Magnifique cuvée que cet Open d’Australie 2012
La première levée du Grand Chelem a déjà tenu toutes ses promesses. Certes l’Open d’Australie n’a pas encore fait tomber le rideau sur ses vainqueurs mais l’on a désormais la certitude qu’il s’agit d’un grand cru. (Lire la suite…)
Us Open : « Djokovnic » domine Nadal en finale !
Dans la nuit de lundi à mardi, le numéro un mondial serbe Novak Djokovic s’est imposé face au numéro deux, Rafael Nadal, en finale de l’Us Open de tennis au terme d’un match époustouflant qui aura dépassé les quatre heures de jeu (6/2, 6/4, 6/7, 6/1). Analyse de la rencontre. (Lire la suite…)
Us Open : Samantha Stosur est venue à bout d’une Serena Williams colérique en finale
Dans la nuit de dimanche à lundi, la finale dames de l’US Open, dernière levée du Grand Chelem, Samantha Stosur (10ème joueuse mondiale) a créé la sensation en battant l’ultra favorite des pronostics, l’Américaine Serena Williams (27ème) sur le score sans appel de 6/2, 6/3 en une heure et treize minutes. Résumé et analyse de cet exploit. (Lire la suite…)
Deux titans en finale mais c’est Rafael Nadal qui l’emporte à Roland Garros
Au bord des larmes. Rafael Nadal allait servir pour rentrer définitivement dans l’histoire de la terre battue lorsque l’émotion a manqué de le submerger. Un peu trop tôt. Mais quelques coups de boutoir plus tard, Rafael Nadal pouvait s’effondrer. Tout à la joie d’avoir remporté son sixième Roland Garros, le quatrième face à Roger Federer en finale. (Lire la suite…)
Open d’Australie 2011 : Roger Federer est-il en « déclin » ? (deuxième partie)
L’ex-numéro un mondial s’est incliné ce jeudi en demi-finale de l’Open d’Australie 2011 face à Novak Djokovic (6-7, 5-7, 4-6) en un peu moins de trois heures de jeu. Après un an sans finale de Grand Chelem, Roger Federer est-il en « déclin » ? Retour sur cette demi-finale proprement dit. (Lire la suite…)
Open d’Australie 2011 : Roger Federer est-il en « déclin » ? (première partie)
L’ex-numéro un mondial s’est incliné ce jeudi en demi-finale de l’Open d’Australie 2011 face à Novak Djokovic (6-7, 5-7, 4-6) en un peu moins de trois heures de jeu. Après un an sans finale de Grand Chelem, Roger Federer est-il en « déclin » ? Rappel historique et statistique. (Lire la suite…)
L’ouragan Federer embourbé dans le fond du court par Simon
Après trois heures de jeu, Roger Federer a finalement réussi à se défaire du Français Gilles Simon 6-2, 6-3, 4-6, 4-6, 6-3. Il se qualifie ainsi pour le 3ème tour de l’Open d’Australie, première levée du Grand Chelem de l’année. (Lire la suite…)
Coupe Davis : pouvait-on mieux faire en finale contre la Serbie ?
Un Saladier d’Argent pour la meilleure équipe, tout simplement
La déception s’est un peu atténuée. La France n’a pas remporté la Coupe Davis dimanche à Belgrade face à la Serbie mais on commence à accepter cette idée, à reconnaître la supériorité de l’adversaire ainsi que l’incroyable page d’histoire du sport que viennent d’écrire, pour leur pays, les Novak Djokovic, Janko Tipsarevic, Nemad Zimonjic et autres Viktor Troicki (photo).
Ce qui est d’abord mal passé, je dois le confesser, c’est la déroute que nous avons subi lors des trois simples perdus. Comme le confiait Guy Forget à France Télévisions, des trémolos dans la voix, « ce qui est terrible, c’est que pendant ce dimanche, nous n’avons jamais entrevu la victoire. »
En effet, Dkokovic (3ème mondial) n’aura mis que 2h14 à se débarrasser, aisément, de notre meilleur joueur, Gaël Monfils (12ème), 6-2, 6-2, 6-4. Et il n’aura fallu qu’une minute et un jeu de moins à Viktor Troicki pour priver la France du bonheur de la victoire. En 2h13min, le 30ème mondial n’aura fait qu’une bouchée de Mickael Llodra (23ème), 6-2, 6-2, 6-3.
