la démonstration du triomphe du cosmopolitisme. C’est l’union des cultures, des identités, refondues, reconstruites, remodelées en une équipe, probablement la meilleure d’Europe en ce moment, Liverpool.

Pour conclure, je me souviendrais probablement longtemps d’une phrase prononcée par Wenger au détour d’une interview réalisée par TPS Star pour fêter ses dix ans à la tête d’Arsenal : « Ton passeport, ça indique d’où tu viens et pas qui tu es. ». Sans verser dans l’idéalisme, je crois qu’il s’agit bien d’une façon d’expliquer cette nouvelle anglophilie dans le football. Une réussite qui dépasse les millionnaires russes, les cheikhs des Emirats ou les riches Américains, qui dépasse l’argent et ses scandales, mais qui révèle une intelligence des esprits, une « ouverture » des mentalités ou, plus prosaïquement, un discernement pragmatique étant donné le succès de ces présences étrangères sur le sol britannique…

Chelsea-Arsenal (3/3) : une deuxième mi-temps ahurissante

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 8 décembre 2008

Source :BBC

Un physique mis à rude épreuve du côté des Blues

Après la mi-temps, Stéphane Guy, le commentateur de Canal Plus, rappelle que Chelsea n’a encaissé que 4 buts lors des 14 premières journées de championnat. Cette défense de fer, c’est la marque de fabrique laissée par José Mourinho. Encaisser très peu de buts mais en marquer peu, voilà comment on pourrait résumer la philosophie de jeu de l’ancien stratège Portugais de Chelsea, aujourd’hui parti à l’Inter de Milan. Luis Felipe Scolari a quant à lui renforcé les Blues en en faisant une équipe productive et efficace devant le but. Et cela tient au mouvement incessant qui existe entre les perpétuels cinq joueurs à vocation offensive, que cela soit sous forme de 4-4-2 (3 milieux + 2 attaquants) ou sous forme de 4-5-1 (en l’occurrence 4-1-4-1 avec donc 4 milieux offensifs et 1 attaquant).
La question est dès lors toute posée : l’omnipotence des milieux de terrain et leur travail incessant ne va-t-il pas, sur l’ensemble de la saison, les user ? On connaît Franck Lampard et on le sait capable de jouer jusqu’à soixante matchs sans se blesser mais Malouda, Ballak et Deco ne seront peut-être pas à la hauteur de ce challenge physique. Seul l’avenir nous le dira.

Le milieu de terrain de Chelsea est imprenable pendant un quart d’heure…

Comme avant la mi-temps, Kalou reprend sa marche en avant et continue de déstabiliser la défense par sa percussion. S’associe à lui dans cette position de déclencheur, Deco. Les deux joueurs qui jouent sur le côté gauche s’appuient régulièrement sur les montées d’As. Cole pour créer la brèche dans la défense d’Arsenal. De son côté, Lampard, se montre plus conquérant dans l’axe et apporte régulièrement le surnombre face à Gallas et Djourou. Il frappe même à la 52ème minute, sans succès. Mais loin de se décourager, il participe toujours à la récupération du ballon et toujours aussi haut. Bref, il atteint son meilleur niveau dans ces dix premières minutes de la 2nde période.

L’éclair de génie de Van Persie (cf. photo)

Et après ce laps de temps, on n’a toujours pas assisté à la révolte tactique d’Arsenal que l’on était en droit d’attendre quand on connaît la qualité du technicien qu’est A. Wenger. Pire, les Gunners ne parviennent plus du tout à s’approcher de la surface de réparation de Chelsea. Le premier quart d’heure est à l’avantage exclusif de Chelsea qui s’avance inéluctablement vers la victoire. Mais contre le cours du jeu ou même contre le cours du match, une action un peu brouillonne permet à Van Persie, aux 16 mètres, d’envoyer le ballon se loger dans la lucarne droite de Petr Cech. Cette frappe du pied droit est d’autant plus exceptionnelle que le Néerlandais est un pur gaucher. Un malheur n’arrivant jamais seul, il s’avère que l’international hollandais était hors-jeu. Le but est malgré tout accordé. Le match ne sera alors plus le même.

Arsenal : chance ou miracle ?

Je ne reste pas convaincu par l’aphorisme qui tendrait à montrer que « c’est la force des grandes équipes » de savoir émerger au milieu de la tempête et de marquer. Non, je reste persuadé que Chelsea a commis une faute professionnelle en ne marquant pas ce deuxième but. Les Blues n’ont pas poussé suffisamment et ont pensé que dominer de façon écrasante en menant 1-0 suffisait. C’était déjà mon sentiment à la fin de la première période. Ce sentiment s’avère avoir été confirmé par la suite des événements. Tout comme Bordeaux qui n’avait pas su concrétiser sa supériorité évidente durant le match Lyon-Bordeaux lors de la 14ème journée de Ligue 1 où Lyon l’avait emporté 2-1 au final. Même score, même double buteur extraordinaire. Benzema pour les Gones de Lyon, Van Persie pour les Gunners d’Arsenal.
62ème minute, un coup-franc de Fabregas qui semblait anodin se transforme en occasion de but. L’international Espagnol envoie le ballon « dans la boîte » comme disent les journalistes, c’est-à-dire vers l’informe masse de joueurs qui se pressent les uns contre les autres à l’entrée de la surface de réparation. Tête de déviation d’Adebayor qui offre une passe décisive pour Van Persie qui frappe sans contrôle du pied gauche cette fois et de cette superbe demi-volée vient tromper une nouvelle fois Cech. Fabregas, Van Persie et Adebayor, presque éteints jusqu’ici viennent, en trois minutes, de renverser un match qu’ils ne devaient pas gagner.
Chelsea qui aurait pu éliminer quasi-définitivement Arsenal de la course au titre vient de payer sa retenue et sa suffisance. La leçon de réalisme aurait d’ailleurs pu se transformer en leçon de football quand Van Persie frappa au-dessus à la 68ème minute sur coup-franc. Cech était à nouveau battu.

Scolari tente l’attaque totale

Voyant son équipe se déliter, la bonne mécanique de sa défense se désorganiser, Scolari choisit de forcer le trait offensif en remplaçant le patron défensif de son milieu de terrain, Obi-Mikel, par Florent Malouda (70ème minute). Kalou se glissait à droite tandis qu’Anelka prenait l’axe de l’attaque et Malouda s’emparait de l’aile gauche. Cette tactique en 4-3-3 avec à présent six joueurs dans l’animation offensive était un pari risqué pour le technicien brésilien. Car Lampard est désormais exposé de façon encore plus systématique à la polyvalence dont on parlait plus haut. Cette transformation tactique décidée par Scolari fait passer Chelsea en attaque totale. L’objectif étant de perdre un minimum de ballon et de frapper un maximum de fois au but adverse. Pour cela, les joueurs offensifs doivent tous avoir un excellent physique car le rythme imposé est particulièrement intense. Mais il faut aussi une excellente technique pour pouvoir éliminer les vis-à-vis rapidement. Ce bouleversement tactique est tout à l’honneur de Scolari. Le Brésilien démontre bien, une fois encore, son panache. C’est un choix qui aurait pu se révéler payant si Chelsea était parvenu à conserver le ballon comme pendant les soixante premières minutes.

Chelsea est K.O.