Alors que le double avait lui-même mis environ quatre heures et trente minutes à choisir son vainqueur, les Serbes ont ruiné tous les efforts de la bande emmenée par Guy Forget dès le lendemain. Sans sourciller. Sans avoir l’air de se poser de questions. Comme si c’était écrit et bien écrit.
Depuis, j’ai lu la presse et entendu mes proches. Le son de cloche est unanime sur la déception mais malgré tout, quelques bruits m’ont dérangé. Je vais donc tenter d’y répondre et d’enterrer toute critique que l’on pourrait adresser à cette équipe de France.
Guy Forget et son staff ont-ils fait les bons choix contre les Serbes ?
Il est toujours plus facile de répondre a posteriori à cette question. Mais personnellement, je ne pense pas que Guy Forget (photo) ait fait de mauvais choix. Si Monfils a remporté une victoire nette lors du premier simple contre Tipsarevic vendredi (6-1, 7-6, 6-0), nos Bleus n’ont réussi à accrocher qu’une seule rencontre, celle du double où ils ont d’ailleurs bien failli perdre.
Pour les trois autres, le problème principal s’est appelé Novak Djokovic. Alors qu’on le pensait épuisé d’une saison où il a atteint la finale de l’US Open et où il s’est hissé jusqu’aux demi-finales de la Masters Cup il y a une semaine à Londres, il n’en a rien été. S’il a quelque peu tremblé lors de son premier match contre Simon, il lui a malgré tout infligé une demi-correction (6-3, 6-1, 7-5) qui a pratiquement annulé aussitôt l’ascendant psychologique pris grâce au succès de Monfils. Et le Serbe n’a pas flanché au lendemain d’un double terrible pour les Serbes puisque Zimonjic et Troicki avaient mené 6-3, 7-6 avant de perdre les trois sets suivants, 6-4, 7-5, 6-4. Non, il a attaqué sans relâche, s’appuyant sur une balle très lourde (71 % de premières balles avec un taux de 84 % points gagnés lorsque cette première passait) et sur une capacité de relance exceptionnelle. Car malgré les 72 % de premières de Monfils, le Serbe a gagné 44 % des points sur l’engagement du Français.
Pire que cela, il a réussi à forcer le Français à s’installer dans son rythme puissant, du fond du court. Tout ce que Gaël n’aime pas, lui qui est un joueur de variations, de faux rythmes et de coups de boutoir ponctuels. Certes, Monfils aurait pu (dû ?) gagner la troisième manche puisqu’il a pris deux fois le service de Djokovic. Mais les deux fois, ce dernier s’est montré encore plus agressif et encore plus tenace. Malgré l’énervement et une raquette fracassée, le n°3 mondial a ainsi su faire son retard par deux fois puis finalement gagner le match.
Ainsi, il est important de souligner la chronologie des événements. Une finale se gagne avant tout dans les têtes. Les Français ont marqué les esprits à deux reprises, la première fois grâce à Monfils, la seconde fois grâce au double. Mais Djokovic (photo) est passé par là les deux fois, remettant ainsi son équipe à flot. Qui peut dire ce qui se serait passé si Troicki avait dû jouer avant Djokovic le dimanche ?
Plusieurs personnes se sont alors demandées, Guy Forget le premier, si le choix de Llodra était une bonne idée. Beaucoup se sont demandés s’il n’y avait mieux, s’il n’aurait pas fallu mettre le remplaçant (Gasquet) en prétextant une blessure de Simon… Eh bien je ne pense pas. Llodra avait tout pour être l’homme de la situation. Tout d’abord, le tournoi se jouait en indoor. Inutile de vous rappeler que le Parisien a frôlé la finale à Bercy, précisément sur une surface semblable. Alors certes l’indoor de Belgrade était un peu plus lent qu’à Paris mais il s’agit quand même du revêtement le plus propice au service-volée. Ensuite, Llodra (23ème) était le joueur le mieux classé après Monfils (12ème) en simple. Enfin, il était le joueur le plus expérimenté (30 ans) mais aussi le plus en forme avec Monfils, en témoignent ses derniers résultats en Coupe Davis (victoire contre Verdasco en quarts, puis contre Monaco en demi) mais aussi en général. Il n’a jamais été aussi bien classé de toute sa carrière et il restait sur cette demi à Bercy perdue d’un rien contre Söderling (le Suédois qui a battu Nadal puis Federer à Roland Garros ces deux dernières années). Il avait au passage, en huitièmes, battu un certain Novak Djokovic en deux manches…
Il faut donc bien comprendre que Guy Forget avait le projet légitime et logique d’aligner Mickaël Llodra dès le premier simple. Mais il ne l’a pas fait pour le protéger physiquement. Car si Llodra s’était blessé, c’en était fini du double… Il manquait donc un joueur de haut niveau dans le groupe car il manquait en réalité un point à prendre contre Djokovic.