Mais le physique est important. Et il est toujours plus facile d’oublier sa fatigue lorsque l’on mène que lorsqu’on est menés. Chelsea se retrouve donc dans une configuration psychologique on ne peut plus défavorable. A l’inverse, Adebayor ressuscite littéralement depuis le deuxième but. Il enchaîne les percées décisives sans choisir la frappe mais plutôt en servant ses partenaires. De l’autre côté, Malouda tente d’apporter sa fraîcheur comme sur un coup-franc frappé en force (76ème minute). La progressive baisse de régime de Chelsea est à mettre à l’actif de William Gallas, sans cesse plus difficile à contourner durant la deuxième mi-temps, et aussi à Bakary Sagna, monstrueux d’inventivité dans son couloir droit et impeccable dans les phases défensives. Rien ne semble plus pouvoir inquiéter Arsenal. Après avoir subi le travail physique pendant une heure, le boxeur rouge et blanc a frappé deux coups, une belle droite et un immense crochet du gauche. L’ogre Blue est K.O. debout. Les rares frappes de Deco (81ème) ou de Malouda (87ème) sont au-dessus comme autant de coups de poing dans le vide. Clichy aurait lui aussi pu aggraver le score si Ivanovic ne l’avait pas séché en position de dernier défenseur (85ème). Et comme Terry à la 61ème minute, l’autre défenseur central des Blues prend un carton jaune. Décidément, Chelsea n’y est plus. Et si Almunia est toujours aussi imprécis dans ses relances, le portier espagnol d’Arsenal est en revanche impérial dans ses prises de balles. Le verrou gunner est en place. Et cette fois-ci, contrairement au match contre Tottenham, les joueurs d’Arsène Wenger ne semblent pas vouloir céder défensivement.

Arsenal s’impose et relance le championnat

Finalement Arsenal l’emporte sur ce score étourdissant de 2-1. Il semble que le tacticien alsacien des Canonniers ait compté sur ce coup de génie, seule issue possible pour un Arsenal dominé de la tête et des épaules pendant une heure. Le coup de pouce du destin (hors-jeu non signalé sur le but) vient accentuer l’idée d’une victoire pour Arsenal décidée par les dieux du football. Pour l’intérêt du championnat. Défendre avec plus de rigueur, attendre son moment, égaliser pour porter un coup au moral de l’adversaire, en un marquer un second pour l’écœurer, voilà la recette de la victoire. Arsenal a joué différemment ce dimanche-là, il a été insolent de réalisme et implacable de froideur en défense. Contrairement aux années précédentes où il se procurait beaucoup d’occasions et en mettait peu, il est parvenu à gagner et à concrétiser le peu de situations dangereuses qui s’est présenté.
Après avoir vaincu Manchester United chez lui (2-1), Arsenal s’impose pour la seconde fois contre une autre équipe du Big Four. A l’inverse, Chelsea s’incline pour la seconde fois face à un membre de ce club très privé après sa défaite, déjà à domicile, contre Liverpool le 26 octobre dernier. Mais malgré tout, il reste sept points d’écart entre Chelsea et Arsenal. Ces sept points ont été acquis par les Blues face à de petites équipes. Et cela doit servir d’exemple à Arsenal. Car si l’on gagne contre les grosses écuries et qu’on ne confirme pas devant les petites, alors ce genre de victoires, aussi prestigieuses soient-elles, ne sert à rien sinon à provoquer un sentiment d’hallucination chez le téléspectateur.

1ère partie de l’analyse : http://www.latribunedusport.fr/Football/Premier-League-Anglaise/Chelsea-Arsenal-1-3-quels-enjeux

2ème partie de l’analyse : http://www.latribunedusport.fr/Football/Premier-League-Anglaise/Chelsea-Arsenal-2-3-le-festival-des-Blues

Chelsea-Arsenal (2/3) : le festival des Blues

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 4 décembre 2008

Source :Yahoo (UK)

Un excellent positionnement des joueurs offensifs

Le positionnement de Salomon Kalou à la gauche de l’attaque au côté de Nicolas Anelka fut redoutable pour la défense d’Arsenal pendant toute la première demi-heure. Dribbleur, passeur et même tireur, l’Ivoirien a prouvé la pertinence du choix de son entraîneur. Par rapport au match contre Bordeaux, Chelsea a retrouvé de l’aplomb au milieu de terrain. L’association de trois milieux offensifs (Deco-Lampard-Ballack) devant Obi-Mikel, seul milieu récupérateur, n’a cessé de contrarier toutes les tentatives de construction des Gunners. Agissant comme un étau à la fois rugueux en défense et imaginatif en attaque, cette triplette est à l’origine de nombreuses occasions dans l’axe du jeu.

Une rigueur défensive même dans la moitié de terrain d’Arsenal

De plus, Chelsea a rendu hermétique ses deux rideaux défensifs (celui des défenseurs et celui des milieux de terrain) en choisissant un pressing très agressif et immédiat dès qu’ils perdent le ballon. John Terry, le défenseur central et capitaine de Chelsea, fut emblématique de ce harcèlement perpétuel subi par Arsenal. On a pu retrouver l’international anglais à de nombreuses reprises au milieu du terrain et même quelques fois sur les côtés à cinquante mètres des buts de Petr Cech, son gardien de but. 23ème minute, il vient piquer le ballon à Adebayor en position de latéral gauche.

Arsenal semble incapable de réagir, ni tactiquement ni techniquement et c’est logiquement qu’il encaisse un but à la demi-heure de jeu

Formant ainsi un véritable bloc quasi-impossible à passer au moyen de constructions de jeu, Arsenal est obligé de s’en remettre à des contre-attaques pour inquiéter Chelsea. Dans ces phases de jeu, dès que les joueurs d’Arsène Wenger parviennent à franchir le premier rideau (celui des trois milieux offensifs), ils deviennent particulièrement dangereux et réussissent à se mettre dans le jeu qui leur est favorable, c’est-à-dire passes courtes, petites louches par-dessus le deuxième rideau, présence physique (pour Adebayor et Van Persie).

Mais la marche en avant de Chelsea semble inéluctable. Les joueurs d’Arsenal reculent de plus en plus et pire, ils ne dépassent plus leurs 40 mètres. Coincés dans leur moitié de terrain par le jeu des milieux et des latéraux, les Gunners semblent attendre la fin de l’orage. Car sur les côtés, Kalou et Anelka peuvent s’appuyer respectivement sur Ashley Cole (latéral gauche) et Bosingwa (latéral droit, cf. photo). Ponctuellement, on retrouve même le Portugais aux avant-postes comme à la 18ème minute où, après avoir éliminé deux joueurs d’Arsenal, il choisit de frapper mais ne fait qu’allumer la tribune. Un avertissement pour Almunia, le portier d’Arsenal car douze minutes plus tard, une mauvaise relance du gardien Espagnol atterrissait dans les pieds des Blues qui relançaient sur le côté droit toujours grâce à Bosingwa. Le centre du Portugais, rapide comme le jeu de passes qui l’avait amené dans cette position favorable, poussait l’infortuné Djourou, titulaire au pied levé en remplacement de Silvestre sur le banc, à marquer dans ses propres cages d’un tacle désespéré. La totale domination des Blues dans l’entre-jeu avait eu raison de la défense mise en place par Wenger et permettait aux coéquipiers de Franck Lampard de mener 1-0.

Arsenal est timide mais n’encaisse pas un second but qui lui eut été fatal

Cette fois-ci, Arsenal n’a plus le choix, il lui faut tout tenter. Après s’être déjà incliné à cinq reprises dans ce championnat (après seulement quinze journées sur trente-huit), les coéquipiers de William Gallas doivent marquer et s’ils le peuvent, gagner, pour rêver encore au titre de champion d’Angleterre. Propriétaires de seulement 23 points et donc à dix points de Chelsea (leader), il leur faut s’imposer dans cette bataille. Van Persie en prend le chemin avec une demi-volée du droit forçant Cech à se détendre complètement pour empêcher l’attaquant néerlandais d’égaliser. Cependant, on reste pantois devant le manque de maîtrise au milieu de terrain des Gunners. Ils perdent le ballon trop vite et trop près de leur surface de réparation.