Une chronologie qui a permis à Troicki d’y croire…
Dans cette chronologie si particulière qui a vu Djokovic joué systématiquement pour « égaliser », Troicki (photo) a pu trouver les ressources de livrer un match absolument magnifique contre Llodra en bout de course. Au lieu de le paralyser, cela l’a survolté. Troicki imbattable ? Il avait pourtant encaissé lui-même presque cinq heures de jeu la veille, et de surcroît, il avait perdu. Ce qui n’était pas le cas de Llodra. Oui mais voilà, il y avait 2-2 au tableau d’affichage.
Alors certes, Llodra aurait pu prendre le jeu à son compte s’il avait breaké d’entrée alors que Troicki semblait un peu perdu dans le premier set à 1-0, 15-40. Certes encore, Llodra n’a pas su saisir les occasions dans ce premier set de manière générale. Il n’a pas su libérer son jeu et il s’est logiquement incliné 6-2 contre moins fort que lui – et c’est probablement ce qui devait le frustrer le plus. Mais dans les deux autres sets, il a joué un tennis solide avec une première qui s’est maintenue au-dessus des 60 %, ce qui pour lui est important car il cherche les lignes sur sa mise en jeu. Alors pourquoi a-t-il perdu ?
Parce que Troicki a fait le match de sa vie dans les 2ème et 3ème sets, très certainement. Comme vous le savez, lorsqu’un joueur gagne un match, il a eu une moyenne de 30-35 % de points gagnés sur le service adverse, cela suffit en général amplement pour breaker les quelques fois nécessaires et gagner. Troicki était à 52 %… Alors que Micka a eu une première qui est rentrée 64 % du temps sur l’ensemble de la rencontre (et qu’il a lui-même retourné victorieusement 36 % des services serbes), il a perdu un point sur deux sur son propre engagement. Llodra a fait un match honnête pour gagner. C’est bien Troicki qui a signé un exploit particulièrement exceptionnel, enchaînant les frappes sur la ligne pour obtenir un total de 58 points gagnants en trois sets secs… (des stat’ que Federer envierait !).
Ce qui demeure le plus impressionnant, c’est ce dernier chiffre. Comme vous le savez, Llodra monte beaucoup au filet. Il y est allé 41 fois contre Troicki mais il n’y a gagné que 10 points. Avec tout cela, vous pouvez mesurer le caractère exceptionnel du match livré par Troicki qui a su, grâce à son revers aussi puissant que précis ainsi que ses innombrables passings, faire perdre un Llodra pourtant dans un bon jour à partir de la seconde manche.
Alors que peut-on regretter pour cette édition 2010 de la Coupe Davis ?
Au-delà de la défaite bien sûr, on peut regretter plusieurs choses :
1) La blessure de longue durée au genou de Gilles Simon, qui l’a amputé de toute la première moitié de sa saison. Il n’a ensuite réussi qu’un seul coup d’éclat digne de son talent avec une victoire à Metz en septembre. Sa saison grevée par les pépins physiques l’a fait chuté au classement puisqu’il pointe à la 41ème place alors qu’il a été 7ème mondial.
2) Mais cette absence prolongée de Simon aurait pu être compensée s’il n’y avait pas eu les blessures récalcitrantes de Jo-Wilfried Tsonga, le haut de la cuisse à droite tout contracté à Roland Garros puis à présent le genou gauche, blessure subie lors du tournoi ATP de Montpellier début novembre.
3) On pense aussi aux mois d’errance d’un Richard Gasquet qui regrettera peut-être toute sa carrière cet épisode de mars 2009, à Miami, où il a été contrôlé positif à la cocaïne. Même s’il a finalement été blanchi (sans jeu de mots) dans des conditions pour le moins surprenantes par le Tribunal Arbitral du Sport, le Biterrois a perdu du temps, a consommé beaucoup d’énergie à prouver son innocence et n’a regagné son niveau passé que de manière fugitive.