Mais peu à peu le rythme baisse en intensité comme si Chelsea souhaitait se préserver pour la deuxième période. Les joueurs expérimentés de Stamford Bridge connaissent Arsenal et la variété tactique d’Arsène et pensent que ses joueurs offriront un tout autre visage en deuxième mi-temps. Ainsi, ils ne cherchent plus à tout prix à enfoncer le clou même s’ils continuent de se créer des occasions nettes. Lorsque l’arbitre, M. Webb, siffle la mi-temps, on est perplexe. On ne voit pas comment Arsenal pourrait revenir. On attend le « miracle-Wenger », en effet, le coach alsacien est toujours étonnant d’inventivité tactique lorsque son équipe est malmenée.

A la mi-temps, Chelsea a surclassé son voisin

A la mi-temps, Gérard Houiller, consultant technique pour Canal + analyse la première période comme « équilibrée ». Ce qui n’est pas mon avis. Au vu du match, la domination tactique de Chelsea est sans appel. Le seul point positif pour Arsenal, ce de n’avoir encaissé qu’un but.

Pour bien comprendre la domination de Chelsea, une comparaison par type de postes est indispensable.

La fulgurance des latéraux de Chelsea a été impressionnante. Cole et Bosingwa se sont montrés à la hauteur de ce rendez-vous phare de la 15ème journée du championnat. A l’inverse, si Sagna a tenu son rang d’excellent latéral droit (élu meilleur latéral de Premier League l’an dernier), Clichy a sombré durant cette première période. Imprécis voire brouillon, l’international français s’est souvent retrouvé dans des situations compliquées suite à des contrôles ratés. C’est d’ailleurs de son côté qu’est venu le centre décisif de Bosingwa à la trentième minute.

L’axe de la défense d’Arsenal n’est pas largement en-dessous de celui de Chelsea sauf lors du but contre son camp de Djourou. Globalement, l’agressivité de Terry et d’Ivanovic (côté Chelsea) est magistrale alors que Gallas fait simplement son match.

Au milieu de terrain, si Lampard et Deco ont été étincelants pour Chelsea à la fois défensivement et offensivement (tête cadrée de Lampard à la 24’), Fabregas et Nasri ont été sevrés de ballons du côté d’Arsenal. Habituellement à l’origine de la construction du jeu « à la Gunner », c’est-à-dire des passes rapides, courtes et du jeu à une touche de balle, ils ont cette fois été asphyxiés. Ames de l’équipe au milieu de terrain, leur incapacité à produire ce beau jeu et donc leur faible rendement est l’une des causes majeures de la domination de Chelsea.

Pour les milieux récupérateurs, le travail abattu par Obi-Mikel pour les Blues fut remarquable durant cette première période. De l’autre côté, Song-Billong n’est pas à accuser, il a fait ce qu’il a pu avec les moyens qu’il a et sur ce match, ils n’étaient pas retentissants.

Enfin, pour les attaquants. Il faut noter l’incroyable présence offensive de Salomon Kalou qui a fait mieux que relayer Anelka. Sur bien des actions, il s’est montré plus agressif et plus inspiré. De l’autre côté, Adebayor n’a pas eu de ballons intéressants et Van Persie n’en pas eu beaucoup plus mais il a tout de même su se créer une occasion vraiment dangereuse.

1ère partie de l’analyse : http://www.latribunedusport.fr/Football/Premier-League-Anglaise/Chelsea-Arsenal-1-3-quels-enjeux

3ème partie de l’analyse : http://www.latribunedusport.fr/Football/Premier-League-Anglaise/Chelsea-Arsenal-3-3-une-deuxieme-mi-temps-ahurissante

Chelsea – Arsenal (1/3) : quels enjeux ?

Publié dans Premier League Anglaise par Roland Richard le 3 décembre 2008

Pour ce premier article consacré à la Premier League, c’est-à-dire à l’équivalent de la Ligue 1 en Angleterre, j’ai souhaité vous soigner, chers lecteurs. Ce match était « renversant » comme le titrait L’Equipe de lundi dernier (lundi 1er décembre). Renversant de par son résultat mais aussi de par son scénario. En effet, lors de la 15ème journée du championnat anglais, Arsenal est venu s’imposer 2-1 chez les Blues de Chelsea à Stamford Bridge après avoir été mené pendant près d’une heure.

Le "Big Four"

L’Angleterre se caractérise par une domination outrageuse de quatre équipes depuis des années. ces quatre formations, ce sont Manchester United, Liverpool, Chelsea et Arsenal. Les biens nommés « Big Four » se disputent le titre de champion depuis quinze ans sans grande contestation. On peut malgré tout noter l’exception qui confirme la règle : le titre des Blackburn Rovers lors de la saison 1994-1995.

De ce fait, les rencontres qui opposent deux de ces quatre clubs promettent toujours beaucoup et donnent immanquablement des frissons de plaisir aux amateurs du championnat anglais. Il s’avère que nous ne sommes que très rarement déçus par ces confrontations qui se jouent tout autant sur le plan des rivalités individuelles que sur le plan des stratégies mises en place par les entraîneurs.

Les formations

Une fois encore, les téléspectateurs ont été comblés par le niveau de jeu mis en place. Luis Felipe Scolari, le coach de Chelsea, avait choisi un dispositif très incisif, comme à l’accoutumée, un 4-4-2 qui était en réalité un 4-1-3-2 avec donc 5 joueurs à vocation offensive et une défense de fer. De son côté, l’inusable Arsène Wenger, entraîneur des Gunners d’Arsenal, avait lui préféré un 4-5-1 tournant régulièrement au 4-4-2 lorsque Van Persie venait se mettre à la hauteur d’Emmanuel Adebayor.

Chelsea (de droite à gauche) : Cech (gardien) – Bosingwa, Ivanovic, Terry, As. Cole – Obi-Mikel – Ballack, Lampard (cf. photo en maillot bleu), Deco – Anelka, Kalou.

Arsenal (idem) : Almunia (gardien) – Sagna, Gallas, Djourou, Clichy – Denilson, Fabregas (cf. photo en maillot rouge), Song Billong, Nasri – Adebayor, Van Persie.

Le contexte des deux clubs

Deux formations qui correspondent bien aux situations psychologiques dans lesquelles se trouvent les deux équipes. En dépit d’une place de co-leader du championnat, Chelsea est quelque peu en perte de vitesse ces derniers temps, que ce soit en Premier League où les Blues n’ont pu faire que match nul à domicile contre les MacPies de Newcastle le week-end dernier (0-0) ; ou en Ligue des Champions à Bordeaux, mercredi, où ils n’ont également pu obtenir que l’égalité des points (1-1). Dans cette configuration, Scolari voulait rassurer son équipe et se rassurer lui. Il avait donc choisi une organisation de jeu conquérante.

A l’inverse, Arsenal est fragile et inconstant ces derniers temps. Il a enchaîné plusieurs contre-performances en championnat : un 4-4 contre Tottenham à l’Emirate Stadium (10ème journée), une déconvenue à Stoke City 1-2 (11ème journée), une défaite à domicile 0-2 contre Aston Villa (13ème journée) et une déroute à Manchester City 0-3 lors de la 14ème et dernière journée. Malgré une qualification assurée cette semaine pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions grâce à une victoire 1-0 face au Dynamo Kiev, les Gunners devaient à tout prix se tranquilliser en réussissant une bonne performance chez le voisin londonien.

2ème partie de l’analyse : http://www.latribunedusport.fr/Football/Premier-League-Anglaise/Chelsea-Arsenal-2-3-le-festival-des-Blue

3ème partie de l’analyse : http://www.latribunedusport.fr/Football/Premier-League-Anglaise/Chelsea-Arsenal-3-3-une-deuxieme-mi-temps-ahurissante

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