4) Des quatre « mousquetaires » que la France se vantait d’avoir retrouvé il y a encore un ans, il ne restait donc que Gaël Monfils. L’équipe de France et ses responsabilités ont dès lors pesé de tout leur poids sur celui dont on sait que la constance mentale n’est pas sa plus grande qualité.
Malgré cela, Monfils (photo) a su puiser dans ses ressources pour battre tour à tour Kohlschreiber en huitièmes, David Ferrer en quarts et David Nalbandian en demi-finales, soit respectivement les 34ème, 7ème et 27ème joueurs mondiaux. Maintenant, il n’a eu l’étoffe de battre des top 4 qu’à Bercy où il a successivement battu Murray et Federer. Il aurait fallu renouveler l’exploit pour battre Djokovic, ce qui n’a pas pu être fait tant le Serbe a bien joué devant son public.
Je conclurais donc en disant ceci. L’équipe de France ne pouvait structurellement pas battre cette Serbie, qui plus est devant un public serbe absolument honteux. Les sifflements systématiques lors des mises en jeu tricolores ont été indignes du tennis. Mais qu’importe, lors des trois défaites françaises, il n’y en avait pas besoin. Par ailleurs, et au-delà de la performance des joueurs, on peut clairement dire que la Serbie avait très certainement davantage besoin de cette victoire que la France. Après le succès de Troicki, la liesse s’est emparée de Belgrade qui n’avait jamais connu un triomphe international dans l’un des sports-rois… Nous ne pouvons donc que nous incliner et leur donner rendez-vous pour l’année prochaine. En espérant que Tsonga en sera, et que Simon et Gasquet seront revenus au plus haut niveau.
Masters Cup : une finale de rêve remportée par Maître Federer
Roger agresse Nadal et prend tous les risques (6-3, 32 minutes)
Le maître, c’est bien lui. A 29 ans, le Suisse Roger Federer (photo) a glissé à l’oreille du tennis mondial un rappel cinglant. Pour le plus grand joueur de l’histoire de la petite balle jaune, le fait d’être le meilleur ne se conjugue pas qu’au passé. Il a non seulement remporté le tournoi le plus difficile à gagner après les Grands Chelems mais il l’a fait en ne perdant qu’une seule manche. Il l’a fait en balayant Murray puis Djokovic, respectivement 4ème et 3ème joueurs mondiaux. Il l’a fait en infligeant un 6-1 à Rafael Nadal, n°1 mondial et vainqueur de trois Grands Chelems cette année, lors du dernier set de la finale.
Et pourtant, les deux protagonistes ont commencé les débats avec une concentration semblable. Chacun proposait un panel excessivement varié sur son engagement et enquillait les jeux blancs ou presque. Au milieu du sixième jeu, Federer avait déjà claqué dix coups gagnants et les deux joueurs rivalisaient de virtuosité.
La première frayeur fut pour le n°2 mondial quand dans le septième jeu, il fut mené 0-30 sur sa mise en jeu. Un moment rêvé pour sortir sa perle de service extérieur côté égalité, sur le revers de l’Espagnol. Deux montées au filet le remirent dans le droit chemin et il s’en sortait pour mener 4-3. Malgré ce frisson, on sentait Federer un ton légèrement au-dessus, à la fois physiquement mais aussi mentalement.
Pendant tout le tournoi, on a effet cru percevoir les signes d’une certaine crispation dans l’attitude de Rafael Nadal : son énervement contre Carlos Bernardes à la fin du premier set contre Tomas Berdych en poule en fut très certainement la plus belle expression. Jamais on n’avait vu le protégé de Toni Nadal menacer de ne pas poursuivre un match…
Malgré cela, le Majorquin a su, face à Federer, rehausser son taux de premières balles d’un cran (77 %) par rapport au match contre Murray. Son service fut varié, bien plus que face à l’Ecossais où il avait mis en place une tactique singulière (le service extérieur côté égalité et au corps côté avantage). Là, les services à plat au T et les slices du gaucher s’alternaient à loisir avec les gros kicks extérieurs.
Ce n’est donc pas là que Nadal se montra inférieur. C’est surtout dans le jeu que l’on fut un peu surpris de l’idée que l’Espagnol s’était fait du match. Rafael Nadal a en effet harcelé le Suisse sur son revers comme il a pu le faire par le passé. Mais malgré le fait que Federer tenait l’échange de son revers face au lift monstrueux de Nadal pour la première fois depuis des années, le n°1 mondial n’a pas changé de tactique, un peu à l’image de ce qu’avait choisi de faire Murray la veille. Ainsi, la puissance, la précision et la vitesse d’exécution de Federer sur son revers à plat ébranlèrent complètement Nadal qui tenta alors de varier en distance. Une mauvaise idée face à l’autre joueur le plus véloce de la planète avec lui. Federer rentrait dans la balle, obtenait sa première possibilité de break à 4-3 et la convertissait d’un revers croisé gagnant. Tout un symbole… A 5-3, Federer restait uni et enfonçait le clou avec deux grosses premières, une montée au filet et surtout un coup droit décroisé qui laissait Nadal à trois mètres.
Le doute s’était insinué déjà auparavant chez le téléspectateur mais la crainte devait se confirmer, Nadal était blessé à la cuisse droite. Une cuisse essentielle pour un gaucher qui frappe fort en coup droit puisque c’est celle-là qui sert d’appui au moment de la frappe.
En trente-deux minutes, Federer remportait la première manche avec notamment 100 % de points gagnés derrière une première qu’il avait réussi à passer deux fois sur trois. Avec 14 points gagnants (contre 2 pour Nadal) et 9 fautes directes (4 pour Nadal), le Suisse s’est certainement inspiré de ce qu’avaient fait les adversaires de Nadal, Roddick en poule et ses montées au filet incessantes (6/7 réussies dans le premier set pour Federer), mais aussi Murray en demi-finale qui avait tenté énormément de coups gagnants, quitte à commettre des fautes. Car l’objectif était de raccourcir le plus possible les échanges en visant des zones bien particulières, pas tellement en abusant de puissance. En termes de précision, on ne fait pas mieux que Roger Federer, en tous cas pas ce dimanche.
A son tour, Nadal s’efforça d’aller de l’avant (3-6, 34 minutes)
Comprenant que le match était en train de complètement lui échappé tactiquement, le n°1 mondial hissa son niveau de jeu, se focalisa sur sa première (qui ne descendit plus sous les 83 % lors des deux sets suivants) et alla de l’avant. Comme à l’accoutumée, Federer quitta son nuage et baissa d’intensité. Sa première se fit plus rare (42 % sur l’ensemble du 2ème set) mais demeura toujours aussi efficace (88 % de points gagnés lorsque la première passait). Nadal s’accrocha à ce que le Suisse lui laissait. A 2-1, Federer dut servir mais avec sa panne de mises en jeu, il ne parvint plus à faire la différence. Ses attaques mal préparées et ses montées mal initiées, il concédait le break sur un coup droit décroisé monumental de Nadal qui menait 3-1, puis rapidement 4-1. A ce moment du set, Federer n’était qu’à 25 % de premières…
C’est l’occasion d’insister sur le fait que les deux joueurs se sont appliqués à rester dans des schémas très linéaires avec des diagonales croisées : le revers de Federer sur le coup droit de Nadal (et réciproquement) et son coup droit sur le revers du Majorquin. Ce qui fait que les rares fois où l’un des deux parvenait à tourner autour de son revers pour frapper en coup droit, cela faisait souvent mouche. Car le coup droit décroisé offre souvent davantage d’angle et il provoque une certaine surprise chez l’adversaire, d’autant plus si le match se déroule principalement dans les schémas classiques des diagonales croisées comme ce fut le cas dimanche.
Au-delà de cet aspect tactique, c’est une idée plus générale du tennis qui a été validée lors de cette finale : les joueurs agressifs ont gagné. Dans la deuxième manche, Federer a été contraint de céder l’espace offensif à son opposant. Par ailleurs, Julien Boutter, consultant technique au côté de Fred Viard, expliquait que les agressions répétées de Nadal sur les secondes de Federer avaient fini par avoir raison de sa concentration sur les premières. L’inquiétude d’avoir à jouer une seconde avait pris la place de la relative sérénité affichée dans le premier épisode du match.
Comme un malheur n’arrive jamais seul, le revers de Federer a alors commencé à flancher. Mais c’est plus généralement quelque chose dont le Suisse est coutumier : sortir un premier set de génie et ne pas pouvoir « tenir » ce niveau de jeu en raison de ce qu’il suppose comme degré d’implication, de concentration et d’énergie. On l’a vu notamment à Roland Garros face à Robin Söderling en quarts de finale cette saison.
Nadal encaissait le deuxième set sur une amortie réussie (6-3) malgré un ratio négatif points gagnants/fautes directes (4/8), semblable à celui de Federer d’ailleurs (5/9). Mais pour mesurer la proximité du niveau des deux joueurs, il suffit de dire que le Suisse ne s’était alors procuré qu’une seule balle de break (celle qui lui permit d’empocher le 1er set) et l’Espagnol seulement deux (la seconde lui fournit l’occasion de remporter le 2nd).
Federer allongea les échanges et étrilla un Nadal épuisé (6-1, 32 minutes)
Malgré cette manche concédée, le vainqueur de l’Open d’Australie paraissait plus frais que le détenteur des trois autres Grands Chelems de la saison. Au même moment où le Suisse avait craqué dans la seconde manche, à 2-1, Nadal volait en éclats à son tour. Alors qu’il menait 40-15, il lâchait prise avant d’envoyer un coup droit dans le couloir, offrant ainsi une occasion inespérée à Federer de prendre l’avantage. Sur la seconde balle de service de l’Espagnol, Federer tenta le retour-coup-volée et Nadal expédia son passing hors des limites du terrain, 3-1.
Et alors que Julien Boutter s’inquiétait des zones où retournait Federer, un mètre derrière sa ligne de fond de court, je crois humblement qu’il s’agissait d’un choix délibéré. Car Nadal avait ralenti la puissance de ses premières pour maintenir son taux de réussite (83 % dans le 3ème set) mais aussi pour s’économiser. Le nombre de points gagnés derrière sa première s’en est d’ailleurs terriblement ressenti puisque celui-ci a chuté à 47 % dans cette ultime manche. Sans exagérer, on peut dire que Federer a achevé un Nadal qui était à l’agonie. La tension éprouvée toute la semaine par le n°1 mondial dans un tournoi où il n’avait jusque là même pas gagné un set, sur une surface qui le désavantage grandement puisque le rebond bas de Londres l’empêche de lifter facilement comme à son habitude ; les matchs marathons contre Roddick en poule (plus de deux heures et demie) puis face à Murray en demi (plus de trois heures) ; tout cela avait participé d’une fatigue physique tout autant que mentale, insurmontable face à un Federer de ce niveau.
Les commentateurs de Canal + l’ont répété toute la semaine : sur une telle surface, cela ne sert à rien de frapper très fort, excepté au service où cela sert toujours, il faut ici prendre la balle de manière précoce (ce dont Nadal est difficilement capable) et jouer les zones plus que la puissance (ce qui a été rendu compliqué par le fait que Nadal avait moins de temps pour se placer entre chaque point car lifter sur un tel rebond nécessite plus de temps pour s’ajuster au moment de la frappe).
Federer a donc eu raison d’allonger progressivement les échanges, notamment en reculant sur les premières de Nadal, plutôt que de tenter des coups gagnants comme lors des deux premiers sets. L’Espagnol concédait même une seconde fois son engagement alors qu’il s’entêtait à frapper sur le revers de Federer, ultime bouée de sauvetage face à un Suisse des très grands jours. Pour que la curée soit complète, à 5-1, balle de match, Federer envoyait un magnifique coup droit bombé gagnant dans la diagonale croisée… la spécialité de Nadal.
Federer a été clairement récompensé de tous ses choix tactiques (ratio de +11 sur l’ensemble de la partie avec 32 coups gagnants et 22 fautes directes contre un 11/19 inhabituel chez Nadal). Mais ce qu’on retiendra, c’est que les montées au filet payent sur cette surface lente où les joueurs ont le temps d’utiliser le kick et la montée à la volée derrière. Federer est ainsi allé au front à 19 reprises face à Nadal (13 fois avec réussite). Par ailleurs, on notera que sa constance dans les points importants est redevenue, l’espace d’un match, celle qui était la sienne encore en janvier en Australie (3 balles de break, 3 converties).
En somme, c’est un Federer plus fort que jamais que l’on devrait retrouver la saison prochaine. Les jeunes que sont Nadal, Djokovic et Murray n’ont qu’à bien se tenir, le vieux « maître » est de retour !
















